Les Fondements de la psychologie du couple
506 pages
Français

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Les Fondements de la psychologie du couple , livre ebook

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Description

En dépit de profondes mutations s’enchaînant à un rythme accéléré, le couple demeure, en 2017, un noyau de l’organisation de la vie personnelle et sociale. En misant sur une analyse des multiples déterminants du fonctionnement conjugal, les auteurs de ce collectif proposent un tour d’horizon détaillé des réponses scientifiques contemporaines aux principales questions qui se posent en matière de psychologie du couple.
Pour ce faire, ils vont au-delà des préjugés et des dogmes. En effet, ils sont d’avis que certaines connaissances – qui sont ici remises en question, retravaillées, clarifiées et contestées à la lumière de faits – constituent un antidote de choix aux visions simplifiées, trop optimistes ou trop pessimistes, de l’organisation de la vie de couple. Cette analyse approfondie offre un éclairage scientifique sur les fondements et concepts théoriques de la relation de couple, sur son développement, sur les processus relationnels sous-jacents au fonctionnement conjugal optimal, ainsi que sur les méthodes de recherche et d’intervention auprès des couples.
En nourrissant la réflexion sur un ensemble d’enjeux relationnels complexes, cet ouvrage saura plaire à tout professionnel de la psychologie du couple.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 octobre 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782760546820
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,2800€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les
fondements
de 1a
psychologie
du
couple
Presses de l Universit du Qu bec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier
bureau 450, Qu bec (Qu bec) G1V 2M2
T l phone: 418 657-4399 - T l copieur: 418 657-2096
Courriel: puq@puq.ca - Internet: www.puq.ca

Diffusion / Distribution:
CANADA
Prologue inc., 1650, boulevard Lionel-Bertrand Boisbriand (Qu bec) J7H 1N7 - T l.: 450 434-0306 / 1 800 363-2864
FRANCE
Sof dis, 11, rue Soufflot
75005 Paris, France - T l.: 01 53 10 25 25
Sodis, 128, avenue du Mar chal de Lattre de Tassigny
77403 Lagny, France - T l.: 0160078299
BELGIQUE
Patrimoine SPRL, avenue Milcamps 119
1030 Bruxelles, Belgique - T l.: 027366847
SUISSE
Servidis SA, chemin des Chalets 7
1279 Chavannes-de-Bogis, Suisse - T l.: 022960.95.32

Diffusion / Distribution (ouvrages anglophones):
Independent Publishers Group, 814 N. Franklin Street
Chicago, IL 60610 - Tel.: (800) 888-4741

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Les
fondements
de la
psychologie
du
couple

Sous la direction de
Yvan Lussier
Claude B langer
St phane Sabourin
Pr face de
Phillip R. Shaver
Catalogage avant publication de Biblioth que et Archives nationales du Qu bec et Biblioth que et Archives Canada
Vedette principale au titre:
Les fondements de la psychologie du couple
Comprend des r f rences bibliographiques et un index
ISBN 978-2-7605-4680-6
ISBN EPUB 978-2-7605-4682-0
1. Couples - Psychologie - Manuels d enseignement sup rieur. I. Lussier, Yvan, 1958- .II. B langer, Claude, 1952- . III. Sabourin, St phane, 1957- .
HQ801.F66 2017 306.7 C2016-942575-4

R vision
M lissa Guay
Correction d preuves
Christian Bouchard
Conception graphique
Julie Rivard
Mise en page
Interscript
Image de couverture
tre en couple, beau temps, mauvais temps Toile galerie 24 x 24 fait l acrylique Isabelle Hall Cr ations
D p t l gal: 3 e trimestre 2017
Biblioth que et Archives nationales du Qu bec
Biblioth que et Archives Canada
2017 - Presses de l Universit du Qu bec
Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation r serv s
Imprim au Canada
D4680-1 [01]
Au cours des derni res d cennies, les chercheurs et les intervenants de divers champs de la psychologie et des sciences sociales ont port une attention particuli re aux relations intimes. Comment se forment-elles, se d veloppent-elles (positivement ou n gativement), se d t riorent-elles ou prennent-elles fin? Comment peuvent-elles tre reconstruites et renouvel es? Comment leur qualit affecte-elle la vie d autres personnes - en particulier celle des enfants qui grandissent -, mais aussi le dynamisme des communaut s? Par exemple, la plupart des gens sont en meilleure sant physique et mentale lorsqu ils sont soutenus psychologiquement par un partenaire amoureux. Les adultes en couple ont aussi une meilleure situation financi re que les adultes qui sont seuls. Les enfants dont les parents ont une relation saine acqui rent un sentiment stable de s curit personnelle et des bases psychologiques plus solides pour relever les nombreux d fis de la vie et jongler avec ses opportunit s. De plus, les communaut s o les adultes vivent des relations plus saines sont prosp res et les gens s y sentent en s curit , sont heureux et sont en harmonie avec les autres.
Chez une majorit d adultes, la relation d velopp e avec un partenaire amoureux constitue la relation la plus centrale de leur vie, peu importe qu elle se forme dans le contexte plus traditionnel du mariage ou qu elle soit issue de toute autre forme d union (p. ex. cohabitation sans mariage). Depuis 20 ans, la recherche dans ce domaine a progress rapidement et il en r sulte une vaste documentation scientifique, de nombreux livres de croissance personnelle et un nombre lev d articles de magazine propos de la relation de couple. Des recherches ont men au d veloppement de nombreuses interventions ducationnelles, cliniques et communautaires travers le monde. Il est maintenant beaucoup plus facile qu il y a 30 ans d analyser, de comprendre et d am liorer les relations de couple. Cependant, pour la majorit des gens - professionnels ou non -, il n est pas simple de s y retrouver.
Les tres humains sont videmment complexes et souvent surprenants - et ils ont des besoins, des valeurs, des croyances et des motions qu ils expriment au sein de leurs relations. Qui plus est, ces relations sont form es de deux tres humains complexes, dont les qualit s se r v lent et se synchronisent par le recours de nombreux modes d interaction et de communication - verbal, non-verbal, sexuel - qui voluent dans le temps pour permettre aux partenaires de s ouvrir une vari t d exp riences agr ables, souffrantes, conflictuelles ou lib ratrices qui permettront le d veloppement et la croissance mutuelle. Le cerveau humain est souvent d crit comme l entit la plus complexe de l univers. Si tel est le cas, la coordination de deux de ces entit s si complexes dans le cadre d une relation intime est encore plus difficile comprendre. Les b n fices de cette compr hension sont cependant normes.
Le livre Les fondements de la psychologie du couple , dirig par les professeurs Yvan Lussier, Claude B langer et St phane Sabourin, rend magnifiquement compte de cette imposante documentation sur les relations amoureuses et l analyse avec justesse. Il constitue un excellent point de d part pour les chercheurs, les intervenants, les enseignants, les tudiants et le public inform qui souhaitent comprendre l tat des connaissances actuelles sur les relations de couple. R dig par des experts reconnus dans le domaine des relations amoureuses, cet ouvrage est la fois fascinant et difiant. Il passe en revue des concepts th oriques et d veloppementaux importants, des processus et probl matiques relationnels centraux, ainsi que les m thodes contemporaines d appr hension et d tude des couples. Il apporte une contribution cruciale aux chercheurs et aux intervenants qui uvrent aupr s de couples, ainsi qu tous les autres types de lecteurs qui souhaitent am liorer leur propre relation ou mieux comprendre celles de leurs proches. L influence de ce livre sur la vie des individus et des couples qui le liront - ou qui profiteront de l expertise des professionnels qui le liront - ne peut qu tre b n fique. J accueille avec grand plaisir sa parution et j offre mes f licitations et remerciements aux auteurs et aux directeurs de ce volume. Tous apportent une contribution remarquable la compr hension des th ories de la vie en couple.
Phillip R. Shaver, Ph. D. Professeur m rite distingu , University of California, Davis Ex-pr sident de l International Association for Relationship Research Co diteur du Handbook of Attachment: Theory, Research, and Clinical Application
PR FACE Phillip R. Shaver
LISTE DES ENCADR S
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
INTRODUCTION: FONDEMENTS DE LA PSYCHOLOGIE DU COUPLE
Partie 1 FONDEMENTS ET CONCEPTS TH ORIQUES
Chapitre 1 MOD LES ET TYPOLOGIES EN PSYCHOLOGIE DU COUPLE
Caroline Dugal, No mie Bigras, St phanie Laforte, Natacha Godbout et Claude B langer
1. Fonctions des relations amoureuses
1.1. Perspective volutionniste du fonctionnement conjugal
1.2. Mod le de l expansion du soi
2. Mod les th oriques des relations amoureuses
2.1. Mod le tripartite des relations conjugales
2.2. Th orie de l attachement
2.3. Th orie de l interd pendance
2.4. Syst me de r gulation des risques relationnels
2.5. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
3. Typologies de l amour
3.1. Mod le typologique des couleurs de l amour
3.2. Typologie de l amour de Berscheid
4. Mod le int grateur: l interd pendance au sein des relations conjugales (IRC)
4.1. Composantes de la relation conjugale selon le mod le IRC
4.2. Facteurs d influence de la relation conjugale selon le mod le IRC
Conclusion
R f rences
Chapitre 2 ATTACHEMENT DANS LES RELATIONS DE COUPLE
Audrey Brassard, Yvan Lussier, Marie-France Lafontaine, Katherine P loquin et St phane Sabourin
1. Bref survol des notions th oriques sur l attachement
2. Attachement chez l adulte
2.1. Conceptualisation
2.2. Mesure de l attachement
2.3. Stabilit de l attachement
3. Dynamique amoureuse
3.1. Attraction
3.2. Qualit de la relation conjugale
3.3. Communication et gestion des conflits
3.4. Soutien conjugal
3.5. Sexualit
3.6. Violence conjugale
3.7. Rupture et deuil
4. Interventions th rapeutiques
Conclusion
R f rences
Chapitre 3 PERSONNALIT ET RELATIONS DE COUPLE
S bastien Bouchard, Marie- ve Daspe, Claudia Savard, M lissa Verreault, Marie-H l ne Blais-Bergeron et St phane Sabourin
1. D finition des notions de personnalit et de trouble de la personnalit
1.1. Personnalit
1.2. Trouble de la personnalit
2. Personnalit et fonctionnement conjugal
2.1. Personnalit et satisfaction conjugale
2.2. Traits de personnalit et risque de dissolution des unions
2.3. N vrosisme et communication au sein des unions
2.4. Traits de personnalit et sexualit
2.5. Personnalit et appariement non al atoire des couples
2.6. Approche psychodynamique de la personnalit en contexte de relation conjugale
3. Troubles de la personnalit et fonctionnement conjugal
3.1. Trouble de la personnalit limite et fonctionnement conjugal
3.2. Troubles de la personnalit antisociale, narcissique, psychopathique et fonctionnement conjugal
4. Implications cliniques
Conclusion
R f rences
Chapitre 4 AJUSTEMENT DYADIQUE
Claude B langer, Caroline Dugal, Catherine Courchesne, Natacha Godbout et Yvan Lussier
1. Historique et d finitions de l ajustement dyadique
1.1. Satisfaction et stabilit maritales
1.2. Bonheur et succ s conjugaux
1.3. Adaptation et qualit conjugales
2. Instruments de mesure de l ajustement dyadique
2.1. Historique de la mesure de l adaptation la vie conjugale
2.2. Questionnaire d adaptation la vie conjugale
2.3. chelle d ajustement dyadique
2.4. Autres instruments de mesure
3. Mod les th oriques de l ajustement dyadique
3.1. Th orie de l change social
3.2. Th ories comportementales
3.3. Th orie de l attachement
3.4. Th orie de la crise
3.5. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
4. Remise en question des connaissances actuelles et recommandations pour les recherches futures
R f rences
Chapitre 5 SEXUALIT DANS LES RELATIONS DE COUPLE
Sophie Bergeron, Marie-Pier L ger-B langer et Katy Bois
1. l ments th oriques et m thodologiques li s l tude de la sexualit chez le couple
2. Comportements sexuels des hommes et des femmes: similitudes et diff rences
3. Attachement et sexualit
3.1. Attachement s curis et sexualit
3.2. Attachement anxieux et sexualit
3.3. Attachement vitant et sexualit
4. Dysfonctions sexuelles
4.1. Baisse du d sir sexuel
4.2. Trouble rectile
4.3. jaculation pr coce
4.4. Anorgasmie
4.5. Dyspareunie et vaginisme
4.6. Paraphilies
Conclusions et recommandations
R f rences
Partie 2 NOTIONS D VELOPPEMENTALES
Chapitre 6 FORMATION DES RELATIONS DE COUPLE
Marie- ve Daspe, Carmen Lemelin, Yvan Lussier et St phane Sabourin
1. Perspectives th oriques dominantes sur l attraction et la formation des relations de couple
1.1. Perspective de la biologie volutionniste
1.2. Perspective de l attachement et formation des relations de couple
1.3. Perspectives des b n fices relationnels
2. Processus impliqu s dans la formation des relations
2.1. Contexte
2.2. D sir d entrer en relation
2.3. Attraction
2.4. S duction et comportements d initiation des relations
2.5. Recherche d informations sur le partenaire potentiel et d voilement de soi
2.6. D veloppement de l intimit sexuelle
3. D fis et probl mes potentiels dans la formation des relations de couple
3.1. Tromperie et malhonn tet
3.2. Divergences dans les perceptions et les attentes face la relation
3.3. Poursuite obsessive d un partenaire et harc lement
4. Autres contextes d initiation des relations amoureuses
4.1. Initiation d une relation suivant une rupture amoureuse
4.2. Rencontre clair ( speed dating )
4.3. Rencontres via Internet
Conclusion
R f rences
Chapitre 7 TRAUMAS INTERPERSONNELS L ENFANCE ET RELATIONS DE COUPLE
Natacha Godbout, No mie Bigras, Marsha Runtz et John Briere
1. D finitions
1.1. Trauma
1.2. Traumas interpersonnels l enfance
2. Portrait statistique de la situation
2.1. Pr valence des diff rents types de traumas
2.2. Pr valence des traumas cumulatifs
3. Mod les th oriques des r percussions des traumas l enfance sur la relation conjugale
3.1. Th ories du trauma
3.2. Mod le des dynamiques traumag niques
3.3. Th orie du trauma au soi
3.4. Th orie de l attachement
3.5. Th ories de l apprentissage
3.6. Th orie des relations d objet
4. R percussions des traumas interpersonnels l enfance sur la relation conjugale: donn es empiriques
4.1. Stress post-traumatique
4.2. D tresse psychologique et r gulation motionnelle
4.3. Pleine conscience
4.4. Sexualit
4.5. Attachement
4.6. Trouble de personnalit limite
4.7. Violence au sein de relations intimes
5. Facteurs de risques et de protection
5.1. Caract ristiques des traumas
5.2. Soutien parental lors du d voilement
5.3. La relation conjugale comme une ressource pour les survivants de traumas
6. Limites des connaissances actuelles et directions futures
Conclusion
R f rences
Chapitre 8 TRANSITION PARENTALE
Genevi ve Bouchard
1. Conceptualisation de la transition parentale
2. R percussions de l arriv e d un premier enfant sur la vie conjugale
3. Facteurs qui influencent la fa on dont l arriv e d un premier enfant est v cue au sein du couple
3.1. Planification de la grossesse
3.2. Statut conjugal
3.3. Moment choisi pour avoir son premier enfant
3.4. Attentes pr natales des partenaires
Conclusion
R f rences
Chapitre 9 PARENTALIT D fis des conjoints et position mentalisante
Karin Ensink, Caroline Dugal, Vicky Lebel, Marko Biberdzic et Lina Normandin
1. Partenaires amoureux en situation de parentalit
1.1. Transformation de la relation de conjoints parents
1.2. Relation coparentale
1.3. R percussions de la relation coparentale sur les enfants
1.4. Gestion des conflits au sein du couple
2. Parents face aux besoins de l enfant
2.1. Importance de d velopper une position mentalisante
2.2. Disponibilit motionnelle du parent et capacit s engager aupr s de l enfant
2.3. De la r gulation mutuelle l autor gulation
2.4. Orientation maternelle
2.5. Devenir p re, devenir m re, devenir parent
2.6. Narcissisme et autres troubles de la personnalit des parents
2.7. D fis des familles non traditionnelles
Conclusion
R f rences
Chapitre 10 REGARD SUR LE COUPLE G
Myriam Gauvreau et Sylvie Lapierre
1. Vieillissement et couple
2. Portrait des couples g s
3. Satisfaction conjugale et qualit de la relation
4. Sexualit
5. Vie conjugale et transitions de vie
5.1. Retraite
5.2. Divorce et s paration
5.3. Maladie: perte d autonomie et r le du proche aidant
5.4. D c s du partenaire
6. Approches cliniques
Conclusion
R f rences
Partie 3 PROCESSUS RELATIONNELS
Chapitre 11 R LE DES PROCESSUS COGNITIFS EN PSYCHOLOGIE DU COUPLE
Genevi ve Laberge, Yvan Lussier et St phane Sabourin
1. D finition des concepts
1.1. Attention s lective
1.2. Attentes
1.3. Croyances
1.4. Standards (ou normes)
1.5. Attributions
2. Applications cliniques
Conclusion
R f rences
Chapitre 12 COMMUNICATION, R SOLUTION DE PROBL MES ET SATISFACTION CONJUGALE
Claude B langer, Roger Marcaurelle, Ariane Lazarid s, Myra Gravel Crevier et Marie-France Lafontaine
1. Variables communicationnelles comme d terminants de la satisfaction conjugale
1.1. D finition des variables li es la communication
1.2. Communication et satisfaction conjugale
1.3. R solution de probl mes et satisfaction conjugale
2. Variables p ricommunicationnelles comme d terminants de la satisfaction conjugale
2.1. R le des cognitions dans la communication
2.2. Influence des traits de personnalit dans la communication
2.3. ge comme variable interm diaire
3. Remise en question du mod le classique de la communication conjugale
3.1. Probl me du recours exclusif l coute active et la r solution de probl mes
3.2. R le de l acceptation dans la communication
3.3. Importance de l attachement s curisant dans la communication
3.4. D fusion cognitive comme condition de flexibilit communicationnelle
4. Limites des tudes et recommandations pour les recherches futures
R f rences
Chapitre 13 STRAT GIES D ADAPTATION ET FONCTIONNEMENT CONJUGAL
Christopher Naud, Yvan Lussier et St phane Sabourin
1. Conceptualisation du stress dans le couple et typologie des stresseurs
2. Mod le pour valuer le stress dans le couple
2.1. Mod le ABC-X du stress familial
2.2. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation (VSA)
2.3. Mod le stress-divorce
3. Conceptualisation des strat gies d adaptation: mod les classiques et approches mergentes
3.1. Mod le transactionnel
3.2. Mod le d adaptation dyadique
3.3. Strat gies d adaptation relationnelles et empathiques
4. tudes empiriques du stress et des strat gies d adaptation chez les couples
4.1. Variables d influence sur l utilisation de strat gies d adaptation
4.2. Stress, strat gies d adaptation et satisfaction conjugale
4.3. Strat gies d adaptation en tant que variables m diatrices ou mod ratrices
4.4. Strat gies d adaptation et sympt mes de d tresses psychologiques et conjugales
4.5. Strat gies d adaptation, stress chronique et stress provenant d v nements de vie
4.6. Strat gies d adaptation et stress li la maladie
Conclusion et propositions de recherches futures
R f rences
Chapitre 14 CONFLITS AU SEIN DES RELATIONS DE COUPLE
Audrey Brassard et Fanie Houde
1. D finition et fonctions des conflits
2. Mesure des conflits
2.1. Grilles d observation
2.2. Questionnaires
3. Mod le th orique synth se des conflits conjugaux
4. Processus et styles de gestion des conflits
5. Conflits sous un angle d veloppemental
5.1. Couples en fr quentation
5.2. Couples en cohabitation
5.3. Couples mari s
6. D saccords aux conflits conjugaux
7. Patrons positifs de r solution de conflits
8. Conflits, d tresse conjugale et s paration
9. Caract ristiques individuelles des conjoints et stresseurs
9.1. Attachement
9.2. Personnalit
9.3. Ant c dents familiaux
9.4. Stresseurs
9.5. Autres facteurs
Conclusion
R f rences
Chapitre 15 FONCTIONNEMENT DE COUPLE CHEZ LES INDIVIDUS EN RELATION DE M ME SEXE
Nicolas Gabbay, Marie-France Lafontaine, Katherine P loquin, Jamie Lyn Flesch et Jos e Fitzpatrick
1. D fis rencontr s par les couples en relation de m me sexe
2. Satisfaction, engagement et stabilit des unions
3. Th orie de l attachement et relations de m me sexe
4. Sexualit
4.1. D sir, fr quence et satisfaction sexuelle
4.2. Exclusivit sexuelle et relations ouvertes
5. R solution de probl mes et communication
6. Violence conjugale
6.1. Pr valence
6.2. Corr lats
7. Homoparentalit
7.1. Fonctionnement psychosocial des parents de m me sexe
7.2. Vie de couple chez les parents de m me sexe
8. Limites associ es aux recherches actuelles et conclusion
R f rences
Partie 4 PROBL MES RELATIONNELS SP CIFIQUES
Chapitre 16 FONCTIONNEMENT CONJUGAL ET PROBL MES DE SANT MENTALE
Claude B langer, Ghassan El-Baalbaki, Myra Gravel Crevier et Roger Marcaurelle
1. Relation de couple et troubles anxieux
2. Relation de couple et d pression
3. Relation de couple et probl mes de consommation d alcool
4. Relation de couple et troubles de la personnalit
Conclusion
R f rences
Chapitre 17 FONCTIONNEMENT CONJUGAL ET PROBL MES DE SANT Diab te, douleur chronique et maladie coronarienne
Marie-France Lafontaine, Paul S. Greenman, Katherine P loquin, Arie Nouwen et Claude B langer
1. Diab te
1.1. D finition, facteurs de risque, pr valence et incidence sur le fonctionnement global
1.2. R percussions du diab te sur le couple
1.3. R percussions de la relation de couple sur le diab te
2. Douleur chronique
2.1. D finition, pr valence, r percussions sur le fonctionnement global et mod les conceptuels
2.2. R percussions de la douleur chronique sur le couple
2.3. R percussions de la relation de couple sur la douleur chronique
3. Maladie coronarienne
3.1. D finition, facteurs de risque, pr valence et incidence sur le fonctionnement global
3.2. Influence de la maladie coronarienne sur le couple
3.3. Incidence de la relation de couple sur la maladie coronarienne
4. Limites associ es aux recherches actuelles et conclusion
R f rences
Chapitre 18 ENJEUX LI S AU POIDS, L ALIMENTATION ET L IMAGE CORPORELLE AU SEIN DES RELATIONS DE COUPLE
Catherine B gin, Marilou C t et Marie-Pierre Gagnon-Girouard
1. Relations conjugales et poids corporel
1.1. tat matrimonial et poids
1.2. Transitions conjugales et poids
1.3. Satisfaction conjugale et poids
2. Relations conjugales et comportements alimentaires
2.1. Satisfaction conjugale et comportements alimentaires
2.2. Suppression motionnelle au sein du couple, poids et comportements alimentaires
2.3. Interactions conjugales, poids et comportements alimentaires
2.4. Effet du stress conjugal sur l alimentation des enfants
3. Relations conjugales et image corporelle
3.1. Satisfaction conjugale et image corporelle
3.2. Satisfaction sexuelle et image corporelle
