Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs de la
282 pages
Français

Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs de la

-

282 pages
Français

Description

Ce livre album sur les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs de la gendarmerie nationale du Sénégal de 1960 à nos jours se veut à la fois biographique et historique. Il retrace les différents commandements qui se sont succédé à la tête de la gendarmerie et celle de la direction de la justice militaire de 1960 à 2018, avec des éléments biographiques pour chacun d'entre eux. Quelques événements historiques ont été retenus, dans la mesure où ils ont pu influer sur la désignation à la haute fonction, notamment en 1960,1962 et 1968. (ouvrage relié couverture cartonnée avec jaquette)

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 juin 2018
Nombre de lectures 4
EAN13 9782140094569
Langue Français
Poids de l'ouvrage 92 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les hauts commandants
et hauts commandants en second
ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du s énégal
de1960
à2018© L’HARMATTAN-SÉNÉGAL, 2018
10 VDN, Sicap Amitié 3, Lotissement Cité Police, DAKAR
http://www.harmattansenegal.com
senharmattan@gmail.com
senlibrairie@gmail.com
ISBN : 978-2-343-08583-8
EAN : 9782343085838
© Photos : Archives de la Gendarmerie Nationale du Sénégal ; Site internet de la Gendarmerie Nationale du Sénégal ; Site internet de la Présidence du
Sénégal ; Wikimedia commons ; 123rf.com. Maquette et mise en page : Jérôme Allain, Jalka Studio.maréchal des logis-chef a lioune F ay e
Les hauts commandants
et hauts commandants en second
ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du s énégal
de1960
à2018Préface ........................................................................................................................................................................5
Avant-propos.............................................................................................................................................7Table La gendarmerie nationale avant la nomination
d’un directeur sénégalais ............................................................................................8des Major Moustapha DIo P ..............................................................................................10
Capitaine Abdoulaye Alphonse NDIAyE ..........................11matières La gendarmerie nationale à l’heure
des hauts commandants sénégalais ..........................................14
Général Ameth FALL ...........................................................................................................14
Dissolution de grade
Major Babacar Diène MBAyE .........................................................................20
Témoignage , par le major Arona DIENG ........................22
Commandant o usmane Tamsir Bâ ...............................................27
Colonel Alioune Badara Ko NTÉ ..............................................................31
Capitaine Salick NIANG ...............................................................................................34
Les évènements de mai 1968 ......................................................................35
Jean Alfred Ulysse DIALLo ..................................................................................37
L’escadron monté .......................................................................................................................46
Témoignage, par le lieutenant-colonel DJIMÉ,
commandant la gendarmerie du Tchad ...........................47Commandant Waly FAyE .........................................................................................53 L’o pération Fodé Kaba en Casamance...............................146
Colonel Daouda NIANG.............................................................................................61 Général de brigade Pathé SECK ........................................................157
Témoignage, par le colonel Samba NDIAy .................63 Colonel Alioune Badara NIANG .........................................................183
Colonel Amadou SALL ...............................................................................................65 Témoignage, par le colonel NIANG .........................................187
Colonel Abou Bocar So UMARÉ .............................................................69 Colonel Djibril BA ..................................................................................................................193
Général Waly FAyE, Les événements marquants,
haut commandant de la gendarmerie par le colonel Djibril BA ..........................................................................................194
et directeur de la justice militaire........................................................77
Colonel Leyti KA .......................................................................................................................197
Témoignage, par le colonel Samba NDIAyE............83
Le général de corps d’armée
La préséance entre la gendarmerie et l’armée, Abdoulaye FALL 201
par le Colonel Samba NDIAyE ....................................................................84
Colonel Abdoulaye Aziz NDAo ..........................................................211
La présentation des vœux au Président .............................84
Les faits marquants : .......................................................................................................215
Général de Brigade Mame Bounama FALL,
Général de brigade Alioune Dieye .............................................217haut commandant en second
de la gendarmerie nationale et sous-directeur Général de division Mamadou Guèye Faye ..........223
de la justice militaire ...........................................................................................................93
o rdre du jour n° 1 de la cérémonie d’installation
Témoignage, par Mme Biche FALL, flle de feu du mercredi 8 janvier 2014
le Général Mame Bounama FALL ..................................................101 du Général de Division Mamadou Guèye FAyE,
haut commandant de la gendarmerie nationale Général de division François Go MIS,
et directeur de la justice militaire...................................................224haut commandant de la gendarmerie
et directeur de la justice militaire...................................................103 Témoignage
du colonel Maguette Madjinmby DIo P........................239Colonel Silymane SARR ..........................................................................................111
Général de Brigade Cheikh SENE ...................................................247Témoignagne : o pération Damanttan .............................118
Général de brigade Meïssa NIANG ............................................251Colonel Ndongo DIENG .......................................................................................125
o rdre du jour n°1 de la cérémonie d’installation Colonel Amadou Fall TABANE ...............................................................129
du Mercredi 16 Novembre 2016
Général de Division Mamadou DIo P ...................................139 du Général de Division Meïssa NIANG,
Haut commandant de la gendarmerie nationale
Mamadou DIo P : Témoignage ............................................................144 et Directeur de la Justice Militaire. ............................................260PRÉFACE
Ce recueil de biographies des Directeurs, Sous-directeurs,
Commandants, Haut-commandants, et Haut-commandants
en second de la Gendarmerie nationale sénégalaise de 1960
à 2018 est une initiative à magnifer, au moment où notre
Nation entre de plain-pied dans un monde en prise à des
mutations de tous ordres.
