Grands classiques de Molière
239 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Grands classiques de Molière

-

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus
239 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le Médecin malgré lui

Le Bourgeois gentilhomme

Le Malade imaginaire

Trois pièces de théâtre de Molière qui mettent en scène des personnages caricaturaux et, à travers eux, les défauts de la société de l’époque. Médecins, bourgeois, ducs et paysans y sont critiqués avec humour et malice.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 octobre 2017
Nombre de lectures 99
EAN13 9782215135418
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0075€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Table des matières
Préface
LE MÉDECIN MALGRÉ LUI
Introduction
Acte I
Acte II
Acte III
LE BOURGEOIS GENTILHOMME
Introduction
Acte I
Acte II
Acte III
Acte IV
Acte V
LE MALADE IMAGINAIRE
Introduction
Acte I
Acte II
Acte III
Lexique
Page de copyright
Préface
Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, naît à Paris en 1622 dans une famille de riches marchands. À vingt et un ans, il décide de devenir comédien, fonde la troupe de l’Illustre Théâtre et prend le nom de Molière. Ne rencontrant que très peu de succès, il est emprisonné pour dettes en 1645 et est contraint de quitter Paris pour pouvoir continuer à jouer. Ce qu’il reste de la troupe sillonne la France pendant plus de treize ans. À l’époque, le théâtre est très peu joué dans des salles comme aujourd’hui ; les comédiens jouent souvent dans la rue, sur des scènes éphémères. Les pièces sont des farces, qui ne sont pas écrites, mais surtout improvisées. On y joue des gens du peuple. Molière commence à faire parler de lui pour ses talents de comédien.

En 1658, la troupe rejoint Paris et joue pour Louis XIV, le Roi-Soleil, grand amateur d’arts. Son frère, le Duc d’Orléans, protège les comédiens. En 1665, c’est le roi lui-même qui prend Molière sous sa protection et lui assure un soutien financier ; la troupe obtient le titre de « troupe du roi ». Ses pièces sont écrites pour divertir le roi et sa cour. Elles sont jouées au théâtre du Palais-Royal à Paris, mais aussi directement à la cour du roi : au Louvre, à Versailles, dans les jardins l’été, ou dans d’autres châteaux où le roi séjourne.

Au fil des années, Molière écrit des petites comédies, genre léger et comique, où l’on rit des exagérations. Il dépeint dans ces pièces les hommes de son temps. On ne séparait pas à l’époque le théâtre, la danse et la musique. Molière et le musicien Lully inventent ensemble les comédies-ballets. Le Médecin malgré lui et Le Malade imaginaire sont deux comédies-ballets. Le théâtre évolue beaucoup avec Molière : on joue les pièces à l’intérieur. On passe des farces de rue aux comédies qui obéissent à des règles précises. Les comédies se découpent habituellement en cinq actes. On utilise les actes pour délimiter les différents moments de l’intrigue, mais aussi pour des raisons pratiques : il fallait, toutes les vingt minutes environ, changer les chandelles qui éclairaient la scène, car à l’époque il n’y avait pas d’électricité ! Les actes sont eux-mêmes coupés en scènes. On change de scène lorsqu’un personnage fait son entrée.