Conclusion
R f rences
Chapitre 19 VIOLENCE CONJUGALE
Yvan Lussier, Marie-France Lafontaine, Audrey Brassard et St phane Sabourin
1. D finitions de la violence conjugale
1.1. Violence psychologique
1.2. Violence physique
1.3. Violence sexuelle
2. Cons quences de la violence conjugale
3. Pr valence de la violence conjugale
4. Mod les explicatifs de la violence conjugale
4.1. Th orie de l apprentissage social
4.2. Approche d veloppementale
4.3. Perspective psychopathologique
4.4. Perspective centr e sur des facteurs dyadiques
4.5. Int gration des mod les explicatifs de la violence conjugale
5. Mod les typologiques de la violence conjugale
5.1. Violence masculine
5.2. Violence f minine
Conclusion
R f rences
Chapitre 20 INFID LIT , MENSONGE ET TRAHISON
Laurie Picard et St phane Sabourin
1. D finition de l infid lit
2. Mesures de l infid lit
3. Pr valence
4. Attitudes
5. Mod les tiologiques de l infid lit
5.1. Th ories volutionnistes
5.2. Th ories syst miques
5.3. Th ories psychodynamiques
6. Mod les int gratifs de l infid lit
7. Cons quences de l infid lit
8. D voilement de l infid lit
9. Cyberinfid lit
10. Se r tablir de l infid lit
11. Consid rations thiques pour le th rapeute
Conclusion
R f rences
Chapitre 21 RUPTURES AMOUREUSES
Patricia Eid et Myl ne Lachance-Grzela
1. Principales th ories des ruptures amoureuses
1.1. Th orie de l change social
1.2. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
2. Pr valence des ruptures amoureuses
3. D terminants et facteurs associ s au divorce
3.1. Facteurs socioculturels
3.2. Facteurs individuels
3.3. Facteurs dyadiques
4. Cons quences des ruptures amoureuses
5. Phases d une s paration amoureuse
5.1. Phase 1: prise de conscience
5.2. Phase 2: communication
5.3. Phase 3: action et strat gies de rupture
6. Ajustement posts paration
6.1. Ajustement et volution du concept de soi
6.2. Strat gies adaptatives la suite d une rupture
Conclusion
R f rences
Partie 5 M THODES DE RECHERCHE ET D INTERVENTION
Chapitre 22 M THODES DE RECHERCHE EN PSYCHOLOGIE DU COUPLE
Alison Paradis et Myl ne Fernet
1. Recrutement et r tention des couples
1.1. Identification des couples
1.2. Recrutement des couples
1.3. R tention des couples
2. Principales approches m thodologiques
2.1. Essai clinique randomis
2.2. Recherche observationnelle (syst mes de codification des interactions)
2.3. Approches qualitatives de recherche
2.4. M thodes mixtes
3. Analyse de donn es dyadiques
4. Consid rations thiques et perspectives d ontologiques
4.1. Consentement
4.2. Confidentialit
Conclusion
R f rences
Chapitre 23 MESURE DES ENJEUX DYADIQUES
Sophie Boucher, Natacha Godbout et Roxanne Bolduc
1. Crit res de s lection de mesures
1.1. Comment choisir une mesure: la question de recherche est le point de d part
1.2. Types de mesure
1.3. Mode d administration papier-crayon ou en ligne
1.4. Aspects psychom triques
2. Domaines d int r t examin s en psychologie du couple et exemples de questionnaires
2.1. Satisfaction et ajustement dans le couple
2.2. Sentiments et motions envers le partenaire
2.3. Stabilit et engagement
2.4. Attributions et perceptions
2.5. Gestion des conflits, violence et contr le
2.6. Conciliation travail-famille et soutien conjugal
2.7. Sexualit
2.8. Variables intrapersonnelles et sant mentale
3. Lorsque la mesure n existe pas
Conclusion
R f rences
Chapitre 24 PSYCHOTH RAPIE DE COUPLE
Josianne Mondor, John Wright et Patricia Eid
1. Th rapie conjugale cognitive-comportementale (TCCC) et int grative (TCCI)
1.1. Postulats de base
1.2. Mise en doute de l efficacit de la TCCC et introduction de nouvelles composantes
1.3. Cibles de changement et strat gies d intervention
2. Th rapie conjugale ax e sur l motion (TCE)
2.1. D veloppement et volution de l approche: fondements scientifiques et th oriques
2.2. Cibles de changement et strat gies d intervention
2.3. Mouvement d int gration des approches et facteurs communs en TC
3. Efficacit de la th rapie conjugale
3.1. TC pour le traitement de la d tresse conjugale
3.2. TC pour le traitement des pathologies comorbides et cas sp cifiques
3.3. M canismes de changement en TC
4. Mandats th rapeutiques et d finition du succ s th rapeutique
4.1. Am lioration de la relation
4.2. R solution de l ambivalence
4.3. Intervention de s paration
4.4. Repr sentativit clinique des tudes
Conclusion
R f rences
NOTICES BIOGRAPHIQUES
INDEX
Encadr 3.1. Troubles de la personnalit selon le DSM-5
Encadr 3.2. Crit res diagnostiques du trouble de la personnalit limite
Encadr 3.3. Crit res diagnostiques du trouble de la personnalit narcissique
Encadr 3.4. Crit res diagnostiques du trouble de la personnalit antisociale
Encadr 6.1. Facteurs d initiation des interactions entre d ventuels partenaires
Encadr 8.1. Imp ratif parental
Encadr 8.2. D pression postpartum
Encadr 8.3. Transition parentale chez les couples homosexuels
Encadr 8.4. Transition parentale en contexte d infertilit ou d adoption
Encadr 12.1. Les quatre cavaliers de l Apocalypse
Encadr 12.2. Typologie des couples stables et instables
Encadr 12.3. Exemple d change dyadique cot l aide du SGCIC
Encadr 12.4. Mod le "classique de la communication
Encadr 16.1. Cinq mod les conjugaux du TPA
Figure 1.1. Mod le de l interd pendance au sein des relations conjugales (IRC)
Figure 2.1. Mod le de l attachement adulte repr sentant les quatre styles d attachement en s appuyant sur les deux ins curit s d attachement
Figure 4.1. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
Figure 7.1. Mod le conceptuel du r le de la pleine conscience dans la relation qui unit les traumas interpersonnels et la d tresse conjugale
Figure 7.2. Mod le conceptuel du soutien parental lors du d voilement d une agression sexuelle, de l attachement et de la d tresse psychologique et conjugale, en utilisant le couple comme unit d analyse
Figure 7.3. Mod le int grateur des repr sentations d attachement et de la d tresse psychologique pour pr dire la d tresse conjugale
Figure 8.1. volution de la satisfaction conjugale travers les diff rents stades de la vie conjugale
Figure 11.1. Mod le embo t des attributions
Figure 13.1. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation des relations de couples
Figure 13.2. Mod le de stress-divorce de Bodenmann
Figure 13.3. Diff renciation des strat gies d adaptation dyadiques des autres formes de strat gies d adaptation
Figure 13.4. Mod le d interaction entre la communication de stress d un partenaire et les strat gies d adaptation dyadiques du conjoint
Figure 14.1. Mod le th orique synth se des conflits conjugaux
Figure 14.2. Niveau de conflit selon le statut de la relation
Figure 16.1. Mod le heuristique de la consommation d alcool et du fonctionnement conjugal
Figure 16.2. Mod le g n ral de compr hension de la pr sence d un trouble mental dans le couple
Figure 20.1. Mod le int gratif des diff rentes variables explicatives de l infid lit
Figure 21.1. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
Figure 22.1. Mod le d interd pendance acteur-partenaire illustrant les relations entre la violence perp tr e envers son partenaire amoureux et les comportements de communication
Figure 22.2. Mod lisation en quations structurelles des traumas interpersonnels subis dans l enfance, de l attachement de type anxieux et vitant, de la violence dans les relations amoureuses et de l ajustement dyadique en utilisant le couple comme unit d analyse
Figure 24.1. Cat gorisation des mandats th rapeutiques
Tableau 2.1. Caract ristiques individuelles des partenaires en situation de conflit conjugal, en fonction des styles ou dimensions d attachement
Tableau 3.1. Dimensions et facettes de la personnalit selon la th orie en cinq facteurs
Tableau 3.2. Profil attendu selon diff rents troubles de la personnalit
Tableau 5.1. Principaux traitements des diff rentes dysfonctions sexuelles
Tableau 6.1. Liste des caract ristiques physiques valoris es par les hommes et par les femmes dans la recherche d un partenaire amoureux
Tableau 8.1. Cycle de la vie familiale
Tableau 10.1. Diff rentes configurations conjugales propos es par Caradec dans le but de comprendre le fonctionnement conjugal la retraite
Tableau 11.1. Croyances irrationnelles qui affectent les composantes conjugales
Tableau 12.1. Exemples d indices comportementaux verbaux et non verbaux pour la cotation des cinq cat gories du Syst me global de cotation des interactions conjugales (SGCIC)
Tableau 12.2. Facteurs d am lioration du mod le classique de la communication conjugale
Tableau 14.1. Sources de d saccord
Tableau 14.2. Op rationnalisation de la typologie de Gottman
Tableau 14.3. Principales tudes longitudinales conflit-satisfaction conjugale
Tableau 20.1. Cadre de r f rence et exemples de variables associ es l individu, au conjoint, au couple et au contexte en fonction du d veloppement de la relation conjugale et de la r ponse cette relation
Tableau 24.1. Processus de changement en TCE
FONDEMENTS DE LA PSYCHOLOGIE DU COUPLE
En d pit de profondes mutations qu il vit un rythme acc l r , le couple demeure, en 2017, un noyau dur de l organisation de la vie personnelle et sociale. Aux r gles explicites fond es sur des conceptions religieuses ou la ques du mariage - souvent abusives, injustes et in quitables - a succ d une s rie de normes moins restrictives red finissant les rapports amoureux selon une nouvelle grammaire dont les codes ont gagn en souplesse. Cohabitation informelle d pourvue de statut ou cohabitation discontinue, contrat d union civile ou pacte civil de solidarit , couples de m me sexe avec ou sans enfant, relations polyamoureuses, recomposition familiale, la structure du couple et de la famille s est enrichie d une diversit de mod les et de pratiques qui visent r pondre aux besoins pluriels de chacun et de ses proches. Cette libert sans pr c dent constitue une r ponse soci tale adapt e la riche mouvance du d veloppement relationnel. Elle contribue apaiser les souffrances humaines d un nombre croissant d individus qui r clament, juste titre, une plus grande tol rance et une ouverture des modes alternatifs d organisation de la vie deux.
La d r glementation des rapports de couple n est cependant pas une solution miracle et elle ne freine pas la pr carisation des unions. Par exemple, les m dias sociaux et les nouvelles technologies num riques viennent modifier irr m diablement le processus de choix d un partenaire amoureux ou sexuel. Ils procurent un r servoir presque sans limite de candidats potentiels o trouver le conjoint id al. L abondance de choix conduit toutefois souvent de douloureux d chirements, des sentiments chroniques de paralysie d cisionnelle, la peur obsessionnelle de se tromper ou des remises en question s rielles de l engagement. quand l algorithme math matique imparable qui garantira le bonheur conjugal et qui r duira n ant le risque d chec? La prise de d cision relationnelle en contexte d incertitude doit pourtant s inspirer de conseils simples: ralentir le rythme, combattre l autoaveuglement, s assurer de partager des valeurs communes, maximiser le d vouement mutuel, optimiser ses attentes, etc. (Stanley, 2015).
De m me, la lib ralisation et la modernisation des parcours de vie ne s accompagnent pas, pour l instant, d une diminution des taux de divorce ou de d sunion, de la pr valence de la violence physique ou sexuelle au sein des relations amoureuses ni d une am lioration de la satisfaction des partenaires ou du bien- tre sexuel populationnel. Encore en 2017, les troubles conjugaux pr c dent souvent ou accentuent le d veloppement des probl mes de sant mentale ou physique, les sentiments d ali nation, d exclusion, de honte et d isolement sociaux, la pr sence de difficult s conomiques, les ennuis juridiques, etc. Le rel chement des normes relationnelles, la multiplication des options de vie acceptables et le rejet de la pens e unique en mati re d union conjugale n ont pas frein la mont e des unions de courte dur e caract ris es par la fragilit de l attachement amoureux. S agit-il d une transition temporaire, d une n cessaire p riode d adaptation personnelle et sociale auxquelles succ dera ventuellement une phase de stabilisation marqu e par une plus grande harmonie? Il n y a pas, pour l instant, de r ponse claire cette question. Plusieurs continuent d tre englu s, paralys s et r vent d une vie conjugale all g e qui ne se concr tise pas.
En r ponse ces interrogations, nous proposons un tour d horizon le plus complet possible des r ponses scientifiques contemporaines disponibles en psychologie du couple. Au-del des pr jug s et des dogmatismes, nous pr sentons un ouvrage, fruit d un effort collectif, susceptible de nourrir la r flexion sur un ensemble d enjeux relationnels complexes. Ces connaissances, r guli rement remises en question, retravaill es, clarifi es et contest es, la lumi re des faits, constituent un antidote de choix aux visions simplifi es, trop optimistes ou trop pessimistes, de l organisation de la vie de couple. Cet ouvrage s adresse aux tudiants de plusieurs disciplines - psychologie, psycho ducation, travail social, sociologie, sexologie, etc. - aux chercheurs ainsi qu aux professionnels de la sant mentale qui travaillent aupr s de couples.
Le manuel Les fondements de la psychologie du couple comporte 24 chapitres divis s en cinq parties sur divers sujets: fondements et concepts th oriques des relations conjugales, notions d veloppementales en relation de couple, processus relationnels sous-jacents au fonctionnement conjugal, probl mes relationnels sp cifiques aux relations conjugales et m thodes de recherche et d intervention aupr s des couples.
La premi re partie de cet ouvrage vise pr senter certains fondements et concepts th oriques primordiaux n cessaires la compr hension des relations conjugales. Le chapitre 1 , crit par Dugal, Bigras, Laforte, Godbout et B langer propose les principaux syst mes conceptuels et typologiques labor s pour tenter de rendre compte de la nature des relations conjugales. Les auteurs font une description critique des diverses conceptualisations et mod lisations con ues pour d crire la fonction, la nature et les types de relations amoureuses. Ils proposent ensuite un mod le int grateur prenant en consid ration les forces de ces mod les, palliant les lacunes de chacun d eux la lumi re de r cents crits scientifiques sur le couple. Ce mod le, qui envisage le couple comme le r sultat des interactions constantes entre l intimit , la passion, l engagement et la sexualit entre les deux partenaires, vise stimuler la r flexion des lecteurs et promouvoir une compr hension contemporaine des relations conjugales.
Reprenant la th orie de l attachement telle qu expliqu e dans les chapitres portant sur les mod les et typologies et sur l ajustement dyadique, Brassard, Lussier, Lafontaine, P loquin et Sabourin approfondissent la notion de l attachement dans les relations de couple dans le chapitre 2 de ce manuel. Ils proposent d abord une synth se de la contribution de cette th orie la compr hension du d veloppement, du maintien, de la dissolution et du fonctionnement des relations intimes et des difficult s v cues par les couples. Ils abordent ensuite le contexte du d veloppement de cette th orie, son adaptation aux relations amoureuses adultes, les instruments mis au point pour mesurer l attachement ainsi que la fa on dont cette th orie explique plusieurs enjeux propres la dynamique conjugale tels que le soutien et la communication entre les partenaires, la gestion de conflits, la violence conjugale, la sexualit et l ajustement dyadique.
Dans le chapitre 3 , qui porte sur la personnalit et les relations de couple, Bouchard, Daspe, Savard, Verreault, Blais-Bergeron et Sabourin pr sentent le concept de personnalit sous divers angles. D abord, ils expriment comment les manifestations normales de certains traits g n raux de la personnalit , tels que le n vrosisme, l extraversion, l ouverture l exp rience, l amabilit ou la propension tre consciencieux, sont associ s divers aspects de la dynamique conjugale. Ensuite, ils pr sentent les enjeux conjugaux auxquels sont confront es les personnes qui souffrent d un trouble de la personnalit . Ils expliquent, de fa on pr cise, comment certains traits de personnalit inadapt s ou polaris s repr sentent une entrave importante l harmonie et l ajustement dyadique, d ailleurs l un des concepts th oriques les plus tudi s au sein des relations conjugales.
Dans le chapitre 4 , B langer, Dugal, Courchesne, Godbout et Lussier d crivent tout d abord l historique du d veloppement de la notion d "ajustement dyadique , terme ayant au fil du temps t d crit comme un synonyme de satisfaction ou d adaptation conjugale, de stabilit maritale, de bonheur et de succ s conjugal, puis ils font un survol des instruments les plus fr quemment utilis s pour mesurer cette variable. Les auteurs illustrent ensuite l int r t de nombreux chercheurs pour tenter de circonscrire les facteurs comportementaux, d mographiques, neurobiologiques, psychologiques et sociaux associ s l ajustement dyadique. L un des facteurs exer ant une influence consid rable sur l ajustement dyadique est la sexualit . En effet, bien que souvent n glig e par plusieurs chercheurs et intervenants, la sexualit m rite une attention particuli re dans l tude des relations amoureuses. Dans le chapitre 5 , Bergeron, L ger-B langer et Bois tentent de pallier ce manque en offrant au lecteur un survol des l ments th oriques et m thodologiques li s l tude de la sexualit dans le contexte des relations amoureuses. Les auteures exposent une analyse des similitudes et des diff rences entre les comportements sexuels des hommes et ceux des femmes avec une attention particuli re port e aux donn es sur la satisfaction sexuelle et l expression du d sir sexuel. Elles font galement tat des connaissances sur les principales dysfonctions sexuelles pouvant tre v cues par les couples, leur pr valence, leur tiologie et leurs principaux traitements.
Dans la deuxi me partie de ce manuel, il est question de quelques notions d veloppementales propres au couple. Les couples, tout comme les individus qui les composent, sont en constant changement. Que ce soit en r ponse l ge des partenaires, aux demandes de leur environnement, leur historique personnel, ou l tape laquelle la relation se trouve (p. ex., mariage, s paration, naissance des enfants), le couple progresse et change, au m me titre que les partenaires voluent et apprennent. La deuxi me partie du manuel vise donc rendre compte de cette perspective en pr sentant certaines des tapes d veloppementales des relations conjugales.
Tout d abord, dans le chapitre 6 , Daspe, Lemelin, Lussier et Sabourin abordent le processus de formation des relations de couple en pr sentant les l ments qui y sont centraux, tels que l attraction et le d voilement de soi, ainsi que les d fis pouvant se pr senter au cours de ce processus. Certains contextes particuliers, tels que l initiation d une relation apr s une rupture amoureuse, la rencontre claire ( speed dating ) et les rencontres sur Internet, sont aussi discut s sous l angle des enjeux qu ils repr sentent dans la formation des relations amoureuses. Certains de ces enjeux sont reconnus comme pouvant provenir de l influence d v nements v cus au cours du d veloppement des partenaires amoureux. D ailleurs, l influence des exp riences relationnelles pr coces sur la formation des relations intimes et la stabilit de l union conjugale est particuli rement observable chez les survivants de traumas interpersonnels l enfance. Dans le chapitre 7 , Godbout, Bigras, Runtz et Briere font un survol des s quelles conjugales li es ce type de traumas. Pr cisant tout d abord les aspects d finitionnels et statistiques des diff rents traumas interpersonnels, les auteurs synth tisent ensuite les principaux mod les conceptuels et empiriques qui permettent de comprendre les liens - directs et indirects - entre les traumas interpersonnels et la relation de couple, ainsi que les facteurs de risque et de protection qui y sont associ s.
L arriv e des enfants et les transformations conjugales qui en d coulent, repr sentent d importantes tapes d veloppementales au sein des relations de couple. Bien que la d cision de fonder une famille ne soit pas propre toutes les relations conjugales, elle demeure n anmoins v cue par une majorit de couples. Les enjeux d veloppementaux complexes et facettes multiples qui s y rattachent m ritent d tre abord s dans cet ouvrage. Pour ce faire, le chapitre 8 , crit par Bouchard, aborde les r percussions de la naissance d un premier enfant sur la vie conjugale des nouveaux parents en r sumant les r percussions de la transition la parentalit notamment en ce qui a trait la satisfaction conjugale des parents et la stabilit de leur union. L auteure discute ensuite du r le de diverses variables, comme le moment et le caract re planifi ou non de la premi re grossesse, le statut conjugal des parents et les attentes pr natales des conjoints, sur la trajectoire relationnelle des couples faisant l exp rience de la transition parentale. Le chapitre 9 poursuit le travail amorc par Bouchard mais porte davantage sur les d fis auxquels les conjoints en situation de parentalit sont confront s. Dans leur chapitre, Ensink, Dugal, Lebel, Biberdzic et Normandin adoptent une approche en deux temps en pr cisant tout d abord les m canismes par lesquels la satisfaction et la d tresse v cues au sein du couple parental peuvent infl chir le d veloppement des enfants puis en pr sentant, l aide de la perspective de la mentalisation, les d fis auxquels sont confront s les parents, plus particuli rement la m re, face aux besoins de l enfant. Une r flexion concernant les familles non traditionnelles pour lesquelles la transition la parentalit a lieu dans un contexte moins supportant o les deux parents ont moins de mod les pour les guider est aussi expos e dans ce chapitre.
Une autre tape d veloppementale qu ont traverser de nombreux couples est l avancement en ge. L objectif du chapitre 10 crit par Gauvreau et Lapierre est de porter un regard scientifique sur la r alit des couples g s en pr sentant les r sultats les plus probants des tudes men es sur le fonctionnement des couples g s: les l ments qui d terminent la satisfaction conjugale, les diff rents d fis et changements auxquels les couples font face ainsi que les approches cliniques sp cifiques cette population. Ce chapitre traite ensuite de l importance du sentiment amoureux et des besoins de proximit et d intimit avec l autre chez les couples qui avancent en ge.