En efet, il vient avec beaucoup de pertinence, contribuer à
De son Excellence l’accomplissement d’un devoir de mémoire indispensable
Monsieur le Président à toute société qui a le souci de préserver les valeurs
de la République cardinales qui ont caractérisé les hommes et les femmes qui
Macky Sall l’ont construite.
Au demeurant, il nous appartient à nous Africains, d’écrire
dorénavant les pages glorieuses de notre histoire post-
coloniale. Les hommes présentés dans cet ouvrage, de
haute qualité, ont façonné et servi, avec compétence et
dévouement, la Gendarmerie nationale sénégalaise dès l’aube
de l’indépendance jusqu’à nos jours. Certains d’entre eux ont
débuté leur carrière sous l’administration coloniale, et ont
participé à la naissance de cette Arme prestigieuse qui fait la
ferté de la Nation. Ces hommes ont servi avec un engagement
sans faille, un amour désintéressé du métier, un sens élevé du
devoir et avec un professionnalisme exemplaire.
Les témoignages exprimés dans le livre d’or par les hautes
autorités politiques, administratives, militaires, nationales
et étrangères constituent des marques d’estime et de
reconnaissance de ces hommes dont la rigueur professionnelle ,
le courage et le sens de l’honneur sont oferts en exemple aux
générations futures.
Aussi, j’engage le Haut-commandement, dès après la parution
de cette première édition, à poursuivre le travail de mise à
jour qu’exige la conservation rigoureuse de notre patrimoine
historique commun. C’est à cette condition que le legs
inestimable de ces ofciers de valeur pourra être transmis aux
générations futures appelées à faire face aux multiples défs
de leur époque ; époque qui exige sens de l’anticipation, de
l’adaptation et de la méthode.Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018REMERCIEMENTS
Cet ouvrage a été réalisé sous la direction du :
Général de corps d’armée Meïssa Niang,
Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire
Général de corps d’armée Mamadou Gueye Faye
(Ancien Haut Commandant de la Gendarmerie)
Les témoignages, photos et documents d’illustration ont été recueillis et compilés :
Sous la direction du Colonel Thiaca Thiaw, Commandant des écoles.
Et par le maréchal des logis-chef Alioune Faye, conservateur du patrimoine.
Ont contribué à l’élaboration de l’ouvrage :
Colonel Sidya Diédhiou (ancien chef de cabinet du HC)
Colonel Pape Diouf (ancien chef de cabinet du HC)
Chef d’escadron Ibrahima Ndiaye (Chef Division Communication Gendarmerie)
Lieutenant Mouhamadou Lamine Thiam (Chef de section à l’E o GN)
Adjudant-major (ER) Abdoulaye Diène (Conservateur musée de la Gendarmerie)
Le Haut commandant de la Gendarmerie adresse ses vifs remerciements
à tous ceux qui de près ou de loin ont participé à sa conception.
7Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
La gendarmerie nationale
avant la nomination
d’un directeur sénégalais
Cette période charnière, 1960 à 1962, de la vie de ce qui allait devenir une grande
institution, la gendarmerie nationale sénégalaise, nous sera contée ici par quelques anciens
et les principaux concernés qui sont encore en vie.
D’après le colonel Samba Ndiaye
« Je suis né en 1939 dans un petit village du nom de
Sama Toucouleur dans le département de Kaolack.
Je suis entré en service militaire très jeune à l’âge de
dix-neuf ans en 1957.
Après ma courte carrière (3 ans) dans l’armée française,
j’ai été transféré dans l’armée sénégalaise avec le
grade de sergent, puis dans la gendarmerie, qui
n’avait de cadres sénégalais que parmi quelques
gendarmes du cadre d’Outre Mer (appellation des
MDL d’alors)
Pendant la période coloniale, l’Afrique était divisée
en territoires qui n’étaient pas encore des États. Chaque
territoire était dirigé par un haut commissaire français.
Pour l’ensemble de l’Afrique Occidentale Française Brigade de Ziguinchor: l’Adjudant Adama Faye, CB, à gauche et le gendarme
Babacar Diène Mbaye en 1963.(AOF), il n’existait qu’un seul groupement de gendarmerie
divisé en détachements commandés chacun par un S’agissant de l’encadrement de la gendarmerie,
ofcier supérieur français. Ainsi, chaque territoire était dix officiers et neuf sous-officiers, dont moi-même,
doté d’un détachement de gendarmerie. Par exemple : le avons été transférés à l’indépendance de l’armée
Sénégal, la Guinée française (actuelle Guinée Conakry), sénégalaise à la gendarmerie.
la Haute-Volta (Burkina), le Soudan français (Mali), le
Dahomey (Bénin) etc. Les officiers ont été formés à Samba Dièry Diallo par
des professeurs de droit venant de l’Université de
L’institution gendarmerie est la plus ancienne des Dakar pour la partie juridique et par des officiers
forces armées du Sénégal. Il y avait juste l’armée français pour la partie professionnelle.
française ; ce qui explique en partie quand il y a des
cérémonies militaires, défilés et autres, qu’elle se place Ces officiers, dont Abou Soumaré, Yaba Ndiaye,
à la droite des troupes, à cause de son ancienneté par Abdoulaye Alphonse Ndiaye et feu Ali Sada Timéra
rapport aux autres forces militaires. (mort par accident) étaient d’excellents cadres.
8Le capitaine Ameth Fall, Adama Faye et Babacar Diène Mbaye.
Magasin d’armes de la caserne de Médina.
9Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
Visite de secteur à Wack-Ngouna, (à droite le major Moustapha Diop) dans le Saloum.