Les pièces de Molière sont aujourd’hui encore jouées partout en France, et pour parler de la langue française, on utilise même parfois l’expression « la langue de Molière » !
Comédie
Texte de Molière Illustrations de Karine Bernadou
Introduction
Le Médecin malgré lui
Dans Le Médecin malgré lui, Molière met en scène Sganarelle, un homme fier, paresseux et brutal. Sa femme se venge en le faisant passer pour un médecin qui demande à se faire battre pour exercer sa médecine. C’est une farce : une pièce courte dont le but est de faire rire et de divertir.
Le sujet est la médecine. Molière singera les médecins dans de nombreuses pièces. Il les présente comme des charlatans attirés par l’argent, qui ne doivent leur titre de médecin qu’à la robe qu’ils portent. Sganarelle doit la porter pour paraître crédible.
Dans les farces, il y a des coups de bâtons et des gesticulations. C’est une façon d’amuser le public sans parler. Il y a également des exagérations, comme dans la dispute entre Sganarelle et sa femme. Mais Molière utilise aussi beaucoup les mots pour faire rire. Sganarelle fait des jeux de mots alors que les paysans, eux, peinent à utiliser un vocabulaire qui leur est inconnu. Et surtout, le médecin semble érudit uniquement parce que personne ne comprend son charabia teinté de latin.
Le Médecin malgré lui peut être considéré comme la farce la plus réussie de Molière. C’est celle qui a été la plus jouée de son vivant.
La pièce a été représentée pour la première fois le 6 août 1666.
Personnages
Sganarelle , mari de Martine.
Martine , femme de Sganarelle.
M. Robert , voisin de Sganarelle.
Valère , domestique de Géronte.
Lucas , mari de Jacqueline.
Géronte , père de Lucinde.
Jacqueline , nourrice chez Géronte, et femme de Lucas.
Lucinde , fille de Géronte.
Léandre , amant de Lucinde.
Thibaut , père de Perrin.
Perrin , fils de Thibaut, paysan.
Acte I
Scène première
SGANARELLE, MARTINE,
paraissant sur le théâtre en se querellant.
S ganarelle . — Non, je te dis que je n’en veux rien faire, et que c’est à moi de parler et d’être le maître.
M artine . — Et je te dis, moi, que je veux que tu vives à ma fantaisie, et que je ne me suis point mariée avec toi pour souffrir tes fredaines * .
S ganarelle . — Ô la grande fatigue que d’avoir une femme ! et qu’Aristote a bien raison, quand il dit qu’une femme est pire qu’un démon !
M artine . — Voyez un peu l’habile homme, avec son benêt d’Aristote !
S ganarelle . — Oui, habile homme : trouve-moi un faiseur de fagots qui sache, comme moi, raisonner des choses, qui ait servi six ans un fameux médecin, et qui ait su, dans son jeune âge, son rudiment par cœur.
M artine . — Peste du fou fieffé * !
S ganarelle . — Peste de la carogne * !
M artine . — Que maudit soit l’heure et le jour où je m’avisai d’aller dire oui !
S ganarelle . — Que maudit soit le bec cornu de notaire qui me fit signer ma ruine !