La troisi me partie de ce manuel est consacr e aux processus relationnels qui permettent de moduler et de r gulariser les interactions entre les partenaires amoureux. Dans le chapitre 11 , Laberge, Lussier et Sabourin pr sentent l influence des processus cognitifs - particuli rement l attention s lective, les attentes, les croyances, les standards et les attributions -, sur les interactions conjugales et sur certaines interventions en psychoth rapie conjugale. Pour leur part, B langer, Marcaurelle, Lazarid s, Gravel Crevier et Lafontaine misent, dans le chapitre 12 , sur l effet plus comportemental de la communication et de la r solution de probl mes sur la satisfaction conjugale. Dans ce chapitre, les auteurs font tat des multiples variables communicationnelles qui d terminent la satisfaction conjugale ainsi que des facteurs, tels que les cognitions, la personnalit ou le style d attachement, qui affectent la communication et la r solution de probl mes dans la relation de couple. Le chapitre 13 , pr sent par Naud, Lussier et Sabourin, s int resse l impact du stress et des strat gies d adaptation sur les relations intimes. Plus sp cifiquement, les auteurs y expliquent comment les strat gies d adaptation utilis es par un couple l gard des diff rents stresseurs, tels que les difficult s psychologiques et physiques pr sent es pr c demment, influencent leur ajustement. Les diverses conceptualisations th oriques et typologiques du stress et des strat gies d adaptation ainsi qu un survol des tudes empiriques sur le stress et les strat gies d adaptation chez les couples - comprenant une discussion des diff rences hommes femmes, de la qualit de la relation conjugale et de la stabilit des unions - y sont aussi abord s. Brassard et Houde se concentrent de fa on plus pr cise dans le chapitre 14 sur l un de ces stresseurs: les conflits au sein du couple. Ils pr sentent les multiples d finitions et fonctions des conflits dans le couple, puis exposent diff rentes fa ons de les mesurer. Les auteures traitent ensuite de l volution et des cons quences de ces conflits au cours des diff rentes tapes de la relation (p. ex., la fr quentation, la cohabitation, le mariage) ainsi que des caract ristiques personnelles et contextuelles pouvant les moduler.
Enfin, dans le chapitre 15 , Gabbay, Lafontaine, P loquin, Flesch et Fitzpatrick rendent compte du processus relationnel chez les individus en relation de m me sexe. En outre, malgr qu il existe beaucoup plus de similarit s que de diff rences entre les couples homosexuels et h t rosexuels, les couples homosexuels vivent certains enjeux qui leurs sont propres. Les auteurs abordent le contexte social l int rieur duquel ces couples voluent, en portant une attention particuli re l effet du stress minoritaire sur la satisfaction conjugale, l engagement et la stabilit des relations entre personnes de m me sexe. Les enjeux propres ces dyades sont ensuite soulign s dans un portrait englobant la sexualit , la r solution de probl mes, la communication, la violence conjugale et la parentalit v cues chez les couples de m me sexe.
La quatri me partie de ce manuel vise offrir aux lecteurs une meilleure compr hension des probl matiques pouvant tre v cues par les partenaires amoureux. Les chercheurs s int ressant aux relations conjugales ont rapidement observ qu il existe de nombreuses probl matiques propres aux relations de couple auxquelles les conjoints doivent parfois faire face. En outre, depuis quelques d cennies, de nombreux chercheurs se sont attard s tenter d identifier et de comprendre les difficult s d ordre psychologique, physique et interactionnel que peuvent vivre les partenaires amoureux et leur effet sur le fonctionnement conjugal.
B langer, El-Baalbaki, Gravel Crevier et Marcaurelle abordent aussi dans le chapitre 16 l effet sur le couple des difficult s psychologiques chez les conjoints, particuli rement les probl mes de sant mentale. Soulignant l association robuste entre la d tresse conjugale et les probl mes de sant mentale, ce chapitre a pour objectif de jeter un regard critique sur ce domaine de recherche, afin de d velopper une compr hension fine de cette double probl matique. Les auteurs s int ressent quatre grandes probl matiques psychiatriques qui sont ressorties comme centrales dans les crits scientifiques: les probl mes d anxi t , de d pression, d abus de substance et les troubles de la personnalit .
Les probl matiques d ordre physique et leur effet sur le fonctionnement conjugal m ritent aussi une attention particuli re. Tout d abord, dans le chapitre 17 portant sur le fonctionnement conjugal et les probl mes de sant , Lafontaine, Greenman, P loquin, Nouwen et B langer examinent la connexion bidirectionnelle entre les relations de couple et certaines conditions m dicales chroniques telles que le diab te, la douleur chronique et la maladie coronarienne. Ils y pr sentent les m canismes par lesquels les changements de responsabilit s, de r les, ainsi que de relations aux autres caus s par ces maladies ont un impact d l t re non seulement sur la personne atteinte, mais galement sur le partenaire conjugal et la relation dans son ensemble. Les auteurs font galement ressortir, de fa on d taill e, la fa on dont la compromission de la qualit de la relation conjugale peut, son tour, affecter la sant physique des partenaires.
Abordant les enjeux li s au poids, l alimentation et l image corporelle au sein des relations de couple, B gin, C t et Gagnon-Girouard offrent, dans le chapitre 18 , une compr hension sp cifique et novatrice de l influence de l apparence physique sur le processus de formation et de stabilisation de l union conjugale ainsi que sur le niveau d engagement et de satisfaction sexuelle ressentie envers le conjoint. Dans leur chapitre, les auteures traitent des liens complexes et bidirectionnels entre le poids et l image corporelle, le statut civil, la suppression des motions au sein du couple et la satisfaction conjugale et sexuelle. Elles y abordent la fonction et les r percussions de certains comportements alimentaires dysfonctionnels sur les interactions conjugales ainsi que la fa on dont les probl mes et tensions au sein du couple se r percutent sur les comportements alimentaires des partenaires et sur la qualit de l alimentation de leurs enfants. B gin et ses coll gues soulignent l importance de d velopper les connaissances sur le d veloppement d interactions conjugales plus positives qui contribuent, au long cours, am liorer le rapport des partenaires la nourriture ainsi que la relation conjugale elle-m me.
En plus des probl matiques psychologiques ou physiques qui ont un effet d l t re sur les relations de couple, il y a les probl matiques sp cifiques l exp rience de la relation conjugale. Elles sont multiples chez les couples. Conflits, violence et infid lit n en sont que quelques exemples. Le stress et les conflits au sein du couple sont in vitables. C est la fa on dont chacun des partenaires - tant de fa on individuelle qu en quipe - parvient s y adapter et g rer les cons quences qui en r sultent qui minimise ou amplifie l importance de ces stresseurs et d termine s ils entra nent des cons quences n gatives plus ou moins importantes pour les conjoints.
D crite par Lussier, Lafontaine, Brassard et Sabourin comme une transgression brutale des fronti res de l int grit physique et psychologique du partenaire amoureux, la violence conjugale demeure une r alit commune pour de nombreux couples et repr sente une forme extr me de conflits conjugaux engendrant de profonds bouleversements psychologiques, conjugaux et sociaux. L objectif du chapitre 19 consiste pr senter l tat des recherches contemporaines en mati re de violence conjugale. Les principales d finitions et divers aspects de la violence conjugale et de ses cons quences seront pr sent s, suivis de statistiques sur l ampleur de ce ph nom ne. Le chapitre offre ensuite une analyse des principaux mod les explicatifs de la violence au sein du couple de m me que des typologies d velopp es pour identifier les caract ristiques permettant de diff rencier certains sous-groupes d hommes et de femmes usant de violence conjugale.
Picard et Sabourin abordent dans le chapitre 20 l une des principales causes de divorce et un motif tr s fr quent de consultation en th rapie conjugale: l infid lit . Particuli rement traumatique au sein des relations de couple, l infid lit est un ph nom ne qui comporte son lot de cons quences pour l un est l autre des partenaires amoureux. Ce chapitre se veut donc une synth se des connaissances actuelles sur les liaisons extraconjugales, leurs multiples formes, leur pr valence, les circonstances pouvant entourer leur d voilement et les cons quences qu elles peuvent avoir. Trois grands mod les tiologiques sont aussi abord s pour comprendre diff rents facteurs explicatifs de l infid lit et raffiner la compr hension du lecteur quant au d veloppement et au maintien des liaisons extraconjugales. Les tapes du r tablissement suite l infid lit sont finalement pr sent es aux lecteurs.
Pour conclure la partie sur les probl matiques conjugales, le chapitre 21 r dig par Eid et Lachance-Grzela pr sente les principaux enjeux li s aux ruptures amoureuses ainsi que la diversit des facteurs culturels, personnels et dyadiques associ s la s paration et au divorce. Dans ce chapitre, les auteures discutent des grandes th ories labor es pour comprendre l instabilit et la s paration conjugales, les cons quences personnelles, familiales et conomiques des ruptures ainsi que les tapes du d sengagement amoureux. Le chapitre propose finalement des strat gies d adaptation empiriquement valid es pour aider les individus surmonter la rupture amoureuse et composer avec la perte du partenaire et l volution du concept de soi qui en r sultent.
Afin d obtenir une compr hension sp cifique et exhaustive des processus qui d terminent les relations conjugales, de nombreux chercheurs et cliniciens en ont fait leur objet d tude. Or, l tude d un ph nom ne se doit d tre rigoureuse, valide et standardis e afin d tre en mesure d examiner le construit observ de fa on fiable et d en d duire des th ories et op rationnalisations empiriques qui pourront tre utilis es par l ensemble de la communaut scientifique et comprises par celle des sp cialistes de l intervention aupr s de cette client le. La cinqui me et derni re partie de cet ouvrage vise donc pr senter un tat des connaissances sur les m thodes de recherche en tude des relations de couple ainsi qu un bref aper u de protocoles de psychoth rapie de couple qui sont les plus appuy s par cette m me tude des relations de couple.
Dans le chapitre 22 , portant sur les m thodes de recherche en psychologie du couple, Paradis et Fernet soulignent la pertinence de l int gration des deux membres de la dyade conjugale dans l tude des m canismes conjugaux. Consid rant la nature r ciproque et interd pendante des m canismes dyadiques, elles invitent les chercheurs int ress s d velopper une meilleure compr hension des relations de couple r aliser la collecte de donn es aupr s des deux conjoints afin de bien rendre compte des m canismes propres aux relations conjugales. De fa on exhaustive, critique et m thodique, Paradis et Fernet rendent compte de la difficult recruter des couples ainsi que de la diversit des protocoles de recherche devis quantitatifs et qualitatifs utilis s pour examiner les interactions conjugales et pour valuer l efficacit des traitements en th rapie conjugale. Les auteurs pr sentent ensuite l tat des connaissances sur l analyse statistique de donn es dyadiques et formulent leurs recommandations quant aux consid rations thiques et perspectives d ontologiques propres la recherche sur les couples.
Faisant suite au chapitre des m thodes de recherche en psychologie du couple, le chapitre 23 r dig par Boucher, Godbout et Bolduc, jette un regard plus pr cis sur l op rationnalisation des divers enjeux conjugaux et offre un portrait des r cents progr s m thodologiques et psychom triques visant d velopper une compr hension approfondie de la vie amoureuse. Ce chapitre offre tout d abord des pistes de r flexion concernant le choix des mesures, les aspects psychom triques de ces outils ainsi qu un aper u g n ral des diff rents types de mesure et de modalit de collecte de donn es pouvant tre utilis s en recherche. Une analyse de questionnaires disponibles pour examiner divers ph nom nes conjugaux sp cifiques, dont la satisfaction conjugale, l ajustement dyadique, les attributions envers le partenaire, les conflits conjugaux, la violence dans les relations intimes et la sexualit , est ensuite pr sent e. Le chapitre se termine par quelques consid rations propos de la traduction, de l adaptation et de la cr ation de questionnaires en psychologie du couple.
Finalement, dans le dernier chapitre de cet ouvrage, portant sur la psychoth rapie de couple, Mondor, Wright et Eid offrent un survol des protocoles cliniques les plus soutenus par la recherche empirique sur l intervention psychologique aupr s des couples. Dans la premi re section du chapitre, les auteurs abordent le d veloppement, l volution, les fondements th oriques et postulats de base, l efficacit ainsi que les cibles de changement et strat gies d intervention principales de deux approches th oriques en th rapie conjugale, la th rapie conjugale cognitive-comportementale (TCCC) et int grative (TCCI) et la th rapie conjugale ax e sur l motion (TCE). Dans la deuxi me section du chapitre, les r sultats de r centes tudes sur l efficacit de la th rapie conjugale pour le traitement de la d tresse conjugale, d une psychopathologie comorbide et certains cas sp cifiques (p. ex., infid lit , dysfonctions sexuelles, violence conjugale) sont pr sent s. Pour terminer, les auteurs discutent de quatre enjeux actuels dans les recherches sur la th rapie conjugale: les m canismes de changement, les mandats th rapeutiques, la d finition du succ s th rapeutique et la repr sentativit clinique des tudes.
Cet ouvrage est un projet de grande envergure qui n aurait pas t possible sans les efforts et la collaboration de l ensemble de nos auteurs. Nous aimerions prendre le temps de les remercier. Ce manuel est l un des seuls offrir en langue fran aise un tour d horizon aussi complet et exhaustif des fondements th oriques et empiriques propres aux relations de couple. Palliant le manque flagrant d crits sur le sujet, particuli rement en fran ais, le pr sent manuel vise outiller le lecteur pour l tude des relations de couple et l encourager d velopper ses propres r flexions th oriques et cliniques sur le sujet.
FONDEMENTS ET CONCEPTS TH ORIQUES
MOD LES ET TYPOLOGIES EN PSYCHOLOGIE DU COUPLE
Caroline Dugal, No mie Bigras, St phanie Laforte, Natacha Godbout et Claude B langer
Les relations amoureuses occupent, depuis toujours, une place pr pond rante dans l organisation et la r gulation dynamique des rapports humains. La recherche visant accro tre notre compr hension des relations dyadiques a, de ce fait, connu un essor consid rable au cours des derni res d cennies (Karney, 2015). En cons quence, diverses conceptualisations et mod lisations de ces relations ont t d velopp es. Ces conceptualisations, qui prennent la forme de mod les ou de typologies, trouvent leurs appuis dans un important corpus de donn es empiriques. Le pr sent chapitre expose les principaux syst mes conceptuels issus de ces d marches de validation.
L analyse des diverses fonctions psychologiques et sociales des relations amoureuses, propos e par les tenants de la perspective volutionniste du fonctionnement conjugal et du mod le de l expansion du soi (Aron et Aron, 1986), sera tout d abord pr sent e. Ensuite, afin de mieux comprendre les dimensions essentielles des relations conjugales, nous traiterons des mod les th oriques des relations amoureuses: le mod le tripartite des relations conjugales (Sternberg, 1986, 2006), la th orie de l attachement (Hazan et Shaver, 1987), la th orie de l interd pendance (Thibaut et Kelley, 1959), le syst me de r gulation du risque (Murray, Holmes et Collins, 2006), puis le mod le vuln rabilit -stress-adaptation (Karney et Bradbury, 1995). Ensuite, afin d tre en mesure de comprendre la diversit des sentiments amoureux pouvant tre ressentis au sein du couple, le mod le typologique des couleurs de l amour (Lee, 1973, 1977, 1988) et la typologie de l amour de Berscheid (2010) seront pr sent s. Finalement, le mod le de l interd pendance au sein des relations conjugales (IRC), un mod le int grateur regroupant les caract ristiques les plus prometteuses des mod les pr c dents et tentant de pallier leurs lacunes, sera propos par les auteurs du pr sent chapitre.
1. FONCTIONS DES RELATIONS AMOUREUSES
Depuis toujours, l humain tente de trouver un sens ses exp riences et au monde dans lequel il vit. La qualit de ses relations interpersonnelles en g n ral, et de ses relations amoureuses en particulier, a, dans ce contexte, fait l objet de nombreuses tentatives en vue d en faire une description compl te, de les expliquer et d en pr dire les vicissitudes. En cons quence, plusieurs mod les du fonctionnement conjugal ont t mis au point. Certains mod les proposent une vision plus compr hensive ou holistique du fonctionnement conjugal, alors que d autres misent davantage sur la nature fonctionnelle de la relation de couple, per ue et d crite comme une adaptation dont la fonction ultime est la survie de l esp ce. Deux mod les sont particuli rement repr sentatifs de cette perspective utilitariste: la perspective volutionniste et le mod le de l expansion du soi.
1.1. Perspective volutionniste du fonctionnement conjugal
La perspective volutionniste est r cente et elle ne fait pas consensus chez les chercheurs qui s int ressent aux probl matiques de couple (Conroy-Beam, Goetz et Buss, 2014). En d pit de sa nature plus controvers e, cette perspective apporte cependant un clairage int ressant sur les relations de couple et sur la fa on dont elles se structurent et voluent. Cette approche trouve ses fondements dans un postulat de base qui peut se d finir comme suit: le cerveau humain est con u pour tre en relation (Kenrick et al ., 2010). De ce postulat d coule une pr misse fondamentale, soit le fait que les interactions humaines sont influenc es par des m canismes mentaux et motionnels qui eux sont guid s par la s lection naturelle. Selon cette conception darwinienne, les comportements sociaux refl tent l influence de pr dispositions physiques et psychologiques qui ont permis nos anc tres de survivre et de se reproduire (Kenrick, Neuberg et White, 2013).
La perspective volutionniste stipule que, sur le plan conjugal, la personne se questionne, implicitement ou explicitement, sur trois aspects centraux lors de la s lection d un partenaire potentiel. Elle doit tout d abord se demander le genre de relation recherch e (p. ex. court terme ou long terme). Elle doit ensuite clarifier les caract ristiques d sir es chez le partenaire potentiel (p. ex. beaut physique, statut, etc.). La derni re question porte sur la fa on dont ces caract ristiques vont combler ses d sirs et ses besoins (Griskevicius, Haselton et Ackerman, 2015). Par exemple, Buss (1998), qui a tudi les strat gies associ es au choix d un partenaire, l amour romantique et la jalousie, a mis l accent sur la sexualit comme tant essentielle la reproduction et aux strat gies de s lection du partenaire. Les dynamiques de l amour romantique ne peuvent donc tre comprises que si l on tient compte de l activation du syst me sexuel.
Des diff rences de genre sont observ es ce chapitre quant l objectif final de la sexualit dans une perspective volutionniste: pour une femme, le but est d avoir des rapports sexuels avec un partenaire du sexe oppos , tomber enceinte et s assurer que l homme reste aupr s d elle pour fournir conjointement la protection et les soins aux enfants afin de favoriser leur survie et donc, la reproduction de l esp ce. Le but du syst me sexuel pour un homme est la f condation d une ou de plusieurs partenaires, avec la m me finalit qui est la perp tuation de la race (Buss et Kenrick, 1998). Les th oriciens volutionnistes sugg rent que les femmes recherchent des hommes ayant un statut lev en mesure de fournir ressources, protection et "de bons g nes (Gangestad et Simpson, 2000; Hanko, Master et Sabini, 2004) alors que les hommes misent davantage sur les attributs physiques des femmes, qui d notent la jeunesse et la fertilit (Singh, 1993).
Selon la perspective volutionniste, la survie et le d veloppement des enfants, donc de l esp ce, d pendent totalement de l investissement des deux parents (Hrdy, 1999). Ainsi, en regard de tous les soins qu exige le d veloppement optimal d un enfant, l union stable entre deux partenaires serait la solution id ale (Conroy-Beam et al ., 2014; Quinlan et Quinlan, 2007). Cette recherche de relations conjugales stables s observe au sein de toutes les cultures, et les hommes et les femmes forment des unions conjugales durables pour contribuer au bien- tre de leur prog niture (Geary, 1998; Griskevicius et al ., 2015). Un d fi adaptatif cl pour les deux partenaires r siderait dans le maintien de ces liens, avec une finalit centr e sur le d veloppement de leur enfant (Buss, 2007; Hazan et Diamond, 2000).
Les motifs qui poussent les partenaires s engager dans des relations conjugales monogames long terme trouvent donc leurs racines dans la motivation fondamentale de l tre humain qui est d assurer la p rennit de l esp ce. D un point de vue volutionniste, la femme porte l enfant, mais elle a besoin de l aide de son conjoint pour l ducation, les soins et la protection de l enfant. Le d veloppement de liens motionnels et amoureux entre les parents constitue un m canisme efficace qui permet d assurer la protection de l enfant (Hendrick et Hendrick, 1992). Ainsi, l amour de la femme permet d assurer la dispensation de soins par le p re de m me que sa protection. Les chances de survie de la prog niture s en trouvent ainsi augment es. travers la lentille utilitaire de la perspective volutionniste, l amour entre les deux parents constitue un avantage volutionniste consid rable.
En conclusion, l amour romantique comme m canisme d adaptation promeut la formation de liens long terme et pr dit une meilleure sant et m me la survie des enfants au sein de relations familiales o l amour des parents constitue la pierre angulaire (Fletcher et al ., 2015). Fletcher et ses collaborateurs (2015) mettent ainsi en lumi re le r le pivot de l amour romantique et des liens conjugaux dans l volution humaine.
La perspective volutionniste comporte n anmoins des limites qui doivent tre soulign es. Ainsi les motivations associ es la reproduction sont-elles moins videntes lorsque ses postulats de base ne s appliquent pas, comme c est le cas dans les relations h t rosexuelles o les partenaires sont infertiles, ou encore chez certains couples homosexuels (Jeffery, 2015). Alors que l amour romantique et le maintien de liens long terme sont de plus en plus envisag s comme des m canismes adaptatifs favorables au bien- tre de l humain, l approche volutionniste aurait avantage largir sa conceptualisation des rapports amoureux en privil giant tant l aspect de la reproduction associ au syst me sexuel que l aspect relationnel et motionnel des relations intimes. L inclusion de ces composantes pourrait mieux refl ter la r alit des deux parents qui s unissent pour assurer la survie et le bien- tre d un nourrisson que d autres aspects de la relation (soutien, attachement, etc.).