Quant aux sous-officiers, ils ont rejoint immédiate- qui n’avaient jamais fait le service militaire. C’était le
ment le stage MDL qui venait de s’ouvrir. Beaucoup recrutement direct (RD). Les recruteurs nous
sépaparmi eux sont présentement morts. raient de ceux qui avaient déjà fait l’armée. On
passait d’abord la visite médicale d’aptitude, ensuite sui-
vait le contrôle des pièces et documents fournis. Nous,
Major Moustapha Diop nous n’avions pas de certificat de bonne conduite et
il appartenait à la brigade des recherches de prendre
« J’ai eu le privilège d’être parmi les premiers éléments nos empreintes, en vue d’une vérification au Fichier
de la gendarmerie nationale, qui a été constituée par central de la police, ou plus exactement à l’Identité
juerdécret du 1 octobre 1960. Je fus incorporé sept jours diciaire. Immédiatement après, vous étiez incorporé si
après la publication de ce décret qui nous nommait vous n’aviez pas d’antécédent judiciaire.
élèves-auxiliaires de gendarmerie ; en effet, le corps Il y avait encore les éléments de la gendarmerie
frann’avait pas encore son identité, il n’y avait aucun texte çaise, qui étaient des auxiliaires, immatriculés de 1 à
officiel sénégalais. 999. Voilà pourquoi, comme on a commencé à nous
immatriculer à partir du matricule 1 000, dans la
Après l’éclatement de la fédération du Mali , le 20 août gendarmerie sénégalaise il n’y avait pas de 600 ni de
1960, la gendarmerie, qui était sénégalo-malienne, a 700. Ainsi, le 1000/S c’était Mbaye Diop, 1001/S
Tanexplosé. Les Maliens sont rentrés et, au mois de sep- dian, un ancien footballeur, 1002/S un autre
Moustembre, on nous a convoqués par un communiqué à tapha Diop, 1003/S Youssoupha Diop, et moi, j’étais
la radio pour des tests d’entrée dans la gendarmerie le 1079/S. Dans l’armée, il y avait le matricule 1079,
sénégalaise. Personnellement, je faisais partie de ceux mais sans la barre S, car c’était l’AOF.
10Jusqu’au décret organique 63-622 de 1963, la gendar- merie et immédiatement nommé adjoint au directeur
merie sénégalaise n’avait pas de texte ni d’officier gen- de la gendarmerie.
darme. Il n’y avait que des gradés gendarmes
sénégalais qui avaient fait leur stage de formation à Fréjus, C’est de cette façon que la gendarmerie sénégalaise
en France, sous le commandement de la gendarmerie est née. Toutes les brigades de gendarmerie ont été
française. Ce sont ces gradés-là, dont le plus ancien sénégalisées. Après un an de formation militaire, je
erétait MDL-chef, qu’on a envoyés en France pour faire suis sorti le 1 novembre 1961 élève-gendarme ; j’ai
la formation d’officier. Le cheminement était donc été affecté à la brigade du port de Dakar auprès d’un
trop lent, car ces gradés devaient faire l’école de Fréjus MDL-chef, feu Samba Ba, de Kaolack. Celui-ci, après
pour revenir avec le grade de gendarme français. six mois de service comme MDL, fut nommé MDL-C
pour occuper le poste de commandant de brigade.
Ils portaient les deux V qu’on appelle MDL chez nous. Je suis resté quatre ans durant aux côtés de ce
vaLes premiers diplômes d’apti- leureux gradé qui, malgré un
tude professionnelle (DAP) ont niveau d’instruction moyen, m’a
été organisés en 1963 parce que appris l’honneur, la loyauté et la
nos aînés dans la gendarmerie rigueur.
française ne passaient que les
er e diplômes de 1 et de 2 degré, Grâce à ma formation de daara,
mais nous ne pouvions le faire, j’apprenais par cœur toutes les
vu que nous étions déjà gen- notes de service. Sans me faire
darmes avec la souveraineté sé- d’éloges, j’étais le seul gradé à
négalaise. pouvoir réciter le Code pénal de
l’article 1 à l’article 430, le Recel
Pour les officiers, Mahawa ainsi que le Code de procédure
Diouf, lieutenant de réserve, a pénale du premier au dernier
été promu capitaine et nom- article, le 725, la contrainte par
mé adjoint et officier de liaison, corps. C’était de bonne guerre
d’abord, entre le lieutenant-co- car, pour certains, je n’avais pas
lonel Pierre, commandant la de technique, de culture
adgendarmerie sénégalaise, et le ministrative et, de surcroît, je
ministre de l’Intérieur et de la Le capitaine Abdoulaye Alphonse Ndiaye n’avais pas fait l’armée !
Défense, en la personne de
Valdiodio Ndiaye, son neveu. Ensuite, officier de liaison Avec un simple CEPE, le seul moyen de compter et
entre Valdiodio et le commandant Piccard, qui entre- de marquer dans ce milieu, c’était de maîtriser
partemps a remplacé le colonel Pierre en 1961. faitement les outils de travail. Finalement, j’ai
réussi en 1964 le premier concours d’entrée à l’École des
Après, d’autres officiers ont eu à suivre des cours ma- sous-officiers de la gendarmerie, à Dakar, comme
gistraux dispensés par des professeurs d’université. Il élève-gradé. L’école et la formation des élèves gradés
y eut en son temps le capitaine Daouda Niang, les existaient, mais l’accès se faisait par désignation des
lieutenants Tamsir Ba, Samba Legré Ndiaye, Abdou- commandants d’unités. Nous avons été les premiers à
laye Alphonse Ndiaye, Mamadou Diop (ancien maire y accéder par voie de concours.