M artine . — C’est bien à toi, vraiment, à te plaindre de cette affaire. Devrais-tu être un seul moment sans rendre grâce au Ciel de m’avoir pour ta femme ? et méritais-tu d’épouser une personne comme moi ?
S ganarelle . — Il est vrai que tu me fis trop d’honneur, et que j’eus lieu de me louer la première nuit de nos noces ! Hé ! morbleu ! ne me fais point parler là-dessus : je dirais de certaines choses…
M artine . — Quoi ? que dirais-tu ?
S ganarelle . — Baste, laissons là ce chapitre. Il suffit que nous savons ce que nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver.
M artine . — Qu’appelles-tu bien heureuse de te trouver ? Un homme qui me réduit à l’hôpital, un débauché, un traître, qui me mange tout ce que j’ai ?
S ganarelle . — Tu as menti : j’en bois une partie.
M artine . — Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans le logis.
S ganarelle . — C’est vivre de ménage.
M artine . — Qui m’a ôté jusqu’au lit que j’avais.
S ganarelle . — Tu t’en lèveras plus matin.
M artine . — Enfin, qui ne laisse aucun meuble dans toute la maison.
S ganarelle . — On en déménage plus aisément.
M artine . — Et qui, du matin jusqu’au soir, ne fait que jouer et que boire.
S ganarelle . — C’est pour ne me point ennuyer.
M artine . — Et que veux-tu, pendant ce temps, que je fasse avec ma famille ?
S ganarelle . — Tout ce qu’il te plaira.
M artine . — J’ai quatre pauvres petits enfants sur les bras.
S ganarelle . — Mets-les à terre.
M artine . — Qui me demandent à toute heure du pain.
S ganarelle . — Donne-leur le fouet : quand j’ai bien bu et bien mangé, je veux que tout le monde soit saoul dans ma maison.
M artine . — Et tu prétends, ivrogne, que les choses aillent toujours de même ?
S ganarelle . — Ma femme, allons tout doucement, s’il vous plaît.
M artine . — Que j’endure éternellement tes insolences et tes débauches ?
S ganarelle . — Ne nous emportons point, ma femme.
M artine . — Et que je ne sache pas trouver le moyen de te ranger à ton devoir ?
S ganarelle . — Ma femme, vous savez que je n’ai pas l’âme endurante, et que j’ai le bras assez bon.
M artine . — Je me moque de tes menaces.
S ganarelle . — Ma petite femme, ma mie, votre peau vous démange, à votre ordinaire.
M artine . — Je te montrerai bien que je ne te crains nullement.
S ganarelle . — Ma chère moitié, vous avez envie de me dérober quelque chose.
M artine . — Crois-tu que je m’épouvante de tes paroles ?
S ganarelle . — Doux objet de mes vœux, je vous frotterai les oreilles.
M artine . — Ivrogne que tu es !
S ganarelle . — Je vous battrai.
M artine . — Sac à vin !
S ganarelle . — Je vous rosserai * .
M artine . — Infâme !
S ganarelle . — Je vous étrillerai * .
M artine . — Traître, insolent, trompeur, lâche, coquin, pendard * , gueux * , bélître * , fripon, maraud * , voleur… !
S ganarelle. (Il prend un bâton et lui en donne.) — Ah ! vous en voulez donc ?
M artine . — Ah ! ah, ah, ah !
S ganarelle . — Voilà le vrai moyen de vous apaiser.
Scène II
M. ROBERT, SGANARELLE, MARTINE.
M. R obert . — Holà ! holà ! holà ! Fi ! Qu’est-ce ci ? Quelle infamie ! Peste soit le coquin, de battre ainsi sa femme !
M artine , les mains sur les côtés, lui parle en le faisant reculer, et à la fin lui donne un soufflet. — Et je veux qu’il me batte, moi.
M. R obert . — Ah ! j’y consens de tout mon cœur.
M artine . — De quoi vous mêlez-vous ?
M. R obert . — J’ai tort.
M artine . — Est-ce là votre affaire ?
M. R obert . — Vous avez raison.
M artine . — Voyez un peu cet impertinent, qui veut empêcher les maris de battre leurs femmes.
M. R obert . — Je me rétracte.
M artine . — Qu’avez-vous à voir là-dessus ?
M. R obert . — Rien.
M artine . — Est-ce à vous d’y mettre le nez ?
M. R obert . — Non.
M artine . — Mêlez-vous de vos affaires.
M. R obert . — Je ne dis plus mot.
M artine . — Il me plaît d’être battue.
M. R obert . — D’accord.
M artine . — Ce n’est pas à vos dépens.
M. R obert . — Il est vrai.
M artine . — Et vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n’avez que faire.
M. R obert . (Il passe ensuite vers le mari, qui pareillement lui parle toujours en le faisant reculer, le frappe avec le même bâton et le met en fuite ; il dit à la fin :) — Compère, je vous demande pardon de tout mon cœur. Faites, rossez, battez, comme il faut, votre femme ; je vous aiderai si vous le voulez.
S ganarelle . — Il ne me plaît pas, moi.
M. R obert . — Ah ! c’est une autre chose.
S ganarelle . — Je la veux battre, si je le veux ; et ne la veux pas battre, si je ne le veux pas.
M. R obert . — Fort bien.
S ganarelle . — C’est ma femme, et non pas la vôtre.
M. R obert . — Sans doute.
S ganarelle . — Vous n’avez rien à me commander.
M. R obert . — D’accord.
S ganarelle . — Je n’ai que faire de votre aide.
M. R obert . — Très volontiers.
S ganarelle . — Et vous êtes un impertinent, de vous ingérer des affaires d’autrui. Apprenez que Cicéron dit qu’entre l’arbre et le doigt il ne faut point mettre l’écorce * . (Il bat M. Robert et le chasse. Ensuite il revient vers sa femme et lui dit, en lui pressant la main :) Ô ça, faisons la paix nous deux. Touche là.
M artine . — Oui ! après m’avoir ainsi battue !
S ganarelle . — Cela n’est rien, touche.
M artine . — Je ne veux pas.
S ganarelle . — Eh !
M artine . — Non.
S ganarelle . — Ma petite femme !
M artine . — Point.
S ganarelle . — Allons, te dis-je.
M artine . — Je n’en ferai rien.