1.2. Mod le de l expansion du soi
Le mod le de l expansion du soi (Aron et Aron, 1986, 1996; Aron, Aron et Norman, 2001) s appuie sur deux principes: 1) les humains ont la motivation fondamentale de se d velopper et d enrichir leur sens d identit personnelle et 2) cette expansion du soi s atteint par le biais des relations intimes de qualit . En outre, ce mod le suppose que les relations de couples constituent l une des principales sources de croissance et de d veloppement des humains: au sein d une relation amoureuse, la personne d couvre les qualit s, des perspectives, des identit s et des caract ristiques du partenaire, puis en assimile certaines sa propre identit . Les partenaires forment, dans cette perspective, des relations intimes pour les aider dans leur croissance personnelle et leur d veloppement. Cette bonification s op re en incluant l autre dans la d finition m me du concept de soi, en lui attribuant les caract ristiques et les ressources n cessaires (p. ex. connaissances, statut social, force physique) pour atteindre davantage d objectifs d veloppementaux personnels (Aron et al ., 2000). Quand le conjoint est intimement li l expansion du soi, les relations amoureuses s accompagnent d un ensemble d affects positifs (Graham, 2008).
Selon cette th orie, l attrait qu exerce un partenaire d pend des occasions de d veloppement personnel qu il peut offrir (Aron et al ., 2013). Au contraire, lorsque les partenaires sont incapables de satisfaire leur d sir d autoexpansion l int rieur de leur relation, ils peuvent tenter d aller combler ce besoin par le biais de relations alternatives, ou encore en mettant fin cette relation qui ne satisfait pas leurs besoins fondamentaux (Tsapelas, Fisher et Aron, 2011). Ce d sengagement peut aussi tre observ lorsque les possibilit s d autoexpansion apport es par le partenaire dans une perspective long terme sont pauvres ou inexistantes (Aron et al ., 2013). En ce sens, lorsque la relation conjugale est per ue comme une barri re au d veloppement de l humain, celui-ci tend y mettre un terme. De plus, selon ce mod le, mettre un terme une relation conjugale aurait un effet n faste sur le soi en raison de la perte de ressources, de perspectives, d identit et d exp riences fournies par le partenaire. Or, lorsque la relation ne permet plus d autoexpansion, sa terminaison met paradoxalement le soi en valeur, puisqu elle ouvre la porte de nouvelles possibilit s (Aron et al ., 2013).
En somme, la perspective volutionniste du fonctionnement conjugal et le mod le de l expansion du soi tentent d expliquer pourquoi nous formons des relations conjugales. Toutefois, ces th ories ne permettent pas de saisir les composantes essentielles de la relation conjugale. Elles ne pr cisent pas non plus les distinctions entre la relation de couple et les autres relations interpersonnelles. Les prochains mod les pr sent s ont tent de r pondre ces questions.
2. MOD LES TH ORIQUES DES RELATIONS AMOUREUSES
D un point de vue scientifique, il est crucial de d terminer les fonctions de la relation conjugale. Cependant, il est tout aussi important de comprendre comment fonctionnent ce type d union et ses ramifications. Pour ce faire, certains th oriciens du couple ont tent de mettre en lumi re les principes fondamentaux sur lesquels repose la formation d une union conjugale. Ils ont aussi identifi des m canismes de r gulation qui pr sident au d veloppement, au maintien et la d t rioration des interactions dyadiques. Les prochains mod les poss dent ces caract ristiques, tout en reposant parfois sur une analyse du fonctionnement conjugal et en tenant compte de l histoire personnelle des partenaires. Cette vision inclusive et historique du fonctionnement conjugal permet une compr hension plus fine et une vision plus riche de la relation amoureuse.
2.1. Mod le tripartite des relations conjugales
Sternberg (1986, 2006) propose une conceptualisation de l amour qui repose sur trois l ments formant les sommets d un triangle: l intimit , la passion et l engagement. L intimit fait r f rence la conscience de l existence d un lien unique, troit et priv entre deux partenaires amoureux. Elle se traduit par des sentiments de proximit affective et de connexion avec l autre (Sternberg, 1986, 2006). Cette notion d intimit inclut le d sir de favoriser le bien- tre du partenaire, le partage d exp riences positives avec l autre, une haute estime pour l tre aim , la confiance de pouvoir compter sur l autre au quotidien, le besoin imp ratif et r ciproque de conna tre et de comprendre l autre, la capacit de donner et recevoir du soutien motionnel, la communication intime et la valorisation de l tre aim dans sa vie (Sternberg et Grajek, 1984). La seconde composante, celle de la passion, est de nature motivationnelle. Elle comprend les impulsions menant la romance, l attirance physique et au d sir sexuel dans les relations amoureuses (Sternberg, 1986). En d pit de la place pr dominante qu occupent le d sir et l excitation sexuelle comme indicateurs de passion dans la relation amoureuse, cette composante fait r f rence aussi au d sir d union avec le partenaire et aux besoins d affection, de soutien, de d vouement, d affiliation et d autoactualisation l int rieur d une relation (Sternberg, 2006). Le pouvoir motivationnel de la passion comme moteur tant sexuel qu motionnel au sein des relations amoureuses transpara t aussi dans le mod le dualiste de la passion appliqu aux relations amoureuses (Ratelle et al ., 2013). Selon cette approche, la passion se d finit pour une personne comme une forte tendance se livrer une activit qui est appr ci e, qu elle trouve importante et dans laquelle elle investit temps et nergie (Vallerand et al ., 2003). Selon Ratelle et ses coll gues (2013), deux types distincts de passion amoureuse peuvent tre distingu s, soit la passion obsessionnelle et la passion harmonieuse. La passion obsessionnelle fait r f rence une pression interne pouvant tre ressentie dans la poursuite d une relation amoureuse. Ce type de passion occupe une place si importante au sein de l identit de la personne qu elle peut ventuellement la contr ler et g n rer des conflits avec les autres sph res de la vie de la personne. Ce type de passion s apparente la vision de l amour passionnel et romantique. Inversement, la passion harmonieuse renvoie une tendance motivationnelle dans laquelle les gens choisissent librement de s engager avec un partenaire amoureux. Le mode relationnel bas sur ce type de passion est en harmonie avec les autres sph res de la vie de la personne (Ratelle et al ., 2013).
Les deux premiers volets du mod le de Sternberg, soient l intimit et la passion, s interf condent et exercent une influence r ciproque dans les relations amoureuses. En effet, l intimit est grandement affect e par la fa on dont les partenaires r pondent aux besoins d affiliation, d affection et sexuels de l autre, alors que la passion peut tre catalys e par l intimit entre les conjoints. Dans de nombreuses relations, c est la passion qui attire initialement les partenaires l un vers l autre, puis elle se conjugue l intimit pour assurer le maintien de la relation. l inverse, l amiti peut se transformer en amour; dans ce cas, c est l intimit qui se d veloppe au d but de la relation et la passion qui appara t apr s un certain temps.
Le troisi me et dernier volet de cette conception de l amour dans le mod le de Sternberg, soit l engagement, est de nature essentiellement cognitive. L aspect cognitif de ce volet fait r f rence, dans une perspective court terme, la d cision d aimer l autre et, long terme, la d cision de s engager maintenir la relation (Sternberg, 1986). Au long cours, les d cisions quotidiennes et les comportements exprimant le choix du partenaire s int grent un syst me de valeur o la relation au partenaire de vie occupe une place unique. La notion d engagement inclut donc les l ments cognitifs impliqu s dans la prise de d cision concernant la mise en place d une relation amoureuse de longue dur e. En outre, plusieurs v nements de vie perturbateurs, pr visibles ou impr visibles, viennent marquer la vie du couple et, dans ces circonstances difficiles, l engagement devient temporairement le principal facteur de protection de la relation.
Les trois composantes de l amour, leurs interactions, de m me que leurs diff rentes combinaisons et permutations, telles que propos es dans la classification de Sternberg, peuvent tre comprises en consid rant les types d amour auxquels elles peuvent donner naissance. L absence d amour sous-tend des interactions informelles sans intimit ni passion ni engagement. L "amour affection fait r f rence une relation d amiti empreinte d exp riences motionnelles positives comme la chaleur, l intimit et la proximit , mais sans passion ni engagement. L "amour-passion se d finit par opposition par une attirance intense ou un "coup de foudre envers l autre, en l absence d intimit et d engagement. Ce type d amour, qui s accompagne d excitation sexuelle, peut survenir subitement et se dissiper tout aussi rapidement. L "amour vide repr sente une relation ancr e dans l engagement, mais sans connexion motionnelle ni attirance entre les partenaires. Ce type d amour peut g n ralement tre observ dans un mariage de convenance ou la fin d une longue relation dans laquelle les partenaires ont vu d cro tre l implication motionnelle de chacun et n ont plus d attirance physique l un pour l autre. L "amour romantique d finit des partenaires qui sont affectivement et physiquement li s par une grande intimit et une forte attirance physique. C est habituellement le type d amour d peint dans les classiques de la litt rature (p. ex. Rom o et Juliette, Tristan et Iseult ). Dans la nosologie de Sternberg, l "amour compagnon caract rise les rapports qu entretiennent les partenaires selon un mod le de "meilleurs amis : une profonde amiti , qui dure plusieurs ann es et qui comporte de l intimit . Ce type d amour est aussi fr quent apr s plusieurs ann es de mariage au cours desquelles la passion et l attirance physique se sont puis es. l instar de l "amour affection , l "amour compagnon implique un engagement maintenir la relation. L "amour vain repr sente quant lui un engagement bas sur la passion sans l implication stabilisante de l intimit . Contrairement l "amour passion , bas sur une attirance intense, mais sans intimit ni engagement, cet "amour vain comprend un engagement entre les partenaires. Ces relations sont habituellement tumultueuses, instables et elles sont hypoth qu es par des d cisions impulsives avec, comme cons quence, un risque lev de prendre fin rapidement. L "amour accompli est le r sultat de la combinaison des trois composantes et le type de relation amoureuse "compl te que plusieurs partenaires s efforcent d atteindre. Selon Sternberg, ce type d amour est toutefois analogue un programme de perte de poids: atteindre l objectif que l on s est fix est souvent plus facile que de le maintenir.
En somme, les trois composantes du mod le de Sternberg, l intimit , la passion et l engagement, occupent une place centrale dans les relations amoureuses, m me si l importance accord e chacune d elles varie d une relation l autre et d un moment l autre dans la vie d un couple. L int r t de ce mod le r side donc dans sa capacit d expliquer plusieurs types d amour entre conjoints, ce qui permet de rendre compte d une multitude d exp riences amoureuses. D un point de vue empirique, ce mod le a aussi t maintes fois valid . En effet, le Triangular Love Scale (TLS) (Sternberg, 1988, 1997) a t d velopp afin de mesurer les trois composantes de l amour et a permis au mod le th orique de faire ses preuves aupr s de couples de la population g n rale (Barelds et Barelds-Dijkstra, 2007; Panayiotou, 2005), de couples homosexuels (Bauermeister et al ., 2011; Hosking, 2014), et de couples d une vari t de cultures (Cassepp-Borges et Pasquali, 2012; Gao, 2001; Lange, Houran et Li, 2015). Or, puisque de fortes corr lations sont observ es entre les scores aux trois dimensions, il est possible qu un facteur g n ral d ordre sup rieur soit indiqu pour d crire les relations conjugales: l "amour (Sternberg, 1997). Si cette hypoth se est confirm e, le TLS pourrait se r v ler tre une mesure utile de l amour, tel qu il est v cu au sein des relations conjugales (Graham et Christiansen, 2009). Il n existe cependant pas, jusqu pr sent, de recherches validant la tr s riche typologie r sultant des multiples combinaisons des trois composantes du mod le de Sternberg. D un point de vue clinique, le mod le tripartite des relations conjugales peut aussi constituer un cadre d analyse guidant l valuation et l intervention en psychoth rapie de couple (Sabourin et Lefebvre, 2008).
En d finitive, il semble qu une conceptualisation de la relation amoureuse selon un mod le tripartite tel que propos par Sternberg soit porteuse tant aux niveaux th orique et clinique qu empirique. Toutefois, elle ne permet pas de consid rer l importance des exp riences relationnelles ant rieures dans la d termination de la nature des relations conjugales. La prochaine th orie qui sera discut e permet ce type de consid ration; ceci en examinant les dynamiques d attachement au sein de la relation conjugale partir des canevas initiaux, ou mod les op ratoires internes, d velopp s dans les relations pr coces la m re ou, par extension, aux personnes significatives de l environnement.
2.2. Th orie de l attachement
La th orie de l attachement a t originellement d velopp e par Ainsworth et ses coll gues (1978) et Bowlby (1979) afin d expliquer la relation m re-enfant qui a t tr s tudi e et qui jouit d appuis empiriques solides. Certains chercheurs se sont appuy s sur ce mod le de l attachement de la m re son enfant pour proposer une conceptualisation des liens qui unissent deux partenaires amoureux. En effet, devant la constatation de similarit s entre la relation m re-enfant et la relation entre partenaires adultes (p. ex. contacts visuels, contacts affectifs physiques tels que des touchers ou des caresses, d sir d tre r confort par le partenaire en situation de d tresse, expression de col re, anxi t ou tristesse la suite des s parations, joie au moment des retrouvailles), le partenaire amoureux a t propos comme figure d attachement l ge adulte (Hazan et Shaver, 1987; Shaver et Hazan, 1988) (pour un chapitre complet sur la th orie de l attachement et le couple, voir le chapitre 2 ). Ce paradigme commun se fonde en outre sur l observation empirique selon laquelle la formation de relations s curisantes, que ce soit avec le pourvoyeur de soins chez l enfant ou avec le partenaire amoureux chez l adulte, d pend de plusieurs l ments communs tels que la sensibilit et la disponibilit aux demandes de proximit et d intimit de l autre (Mikulincer et Shaver, 2007). Les tudes empiriques appuient de ce fait l importance du soutien amoureux l ge adulte, puisque le partenaire amoureux devient souvent la relation d attachement principale vers laquelle la personne se tourne en situation de d tresse (Kiecolt-Glaser et Newton, 2001; Slatcher, 2010).
la suite des premiers travaux portant sur l attachement adulte, men s par Hazan et Shaver au milieu des ann es 1980, plusieurs chercheurs ont pouss plus loin leur r flexion et ont d velopp des instruments de mesure de l attachement adulte au sein des relations conjugales. Ces recherches ont foisonn tant au niveau international (Brennan, Clark et Shaver, 1998; Collins et Read, 1990; Mikulincer et Shaver, 2007) qu au Qu bec (Brassard et Lussier, 2009; Godbout, Lussier et Sabourin, 2006; Lafontaine et Lussier, 2003; Lafontaine et al ., 2015).
Les chercheurs qui se sont pench s sur les dynamiques d attachement adulte ont observ quatre styles d attachement, et deux dimensions qui les sous-tendent: l anxi t d abandon et l vitement de l intimit . L anxi t d abandon implique une hyperactivation du syst me d attachement qui se traduit, entre autres, par des demandes exag r es d attention et d affection, une sensibilit aux risques/signes de rejet/abandon, un contr le des faits et gestes du partenaire ou une d pendance excessive l autre per u comme insuffisamment disponible procurer le support et la protection requise. L anxi t abandonnique fait r f rence, par ailleurs, un mod le n gatif de soi et se refl te dans la fa on dont la personne se per oit comme tant indigne d amour et o elle craint d tre rejet e par son/sa partenaire. D autre part, l vitement de l intimit implique plut t une inhibition de la recherche de proximit . L individu de type vitant poss de un mod le n gatif des autres. Cette dimension renvoie au niveau d inconfort d une personne dans le contexte de relations amoureuses ainsi qu la perception qu elle a de son/sa partenaire comme tant peu fiable ou indisponible quand vient le temps de fournir du soutien en situation de d tresse (Bartholomew et Horowitz, 1991). La personne chez qui cette dimension est pr sente cherche mettre en veille le syst me d attachement afin de ne pas ressentir la d tresse et la frustration quand les figures d attachement ne sont pas disponibles (Mikulincer et Goodman, 2006; Mikulincer, Shaver et Solomon, 2015).
Les quatre styles d attachement qui sont d riv s de la combinaison des scores ces deux dimensions font r f rence la fa on dont le partenaire transige dans ses interactions dyadiques. Le style d attachement s curisant se caract rise par de faibles niveaux d anxi t d abandon et d vitement de l intimit . Une personne avec un style d attachement s curisant cumule une vision positive d elle-m me et de l autre, elle estime avoir de la valeur et m riter l amour de l autre. En couple, cette personne est l aise avec l intimit et l engagement. Elle accepte de d pendre de l autre en situation de d tresse. Une personne qui a d velopp un style d attachement d tach prouve peu d anxi t d abandon, mais elle ressent beaucoup d inconfort face l intimit . Elle pr serve une image positive d elle-m me et valorise l autonomie, mais doute des capacit s de son partenaire de r pondre ses besoins ou d offrir un soutien en p riode de d tresse. L individu d tach adopte des strat gies de d sactivation du syst me d attachement lorsqu une menace est per ue afin de minimiser le sentiment de vuln rabilit et ses besoins de r confort, en plus de refuser de d pendre d autrui. Un individu qui a un style d tach est donc plus l aise dans des relations qui impliquent peu de d voilement de soi et o il peut maintenir ses distances, afin de se prot ger de blessures potentielles que pourrait causer un partenaire intime. A contrario , le style pr occup se caract rise par une grande anxi t d abandon et peu d vitement de l intimit . La personne affichant ce style poss de une image n gative d elle-m me, se croit indigne d amour, tout en ayant une image positive des autres, ce qui la pousse rechercher incessamment leur approbation et leur attention. En couple, cette personne est instable motionnellement, a besoin de r assurance quant l amour du partenaire, en plus d tre hypersensible aux signaux de rejet et d indisponibilit du partenaire. Enfin, le style craintif se caract rise par une forte anxi t abandonnique et un haut niveau d vitement de l intimit . Il poss de aussi une image n gative de soi et d autrui. Le partenaire craintif se croit indigne d amour et sans valeur. Il craint le rejet des autres, qui, ses yeux, ne sont pas dignes de confiance. En couple, un tel conjoint d sire d velopper une relation intime, mais redoute la souffrance que pourrait occasionner un abandon ou une proximit qui pourrait tre trop difficile supporter. Les tudes r centes portant sur l attachement soulignent son enchev trement deux autres syst mes fondamentaux, soit le syst me de caregiving et le syst me sexuel (Birnbaum, 2015; P loquin, Brassard, Delisle et B dard, 2013; P loquin, Brassard, Lafontaine et Shaver, 2013; P loquin et al ., 2014). Ainsi, dans le contexte des relations romantiques adultes, ces trois syst mes s entrecroisent et op rent dans une dynamique enchev tr e pour expliquer la qualit et le d veloppement des relations romantiques (Birnbaum, 2010).
La th orie de l attachement appliqu e aux relations conjugales l ge adulte offre donc un mod le explicatif, la fois th orique et d veloppemental, de l h t rog n it des d terminants du fonctionnement conjugal. De plus, ce mod le est int ressant parce qu il permet galement d envisager des combinaisons plus ou moins fonctionnelles de partenaires selon le style d attachement d velopp . Par exemple, les dynamiques conjugales de type demande-retrait s observent fr quemment chez des couples o l un des partenaires serait anxieux alors que l autre serait vitant; cette dynamique, m me si elle peut sembler compl mentaire dans une perspective transversale, pourrait mettre en p ril la relation conjugale dans une perspective longitudinale (Christensen, 1987; Godbout et al ., 2009). Ou encore, une union pourrait tre constitu e de deux partenaires ayant un style d attachement vitant (c est- -dire dynamique retrait-retrait) qui pourrait aussi nuire la survie de la relation alors que les deux partenaires sont d sengag s (Johnson et Greenberg, 1987). Il n existe toutefois jusqu pr sent qu un petit bassin d tudes empiriques documentant la pr valence de ces pairages des styles d attachement et des r percussions conjugales v cues par les individus dans chacun de ces appariements typiques (Boisvert et al ., 1996; Brassard, Shaver et Lussier, 2007; Lapointe et al ., 1994).
Cette th orie offre donc une compr hension int ressante du fonctionnement conjugal, non seulement en raison de sa capacit de d crire les interactions contemporaines des conjoints, mais aussi parce que cette compr hension trouve ses racines dans les exp riences ant rieures avec les premi res figures d attachement de la personne. Sa force r side de ce fait dans sa capacit de bien cerner des enjeux intrapersonnels qui sont centraux au fonctionnement conjugal tout en tenant compte de l attachement en interaction avec d autres variables distales et proximales.
La pertinence du syst me d attachement dans l explication de la satisfaction conjugale jouit d un appui empirique important. En effet, en utilisant des mesures vari es d attachement (autorapport es ou entrevues), les r sultats d Alexandrov, Cowan et Cowan (2005), de Ben Ari et Lavee (2005) et de Brassard, Lussier et Shaver (2009) r v lent que les partenaires dont l attachement est de type s curisant rapportent une meilleure satisfaction conjugale que ceux ayant d velopp un attachement ins curisant. Sur la base de ces donn es empiriques, il est possible de concevoir l attachement s curisant comme une ressource psychologique profitable qui promeut la satisfaction conjugale, et ce, en d pit des exp riences stressantes et des changements susceptibles de survenir dans la relation. Ces r sultats de recherche ont pav la voie l laboration de mod les et d interventions cliniques structur s bas s sur les besoins d attachement au sein du couple (voir le chapitre 24 et Lafontaine et al ., 2008). Ces approches jouissent d appuis empiriques concluants (Greenman et Johnson, 2013; Halchuk, Makinen et Johnson, 2010; Johnson et al ., 2013).
Les prochains mod les abord s se d gagent de la perspective individuelle des approches pr c dentes pour se positionner dans une perspective r solument dyadique des relations conjugales.
2.3. Th orie de l interd pendance
La th orie de l interd pendance (Thibaut et Kelley, 1959) rel ve des th ories de l change social qui stipulent que les relations interpersonnelles sont modul es par les rapports entre les co ts et les b n fices r sultant des changes interpersonnels que vit la personne (Nakonezny et Denton, 2008). Il s agit de concepts centraux dans cette th orie. Les co ts sont associ s des l ments de la relation qui ont une valence n gative, comme la frustration v cue la suite d un change insatisfaisant. A contrario , les b n fices sont des l ments ayant une valence positive, comme le sentiment d tre appr ci ou la qualit d une interaction positive avec l autre. Selon la th orie de l change social, l objectif des conjoints est de maximiser les b n fices et de minimiser les co ts associ s ses relations avec son partenaire (Sprecher, 1998).