de Dakar), le sous-lieutenant Abou Bocar Soumaré,
etc. Ensuite, Tamsir Ba partit pour la Garde
républicaine à Saint-Louis avec un officier toubab, Daouda Capitaine Abdoulaye Alphonse Ndiaye
Niang. Le lieutenant Ameth Fall fut alors nommé
directeur de la gendarmerie sénégalaise – le premier « Avant d’entrer dans la gendarmerie, je commandais
sénégalais à ce poste – avec le lieutenant Waly Faye, la compagnie des fusiliers voltigeurs de Podor. À
l’inson adjoint. Ce dernier était directeur de l’école pri- dépendance, je suis venu à Saint-Louis pour monter
maire de Tattaguine mais, avec son statut d’officier de les couleurs maliennes et descendre celles françaises.
réserve, il fut rappelé comme lieutenant de la gendar- Mais, après quelques mois, la fédaration du Mali a
11Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
éclaté et je suis alors retourné dans la compagnie de Le jour suivant, il se présenta au ministère et je
l’introPodor. Le Sénégal prenait son indépendance deux duisis dans le bureau du ministre, qui lui donna un
mois après la création de ladite fédération. ordre de mission. Il partit quinze jours en France et
revint. Quand il rendit compte du résultat de sa
misUn beau jour, j’ai reçu un télégramme me nommant sion, j’étais présent. Il dit au ministre : « La France a
afaide de camp du ministre de firmé qu’elle ne vous enverrait
Le CNE Ameth Fall (Dirgend) remettant un trophée à un cava-l’Intérieur chargé de la Défense. qu’un seul officier, un cavalier
lier de l’escadron monté lors d’un concours de sauts d’obstacles
La gendarmerie était ratta- des Cadres noirs de Saumur. » en 1963
chée au ministère de l’Intérieur Saumur est l’école qui forme
et c’est donc le ministre de l’élite des officiers de cavalerie
l’Intérieur qui la dirigeait. Or, en France. Les autres officiers
ce dernier, Valdiodio Ndiaye, qui se trouvaient sur place
était un de mes cousins. ont appris aux autres ce qu’on
leur avait enseigné à l’école.
En tant qu’aide de camp, je lui C’est ainsi que les officiers
ai suggéré de « sénégaliser » qui commandaient les
unila gendarmerie en argumen- tés du Sénégal ont été
désitant ainsi : « Tous les moyens gnés, tout en restant dans leur
de renseignement sont aux commandement. L’École a été
mains des Blancs : la police, la créée à côté de la carrière ; la
gendarmerie, la garde républi- nôtre était l’École des officiers.
caine et vous, vous n’avez rien. Le ministre me demanda de
Il faut créer une gendarmerie choisir les recrues qui allaient
sénégalaise ! » À l’époque, à y être formées ; je pris dix-huit
chaque nouvelle promotion personnes qui, pour la
plude sous-officiers, une fête était part, étaient des camarades
organisée et le ministre de l’In- qui sortaient de cette école.
térieur la présidait.
À ce moment, le général
L’école, qui se trouvait à l’inté- Amadou Fall, qui était le chef
rieur de la gendarmerie, dispo- d’État-Major général des
arsait de bâtiments à proximité La France n’enverra mées, cria au scandale : « Vous
du groupement d’achats. On qu’un seul officier, me dépouillez de mes
offin’y formait que des sous-of- un cavalier des ciers ! » En effet, il n’y en avait
ficiers. Le ministre m’a écouté Cadres noirs de Saumur pas beaucoup à l’époque. « Et
et, au cours d’une réception moi alors, que vais-je devenir ?
à la gendarmerie, il a appelé Je ne peux vous en laisser que
le colonel Pierre, commandant la gendarmerie fran- douze, dont dix officiers et deux adjudants-chefs qui
çaise, et même sénégalaise à cette époque. sont inscrits au tableau d’avancement des
sous-lieutenants : Abou Soumaré et Yaba Ndiaye. »
Pierre arrive et monsieur le ministre de lui dire : « Je
voudrais que vous ouvriez une école de gendarmerie Ce fut donc la première formation d’élèves officiers
erle 1 décembre. » Pierre répondit : « Monsieur le mi- de gendarmerie formés dans ce lieu. Nous avons
nistre, c’est trop tôt, nous sommes en octobre ! » Ce suivi un enseignement d’un an, de décembre 1961 à
à quoi il rétorqua : « Ça m’est égal, vous disposerez décembre 1962. Les participants – je crois qu’il n’en
de tous les moyens nécessaires. Si vous devez aller en reste plus que trois – étaient le commandant Tamsir
France, vous irez. Vous resterez le temps qu’il faudra, Ba, qui fut colonel ; le commandant Daouda Niang ;
mais je souhaite que vous m’apportiez la documenta- le capitaine Mahawa Diouf ; le lieutenant Ameth
tion pour créer cette école de gendarmerie le premier Fall ; le lieutenant Badara Konté ; le sous-lieutenant
décembre 1961. » Samba NDiaye Legré ; Mamadou Diop (monsieur le
12maire) ; Timéra Aly Sada et moi. Nous fûmes les onze
premières personnes qui constituèrent l’ossature de
l’École des officiers de Gendarmerie.
Après l’examen de sortie, le ministre de l’Intérieur m’a
appelé – comme je l’ai évoqué, il s’agissait de mon
cousin. Je suis allé chez lui. Il m’a interrogé sur celui
qui devait, à mon sens, devenir le directeur de la
gendarmerie. Qui devait être nommé ?
Je lui répondis : « Puisque vous me l’avez demandé, je
ne fais pas partie des postulants, je suis hors de course.