S ganarelle . — Viens, viens, viens.
M artine . — Non : je veux être en colère.
S ganarelle . — Fi ! c’est une bagatelle * . Allons, allons.
M artine . — Laisse-moi là.
S ganarelle . — Touche, te dis-je.
M artine . — Tu m’as trop maltraitée.
S ganarelle . — Eh bien va, je te demande pardon ; mets là ta main.
M artine . — Je te pardonne ; (Elle dit le reste bas.) mais tu le payeras.
S ganarelle . — Tu es une folle de prendre garde à cela : ce sont petites choses qui sont de temps en temps nécessaires dans l’amitié ; et cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s’aiment, ne font que ragaillardir l’affection. Va, je m’en vais au bois, et je te promets aujourd’hui plus d’un cent de fagots.
Scène III
MARTINE.
M artine , seule. — Va, quelque mine que je fasse, je n’oublie pas mon ressentiment ; et je brûle en moi-même de trouver les moyens de te punir des coups que tu me donnes. Je sais bien qu’une femme a toujours dans les mains de quoi se venger d’un mari ; mais c’est une punition trop délicate pour mon pendard * : je veux une vengeance qui se fasse un peu mieux sentir ; et ce n’est pas contentement pour l’injure que j’ai reçue.
Scène IV
VALÈRE, LUCAS, MARTINE.
L ucas . — Parguenne ! j’avons pris là tous deux une gueble de commission ; et je ne sais pas, moi, ce que je pensons attraper.
V alère . — Que veux-tu, mon pauvre nourricier * ? il faut bien obéir à notre maître ; et puis nous avons intérêt, l’un et l’autre, à la santé de sa fille, notre maîtresse ; et sans doute son mariage, différé par sa maladie, nous vaudrait quelque récompense. Horace, qui est libéral, a bonne part aux prétentions qu’on peut avoir sur sa personne ; et quoiqu’elle ait fait voir de l’amitié pour un certain Léandre, tu sais bien que son père n’a jamais voulu consentir à le recevoir pour son gendre.
M artine , rêvant à part elle. — Ne puis-je point trouver quelque invention pour me venger ?
L ucas . — Mais quelle fantaisie s’est-il boutée là dans la tête, puisque les médecins y avont tous pardu leur latin ?
V alère . — On trouve quelquefois, à force de chercher, ce qu’on ne trouve pas d’abord ; et souvent, en de simples lieux…
M artine . — Oui, il faut que je m’en venge à quelque prix que ce soit : ces coups de bâton me reviennent au cœur, je ne les saurais digérer, et… (Elle dit tout ceci en rêvant, de sorte que, ne prenant pas garde à ces deux hommes, elle les heurte en se retournant, et leur dit :) Ah ! Messieurs, je vous demande pardon ; je ne vous voyais pas, et cherchais dans ma tête quelque chose qui m’embarrasse.
V alère . — Chacun a ses soins dans le monde, et nous cherchons aussi ce que nous voudrions bien trouver.
M artine . — Serait-ce quelque chose où je vous puisse aider ?
V alère . — Cela se pourrait faire ; et nous tâchons de rencontrer quelque habile homme, quelque médecin particulier, qui pût donner quelque soulagement à la fille de notre maître, attaquée d’une maladie qui lui a ôté tout d’un coup l’usage de la langue. Plusieurs médecins ont déjà épuisé toute leur science après elle : mais on trouve parfois des gens avec des secrets admirables, de certains remèdes particuliers, qui font le plus souvent ce que les autres n’ont su faire ; et c’est là ce que nous cherchons.
M artine. (Elle dit ces premières lignes bas.) — Ah ! que le Ciel m’inspire une admirable invention pour me venger de mon pendard ! (Haut.) Vous ne pouviez jamais vous mieux adresser pour rencontrer ce que vous cherchez ; et nous avons ici un homme, le plus merveilleux homme du monde, pour les maladies désespérées.
V alère . — Et de grâce, où pouvons-nous le rencontrer ?
M artine . — Vous le trouverez maintenant vers ce petit lieu que voilà, qui s’amuse à couper du bois.
L ucas . — Un médecin qui coupe du bois !
V alère . — Qui s’amuse à cueillir des simples * , voulez-vous dire ?
M artine . — Non : c’est un homme extraordinaire qui se plaît à cela, fantasque, bizarre, quinteux * , et que vous ne prendriez jamais pour ce qu’il est. Il va vêtu d’une façon extravagante, affecte quelquefois de paraître ignorant, tient sa science renfermée, et ne fuit rien tant tous les jours que d’exercer les merveilleux talents qu’il a eus du Ciel pour la médecine.
V alère . — C’est une chose admirable, que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque petit grain de folie mêlé à leur science.
M artine . — La folie de celui-ci est plus grande qu’on ne peut croire, car elle va parfois jusqu’à vouloir être battu pour demeurer d’accord de sa capacité ; et je vous donne avis que vous n’en viendrez point à bout, qu’il n’avouera jamais qu’il est médecin, s’il se le met en fantaisie, que vous ne preniez chacun un bâton, et ne le réduisiez, à force de coups, à vous confesser à la fin ce qu’il vous cachera d’abord. C’est ainsi que nous en usons quand nous avons besoin de lui.
V alère . — Voilà une étrange folie !
M artine . — Il est vrai ; mais après cela, vous verrez qu’il fait des merveilles.
V alère . — Comment s’appelle-t-il ?
M artine . — Il s’appelle Sganarelle ; mais il est aisé à connaître : c’est un homme qui a une large barbe noire, et qui porte une fraise, avec un habit jaune et vert.
L ucas . — Un habit jaune et vart ! C’est donc le médecin des paroquets ?
V

  • Accueil Accueil
  • Univers Univers
  • Ebooks Ebooks
  • Livres audio Livres audio
  • Presse Presse
  • BD BD
  • Documents Documents