La th orie de l interd pendance ajoute la th orie de l change social en affirmant que l essence m me des relations interpersonnelles ne r side pas seulement dans les cons quences positives ou n gatives qui d coulent des interactions sociales, mais plut t dans l influence que chacun exerce sur l autre (Kelley et al ., 1983). Cette th orie per oit la relation comme une propri t qui merge de l interaction entre deux individus qui s interinfluencent (Holmes, 2000). Avec l aide de coll gues, John G. Holmes a approfondi divers aspects de la th orie de l interd pendance en examinant la fa on dont les co ts et les b n fices colorent les attentes des individus dans leurs relations interpersonnelles (Holmes, 2002; Holmes et Rempel, 1989; Kelley et Holmes, 2002; Murray et Holmes, 2011). En outre, les gens tablissent des liens de causalit entre diverses exp riences v cues en contact avec autrui, afin de pouvoir pr dire les cons quences de leurs interactions sociales (Rempel, Ross et Holmes, 2001). Les attentes d un individu, par rapport aux intentions et motivations des autres, r sultent donc des interactions pass es avec eux et influencent les objectifs li s ces relations (Holmes, 2002). Ainsi, une personne qui vit une grande souffrance et qui demande son conjoint de l couter se retrouve devant plusieurs r ponses possibles. Si le partenaire rejette cette demande d coute de multiples reprises, cette personne risque de changer sa perception de la capacit de son conjoint de r pondre ses besoins, puis de se mobiliser pour aller chercher la r ponse ses besoins ailleurs (p. ex. aupr s d amis). En retour, cela modifiera les attentes de cette personne vis- -vis des "b n fices que peut lui apporter son partenaire.
En raison de la relation privil gi e et interd pendante qu entretiennent deux partenaires amoureux, les besoins et objectifs de chacun ne peuvent tre atteints sans un ajustement dyadique des besoins, attentes et comportements de chacun (Kelley et Thibaut, 1978). En d autres mots, les partenaires amoureux se trouvent en situation de d pendance mutuelle. En effet, que ce soit au niveau des t ches de la vie quotidienne, des styles de personnalit ou des objectifs de vie de chaque conjoint, toute d cision ou action de l un influence, et parfois contraint, l autre. L interd pendance propre aux relations de couple transpara t dans la plupart des sph res de la vie conjugale, par exemple au chapitre de l allocation des t ches m nag res, de la d cision d avoir des enfants, etc. Dans cette perspective, les besoins et les comportements de l un engendrent in vitablement des co ts, des b n fices, des sacrifices ou des compromis chez l autre.
Selon Holmes, le besoin de pr dire les cons quences d une interaction sociale afin d en maximiser le bien- tre et la satisfaction, tout en maintenant la relation long terme, sont des enjeux propres aux relations amoureuses. Pour aborder ces enjeux, les conjoints utilisent leur sentiment de confiance en l autre pour fa onner les attributions et interpr tations qu ils font des comportements et motivations de leur partenaire (Holmes, 2004; Holmes et Rempel, 1989). En effet, la confiance d un individu, envers la capacit et la volont de son partenaire agir de fa on r pondre ses besoins, influence la fa on dont deux partenaires intimes attribuent un sens aux v nements v cus dans leur couple (Rempel et al ., 2001). Par exemple, un haut niveau de confiance permet que les v nements dans un couple soient interpr t s conform ment aux attentes positives d un conjoint quant la fiabilit et la bonne volont de son partenaire. Au contraire, un bas niveau de confiance, ou des incertitudes quant l int r t v ritable du partenaire envers soi ou la relation, g n re une interpr tation plus n gative des comportements et motivations du conjoint, per us comme tant moins bienveillants (Holmes et Rempel, 1989). En somme, le mod le de l interd pendance consid re la relation conjugale comme un syst me dans lequel chacun ajuste ses objectifs et ses besoins ceux de son partenaire sous la forme d un calcul "co ts/b n fices teint par la confiance que l individu a des bonnes intentions de son partenaire.
En poursuivant leurs tudes sur l interd pendance et la confiance entre partenaires amoureux, Holmes et ses coll gues ont d velopp une nouvelle approche th orique visant mieux comprendre et expliquer les relations conjugales, soit le mod le bas le syst me de r gulation du risque (Murray, Holmes et Collins, 2006).
2.4. Syst me de r gulation des risques relationnels
Selon Murray, Holmes et Collins (2006), les situations de d pendance mutuelle, centrales dans la notion d interd pendance, sont fondamentales dans les relations de couple: ainsi les actions de l un imposent-elles parfois des restrictions la capacit de l autre de satisfaire ses propres besoins et objectifs. Or, afin d tablir le type de relation amoureuse pouvant satisfaire leurs besoins essentiels d appartenance et de connexion, les conjoints doivent prendre le risque d une certaine interd pendance (Baumeister et Leary, 1995; Murray et al ., 2006). Ce risque est assum en diminuant l importance qu ils accordent leurs propres besoins et en augmentant celle qu ils accordent la relation et aux besoins de leur partenaire. Cette d marche place n anmoins l individu dans une situation de d pendance face son partenaire, qui peut parfois tre v cue difficilement. Selon la th orie de Holmes, la confiance d montr e par un individu par rapport au regard positif et la capacit de son partenaire d anticiper et de r pondre ses besoins (Murray et al ., 2006) permet de risquer l interd pendance et la connexion avec celui-ci. En effet, si l individu a confiance que son partenaire partage ses valeurs fondamentales, ses objectifs tout en manifestant un souci sinc re face ses besoins, celui-ci pourra se permettre d augmenter sa d pendance par rapport son partenaire, renfor ant par le fait m me la relation amoureuse. Tout au long d une relation amoureuse, les partenaires sont donc amen s choisir entre la protection de soi, en diminuant la d pendance vis- -vis du conjoint, et la promotion de la relation, en augmentant la d pendance face au conjoint. Afin de comprendre ce mode de fonctionnement qui permet aux individus en couple de se sentir en s curit dans un contexte de vuln rabilit perp tuelle, Murray et ses coll gues ont donc propos , en 2006, un syst me de la r gulation du risque relationnel.
L objectif principal du syst me de la r gulation du risque est d optimiser les sentiments de s curit et d invuln rabilit du partenaire amoureux malgr sa d pendance la relation et son conjoint. Pour ce faire, le syst me doit tenter d estimer le risque de rejet. Selon Murray et ses coll gues, la confiance prouv e vis- -vis du regard positif du partenaire envers soi agit titre de guide pour d terminer s il est s curitaire de mettre la protection de soi de c t et de prendre le risque de penser et d agir en visant la promotion de la relation au d triment de la s curit et des priorit s personnelles (Murray, Bellavia, Rose et Griffin, 2003; Murray, Griffin, Rose et Bellavia, 2003; Murray, Holmes et Griffin, 2000).
La gestion de l interd pendance et la possibilit qu un individu se sente en s curit dans une relation intime requi rent un syst me de r gulation qui est cognitif, affectif et comportemental. Le syst me de la r gulation du risque propose par ailleurs trois sous-syst mes, sous forme de r gles "si alors , qui valuent le risque de rejet et permettent de r soudre les conflits entre la protection de soi et la promotion de la relation: le syst me de l valuation, le syst me de signalisation et le syst me de r gulation de la d pendance. La section suivante d crit comment ces trois syst mes op rent et interagissent dans la gestion du risque li l interd pendance.
Tout d abord, le syst me de l valuation ( appraisal system ) donne un sens aux interactions conjugales pour valuer l acceptation ou le rejet de l individu par le partenaire. Dans les relations amoureuses, ce syst me est particuli rement essentiel, car le fait d avoir un partenaire engag et bienveillant permet aux individus de mettre leur protection de soi de c t afin de se connecter l autre et la relation (Murray et al ., 2000). tre en mesure de d celer et d valuer si un partenaire est pr t ou capable de r pondre aux besoins d un partenaire amoureux afin de pr dire le risque de rejet est la t che principale de ce syst me. Pour ce faire, les conjoints se basent sur le raisonnement suivant: "si d pendance, alors valuer l acceptation ou le rejet . Pr cis ment, lorsqu un individu est en situation de d pendance (c est- -dire en couple), il se base sur sa conception de qui il est, sur les signaux de son partenaire, et ceux qui manent des interactions dyadiques, afin d valuer l appr ciation de son partenaire son gard. Ensuite, il se base sur sa perception de l appr ciation du partenaire pour d terminer si celui-ci l accepte ou le rejette.
Ensuite, le syst me de signalisation ( signaling system ) associe la perception d tre accept ou rejet par le partenaire l exp rience motionnelle d tre gratifi ou bless , et il identifie les gains ou les pertes en estime de soi concomitantes. Ce syst me fonctionne l aide de r gles du type "si accept ou rejet , alors internalisation , signifiant que la perception d acceptation ou de rejet par le partenaire est automatiquement int gr e l identit et l estime de soi. Le rejet par le partenaire menace la conception qu un conjoint se fait de sa personne comme tant unique, importante et digne d entrer en relation avec les autres et d tre aim e (Baumeister, 1993; Pyszczynski et al ., 2004; Taylor et Brown, 1988). En revanche, l acceptation par le partenaire confirme le sentiment d tre bon et important aux yeux de l autre et mobilise la volont d enrichir la relation avec lui.
Finalement, le syst me de r gulation de la d pendance ( dependance regulation system ) associe la perception d tre accept ou rejet par le partenaire la r ponse comportementale mise par l autre partenaire. Il fonctionne l aide de r gles du type "si accept ou rejet , alors r guler la d pendance . Par exemple, apr s un conflit majeur, un conjoint pourrait se dire: "si elle ne me parle pas jusqu l heure du coucher, elle me rejette, alors je dormirai au salon . Selon ce syst me, le sentiment d tre accept par l autre augmente la probabilit qu un individu accepte d augmenter sa d pendance alors que l impression de rejet d clenche de fa on in luctable la perception d un risque et le besoin de se prot ger en s loignant du partenaire.
Cette approche th orique de l interd pendance fait cho la th orie motivationnelle approche- vitement de Gable et Impett (2012) selon laquelle les relations interpersonnelles sont une source d avantages inestimables comme le sentiment d appartenance, le soutien et la connexion l autre, mais elles peuvent aussi tre sources de d tresse par l entremise de l exp rience de solitude ou de rejet. Dans le cadre d une relation amoureuse, l individu utilise une motivation d approche le dirigeant vers des b n fices potentiels de la relation tels que l intimit , le plaisir sexuel et la croissance de la relation et une motivation d vitement le dirigeant loin de punitions ventuelles li es la relation telles que le conflit, le rejet ou la d ception. Tout comme le syst me de r gulation du risque, la th orie motivationnelle approche- vitement stipule la pr sence et l indiscutable influence des b n fices et des co ts dans l exp rience de la relation amoureuse. Ce paradigme repose sur des assises empiriques solides et sa valeur a t d montr e dans de nombreux crits scientifiques (Impett et Gordon, 2010; Impett, Gordon et Strachman, 2008; Locke, 2008; MacDonald, 2011; Murray et al ., 2015).
En somme, les tenants de la th orie de l interd pendance et du syst me de r gulation du risque consid rent le couple comme un syst me interd pendant privil gi et bas sur la confiance, dans lequel chacun envisage la relation comme un amalgame d changes soumis aux r gles de la th orie de l change social (Thibaut et Kelley, 1959). Les co ts et les b n fices y sont pond r s et mis en relation. Cette conceptualisation du couple dispose aussi d appuis empiriques chez des couples mari s et non mari s (Derrick, Leonard et Homish, 2012). En outre, peu importe la dur e d une relation, les tudes d montrent une forte association entre la perception du regard positif du partenaire et le niveau de d pendance son gard (Murray et al ., 2000, 2001). Les conjoints qui ont une forte perception du regard positif de leur partenaire r agissent au sentiment de rejet en se rapprochant de leur partenaire une fois la crise pass e, alors que ceux qui ont une faible perception du regard positif de leur partenaire tendent fuir la relation (Murray et al ., 2003).
Une critique s inspirant d un principe cl de la th orie de l autod termination dans les relations amoureuses (Deci et Ryan, 1985, 2000, 2008) peut toutefois tre formul e l gard de ces approches: les actions d un individu sont autonomes, librement choisies et pleinement approuv es par celui-ci plut t que sous la contrainte ou la pression de forces externes ou de pressions internes. Or, la conceptualisation des relations amoureuses qu offrent la th orie de l interd pendance et le syst me de r gulation du risque se base sur un calcul co ts/b n fices enti rement d fini par les r actions du partenaire amoureux (c est- -dire acceptation ou rejet) face aux tentatives d approche de l autre. La th orie de l autod termination dans les relations amoureuses se d marque de cette position et elle consid re ce type de relation comme l interaction de deux individus qui endossent pleinement leur implication dans la relation sans y tre contraints (Knee et al ., 2013). En ce sens, l autod termination dans les relations amoureuses peut tre op rationnalis e par l autonomie l int rieur de la relation, d finie par le fait d avoir des raisons d termin es par la personne elle-m me (autod termin es) par rapport au fait de poursuivre la relation (p. ex. "Parce que j accorde de la valeur ma relation avec mon partenaire puisqu il/elle me permet de m am liorer en tant que personne ) (Blais et al ., 1990).
N anmoins, la th orie de l autod termination dans les relations amoureuses, de m me que la th orie de l interd pendance et le syst me de r gulation du risque, malgr leur accent sur l interd pendance, adoptent une perspective tr s individuelle. En misant sur la perception individuelle des conjoints comme d terminant leurs comportements et la relation, le mod le perd de vue la force de l influence des croyances et des comportements de l un sur ceux de l autre. En ce sens, il est n cessaire de consid rer l effet dyadique de ces perceptions, car elles exercent une influence sur l individu, le partenaire et sur leur relation. Le mod le vuln rabilit -stress-adaptation (Karney et Bradbury, 1995) repose sur une perspective r solument dyadique.
2.5. Mod le vuln rabilit -stress-adaptation
Le mod le vuln rabilit -stress-adaptation (VSA) a t labor par Karney et Bradbury (1995) afin d approfondir et de d velopper une compr hension plus fine de l volution de la qualit , de la stabilit , du d veloppement et des d terminants de l ajustement dyadique (pour plus d informations ce sujet, voir le chapitre 4 ). Fond sur une analyse comparative de la th orie de l attachement (Bowlby, 1979), de la th orie de la crise (McCubbin et Patterson, 1982), des th ories comportementales (Bradbury et Fincham, 1991) et de la th orie de l change social (Levinger, 1965; Thibaut et Kelley, 1959), le mod le VSA offre une compr hension holistique et dynamique des interactions conjugales. Cette conception macroscopique des rapports amoureux est atteinte en examinant l interaction entre 1) les vuln rabilit s inh rentes chacun des partenaires, 2) les stresseurs environnementaux auxquels ils sont soumis et 3) les processus adaptatifs mis en place par les conjoints pour y faire face.
Les vuln rabilit s font r f rence aux caract ristiques individuelles de l individu. Elles comprennent la personnalit , les variables historiques, les valeurs et les caract ristiques d mographiques, qui demeurent relativement stables dans le temps (Karney et Bradbury, 1995). Ces caract ristiques, inh rentes l individu, se transposent au sein de la relation et tendent influencer la dynamique conjugale. Par exemple, un trouble de sant mentale, une personnalit r active ou un historique de victimisation, d abus ou de traumas pr coces peuvent affecter de fa on importante la relation conjugale, tant au niveau de sa nature, de sa dur e qu au niveau de l engagement des partenaires.
Les stresseurs englobent tous les d fis associ s la vie quotidienne auxquels le partenaire et le couple sont confront s (c est- -dire perte d un emploi, d m nagement, etc.). Ces stresseurs comprennent aussi l impact r siduel des v nements v cus ant rieurement (c est- -dire un trauma survenu l enfance, les maladies, les accidents, la perte d un parent, etc.) (voir le chapitre 7 sur les traumas interpersonnels l enfance et les relations de couple). Ainsi, ces v nements peuvent avoir des r percussions sur le couple en g n rant des contextes de tension ou de stress, fragilisant ainsi la dyade conjugale.
Enfin, l adaptation fait r f rence la fa on dont le couple s adapte ses vuln rabilit s et aux stresseurs en tant que dyade conjugale. Cet aspect du mod le VSA correspond, entre autres, aux patrons de communication, au soutien motionnel et aux strat gies de r solution de probl mes d ploy es par les conjoints (p. ex. coercition, contr le, violence), la fa on dont chaque partenaire fait face aux difficult s et aux changements qui surviennent in vitablement l int rieur d une relation conjugale.
En somme, le mod le VSA se distingue des approches typologiques et int gre les th ories de la personnalit , une partie de la th orie de l attachement en tant que caract ristiques individuelles, afin d offrir un clairage tiologique pour comprendre l ajustement et la stabilit conjugale. De plus, ce mod le offre une approche int grative, car il permet de comprendre la nature de la relation conjugale et les facteurs pouvant infl chir ou prot ger les trajectoires d ajustement conjugal. Ce mod le a en outre t utilis par de nombreux chercheurs pour tenter de comprendre les facteurs pr visionnels de la satisfaction et de la stabilit conjugales. Cette conceptualisation a prouv sa valeur chez des couples de plusieurs nationalit s: asiatiques (Liu, 2009), hispaniques, europ ens (Johns, 2005), am ricains (Funk, 2010) et afro-am ricains (Cutrona et al ., 2011). L utilit du mod le pour comprendre divers aspects de la relation de couple a aussi t maintes fois d montr e, notamment en ce qui a trait l attachement des partenaires (Mikulincer et Shaver, 2007), aux conflits conjugaux (Fournier et Brassard, 2010), et la violence conjugale (Langer, Lawrence et Barry, 2008; Stith et al ., 2011). Dans son analyse critique de la documentation des quinze derni res ann es, Karney (2015) propose deux d terminants principaux des variations longitudinales au sein du couple. D abord, il propose que la satisfaction conjugale tend diminuer au long cours en fonction de l accumulation des exp riences n gatives. Ensuite, Karney postule un d clin des capacit s cognitives accommoder les exp riences aversives au sein d une valuation globale de la relation amoureuse qui demeure positive (c est- -dire les exp riences n gatives sp cifiques sont g n ralis es la relation dans sa globalit qui s en trouve d s lors contamin e). Ainsi, la maximisation des exp riences positives et l efficacit des conjoints interpr ter les v nements conjugaux de fa on constructive pourraient bonifier la qualit de l union long terme. Or, malgr le fait que le mod le VSA jouisse de nombreux appuis empiriques, il semblerait que ce soit l adaptation des partenaires vis- -vis de leurs changes qui exerce l influence la plus importante sur l ajustement des couples (Hanzal, 2009; Hanzal et Segrin, 2009). Tout comme le stipule la th orie de l interd pendance, les interactions conjugales satisfaisantes formeraient le c ur des unions heureuses.
En somme, le mod le VSA offre un cadre conceptuel utile la compr hension de l ajustement et de la satisfaction des couples, de m me qu l orientation des interventions th rapeutiques. Cette mod lisation n est cependant pas suffisante pour comprendre les propri t s fondamentales et motionnelles des relations conjugales. Certaines typologies qui ont t mises de l avant par des chercheurs et th oriciens dans le domaine pourraient par ailleurs permettre de mieux saisir les subtilit s li es la diversit des sentiments amoureux.
3. TYPOLOGIES DE L AMOUR
3.1. Mod le typologique des couleurs de l amour
En s appuyant sur une analyse des recherches scientifiques dans le domaine, et sur la base d entretiens aupr s de 200 participants h t rosexuels et homosexuels d ges et d horizons diff rents, Lee (1973, 1977, 1988) labore une typologie de l amour. travers ce mod le typologique, Lee propose qu il y a autant de fa ons d aimer qu il y a de nuances de teintes dans une palette de couleurs. Lee postule trois "couleurs primaires qui correspondent aux trois styles principaux d amour ( Eros/passion, Ludus/ludique et Storge/engagement ), et trois "couleurs secondaires , soit trois styles d amour compos s de la combinaison de deux styles principaux ( Pragma/pragmatisme, Mania/jalousie et Agape/altruisme ).
Dans ce mod le analogique o les trois "couleurs primaires correspondent aux styles adopt s par les partenaires, le premier style principal d amour, intitul Eros , ou amour romantique et passion, renvoie une relation dans laquelle l apparence physique et la sexualit jouent un grand r le et o le d sir de contact et de relation intense avec l autre est manifeste. Dans le second style, l amour ludique ( Ludus ), l amour et la sexualit sont consid r s comme un jeu dans lequel l investissement motionnel et l engagement envers l autre et la relation sont minimes, o les mensonges sont justifi s par la r gle du jeu qui r git ce type de rapport, alors que la jalousie et le sentiment de possession sont absents. Le troisi me style, Storge , fait r f rence un amour-amiti ; un engagement durable qui se d veloppe lentement et prudemment. Les partenaires amoureux qui vivent ce type d amour ne ressentent pas les motions intenses ou l attirance physique et sexuelle envers l autre, typiques de l Eros . Ces trois dimensions, qui servent de bases dans la conception de diff rents styles d amour, renvoient aux notions de passion, d intimit et d engagement que l on retrouve dans le mod le de Sternberg (1986, 2006), mais elles s en distinguent aussi. Par exemple, on retrouve dans la th orie de Sternberg un type d amour tr s convoit par les partenaires amoureux, l "amour accompli , alors que dans la typologie de Lee (1973, 1977, 1988), on ne retrouve pas ce type d amour.
Dans les trois "couleurs secondaires du mod le qui font r f rence aux fa ons d aimer, Pragma , comme son nom l indique, renvoie l amour pragmatique dont le principal objectif est la compatibilit du partenaire avec soi. Ce type d amour, form de la combinaison de Storge et Ludus , est fond sur des consid rations pratiques et rationnelles concernant, par exemple, l ge, le degr d instruction, le milieu social, la religion, les capacit s parentales, etc. Mania , la combinaison d Eros et de Ludus , repr sente l amour possessif, la jalousie, les tats motionnels intenses, le besoin constant d tre rassur sur l amour du partenaire. Enfin, Agape , compos d Eros et de Storge , repr sente un amour altruiste sans attentes de r ciprocit ou de reconnaissance. Malgr les bases semblables des mod les de Lee et de Sternberg, cet amour altruiste sans attentes ne se retrouve pas dans le mod le tripartite des relations conjugales (Sternberg, 1986, 2006). De fa on int ressante, Hendrick et Hendrick (1989) ont effectu une analyse factorielle comprenant cinq mesures diff rentes de l amour ( Love Attitudes Scale, Triangular Theory of Love Scale, Passionate Love Scale, Relationship Rating Form ) et la mesure d attachement de Shaver et Hazan (1988). Cinq facteurs ont d coul de leurs analyses: l amour passionnel, l intimit et l absence de conflits, l ambivalence-manie, l attachement s curisant et non vitant, puis l amour sensible et pratique. Parmi ceux-ci, deux facteurs semblent plus importants que les autres, soit l amour passionnel et l intimit , puis l absence de conflits. Selon les auteurs, bien qu une solution deux facteurs ne soit pas la solution id ale, ces r sultats questionnent notre capacit de d finir d finitivement l amour puisqu il ne se soumet aucune r gle ni aucune contrainte et qu il poss de une signification propre chaque personne qui en fait l exp rience dans un contexte fluctuant et mouvant (Hendrick et Hendrick, 1989).