Maintenant, s’il n’était pas un jeune sous-lieutenant,
je nommerais Samba NDiaye Legré, parce qu’il est le
plus rigoureux d’entre nous et qu’il a moins de
relations ; mais malheureusement il n’est que
sous-lieutenant. À part lui, je dirais Ameth Fall, car il a très peu de
relations ; il parle à bon escient et je crois qu’il est
assez discipliné pour succéder au colonel Pierre. Ensuite,
il y a Badara Konté… »
On m’a finalement donné la légion mobile ; Konté
Badara, la légion territoriale ; NDiaye Samba Legré,
quant à lui, est parti dans un premier temps
comLe capitaine Mahawa Diouf, ofcier adjoint du directeur de la gendarmerie nationale
mander la compagnie de Saint-Louis ; Timère Aly a
commandé la compagnie du Cap-Vert ; Yaba NDiaye,
dès le début, se trouvait en Casamance, notamment
à Bignona, mais il n’y est pas resté longtemps – trois Le premier sera remplacé par le commandant Piccard
ou quatre mois je crois. et toujours secondé par le capitaine Mahawa Diouf.
Ce dernier est l’oncle de Valdiodio Ndiaye, alors
miComme il était jockey dans le civil, on l’a envoyé à nistre de l’Intérieur. Il fut ofcier de réserve de l’armée
l’escadron monté, qui n’avait pas de chef et était française avant de se voir confer le rôle d’adjoint de
commandé par le commandant de légion et un ad- liaison entre la gendarmerie et le ministère de
l’Intéjudant-chef qui faisait office d’adjoint – de fait, il était rieur.
pratiquement le commandant de l’escadron. Il
s’agissait de la première ossature de la gendarmerie. Nous Le gouvernement de la République sénégalaise
déavons marché et chacun a essayé de faire de son tache, en décembre 1960, des ofciers subalternes et
mieux. » des sous-ofciers supérieurs des armées sénégalaises
pour servir dans la nouvelle gendarmerie.
La dissolution du groupement de gendarmerie du
Sénégal est prononcée en 1960, de même que la Ces cadres constitueront la première promotion
création de la gendarmerie sénégalaise, laquelle in- d’officiers de gendarmerie.
tégrera le personnel auxiliaire du premier.
La gendarmerie sénégalaise est alors dirigée par un
ofcier supérieur français, le colonel Pierre, qui prend
le titre de directeur de la gendarmerie nationale du
Sénégal, de 1960 à 1961. Il avait pour adjoint le
lieutenant Mahawa Diouf, ofcier adjoint de liaison (entre
le ministère de l’Intérieur et la gendarmerie).
13Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
La gendarmerie nationale
à l’heure des
hauts commandants
sénégalais
Après le départ du chef d’escadron Piccard, en 1962, le poste fut sénégalisé. En efet,
le décret 62-152 MINT/GEND du 25 septembre 1962 nomme le lieutenant Ahmet Fall,
erà compter du 1 octobre 1962, directeur de la gendarmerie nationale. Il avait pour
conseillers les capitaines Rémi Berthoux et Jean Chappaz, entre autres.
Ameth FALL
Le général Ameth (ou Ahmet Fall), né
à Kolda au Sénégal, incorpore l’armée
française, avant d’être transféré dans
l’armée sénégalaise. Il a fréquenté l’École
nationale des sous-ofciers d’active de
1956 à 1959.
Emplois tenus
• Dir ecteur des cours d’élèves gradés
(sergents et caporaux) à Nantes en
France de 1958 à 1959. Transféré dans
l’armée sénégalaise pour faire partie
du bataillon malien mis à la
disposition des Nations unies (oNU) pour le
maintien de la paix et de l’ordre au
Katanga (1960-1961).
• Envoyéàl’Écoledesofciers
degendarmerie en France.
• P remier ofcier sénégalais
commandant la légion de gendarmerie
territoriale (LGT).
• Nommé directeur de la
gendarmerie nationale et de la justice militaire.
Il est le premier Sénégalais à
occuper ce poste au grade de lieutenant
d’abord, avant d’être promu capitaine Ahmet Fall, Directeur de la gendarmerie nationale du 01/10/1962 au 23/06/1964
par la suite.
14e• Premier commandant de la zone Sud opération- A obtenu, à l’examen de passage en 2   année à
enelle, il a dirigé le Commandement opérationnel l’EFoRToM, le classement suivant : 6 /34 avec la
edu Sud-Casamance (CoSC) lors de la guerre de moyenne de 15,109. Classé 7 /34 à l’examen de sortie
libération de la Guinée-Bissau et des îles du Cap- de l’EFo RTo M, du 30 juin 1958 au 7 juillet 1958.
Vert, de novembre 1968 à juillet 1972. En voyage d’études du 16 juillet 1958 au 30 juillet
• Nomméchefd’état-majorparticulierduprésident 1958 en Ao F.
de la République, il cumule cette fonction avec En CFC (congé de fn de campagne) du 31 juillet 1958
celle de gouverneur militaire du palais présidentiel, au 30 septembre 1958, doit rejoindre son afectation
poste qu’il occupera de 1972 à 1984, date à laquelle à l’école d’application de Saint-Maixant.
il fut remplacé dans ces emplois par deux généraux
et un colonel. Comme ofcier
• P ardécret,ildevientlegrandchancelierdel’Ordre
national du Lion du Sénégal. Promu au grade de sous-lieutenant To à compter du
er1 octobre 1958 (décret du 23 octobre 1958). Présent
erDans l’armée française à l’EAI (École d’application de l’infanterie) le 1
décembre 1958. En fn de stage d’application à l’EAI, est
erIncorporé au 1 RTS (régiment des tirailleurs séné- afecté à DIRTo M Marseille en instance
d’embarquegalais) à compter du 18 décembre 1949, comme ment. Embarqué à Marseille le 18 juillet 1959.
Débare re2  classe engagé volontaire pour quatre ans à la CMR qué à Dakar le 23 juillet 1959. Afecté à la 1 brigade
ede Louga. Rejoint le 7 mars 1950. Dirigé vers Saint- du 61 RIMA à Saint-Louis, rejoint le corps et afecté à
Louis le 11 juin 1950. Classé en échelle de solde n° 2 la GCR à compter du 24 juillet 1959.
eà compter du 9 janvier 1951 par ordre du corps du Afecté à la 2 compagnie à compter du 24 août
e7 janvier 1951. 1959. Afecté à la 3 compagnie/o NU. Doit rejoindre
Désigné pour servir à l’extérieur au titre du o R n° 13. son afectation le 25 juillet 1960.
Embarqué à Dakar le 12 avril 1951. Débarqué à
Casaeblanca le 17 avril 1951. Afecté au 3 RTS en Tunisie et Dans l’armée sénégalaise
dirigé sur la Tunisie le 17 avril 1951.
National sénégalais, libéré de ses obligations à l’égard
erNommé au grade de caporal à compter du 1 avril des forces armées françaises au grade de sous-lieu -
er er1951 par ordre du régiment n° 38 du 1 avril 1951. tenant le 1 août 1960 en application de l’accord de
coopération en matière de défense.
erNommé au grade de caporal-chef à compter du Radié des contrôles et des cadres, le 1 août 1960
er 1 mai 1952 (o R n°41 du 10 mai 1952). Rengagé deux (référence : circulaire n° 17741/BT1 et To n° 7599/1/C
ans le 14 février 1953 à compter du 18 février 1953. du GCS en date du 27 juillet 1960).
erNommé au grade de sergent à compter du 1 août Désigné pour servir au Congo-Léopoldville. Quitte
er1953 (oR n° 77 du 1 septembre 1953). Rapatriable, Dakar à destination de Kindu (Kivu) le 2 août 1960.
eembarqué à Alger le 22 mai 1954. Débarque à Dakar Afecté à la 4 compagnie du bataillon de l’oNU,
erle 28 mai 1954. Afecté au 1 RTS et arrivé à Saint- quitte Kindu à destination de Dakar le 17 novembre
Louis le 4 juin 1954. Rengagé trois ans le 20 janvier 1960.
1956 à compter du 16 décembre 1956.
erPromu au grade de lieutenant le 1 octobre 1960.
Nommé au grade de sergent-chef à compter du
er1  mars 1956. Admis à l’École de formation des of- Afecté à la gendarmerie nationale par AM n° 2039/13
ciers EFo RTo M à Fréjus. Embarqué par voie aérienne du 15 mai 1961 à compter du 2 mars 1961 (référence :
à Dakar le 28 septembre 1956. Débarqué à Marseille DM n° 6127/DEF du 2 mars 1961).
le 28 septembre 1956. Afecté au CITo M pour EFo R- Afecté à la légion de gendarmerie territoriale comme
To M. Rejoint le corps le 30 septembre 1956. Intégré commandant de légion par AM n° 50/DID/Po du
er eren échelle de solde n° 3 à compter du 1 février 1956. 9 novembre 1961 à compter du 1 décembre 1961.
Décision n° 658/17/TC PSo.4 du 15 décembre 1956. Afecté à l’état-major Direction par arrêté n° 14827/
15Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
èmeFormation à l’École du quartier de la Médina (actuel groupement d’achat) des élèves MDL de la 4 promotion encadrés par des assistants en 1963. Debout, de
gauche à droite, on peut voir Yabi Guèye, Gabriel Kabou, Mamadou Awe, les capitaines Ameth Fall, Berthoux, etc. Accroupis : Amath Diallo, Sow Laobé, Adama
Diop, Ali Diop, Sidy Ndiaye, Arona Dieng, etc.
er erGEND du 28 août 1962 et à compter du 1 septembre Afecté au groupement Casa à compter du 1 janvier
1962 par décret n° 63-006 de monsieur le président 1972, par décret n° 72-727/PR/MFA, est nommé chef
de la République le 3 janvier 1963. d’état-major particulier (CEMPART) du président de la
erRépublique à compter du 1 juillet 1972. Est afecté
er erPromu au grade de capitaine à compter du 1 janvier par voie de conséquence au 1 bataillon à compter
1963. Mis temporairement à la disposition du chef du 15 juin 1972.
d’État-Major et du commandant en chef des forces
armées à compter du 13 août 1964 par décision Nommé à titre défnitif au grade de
lieutenant-coern° 1177/MFA/CAB.7 en date du 12 août 1964. lonel à compter du 1 octobre 1972 (décret
n° 721131/PR/MFA du 22 septembre 1972).
Par changement d’arme, transféré avec son grade et
son ancienneté dans l’armée nationale à compter du Promu à titre défnitif au grade de colonel à
comper er1 février 1965 (décret n°65-017 du 13 janvier 1965). ter du 1 juillet 1975 (décret n° 75-702/PR/MFA du
e erDu 3 bataillon, afecté au 1 bataillon (CCB) à comp- 26 juin 1975). Inscrit au tableau d’avancement spécial
ter du 15 avril 1965. Admis à l’échelle n° 4 de la solde de l’armée active pour le grade de général de brigade
mensuelle à compter du 18 décembre 1965. (décret n° 77-491 du 21 juin 1977).