Certains aspects associ s cette conceptualisation sont pertinents. Ainsi, les possibles variations d intensit motionnelle des styles d amour (couleurs primaires) et fa ons d aimer (couleurs secondaires), ainsi que leur capacit de rendre compte des changements et de l volution de l amour au sein du couple, pr sentent un int r t certain. En d pit de cette contribution, le mod le de Lee n a pas r sist l preuve du temps. Cette typologie a surtout re u l attention des chercheurs dans les ann es 1980-1990 (Hendrick et Hendrick, 1986; Hendrick, Hendrick et Dicke, 1998; Neto, 1993, 1994; Neto et al ., 2000), mais il s est en d finitive r v l tre peu appuy empiriquement dans les recherches r centes. Le mod le de Lee a n anmoins pav la voie aux mod les plus contemporains qui misent davantage sur les m canismes cognitifs, motionnels et sur les comportements inh rents aux diff rentes fa ons d aimer (Reis et Aron, 2008).
Sur le plan clinique, le mod le typologique de Lee permet d exposer certains facteurs ou certaines caract ristiques propres l un ou l autre des partenaires qui peuvent s associer leur type d amour et aux difficult s qui y sont v cues. En offrant la possibilit aux clients de d crire leur amour en termes neutres, ce mod le typologique permet aux th rapeutes de sugg rer des cibles d interventions pr cises telles que le d veloppement de certaines habilet s (c est- -dire communication, r solution de conflits). Or, aucun plan de traitement ou intervention th rapeutique n a t d velopp sur la base des travaux de Lee. Ce mod le peut aussi tre critiqu parce qu il ne propose pas de voies de d finition et d op rationnalisation de l amour proprement. Il se fonde plut t sur des combinaisons de construits li s l amour (Hendrick et Hendrick, 1989). En somme, quoique le mod le de Lee se r v le riche dans la compr hension des types d amour, son utilisation empirique n a pas support l preuve du temps. Par contre, la typologie de l amour de Berscheid (2010), dont il sera maintenant question, est encore couramment utilis e.
3.2. Typologie de l amour de Berscheid
Selon Berscheid (2010), il existe quatre grands types d amour: 1) l amour affection, 2) l amour romantique, 3) l amour compassion et 4) l amour attachement. L amour affection, aussi connu sous le nom d "amiti , fait r f rence l amour ressenti au sein des relations familiales et amicales. Ce type d amour est analogue l amour amical d velopp par Lee dans sa th orie des couleurs de l amour (Berscheid, 2010; Fehr, 1994; Lee, 1973, 1977), et l "amour compagnon ou l "amour affection de Sternberg (1986). Il se vit au sein d une relation empreinte d affection et de confiance r ciproque entre les partenaires. Cet amour se construit partir d un partage d exp riences positives sous-tendant un profond sens de support, de respect et de r v lation de soi mutuels. Contrairement aux autres types d amour, l amour affection se base sur les principes cognitifs et comportementaux de renforcement et de punition (Berscheid, 2010). Selon ces principes, les conjoints sont port s former une relation qui s accompagne de retomb es positives (r compenses) alors qu ils tendent viter celles qui g n rent des r percussions n gatives (punitions). Ce type d amour reprend certains postulats qui sous-tendent la th orie de l interd pendance formul e par Thibaut et Kelley (1959) et dont nous parlons plus loin. Ce mod le stipule que les relations interpersonnelles sont fonction des rapports co ts/b n fices r sultant des changes interpersonnels (Nakonezny et Denton, 2008). L amour affection se construit donc suivant la logique que les conjoints aiment ceux qui les appr cient, leur sont familiers et avec qui ils partagent des similarit s. Quoique l amour affection se retrouve fr quemment au sein des relations d amiti et entre les membres d une m me famille, il occupe une place pr dominante dans les relations conjugales (Berscheid et Hatfield, 1974). En outre, dans ce type d amour, ces m canismes sous-tendent l appr ciation d une personne qui aime passer du temps et interagir avec l autre. Par exemple, il est fr quent d observer, au sein des relations conjugales, un partage de champs d int r t et d activit s, d peignant un sentiment de proximit sur lequel l amour affection se base (Berscheid, 2010; Berscheid et Walster, 1978). L amour affection se caract rise aussi par sa stabilit , puisqu une fois d velopp , il tend persister. Or, bien qu il soit vital au d veloppement de l amour romantique, l amour affection n inclut ni un sentiment passionnel ni d attirance physique envers l autre (Berscheid, 2010).
L amour romantique, selon Berscheid, aussi connu sous les tiquettes d amour "passionn ou " rotique , est le r sultat de la combinaison de l amour affection et d un d sir sexuel envers l autre. L amour romantique s apparente donc la passion telle que conceptualis e par Sternberg (2006, 1986). En outre, Berscheid et Sternberg voquent tous deux la pr sence simultan e d un d sir sexuel et d un d sir motionnel de partage, de rapprochement et une motivation tre en compagnie de l autre partenaire. Selon Berscheid, l amour romantique se diff rencie donc des autres types d amour par l exp rience d un d sir sexuel envers le partenaire. Se basant sur les forts sentiments d incertitude et de nouveaut prouv s en d but de relation, l amour romantique tend se dissiper au fil du temps. En effet, lorsque les partenaires apprennent pr dire leurs interactions conjugales et lorsque l assouvissement de leurs pulsions sexuelles leur est plus facilement accessible, les motions li es la passion de l amour romantique perdent leur intensit . Par exemple, une tude effectu e chez de nouveaux mari s (Hatfield et al ., 2008) r v le qu apr s un an de mariage, il est d j possible de constater une diminution de l amour romantique chez les deux conjoints. Notons que c est parfois la passion et le d sir sexuel envers l autre qui fournissent l tincelle n cessaire l initiation d une relation. Cet amour passionn peut se combiner, au fil du temps, avec l amour affection pour produire l amour romantique. Or, de r centes tudes indiquent que l amour affection peut aussi d cliner avec le temps et que l amour romantique peut perdurer au sein de relations de longue dur e (Hatfield et al ., 2008; Reis et al ., 2013). Selon la typologie de l amour de Berscheid, divers types d amour peuvent donc tre v cus l int rieur d une relation amoureuse et varier en intensit diff rents moments de la relation.
L amour compassion, aussi connu sous le nom d "amour altruiste , "amour inconditionnel et "amour pur , d finit le fait d tre affectueux, pr sent, et attentif aux besoins et au bien- tre du partenaire, tout en tant confiant qu en retour, ce dernier sera pr sent lorsque n cessaire (Berscheid, 2010). Th oriquement, cette r ciprocit contribue aux sentiments d amour que poss dent toutes les relations, qu elles soient amicales, familiales ou romantiques. En outre, le fait d tre soucieux du bien- tre de l autre est un aspect d terminant du niveau de satisfaction conjugale et de la stabilit d une relation (Fehr, Harasymchuk et Sprecher, 2014; Pasch et Bradbury, 1998). D un point de vue d veloppemental et en lien avec la th orie de l attachement, l amour compassion proviendrait du syst me ax sur la dispensation des soins ( caregiving ) dans la relation d attachement au parent. Celui-ci dirige son attention sur la d tresse de l enfant plut t que sur son propre tat motionnel (Mikulincer et Goodman, 2006).
Enfin, l amour attachement, ou l amour envers une "figure d attachement , est ressenti lorsqu un individu recherche la proximit d une personne r confortante et s curisante en situation de menace ou de danger. Ce type d amour reprend les principes de la th orie de l attachement discut e plus haut selon laquelle le partenaire amoureux peut devenir une source primaire d attachement pour l individu (Ainsworth, 1985). D ailleurs, il est g n ralement observ qu au fil des interactions conjugales, chaque partenaire devient une source d amour attachement pour l autre. En effet, l attention et le souci d une personne famili re sont la source du d veloppement de ce type d amour (Berscheid, 2010).
En conclusion, le mod le de Berscheid a eu une incidence importante sur la conceptualisation des relations amoureuses. En effet, la capacit de ce mod le distinguer l amour romantique et l amour affection a enrichi la fa on dont l amour conjugal est tudi et compris (Reis et al ., 2013). De plus, la conceptualisation de l amour romantique de Berscheid jouit de nombreux appuis empiriques. Par exemple, la Passionate Love Scale (PLS) (Hatfield et Sprecher, 1986) a t utilis e dans plusieurs tudes pour valider et distinguer diff rents types d amour, tant aupr s d adultes que d enfants (p. ex. Reis et al ., 2013). N anmoins, cette conceptualisation de l amour conjugal comporte, aux dires m me de son auteure, des lacunes puisque la complexit , les particularit s et l volution de l amour entre conjoints ne sont pas expos es dans ce type de mod le (Berscheid, 2010). Par exemple, l amour affection et l amour compassion peuvent se retrouver au sein de tous les types de relations, qu elles soient amicales, familiales ou conjugales. l oppos , le prochain mod le offre une tude des enjeux sp cifiques aux relations conjugales.
4. MOD LE INT GRATEUR: L INTERD PENDAN AU SEIN DES RELATIONS CONJUGALES (IRC)
Face aux lacunes de certains des mod les expos s pr c demment et la lumi re des crits scientifiques des derni res ann es portant sur le couple (Aron et Aron, 1986; Berscheid, 2010; Hazan et Shaver, 1987; Holmes, 2000; Karney et Bradbury, 1995; Lee, 1973, 1977, 1988; Murray et al ., 2006; Sternberg, 1986, 2006), le pr sent chapitre propose un mod le int grateur qui d crit l interd pendance au sein des relations conjugales (IRC) et qui vise stimuler la recherche et la r flexion sur les relations conjugales. Le mod le IRC, qui tente d int grer plusieurs mod les th oriques valid s empiriquement, se distingue des pr c dents puisqu il envisage le couple comme le r sultat des interactions constantes entre quatre variables d finissant la relation: l intimit , la passion, l engagement et la sexualit , tout en consid rant l environnement dans lequel cette relation volue ( figure 1.1 ). En ce sens, le mod le s applique toute relation conjugale, peu importe le genre des partenaires, l orientation sexuelle ou le statut relationnel (p. ex. mari s, en fr quentation). Selon ce mod le, c est la fluctuation du niveau de ces quatre dimensions, sur un continuum allant de "bas " lev , et leurs interactions qui d terminent l essence de la relation conjugale, repr sent e par la forme octogonale au centre de la figure 1.1 . Le mod le IRC est de conception dynamique en raison de sa mod lisation du couple, per u comme tant en constant mouvement selon que le niveau de chaque dimension varie d un p le l autre sur son continuum. Par ailleurs, la multitude de combinaisons sur ces quatre dimensions et leurs interinfluences, repr sent es par les traits liant les pointes de l octogone les unes aux autres, offre une compr hension riche, singuli re et sp cifique chaque dyade conjugale. Cette conceptualisation permet ainsi de pallier les faiblesses de certains syst mes cat goriels et typologiques pr sent s ant rieurement. Il pourrait aussi s adapter la diversit et la complexit des relations conjugales contemporaines.
F IGURE 1.1. Mod le de l interd pendance au sein des relations conjugales (IRC)

Au centre, la forme octogonale fait r f rence la dyade conjugale et est constitu e des quatre composantes (c est- -dire, engagement, intimit , passion et sexualit ) de chacun des partenaires (P1 fait r f rence au partenaire 1, P2 fait r f rence au partenaire 2). L interd pendance et les interactions des conjoints sont repr sent es par les lignes associant chacune de ces composantes entre elles. Les cercles gris repr sentent la toile de fond sur laquelle s inscrivent les interactions conjugales: l influence de l environnement et des caract ristiques individuelles et l historique des deux partenaires.
Le mod le IRC reprend la conceptualisation du couple selon le mod le tripartite des relations conjugales tel que propos par Sternberg (1986, 2006). Ce choix s est fait en raison de son approche th orique compl te, exhaustive et de sa capacit inclure chacune des autres th ories abord es. La composante de la sexualit , centrale dans la d finition de la relation de couple, est, en outre, int gr e ce mod le. En plus d tre consid r e comme l amalgame de ces quatre dimensions, la relation conjugale est aussi comprise sur une toile de fond qui englobe l environnement dans lequel elle se d veloppe, les caract ristiques individuelles de chaque partenaire et leurs effets potentiels et interd pendants, sur la dyade. Cette perspective s inspire de la compr hension holistique et syst mique du mod le VSA de Karney et Bradbury (1995) qui permet une compr hension globale et exhaustive des relations amoureuses tout en tenant compte de l influence potentielle des facteurs individuels, environnementaux et interactionnels. Ainsi, pour rendre compte des relations conjugales l aide d un mod le int grateur, l exp rience de chacun des partenaires est consid r e. Dans la figure 1.1 repr sentant le mod le IRC, l environnement et les caract ristiques individuelles et historiques de chacun des partenaires sont repr sent s par des cercles qui s entrecroisent autour de la forme octogonale repr sentant le couple.
Les chercheurs souhaitant d velopper une meilleure compr hension des relations de couple sont encourag s consid rer des m thodes qui int grent les deux membres de la dyade. En effet, plusieurs travaux soulignent l importance de tenir compte de la nature r ciproque et interd pendante des m canismes dyadiques plut t que de se limiter l tude des individus au sein de leur relation (Karantzas et al ., 2014; Rusbult, Arriaga et Agnew, 2001). La pertinence de mieux comprendre les processus impliqu s dans l exp rience des couples et l influence mutuelle entre les individus et la relation qui les lie est bien document e, soulignant un syst me qui est plus grand que la somme de ses parties. Pour cette raison, le mod le IRC reprend la notion de Holmes sur l interd pendance des partenaires et l adapte la lumi re des donn es empiriques r centes (p. ex. Godbout et al ., 2013) qui recommandent le d veloppement de mod les de type interd pendance acteur-partenaire (MIAP) (Kenny, Kashy et Cook, 2006). En utilisant une approche MIAP, qui permet de tenir compte de l interd pendance des donn es des deux conjoints et en examinant l incidence syst mique des caract ristiques de l individu sur sa propre exp rience (effets acteurs) et sur celle de son partenaire (effets partenaires), il est possible de consid rer l interaction des niveaux d intimit , de passion, d engagement et de sexualit des deux conjoints, de m me que leurs variables historiques, individuelles et environnementales, dans notre conceptualisation du couple. Dans cette optique, nous sommes en mesure de conceptualiser un large ventail de relations amoureuses comprenant des couples dont les partenaires ont des niveaux semblables ou divergents en mati re d intimit , de passion, d engagement et de sexualit . Par exemple, un niveau lev d intimit et d engagement amoureux de la part d un partenaire peut favoriser le d veloppement de l intimit chez l autre partenaire, par l entremise du partage exp rientiel, de l ouverture l autre, du respect et par le d veloppement d un climat amoureux de confiance (Finkbeiner, Epstein et Falconier, 2013). Or, le m me niveau d intimit et d engagement amoureux offert par un partenaire pourrait susciter une r action de m fiance ou d vitement chez un partenaire qui a t victime de violence (facteurs historiques) et ayant d velopp par exemple un style d attachement craintif (facteurs individuels) (Godbout et al ., 2009). Ou encore, mentionnons comme exemple les travaux de Laurenceau et collaborateurs (1998, 2004, 2005), qui s appuient sur le mod le de Reis et Shaver (1988) selon lequel l intimit conjugale se d velopperait la suite de l interaction entre la r v lation de soi chez l un des partenaires et la r ponse de l autre.
En somme, de nombreux sp cialistes soulignent la n cessit de tenir compte des processus dyadiques afin d affiner notre compr hension des relations conjugales. Les prochaines sections offrent une d finition de chaque variable qui compose le mod le IRC et fournissent une explication g n rale de son fonctionnement.
4.1. Composantes de la relation conjugale selon le mod le IRC
4.1.1. Intimit
Cette composante se traduit par des sentiments de proximit affective et de connexion avec l autre d crits par Sternberg (1986, 2006), et se construit autour d un profond sens de soutien, de respect et de r v lation de soi mutuels tel que d crit par Berscheid (2010). Les notions d intimit et d affection font aussi appel au sentiment de confiance dans la th orie de l interd pendance de Holmes, qui d crit la croyance des partenaires en la capacit et en la volont de l autre de r pondre ses besoins. Enfin, la th orie de l attachement met en lumi re l intimit comme un processus r ciproque et it ratif qui se d veloppe lors d interactions avec le/la partenaire (Mikulincer et Shaver, 2007). Celui-ci commence alors qu un individu partage des l ments personnels et significatifs avec son/sa partenaire. Qu ils soient de l ordre du verbal ou du non-verbal (c est- -dire comportements, postures, expressions faciales), plus les l ments r v l s se rapprochent de l identit profonde et des valeurs centrales de la personne, meilleures sont les chances que la relation devienne de plus en plus intime.
4.1.2. Engagement
La notion d engagement propos e par Sternberg, comprise comme la d cision de poursuivre ou non une relation avec l autre, fait appel au calcul des co ts/b n fices fait par les conjoints au sein de leur relation empreinte d amour-affection, tel que d crit par Berscheid. Le r sultat de ce calcul d termine si ceux-ci uvreront conserver une relation qui entra ne des retomb es positives dans leur vie ou mettre fin celle-ci si elle g n re des r percussions n gatives. L engagement peut aussi tre compris l aide des th ories de l interd pendance et du syst me de r gulation du risque de Holmes selon lesquelles le maintien de la relation est d termin par les attributions et interpr tations que l individu fera propos des comportements et motivations de son partenaire son gard. Pr cis ment, le syst me de r gulation du risque consid re la d cision de maintenir ou non un engagement amoureux comme un choix visant augmenter ou diminuer sa vuln rabilit au rejet (Murray et al ., 2000).
4.1.3. Passion
La passion, d finie par Sternberg comme le d sir sexuel ou le besoin d union avec le partenaire, transpara t aussi dans l ros de Lee (1973, 1977) qui d crit une exp rience motionnelle intense impliquant un grand besoin de contact motionnel et sexuel avec l autre, ainsi que dans l amour romantique de Berscheid (2010), qui d peint l exp rience d affection et d un d sir sexuel pour le partenaire. Contrairement la d finition offerte par les auteurs des mod les pr c dents, nous proposons une vision de la passion qui est en essence amoureuse, affective et qui exclut l aspect sexuel des relations conjugales. Ce dernier aspect constitue dans le pr sent mod le une quatri me dimension distincte. Dans ce mod le, nous gardons la conceptualisation de la passion en tant que r f rence au d sir d union avec le partenaire (c est- -dire pas n cessairement sexuel) et l exp rience d affection, de support, de d vouement, d affiliation et d autoactualisation l int rieur d une relation (Sternberg, 2006). En effet, bien que la passion amoureuse soit souvent li e la sexualit et plus particuli rement au d sir sexuel, des donn es empiriques soutiennent l id e qu elles repr sentent plut t deux notions diff rentes. Plusieurs chercheurs sugg rent notamment que l attirance romantique et la sexualit impliquent diff rents syst mes limbiques et corticaux; ce ph nom ne est appuy par certaines donn es issues de technique d imagerie par r sonance magn tique (Aaron et al ., 2005; Fisher, 1998). De m me, il est commun que des individus expriment du d sir sexuel pour une personne envers laquelle ils ne ressentent aucun sentiment amoureux (Reis et Aron, 2008) alors que d autres peuvent parfois ressentir de la passion amoureuse face des personnes qui ne les attirent pas sexuellement (Diamond, 2003).
4.1.4. Sexualit
L examen des mod les et typologies classiques du couple a men un constat: la sexualit y est rarement abord e comme une entit part enti re et pouvant influencer la trajectoire conjugale. En effet, chaque auteur l aborde g n ralement en fusion avec la notion de passion. Pourtant, de r centes tudes en neuro-imagerie offrent un appui la distinction de l amour romantique et du d sir sexuel. Ces tudes sugg rent que ces deux composantes activent diff rentes r gions du cerveau (Aron et al ., 2005). Ces distinctions neurologiques entre les aspects sexuel et romantique de la passion ont t document es dans diff rentes cultures (p. ex. Xu et al ., 2012) et au sein de diff rents types d unions (p. ex. homosexuels et h t rosexuels) (Zeki et Romaya, 2010).
Le mod le int grateur propos distingue donc les aspects affectifs de la passion des aspects charnels et sexuels. Aaron et Aaron (1991) d finissent la sexualit comme la "constellation des sensations, motions et cognitions qu un individu associe l activation sexuelle physiologique et qui g n re habituellement un d sir sexuel ou des comportements sexuels (p. 27, traduction libre). Sans n gliger le r le de la sexualit dans les stades pr coces de la relation, la sexualit joue galement un r le crucial dans la consolidation et le maintien de relations romantiques long terme. Au contraire, les comportements sexuels extra-conjugaux sont li s la d tresse conjugale et aux d sunions (Amato et Previti, 2003; Lampard, 2014; Mattingly et al ., 2010). Un nombre croissant de sp cialistes sugg rent que des interactions sexuelles au sein desquelles les deux partenaires voient leurs besoins gratifi s et r pondus favorisent les r actions motionnelles positives et contribuent la qualit et la stabilit de la relation (Birnbaum, 2010; Birnbaum et al ., 2006; Butzer et Campbell, 2008). C est pourquoi la conceptualisation des relations conjugales sugg r e dans ce chapitre tient compte de l importance de la sexualit dans un couple comme tant une composante bien distincte, mais faisant la fois partie int grante de la dyade amoureuse.
Le mod le IRC tient aussi compte de l influence des facteurs individuels, environnementaux et interactionnels sur chacun des partenaires et sur l union. En d autres termes, le jeu complexe d interactions entre les composantes d intimit , d engagement, de passion et de sexualit est teint par les caract ristiques individuelles de chaque partenaire, l environnement dans lequel se d veloppent le couple et la nature des interactions de la dyade.
4.2. Facteurs d influence de la relation conjugale selon le mod le IRC
4.2.1. Caract ristiques individuelles et historiques
L influence des caract ristiques individuelles et des exp riences de chacun des partenaires sur la relation conjugale fait aujourd hui consensus au sein de la communaut scientifique. ce titre, les traits de personnalit (Daspe et al ., 2013, 2015), l historique de vie (Bigras et al ., 2015; Godbout et al ., 2006; Whisman, 2014) le style d attachement pr coce et les relations amoureuses ant rieures (Mikulincer et Shaver, 2007) sont toutes des caract ristiques individuelles pouvant affecter la nature d une relation conjugale.