Promu à titre défnitif au grade de commandant pour
erprendre rang à compter du 1 juillet 1968 (décret Promu dans les forces armées (active) au grade de
généer n° 68-725/MFA/CAB.5 du 26 juin 1968). ral de brigade pour prendre rang à compter du 1 juillet
re1977. Placé dans la 1 section des cadres de l’État-Major
erAfecté au GSo à compter du 1 août 1968, en quali- général (EMG) à compter de la date de sa promotion
erté de chef de corps à compter du 1 novembre 1968 (décret n° 77-494/PR/MFA du 21 juin 1977). Afecté au
er er ie(NDS n° 68/1 B du 1 novembre 1968). BHR (bataillon hors rang)/C QG (compagnie quartier
ergénéral) à compter du 1 juillet 1978.
er erAfecté au 1 bataillon à compter du 1 janvier 1971.
erNommé chef de corps au 1 bataillon par décret Réunit deux ans de grade le 30 juin 1979, admis
cheern° 71-308/PR/MFA du 6 avril 1971 et à compter du vron 3 à compter du 1 juillet 1979. Est inscrit au
er1  avril 1971. Par décret n° 72-003/PR/MFA du 5 jan- tableau d’avancement pour le grade de général de
vier 1972, est nommé chef de corps du groupement division au titre de l’année 1982-1983 (décret
n°82er erCasa à compter du 1 janvier 1972. 462/PR/MFA du 1 juillet 1982).
16Promu au grade de général de division d’infanterie
erà compter du 1 juillet 1982 (décret n° 82-462 du
er 30 juillet 1982). Il est prononcé à compter du 1 juillet
1983. Le classement indiciaire du général de division
Ameth Fall au groupe D chevron 2, conformément
aux dispositions du décret n° 82-610/MFA du 13 août
er 1982. Il est prononcé à compter du 1 juillet 1986.
Le classement indiciaire qui réunit quatre ans au
grade passe au chevron 1 du groupe E. Référence :
décision n° 6331/MFA/DIRCEL du 28 mai 1986.
Né le 29 juillet 1929, atteindra la limite d’âge de son
grade des cadres d’active (première section le 29
juilielet 1987). Sera rayé des contrôles du BHR/C QG et de
el’armée active et placé à la 2 section des cadres de
réserve avec son grade à compter du 29 juillet 1987
(référence : décret n° 87-985/PR/MFA du 29 juillet
1987. ACF n° 857/BHR/MAJ/EFF du 6 juin 1987.
Actions d’éclat et citations
o rdre général n° 1 en date du 19 janvier 1973
Citation à l’ordre de l’armée :
« Chef de corps du groupement Casamance, a mis Le Capitaine Ameth FALL, l’encadrement de l’école en compagnie des E/MDL
en 1963.sur pied le Commandement opérationnel
Sud-Casamance (COSC). Officier dynamique et courageux, a
organisé les villages frontaliers en autodéfense.
erAu cours de ses séjours en zone Sud du 1 novembre
1968 au 31 décembre 1970 et du 11 janvier 1972 au
30 juin 1972, par son action de tous les jours
marquée par des embuscades, patrouilles et d’énergiques
ripostes, a contraint les bandes ennemies à se replier
du territoire national, abandonnant sur le terrain des
prisonniers ainsi que le bétail volé à nos concitoyens. »
Cette citation comporte l’attribution de la croix de la
valeur militaire avec étoile d’argent.
Lettres et témoignages ofciels de satisfaction
– L ettre de félicitations de monsieur le président de
la République, chef des armées, n° 1166/PR/SP du
3 juin 1960.
– Lettre de fésident de
la République en date du 29 juin 1977.
Capitaine Ameth Fall, lieutenants Abou Bocar Soumaré et Salick Niang
17Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
Le capitaine Ameth Fall au bureau de ses collaborateurs dont les lieutenants Abou Bocar Soumaré et Salick Niang
18Décorations et médailles
Sénégalaises :
– Che valier de l’ordre national du Lion, décret
n° 6273/PR du 4 mai 1962.
– Chevalier de l’ordre national du Mérite, décret
n° 620371/Jo RS du 31 août 1962.
- o fcier de l’ordre du Mérite, décret n° 70-360 du 29
mars 1970.
- Croix de la Valeur militaire avec étoile d’argent, o G
n° 1 du 19 janvier 1973.
- ofcier de l’ ordre national du Lion, décret
n° 73210/PR du 3 mars 1973.
- Commandeur de l’ordre du Mérite, décret
n° 74255 du 13 février 1974.
- C’ordre national du Lion, décret
n° 76-252 du 20 mars 1976.
- Grand ofcier de l’ ordre du Mérite, décret n° 76-282
du 5 mars 1976.
- Dignité de Grand-Croix, décret n°  80-274 du 12
mars 1980.
Étrangères :
- M édaille de l’oNU (BE/EMG n°267/CAB du 2
septembre 1961).
- ofcier de la Lég ion d’honneur française, lettre
n°0099/MFA/CAB.1 du 16 janvier 1978.
- Il a aussi reçu comme grades : commandeur de
l’ordre national de la Légion d’honneur (France),
commandeur de l’ordre national du Mérite (F
médaille du Maintien de la paix au Katanga (o NU),
mais aussi d’autres décorations de pays tels que
l’Arabie saoudite, le Brésil, la Corée du Nord, la
Corée du Sud, l’Égypte, le Mexique, les Pays-Bas.
19Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
Le général de brigade Ameth Fall, CEMPART et commandant de la maison militaire, lors d’une cérémonie de présentation de voeux, serrant la main au personnel,
notamment l’adjudant-chef Mamadou Awe.