4.2.2. Environnement
En consid rant l environnement dans lequel le couple volue, il est possible de contextualiser les exp riences et probl mes v cus ou per us par les conjoints, t che essentielle la compr hension des interactions du couple, particuli rement en contexte d intervention. Par exemple, la culture dans laquelle se trouve le couple, l environnement social (p. ex. la famille et les amis) et socio conomique, l poque, la dur e de la relation ou l tape d veloppementale du couple (p. ex. en d but de relation, la naissance du premier enfant, l aube de la retraite) repr sentent des facteurs influen ant grandement la dyade. Cette consid ration du mod le IRC s inscrit dans la perspective th orique englobante du mod le cosyst mique (Bronfenbrenner, 1979), qui invite porter une attention particuli re aux "contextes dans lesquels le couple volue, soit les environnements relationnels, personnels, familiaux, socioculturels et politiques, et les interactions entre les diff rents contextes (Lacharit , 2015). En effet, certains contextes socioculturels particuliers peuvent aussi permettre la mise en place et les modalit s de certaines relations. Ainsi les r seaux sociaux peuvent, par exemple, se retrouver au c ur des changes dyadiques et parfois la source de l tablissement d une relation intime (Hand et al ., 2013). Les caract ristiques et la nature des changes au sein de ces r seaux sociaux sont, de ce fait, susceptibles de se r percuter sur la passion, l engagement et l intimit au sein des relations de couple. Le contexte et les applications de ces r seaux sont en constante volution, et ils peuvent faciliter le d veloppement de l intimit (Chambers, 2013). Les r seaux sociaux peuvent en outre parfois servir de plateforme pour officialiser une relation amoureuse (Fox, Osborn et Warber, 2014). Les relations conjugales contemporaines sont ainsi souvent tr s diff rentes de celles qui ont inspir les th oriciens pr sent s dans ce chapitre. En effet, les couples contemporains font parfois preuve de formes d engagement qui sont plus fluides (p. ex. relation avec un partenaire amoureux entrecoup e de p riodes de c libat) (Dailey et al ., 2013) possiblement en raison des sanctions sociales qui taient d j li es la s paration et au divorce, mais qui ont chang dans les derni res d cennies.
4.2.3. Adaptation
Il semble en d finitive que les interactions conjugales et l adaptation des conjoints aux stresseurs, tout comme leurs caract ristiques individuelles, sont essentielles la compr hension approfondie des relations de couple. C est pourquoi l adaptation du couple est conceptualis e, dans la figure du mod le IRC, par l entrecroisement des cercles qui repr sentent l influence de l environnement et des caract ristiques individuelles et historiques des partenaires; cette adaptation est en outre influenc e par les niveaux de chaque dimension des partenaires de la dyade conjugale. En effet, tout comme l nonce la th orie de l interd pendance (Holmes, 2000), le mod le IRC consid re que la relation conjugale merge des interactions entre les conjoints. Elle est donc teint e des interactions et des changes entre partenaires pour satisfaire les besoins de l autre, des co ts et b n fices qui en r sultent et des actions de chaque conjoint pour s y adapter.
titre d exemple, prenons deux personnes qui commencent une relation amoureuse empreinte de hauts niveaux de passion et d intimit . Tous deux sont fortement attir s l un par l autre et ressentent une grande proximit affective. Avec le temps, le besoin de s engager long terme pourrait se faire sentir chez l un des conjoints alors que l autre pourrait pr f rer demeurer dans une relation sans engagement. Dans une situation semblable, lorsque leurs objectifs divergent, chacun des conjoints proc de une analyse co ts/b n fices afin de d terminer la meilleure ligne de conduite suivre. Cette d cision de demeurer ou non en couple rel ve d un syst me de r gulation du risque et elle est influenc e par leurs caract ristiques individuelles, par leur impression d tre accept ou rejet par l autre, ainsi que par leur d cision subs quente de rester ou non dans une situation de "d pendance par rapport l autre.
Voici un exemple d montrant la conceptualisation du couple selon le mod le IRC. Julie (partenaire 1) et Olivier (partenaire 2) se sont rencontr s l universit . Au d but de la relation, Julie ressent des niveaux lev s d intimit , de passion, de sexualit et d engagement alors que Olivier ressent un bas niveau d intimit , de passion et d engagement et des niveaux lev s de sexualit . Julie a eu quelques relations amoureuses qui se sont toutes termin es d un commun accord (c est- -dire, caract ristiques individuelles et historiques). Au moment de sa rencontre avec Olivier, Julie est persuad e d avoir rencontr l me s ur, car il repr sente tout ce qu elle d sire. Son d sir de rester dans cette relation (engagement lev ) est grand de m me que son attirance sexuelle (sexualit lev e). Elle se sent en confiance avec lui et n h site pas lui confier ses tracas et rechercher sa compagnie et son soutien en cas de besoin (intimit et passion lev es). Olivier a v cu des relations amoureuses plus houleuses que Julie. Victime de violence psychologique et ayant t tromp par son ancienne partenaire, Olivier a beaucoup plus de difficult partager ses motions et ses besoins avec Julie (c est- -dire caract ristiques individuelles et historiques), il est m fiant et tend viter les demandes de rapprochement (intimit et passion faibles). Bien qu il ressente un grand d sir sexuel pour Julie (sexualit lev e) et l envie de poursuivre la relation, Olivier s attend ce que ses difficult s nuisent la relation et pour se prot ger, il vite de s engager (engagement bas).
Au fil du temps, le soutien, le respect et la r v lation de soi qu exerce Julie l gard d Olivier permettent ce dernier de s ouvrir peu peu, augmentant de fait son niveau d intimit l gard de Julie (intimit lev e). Ce changement au sein de la relation d montre la forte influence de l adaptation d un couple aux difficult s rencontr es et aux personnalit s de chacun (c est- -dire adaptation). De plus, tous deux ayant d cid de poursuivre leur relation, leur niveau d engagement s approfondit graduellement. Or, tant donn que Julie et Olivier m nent tous deux une carri re exigeante (c est- -dire, influence de l environnement), les activit s sexuelles du couple sont donc d laiss es (sexualit faible) au profit de moments d changes leur permettant d entretenir leurs sentiments amoureux l un envers l autre, de discuter des projets d avenir de leur couple (intimit lev e) et de cultiver leur d sir d union et d affiliation avec l autre (passion lev e).
Le cas de Julie et Olivier constitue un exemple de relation conjugale qui peut tre illustr e gr ce au mod le IRC, car il permet de rendre compte de plusieurs modes de fonctionnement conjugal. Donnons un autre exemple. Camille et Ian se sont rencontr s lors d une soir e entre amis et ressentent depuis un fort d sir sexuel l un envers l autre (sexualit lev e). Pourtant, ni Camille ni Ian ne manifestent la volont de s engager dans une relation (engagement faible), de sentiments amoureux ou affectifs (passion faible), ni l envie de partager des l ments de leur vie respective (intimit faible). Ceci est un portrait d une relation un moment fixe dans le temps, mais qui est susceptible d voluer vers des niveaux diff rents d intimit ou d engagement selon les influences environnementales et individuelles de chaque partenaire. Un autre exemple serait le cas de Christian et Yves, deux amis de longue date, en d but quarantaine, qui ont tous deux le fervent d sir d avoir un enfant. Ils ont fait le choix de devenir parents ensemble et sont en processus d adoption. Leur relation se caract rise surtout par un engagement tr s fort et une grande intimit qui s est construite au cours des longues ann es durant lesquelles ils ont t amis. Les conjoints n ont jamais vraiment manifest d int r t pour une vie sexuelle active (sexualit faible) ni ne ressentent de forts sentiments amoureux l un envers l autre (passion faible). Autrement dit, leur relation conjugale est bas e sur un sentiment de devoir, celui de devenir parent au sein d une famille unie, plut t que sur l attirance sexuelle et le d sir d union l autre.
Malgr le fait que le couple form de deux partenaires amoureux occupe une place centrale dans la conception de l amour, de nouvelles configurations dyadiques ont r cemment merg des crits scientifiques; les relations polyamoureuses constituent l une de ces nouvelles conceptions de la relation amoureuse. Ces relations sont caract ris es par des partenaires qui sont investis dans plusieurs relations romantiques simultan es tout en ayant l accord de leurs partenaires (McCoy et al ., 2015). Encore tr s peu de donn es sont disponibles en ce qui concerne le taux d individus qui vivent ce type de relation polyamoureuse. Ceci tant dit, depuis 2013, l tude des parcours relationnels intimes et sexuels ( PRIS) vise mieux comprendre la transformation des relations intimes et sexuelles l chelle du Canada. Selon leurs r sultats, parmi les 3 485 r pondants volontaires en couple ayant particip l tude, 7 taient en relation polyamoureuse ( PRIS, 2015). Ces donn es soul vent donc la pertinence de poursuivre les efforts de recherche visant la description et une meilleure compr hension des nouvelles configurations relationnelles non traditionnelles.
CONCLUSION
En conclusion, avec l av nement des nouvelles configurations conjugales telles que le polyamour et les diff rents changements observ s dans la formation d une relation amoureuse, la vision plus traditionnelle du couple form de deux individus n est pas pour autant d su te. Au contraire, il est tout aussi important de poursuivre les recherches et de d ployer plus d efforts pour mieux comprendre l union conjugale, que ce soit en raison des hauts taux de d tresse conjugale et de d sunions (un couple sur deux divorce, Statistique Canada, 2011) ou de l importance de la relation de couple au chapitre de la qualit de vie des conjoints et de leur famille (p. ex. r percussions de l ajustement conjugal sur le bien- tre des enfants, sur la sant physique et psychologique des partenaires) (Stroud et al ., 2015).
Le mod le int grateur propos dans ce chapitre vise mieux cerner ces nouvelles r alit s tout comme les r alit s conjugales traditionnelles, en juxtaposant des bases th oriques classiques aux donn es contemporaines. L aspect novateur du mod le IRC r side dans sa capacit de d crire une grande diversit de modes de fonctionnement conjugal. De plus, le mod le vise stimuler l av nement de nouvelles conceptualisations th oriques afin de mieux comprendre la nature des relations conjugales. Sur le plan clinique, il propose une compr hension du couple la fois globale et sp cifique, permettant aux intervenants de composer avec toutes les ramifications et tous les m canismes propres aux relations conjugales.
En d pit de son int r t th orique et clinique, le mod le IRC ne fait pas encore l objet d tudes empiriques supportant sa validit , il doit donc tre valid empiriquement. Pour le moment, il peut tre consid r comme une mod lisation visant identifier les dynamiques complexes en jeu au sein de la relation de couple.
Le survol des diff rents mod les et typologies du couple recens s dans ce chapitre met en relief la n cessit de rester ouvert aux nouvelles propositions conceptuelles dans l laboration de mod les th oriques complets et raffin s, pour arriver bien comprendre le couple et son fonctionnement, dans toute sa dynamique et sous toutes ses formes. L importance de continuer les travaux de validation empirique de ces mod les est aussi soulign e et devra faire l objet de recherches futures.
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ATTACHEMENT DANS LES RELATIONS DE COUPLE
Audrey Brassard, Yvan Lussier, Marie-France Lafontaine, Katherine P loquin et St phane Sabourin
Il y a plus de 25 ans, Hazan et Shaver (1987) publiaient un article intitul "Romantic love conceptualized as an attachment process qui a pav la voie un courant de recherche et d intervention tr s prolifique. La th orie de l attachement a d s lors t utile pour rendre compte des comportements des adultes et plus particuli rement pour expliquer le d veloppement, le maintien et la dissolution de leurs relations amoureuses. Il existe un corpus de recherche important et plusieurs milliers d articles scientifiques ont t publi s sur le sujet. En raison de cette rapide expansion, il est difficile pour un lecteur int ress de s y retrouver et surtout d assimiler cette vaste documentation. Une dizaine de livres consacr s l attachement adulte ont tent de recenser, d analyser, de critiquer et d int grer cette riche documentation (Bartholomew et Perlman, 1994; Cassidy et Shaver, 2008, 2016; Feeney et Noller, 1996; Mikulincer et Goodman, 2006; Mikulincer et Shaver, 2007, 2010; Rholes et Simpson, 2004; Simpson et Rholes, 1998, 2015; Sperling et Berman, 1994). Dans ce chapitre, nous proposons un survol, puis une synth se de la contribution de cette th orie la compr hension du fonctionnement des relations intimes et des difficult s rencontr es par les couples. Enfin, nous ferons bri vement ressortir l apport de la th orie de l attachement l intervention clinique aupr s des couples.
1. BREF SURVOL DES NOTIONS TH ORIQUES SUR L ATTACHEMENT
La th orie de l attachement adulte repose en grande partie sur les travaux de Bowlby (1969, 1982) portant sur l attachement de l enfant la m re. Bowlby a postul la pr sence d un syst me comportemental chez l enfant ayant pour but de le prot ger du danger et d assurer sa survie, et ce, en favorisant le maintien de la proximit avec la personne qui en prend soin, soit la figure d attachement. En situation de menace (p. ex. maladie, danger), le syst me d attachement chez l enfant est activ et, en pareil cas, l enfant ressent le besoin de retrouver une proximit avec sa figure d attachement, soit en pleurant, en criant ou en tentant de se d placer vers elle (Ainsworth et al ., 1978). Lorsque l enfant se sent prot g , r confort et en s curit par le parent, le syst me d attachement redevient inactif. S il volue dans un milieu g n ralement s curisant avec des figures d attachement disponibles et rassurantes, l enfant d veloppera alors un sentiment de s curit d attachement. Le manque de constance dans la disponibilit de la figure d attachement ou son incapacit prot ger ou rassurer l enfant am ne toutefois un d r glement au niveau du syst me d attachement de celui-ci. En effet, l absence d une r ponse ad quate aux besoins d attachement de l enfant am nerait une s quence pr visible de protestation, de d sespoir, puis de d tachement (Bowlby, 1969). De fa on plus chronique, ce d r glement du syst me d attachement peut prendre deux formes typiques. L enfant peut r agir aux comportements instables ou incoh rents de la figure d attachement en intensifiant ses protestations et ses demandes d aides, et en devenant encore plus sensible aux signes de rejet ou de distance de la figure d attachement (Shaver et Mikulincer, 2002). Il s agit ici de l hyperactivation du syst me d attachement. L enfant peut plut t r agir en se d tachant, en se fiant lui-m me, en ne recherchant plus la proximit , voire en ne ressentant plus de d tresse en d sactivant son syst me d attachement. Il s agit ici de la d sactivation du syst me d attachement.
Ainsworth et ses coll gues (1978) ont identifi trois diff rentes cat gories de comportements en regard de l attachement des enfants en observant l interaction entre les m res et leur enfant lors d une situation contr l e en laboratoire. Ils ont postul que les r actions de l enfant face la s paration du parent (lorsqu on lui demande de quitter la pi ce dans laquelle il se trouve avec l enfant) seraient r gies par le syst me d attachement. En effet, certains enfants r agissent fortement au d part de leur m re et d autres semblent plut t calmes. En fonction du comportement de la m re et de l enfant pendant cette exp rience, les chercheurs ont dress un portrait typologique de l attachement chez l enfant. Ainsworth et ses coll gues (1978) ont ainsi r pertori trois styles d attachement m re-enfant: les styles s curisant, anxieux-ambivalent et vitant.
Les enfants pr sentant un style s curisant d montrent une certaine anxi t lors de la s paration d avec leur m re, mais ils demeurent capables d explorer leur environnement de fa on autonome. La m re symbolise une base s curisante solide laquelle l enfant peut se r f rer, m me en son absence. L enfant au style anxieux-ambivalent est, quant lui, boulevers par le d part de sa m re et semble inconsolable son retour. Paradoxalement, il d montre la fois un besoin urgent de proximit et une grande col re envers sa m re. De son c t , la m re fait preuve d une disponibilit variable et de comportements impr visibles. Pour ce qui est des enfants ayant un style d attachement vitant, ils tablissent peu de contacts avec leur m re et leur attention est port e davantage sur les activit s, de sorte qu ils r agissent peu au d part et au retour de leur m re. Ils apparaissent tr s autonomes et ils n utilisent pas le parent comme une base s curisante. Les m res de ces enfants semblent peu chaleureuses et distantes avec ces derniers (Ainsworth et al ., 1978).
Main et Solomon (1990) ont par la suite propos un quatri me style d attachement, le style d sorganis -d sorient , afin de classifier les enfants pr sentant des caract ristiques particuli res ne se retrouvant pas dans les autres styles. Ces enfants pr sentent des comportements contradictoires d montrant la fois un besoin d attachement et une peur vis- -vis de la figure d attachement parentale. Ce type d attachement s observe habituellement chez les enfants ayant v cu des traumas pr coces ou des v nements fortement charg s motivement (p. ex. maltraitance, n gligence) dans leur famille. Ces quatre styles ou repr sentations d attachement s observeraient aussi chez les adultes.
Il est en effet important de noter que la qualit et la nature de ces premiers liens d attachement ont des cons quences majeures sur le d veloppement de la personnalit et sur la formation des repr sentations cognitives, que l on nomme mod les op rationnels internes ( working models ). Ces premi res repr sentations, positives ou n gatives, vont teinter la fa on dont l enfant va percevoir les autres et se percevoir lui-m me. partir de ses premi res exp riences d attachement, qui serviront d empreintes, l enfant va g n raliser ses repr sentations et les reproduire dans ses relations avec autrui. Par exemple, les repr sentations des autres seront teint es chez un individu par le degr de disponibilit et d coute dont ses parents ont fait preuve son gard. Les repr sentations de soi font, quant elles, r f rence au degr de valeur que l individu s attribue et au sentiment d tre digne ou non d amour. La perception que l enfant a de lui-m me n est, de ce fait, pas ind pendante de la perception que ses parents ont eue de lui et de leur amour.
La th orie de l attachement permet, en r sum , de conceptualiser la propension des tres humains tablir de forts liens affectifs avec des personnes sp cifiques (Bowlby, 1969). De plus, m me si le syst me d attachement est plus fr quemment activ pendant l enfance, il continue de fonctionner pendant toute la vie (Bowlby, 1969, 1982). Bowlby soutient cet gard que le syst me d attachement va perdurer "du berceau au tombeau (1969, p. 129).
2. ATTACHEMENT CHEZ L ADULTE
Des tudes longitudinales ont r v l que l attachement tait relativement stable tout au long de la vie (p. ex. Simpson et al ., 2007). Cette stabilit , qui sera abord e davantage dans une section ult rieure, serait toutefois affect e par des exp riences n gatives (p. ex. traumas) ou positives (p. ex. une psychoth rapie) prolong es ou r p titives. Ainsi, en l absence de telles exp riences, le style d attachement de l enfant d terminerait en grande partie le style d attachement l ge adulte. En effet, les repr sentations et patrons d attachement d velopp s en enfance seront rejou s dans les relations personnelles l ge adulte, en particulier avec le partenaire amoureux qui devient la plupart du temps la figure d attachement principale chez la personne adulte (Hazan et Shaver, 1987).
L attachement que l adulte d veloppe envers son partenaire amoureux partage plusieurs similarit s avec l attachement que l enfant d veloppe avec son parent. En effet, le partenaire est, comme le parent, la cible de la recherche de proximit lorsque le syst me d attachement est activ , une source de protection, de r confort et de soutien en cas de besoin, une source de d tresse lors des p riodes de s paration, et une base de s curit qui permet l individu d explorer le monde et de poursuivre ses propres buts (Zayas, Merrill et Hazan, 2015). L attachement chez l enfant et chez l adulte diff re toutefois certains niveaux. En effet, Shaver, Hazan et Bradshaw (1988) ont sugg r que les relations amoureuses chez les adultes seraient caract ris es par l interaction de trois syst mes comportementaux: le syst me d attachement, le syst me de soutien ( caregiving ) et le syst me sexuel. Chez l enfant, ce sont les adultes qui r pondent ses besoins d attachement. Chez l adulte, il y a habituellement une r ciprocit entre les partenaires amoureux au niveau des syst mes d attachement et de soutien, o les conjoints alternent successivement entre le soutien et le r confort de l autre, et la recherche de proximit et de s curit aupr s de l autre, afin de r pondre aux besoins d attachement de chacun. Pour sa part, le syst me sexuel est actif chez les partenaires amoureux adultes (celui-ci se d veloppe normalement l adolescence) et jouerait un r le important quant la formation initiale et au maintien des relations de couple (Birnbaum, 2015). Ainsi, le style d attachement de chaque partenaire exercerait une influence sur le fonctionnement du couple, entre autres, en raison de l interaction entre ces trois syst mes. Bien que les liens individuels entre le syst me d attachement et chacun de ces syst mes aient fait l objet d un bon nombre d tudes (qui seront d taill es plus loin), ce jour, tr s peu d tudes ont examin de mani re empirique l apport de ces trois syst mes simultan ment pour mieux comprendre le fonctionnement conjugal (P loquin, Bigras, Brassard et Godbout, 2014; P loquin, Brassard, Lafontaine et Shaver, 2014; P loquin et al ., 2013).
2.1. Conceptualisation
Plusieurs conceptualisations de l attachement adulte ont t propos es, mais par souci de parcimonie, elles ne seront pas toutes d taill es ici (pour plus d information, voir Cassidy et Shaver, 2016; Mikulincer et Shaver, 2010). Le syst me propos par Bartholomew (1991, 1997), qui a re u beaucoup de soutien dans les crits scientifiques et cliniques, conceptualise l attachement chez les adultes en quatre styles distincts, qui sont form s de deux dimensions sous-jacentes aux repr sentations internes de soi (positives ou n gatives) et aux repr sentations internes des autres (positives ou n gatives). Brennan, Clark et Shaver (1998) ont ensuite renomm ces deux dimensions "l anxi t d abandon et "l vitement de l intimit . Pour les repr sentations internes de soi, le p le positif fait r f rence une vision positive de soi et est d fini par la croyance d tre digne de l amour et de l attention des autres (anxi t d abandon faible) et inversement pour le p le n gatif (anxi t d abandon lev e). Ainsi, la pr sence d une anxi t d abandon est l indication d une peur du rejet et de l abandon et se caract rise par une hypervigilance aux signes de nondisponibilit du partenaire amoureux. Lorsqu une menace l int grit de la personne ou la relation (r elle ou non) est per ue, des strat gies d hyperactivation du syst me d attachement sont mises en place afin d obtenir de la part du partenaire une r assurance face des doutes importants quant au soutien, l engagement et la proximit du partenaire. En ce qui a trait aux repr sentations internes des autres, le p le positif fait r f rence une vision positive des figures d attachement et est d fini par la croyance que les autres sont empathiques, aimants, soutenants et disponibles notre gard ( vitement de l intimit faible) et inversement pour le p le n gatif ( vitement de l intimit lev ). Ainsi, l vitement de l intimit se traduit par un inconfort avec l intimit motionnelle et un besoin excessif d autonomie. Lorsqu une menace cette autonomie est per ue, des strat gies de d sactivation du syst me d attachement visent minimiser le sentiment de vuln rabilit et le besoin de r confort d autrui (Mikulincer et Shaver, 2007). En effet, les individus utiliseraient une vari t de strat gies pour minimiser l intimit , viter l interd pendance, inhiber leurs sentiments de vuln rabilit et leurs besoins de protection, en plus de ne compter que sur eux-m mes, mais de fa on compulsive, ce que Bowlby (1969, 1982) nomme l autonomie compulsive .
partir de la combinaison positive ou n gative des deux dimensions (repr sentations internes de soi et des autres), il est possible de d finir les quatre styles d attachement: s curis , craintif, pr occup (ou anxieux/ambivalent) et d tach (ou vitant ou autosuffisant). Alors que la premi re conceptualisation d Hazan et Shaver (1987) faisait r f rence trois styles d attachement (s curisant, anxieux/ambivalent et vitant), le mod le propos par Bartholomew (Bartholomew, 1990; Bartholomew et Horowitz, 1991) a permis d largir la mod lisation des repr sentations d attachement adultes, en d montrant qu un mod le quadrifide semble plus m me de rendre compte de la formation des repr sentations cognitives de soi et des autres et des facettes positives ou n gatives de celles-ci. Ce mod le est maintenant accept par l ensemble de la communaut scientifique s int ressant l attachement chez les adultes. Ces styles sont pr sent s la figure 2.1 .