Dissolution de grade
Major Babacar Diène Mbaye Après la crise de 1962, la gendarmerie va, dès 1963,
adopter une première réforme de son organisation.
« Dissolution du grade d’auxiliaire et création de ce- Proactive, la gendarmerie s’adapte et anticipe au
lui de gendarme : un « V ». Cela a été entamé par le mieux les évolutions sociales en tentant d’y répondre
ministre de l’Intérieur chargé de la défense, Valdiodio par une organisation pertinente.
Ndiaye, avant les évènements de 1962. Il nous a ras- Le décret n° 63-294 du 11 mai 1963 fxe l’organisation
semblés. Parmi nous il y avait, entre autres, les auxi- de la gendarmerie nationale sénégalaise et l’intègre
eliaires de 4 classe François Gomis, Silymane Sarr, Yaba aux forces armées sénégalaises.
e Ndiaye, Adama Faye et Bouba Mbaye, auxiliaire de 3 Dès lors, la gendarmerie nationale sénégalaise
comclasse. Le ministre voulait valoriser les grades. Il nous prend une direction, une légion de gendarmerie
tera dit : « Les grades que vous portez ne sont rien parce ritoriale, une légion de gendarmerie mobile et une
vous êtes tous commandés par le MDL toubab. » Je école de gendarmerie. Un poste de directeur adjoint
suis le premier commandant de la brigade mixte du au directeur général de la gendarmerie nationale
erSénégal qui est celle de Bounkiling, ouverte le 1 jan- sénégalaise est créé suivant le décret n° 64-347 du
vier 1966. Nouvelle création sous Badara Konté. » 14 mai 1964.
20L’IGFA, le général Ameth Fall, à son arrivée à la base des forces de l’ONU, un détachement de Casques bleus lui rend les honneurs.
21Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
Témoignage du major Arona Dieng
« Une des conséquences sur le plan militaire est
l’éviction du général Amadou Fall au poste de CEMGA, au
profit du général Jean Alfred Ulysse Diallo. Le
premier avait été convoqué directement par Senghor
au firmament des évènements, mais, au lieu d’aller
répondre au président, il avait préféré s’en référer
d’abord à son chef direct, en l’occurrence Valdiodio,
ministre de l’Intérieur et de la Défense. Ce dernier lui
avait ordonné de ne pas déférer à cet appel car le
président Senghor devait passer d’abord par lui, son
chef. »
Les conséquences au plan judiciaire : les Mamadou
Dia et consorts ont été arrêtés et amenés à Kédougou
devant la Cour spéciale. Ousmane Camara en était
alors le procureur général. Ils ont été condamnés à
perpétuité. C’est seulement après qu’on a ramené la
peine à une durée déterminée. Voilà la situation au
plan judiciaire en 1962.
Au plan politique, suite aux évènements de 1962, il
y a eu la suppression du poste de chef du
Gouvernement. Celui de président du Conseil des ministres,
qui avait amené la dualité entre le président de la
2223Les hauts commandants et hauts commandants en second ou directeurs et sous-directeurs
de la gendarmerie nationale du Sénégal, de 1960 à 2018
De gauche à droite : le colonel Abou Bocar Soumaré, le capitaine Mamadou Niang (ancien CEMGA et ancien ministre de l’Intérieur), le général Ameth Fall et le
commandant Mame Bounama Fall.
République et le chef du Gouvernement, a égale- À cette époque, c’était le président de l’Assemblée
ment été supprimé, un régime présidentiel pur et dur nationale qui assurait l’intérim en cas de vacance
fut installé. Dès lors, Senghor, président de la Répu- du pouvoir. Mais, quand Senghor a décidé de partir,
blique, nommait et démettait les ministres. il s’est arrangé avec Waly Faye pour faire voter
l’article 35 en expliquant qu’« en cas d’empêchement ou
L’Assemblée, elle, établissait la liste des députés qui de vacance du poste de président de la République,
se présentaient ; c’était un parti unique. Plus tard, c’était le Premier ministre qui assurait l’intérim pour
quand il a vu son autorité assise, il l’a atténuée par le reste du mandat.
un régime semi-présidentiel en nommant Abdou
Diouf Premier ministre et ministre des Forces armées. Il était bien précisé que, dans certains cas, on
pouvait organiser des élections après un certain nombre
Dans un régime présidentiel comme aux États-Unis, de mois.
il n’y a pas de Premier ministre. En France, c’est un
régime parlementaire. Mais là, Diouf devenait président de la République
pour le reste du mandat. Donc, il termina le mandat
Senghor s’est placé au milieu, entre le régime pré- pendant deux ans et il eut le temps de préparer les
sidentiel et le régime parlementaire, en mettant en élections. Il s’est représenté et a été réélu à plusieurs
place ce qu’on appelle le présidentialisme. reprises. Il est parti de l’article 35 pour se légitimer
Il a nommé un Premier ministre : Abdou Diouf. Ils ont et se faire réélire plusieurs fois, ce qui a amené les
conservé ce système jusqu’en 1981. Il a fait voter l’ar- contestations d’Abdoulaye Wade, notamment en
ticle 35 pour se faire remplacer par Abdou Diouf à la 1988. Voila à peu près résumées les difficultés
renprésidence de la République. contrées en 1962. »
24Topo de la mission et de la zone de son exécution sont données ici par le lieutenant Talla Niang à l’intention de l’IGFA.
Le 24 juin 1964, le commandant Tamsir ous- kam où était basé l’escadron d’intervention de la
mane Ba est nommé directeur de la gendarmerie. gendarmerie.
L’école de formation du quartier de Médina est
transférée en 1965 au camp Pol Lapeyre de o
ua25

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