F IGURE 2.1. Mod le de l attachement adulte repr sentant les quatre styles d attachement en s appuyant sur les deux ins curit s d attachement

Source: Adapt de Bartholomew, 1991, 1997; Brennan et al ., 1998.
Dans les tudes recens es, le style d attachement s curisant regroupe environ 50 de la population g n rale (p. ex. Bartholomew et Horowitz, 1991; Hazan et Shaver, 1987; Lopez et Gormley, 2003). Les individus qui en font partie poss dent une image positive d eux-m mes et des autres, c est- -dire qu ils estiment avoir de la valeur et qu ils croient pouvoir compter sur l autre en cas de besoin. Ils ont galement l impression de m riter l amour de l autre, d avoir du contr le sur leur destin e et ils envisagent positivement les situations interpersonnelles. En couple, ils sont l aise dans l intimit , l engagement et l interd pendance, donc ils sont capables de d pendre de l autre au besoin.
Le style d attachement d tach regroupe environ 15 20 de la population g n rale (p. ex. Bartholomew et Horowitz, 1991; Lopez et Gormley, 2003) et est l g rement plus pr valent chez les hommes (Schmitt et al ., 2003). Les personnes dites d tach es affichent une image positive d elles-m mes, mais une image n gative des autres, c est- -dire qu elles doutent de la capacit des autres r pondre leurs besoins. Cela les am ne viter les relations intimes sur le plan motionnel, refuser de montrer leur vuln rabilit et tre incapables de d pendre des autres. Les individus d tach s pr f rent les relations "distantes , o il y a peu de d voilement de soi et o ils peuvent conserver un certain degr d ind pendance. Ils ont appris se fier eux-m mes de fa on excessive, plut t qu chercher du r confort, et nier l importance des relations intimes pour se prot ger des blessures potentielles que de telles relations sont susceptibles de provoquer.
Le style d attachement pr occup regroupe environ 15 20 de la population g n rale (p. ex. Bartholomew et Horowitz, 1991; Hazan et Shaver, 1987; Lopez et Gormley, 2003) et est l g rement plus pr valent chez les femmes. Les personnes dites pr occup es poss dent une image n gative d elles-m mes, ont le sentiment d tre indignes d amour et de manquer de m rite. Elles ont toutefois une image positive des autres, ce qui les am ne rechercher l attention et l approbation d autrui de fa on excessive (besoin de r assurance). Dans leurs relations de couple, elles pr sentent une grande instabilit motionnelle, des manifestations d mesur es de d pendance, une grande peur d tre abandonn es et de ne pas tre aim es. Elles manifestent galement des attentes de soutien et d amour exag r es, une hypervigilance aux signes de rejet ou de moindre disponibilit du partenaire, ainsi que de la jalousie.
Enfin, le style d attachement craintif repr sente entre 10 20 de la population (p. ex. Bartholomew et Horowitz, 1991; Lopez et Gormley, 2003). Les individus dits craintifs poss dent la fois une image n gative d eux-m mes et des autres, c est- -dire qu ils se per oivent comme des tres peu aimables (sans m rite) et qu ils vitent les contacts intimes avec les autres qu ils voient comme peu fiables, indisponibles et peu dignes de confiance. Ils d sirent le contact intime, mais craignent la fois la souffrance de l abandon et la proximit qui est difficile supporter. Ce sont en cons quence des personnes solitaires, introverties et peu affirm es, qui se m fient et se confient tr s peu leurs proches par peur d tre bless es.
2.2. Mesure de l attachement
L attachement adulte peut tre op rationnalis de deux fa ons: l aide des deux dimensions (anxi t d abandon et vitement de l intimit ) ou en utilisant les quatre cat gories ou styles (s curisant, pr occup , craintif et d tach ). De plus, deux grandes approches se penchent sur l tude et la mesure de l attachement, soit l approche d veloppementale et l approche de la psychologie sociale. Plusieurs instruments de mesure autorapport s ont t d velopp s par les tenants de la psychologie sociale pour valuer les repr sentations conscientes de l attachement amoureux selon les conceptualisations cat gorielles et dimensionnelles (pour des revues, voir Mikulincer et Shaver, 2016; Ravitz et al ., 2010). Il existe galement de tr s bonnes entrevues semi-structur es qui ont t propos es par les tenants de l approche d veloppementale de l attachement, par exemple l Adult Attachment Interview (AAI) de George, Kaplan et Main (1985) et la Peer Attachement Interview de Griffin et Bartholomew (1994) (voir aussi Main, Kaplan et Cassidy, 1985). Par contre, une formation rigoureuse est requise pour pouvoir administrer ce type d valuation. Il s agit donc d une modalit de mesure qui est difficile d utilisation et peu pratique pour bon nombre de chercheurs et cliniciens qui souhaitent valuer l attachement des adultes. De plus, une m ta-analyse a r v l que les entrevues semi-structur es, telles que l AAI, taient tr s faiblement corr l es aux mesures autorapport es (Roisman et al ., 2007). En effet, les mesures d entrevue cibleraient davantage les aspects inconscients de l attachement pr sents dans le discours.
Au niveau des mesures autorapport es cat gorielles, il existe des mesures o les quatre styles sont pr sent s la personne sous forme de paragraphes distincts et celle-ci doit choisir le style d attachement qui la d crit le mieux (par exemple le Relationship Questionnaire [RQ] de Bartholomew et Horowitz [1991]). La personne peut ainsi tre classifi e selon l un des quatre patrons d attachement. Il est galement possible d utiliser une chelle de r ponse en sept points o la personne indique jusqu quel point elle se reconna t dans chacun des quatre styles. Ces scores permettent de d gager le style d attachement pr dominant de la personne ainsi qu un style d attachement secondaire.
Quant aux mesures dimensionnelles, plusieurs questionnaires ont t d velopp s depuis qu Hazan et Shaver (1987) ont propos leur premi re mesure cat gorielle en trois styles. Cette diversit d instruments a certes cr un corpus int ressant de connaissances empiriques, mais a toutefois contribu une certaine confusion au niveau de la comparaison et de la g n ralisation des r sultats. Brennan et ses coll gues (1998) ont tent de r pondre cette pr occupation en d veloppant le Experiences in Close Relationhips (ECR). Cette mesure autorapport e a t cr e en colligeant les 60 instruments existants sur l attachement en 1998, puis en les administrant un vaste chantillon am ricain. Des analyses factorielles effectu es sur les 323 items collig s ont permis de retenir 36 items, dont 18 items mesurent l anxi t d abandon et 18 items mesurent l vitement de l intimit . Actuellement, il s agit du questionnaire le plus utilis de l attachement adulte, ayant t traduit et valid dans plus de dix langues (Mikulincer et Shaver, 2016). Fraley, Waller et Brennan (2000) ont propos une version r vis e, l Experiences in Close Relationships-Revised (ECR-R), partir de principes reconnus dans la construction des tests psychom triques, soit la th orie de la r ponse aux items. En d pit de ceci, l ECR-R a re u plusieurs critiques. D abord, l ECR-R comprend galement 36 items, dont 18 items qui proviennent de l ECR. La corr lation entre les deux outils est donc tr s lev e ( r = 0,95). De plus, le contenu de certains des nouveaux items ajout s a t critiqu , notamment parce qu ils valuent davantage la s curit d attachement et distinguent moins bien les deux dimensions (Mikulincer et Shaver, 2007). cet effet, la m ta-analyse de Cameron, Finnegan et Morry (2012) a r v l une corr lation mod r e forte entre les deux dimensions d anxi t et d vitement de l ECR-R, ce qui peut diminuer la capacit discriminante des deux construits. Comme cela ne semble pas tre le cas pour le questionnaire original, c est l ECR qui constituerait encore l instrument de r f rence (Mikulincer et Shaver, 2016).
Les chercheurs am ricains Wei, Russell, Mallinckrodt et Vogel (ECR-S, 2007), ainsi que les chercheurs canadiens Lafontaine et al . (ECR-12, 2015) ont propos des versions abr g es diff rentes comprenant chacune 12 items du ECR, afin de pouvoir valuer plus rapidement les deux dimensions de l attachement amoureux en contexte de recherche ou d intervention. Bien que ces deux versions br ves soient fid les et valides, seul l ECR-12 de Lafontaine et ses coll gues a t valid en deux langues (fran ais et anglais) et aupr s d chantillons de couples de la communaut , d individus en relation de m me sexe, ainsi qu aupr s de couples en difficult qui consultent en psychoth rapie.
En somme, les mesures dimensionnelles permettent d valuer quantitativement les personnes en les positionnant sur deux continuums d ins curit d attachement, alors que les mesures cat gorielles permettent une valuation et une interpr tation qualitatives de leur style d attachement. Les mesures cat gorielles offrent un int r t important sur le plan clinique, puisqu il est possible d obtenir le style d attachement pr dominant de l individu et le portrait qui le caract rise davantage. Cette m thode typologique est facile interpr ter et comporte des avantages sur le plan de l analyse statistique (par exemple, il est possible de comparer les groupes d individus selon leur style d attachement). Par contre, elle peut entra ner certains biais cognitifs et perceptuels de la part du r pondant, qui peut r pondre en s appuyant sur des st r otypes ou la d sirabilit sociale en simplifiant le traitement de l information. Sur le plan de la recherche, les instruments dimensionnels pr viennent la perte d information d coulant de la division des participants dans des groupes diff rents. Cette mesure est plus appropri e th oriquement puisqu on peut postuler que les gens peuvent varier sur le continuum des dimensions sous-jacentes, plut t que d tre forc s dans une cat gorie. La m thode dimensionnelle offre donc plus de flexibilit que la m thode cat gorielle dans l analyse statistique des donn es. Il est galement possible de tester les propri t s psychom triques de l instrument. Toutefois, elle ne procure qu une cote qui situe l individu sur l tendue de chaque trait mesur , c est- -dire sur les deux dimensions d anxi t d abandon et d vitement de l intimit . En d pit de cette limite, plusieurs chercheurs privil gient l approche dimensionnelle, notamment pour la fid lit de sa mesure qui est sup rieure (p. ex. Fraley et Waller, 1998). En utilisant les m thodes statistiques taxom triques les plus r centes, une tude soutient galement que les personnes varieraient de mani re continue et non cat gorielle en ce qui a trait leur style d attachement, et ce, peu importe le contexte relationnel (Fraley et al ., 2015).
La combinaison des deux approches est cependant possible pour b n ficier des avantages de chacune. Une strat gie permet d utiliser la cote de l individu sur chacune des deux dimensions et, partir de points de rupture appropri s, d en d river le style. Lors de la cr ation de l ECR, Brennan et ses coll gues (1998) ont propos une formule pr liminaire bas e sur l analyse de fonctions discriminantes. Cependant, cette formule complexe n est pas recommand e puisqu elle s appliquait uniquement aux donn es de l tude initiale et non pour un usage g n ral (Mikulincer et Shaver, 2007). Des efforts ont r cemment t entrepris par Brassard et al . (2012) pour proposer des points de rupture sur les deux dimensions d attachement afin de pouvoir d terminer la valeur d une cote basse et d une cote lev e et ainsi pouvoir extraire les quatre styles d attachement. Cette tude regroupe 4 184 participants, dont 2 473 adultes de la population g n rale et 1 711 adultes provenant de divers chantillons cliniques (p. ex. couples en th rapie, couples affichant des comportements violents). G n r s partir d analyses de pointe ( receiver operating characteristic ou courbes ROC) visant maximiser la sensibilit /sp cificit , les points de rupture de l anxi t d abandon ( 3,5) et de l vitement de l intimit ( 2,5) permettent de d gager les quatre styles d attachement. l aide de ces points de rupture, les styles d attachement obtenus ont permis de discriminer les conjoints de la population g n rale de ceux provenant d chantillons cliniques (plus faible proportion du style s curisant et plus forte proportion du style craintif).
2.3. Stabilit de l attachement
Les styles d attachement sont relativement stables dans le temps et contribuent au fonctionnement interpersonnel tout au long de la vie. En effet, une revue des crits de Fraley et Brumbaugh (2004) r v le une forte stabilit de l attachement mesur e de mani re dimensionnelle sur des p riodes variant de 2 semaines plus de 20 ans. Une r cente m ta-analyse r v le une stabilit mod r e de l attachement de l enfance ou de l adolescence vers l ge adulte, bien que celle-ci tende diminuer lorsque l intervalle de temps augmente ou lorsque des chantillons d enfants risque sont examin s (Pinquart, Feubner et Ahnert, 2013). Une autre tude conduite aupr s d adultes l aide de donn es quotidiennes appuie galement la notion que l attachement soit un construit relativement stable et cela m me en contr lant pour d autres caract ristiques de la personnalit (Fraley et al ., 2011). Toutefois, certaines tudes sugg rent que de 30 35 des gens pourraient changer de style d attachement au fil du temps (Baldwin et Fehr, 1995; Caron, 1998; Davila, Burge et Hammen, 1997; Fuller et Fincham, 1995). La revue des crits de McConnell et Moss (2011) sur la stabilit de l attachement de la petite enfance l ge adulte souligne que les exp riences de vie n gatives (p. ex. d pression maternelle, pratiques parentales inad quates, abus) seraient le facteur le plus d terminant de ces changements. En outre, certains processus normatifs pourraient aussi expliquer les changements temporels sur le plan de l attachement. L tude de Hudson et ses coll gues (2015) sur les trajectoires d veloppementales de l attachement selon l ge a r v l que l anxi t d abandon sp cifique au partenaire amoureux tend diminuer avec le temps, alors que l vitement de l intimit sp cifique ce partenaire tendrait plut t augmenter. Ces r sultats corroborent ceux d tudes pr c dentes (p. ex. Chopik et Edelstein, 2014; Chopik, Edelstein et Fraley, 2013; Davila, Karney et Bradbury, 1999; Segal, Needham et Coolidge, 2009). Les auteurs sugg rent que des exp riences relationnelles positives r p t es l ge adulte, telles qu tre aim , valoris et non rejet , favoriseraient la diminution de l anxi t d abandon avec le temps. En m me temps, le d clin naturel de la satisfaction conjugale, de l intimit et de la passion au sein du couple pourrait expliquer la pr sence de plus d vitement de l intimit au fil du temps (Hudson et al ., 2015). En somme, les tudes appuient la relative stabilit de l attachement, mais soulignent que des v nements de vie marquants ou r p t s peuvent modifier les repr sentations d attachement de mani re positive ou n gative.
3. DYNAMIQUE AMOUREUSE
D s la premi re tude d Hazan et Shaver en 1987, les chercheurs ont tent de mieux comprendre les liens qui unissent l attachement amoureux divers aspects des relations amoureuses. En effet, les repr sentations d attachement sont susceptibles de teinter les attentes, les perceptions, les pens es, mais galement les motions et les comportements de chaque partenaire dans la relation, chacun ayant son tour une certaine incidence sur le fonctionnement de l autre partenaire. Plusieurs tudes ont port sur les liens entre l attachement de la personne et son propre fonctionnement conjugal, alors que d autres ont permis de mieux comprendre les liens entre l attachement et la dynamique amoureuse dans une perspective dyadique, c est- -dire en tudiant les deux partenaires du couple de fa on simultan e.
3.1. Attraction
L attirance sexuelle initiale jouerait un r le dans la formation d une relation intime, en favorisant l int r t et le d sir de proximit envers une personne en particulier. Les contacts intimes r p t s avec cette m me personne contribueraient ensuite au d veloppement de la relation d attachement (Birnbaum, 2015; Zayas et al ., 2015). Dans neuf tudes recens es par Mikulincer et Shaver (2007), les auteurs ont constat que peu importe leur propre style d attachement, les individus sont plus attir s par un partenaire qui pr sente un attachement s curisant. Les personnes du style vitant semblent les plus d savantag es puisqu elles sont celles envers qui les autres sont les moins attir s. La majorit des tudes recens es montre galement que les personnes avec un attachement non s curisant (pr occup , d tach ou craintif), lorsque compar es celles qui pr sentent un attachement s curisant, sont plus attir es par un partenaire potentiel qui est galement de style non s curisant. Plus r cemment, Strauss, Mory et Kito (2012) ont montr que les personnes pr sentant de l anxi t d abandon ou de l vitement de l intimit taient plus attir es par un partenaire fictif similaire en terme d attachement, mais l g rement plus s curis qu elles. L tude de Birnbaum et Reis (2012) r v le que les personnes pr sentant plus d vitement de l intimit se montrent plus attir es par un partenaire potentiel qui manifeste un besoin d ind pendance et moins attir es par un partenaire potentiel qui recherche la proximit , ce qui les rendrait inconfortables. Quant aux personnes qui pr sentent plus d anxi t d abandon, elles se montrent plus attir es par un partenaire potentiel qui se montre sensible et rassurant et qui r pond leurs besoins d attachement.
Les tudes qu b coises sur les appariements de couple en mati re de style d attachement montrent qu environ la moiti des couples de la population g n rale sont form s de deux partenaires au style s curisant, mais qu il existe galement des appariements de couples dits "mixtes . Dans plus de 25 des cas, ces unions sont constitu es d un partenaire s curisant et d un partenaire non s curisant, alors que dans moins de 25 des cas, les couples sont form s de deux partenaires au style non s curisant (Boisvert et al ., 1996; Brassard et al ., para tre; Lapointe et al ., 1994).
3.2. Qualit de la relation conjugale
Les partenaires qui poss dent une bonne s curit d attachement sont ceux qui sont le plus satisfaits et engag s dans leur relation de couple (Feeney, 2008; Mikulincer et Shaver, 2007). Toutefois, ils sont aussi capables de vivre seuls et de quitter une relation qui n est pas satisfaisante pour eux. Ils privil gient un quilibre entre l intimit et l ind pendance. Dans la grande majorit de la centaine d tudes recens es par Mikulincer et Shaver (2007), l ins curit d attachement est associ e plus d insatisfaction sur le plan conjugal, et ce, tant chez les couples mari s qu en relation de fr quentation. Des tudes longitudinales r v lent que l ins curit d attachement pr dit galement une diminution de la satisfaction conjugale au fil du temps (p. ex. Duemmler et Kobak, 2001). Par contre, m me si la s curit d attachement est li e initialement de plus hauts niveaux de satisfaction conjugale, elle ne semble pas servir de tampon au d clin de la satisfaction conjugale dans le temps, tel qu il a pu tre observ dans la majorit des relations de couple (Hirschberger et al ., 2009). Les individus qui pr sentent de l vitement de l intimit ont, quant eux, de la difficult s engager dans les relations plus intimes, pr f rant des relations plus distantes ou bas es uniquement sur la sexualit sans engagement. Ils sont, en g n ral, plus insatisfaits de leur relation conjugale et tendent quitter plus facilement une relation jug e insatisfaisante ou qui demande un engagement long terme. Selon Birnie et al . (2009), ces conjoints pr sentent m me une aversion envers toute forme d engagement et ils ont l impression que toute relation est vou e l chec. Au contraire, les individus qui pr sentent de l anxi t d abandon vivent difficilement seuls et tombent tr s facilement en amour. Leur grand d sir d engagement (Mikulincer et Erev, 1991), jumel leur grand besoin d attention et d amour, les pr dispose la d pendance amoureuse (Davila et Bradbury, 2001). Ils demeurent donc souvent dans des relations insatisfaisantes ou per ues comme in quitables et ils consid rent y contribuer plus que leur partenaire. Ils h siteront mettre un terme la relation par peur de se retrouver seuls (Slotter et Finkel, 2009). Ils ont de la difficult r gulariser leurs comportements d intimit et d ind pendance dans une relation amoureuse (Lavy, 2006). Ils ont aussi tendance tre intrusifs et jaloux (Gasparetto, 2012). Enfin, les individus qui rapportent la fois de l anxi t d abandon et de l vitement de l intimit sont aux prises avec une double contrainte, soit la crainte d tre abandonn s et le besoin d tre rassur s, en m me temps que l imp ratif de tenir leur partenaire distance par peur d tre bless s. Ainsi, leurs relations sont souvent insatisfaisantes (p. ex. Boisvert et al ., 1996).
Dans un r cent mod le multifactoriel visant expliquer les liens entre les ins curit s d attachement et l insatisfaction conjugale, Karantzas et al . (2014) ont montr que l anxi t et l vitement contribuaient l insatisfaction conjugale par le biais de la faible confiance envers le partenaire, d une part, et d une perception d intimit plus faible, d autre part. Dandurand, Bouaziz et Lafontaine (2014) ont, quant elles, montr le r le mod rateur de l attachement amoureux dans le lien entre la jalousie et l insatisfaction conjugale. Plus pr cis ment, l anxi t d abandon semble renforcer le lien positif entre la jalousie et l insatisfaction conjugale, tandis que l vitement de l intimit semble amoindrir la force de ce lien. l aide d un nouveau mod le d engagement multimodal, Brassard et al . ( para tre) ont montr que l anxi t d abandon et l vitement de l intimit des adultes en couple sont reli s un plus faible engagement optimal , marqu par la difficult r concilier les aspects positifs et n gatifs de la vie de couple et par un faible degr de pers v rance lorsque des obstacles surgissent. De plus, l vitement est li de faibles degr s d enthousiasme, d nergie et d int r t envers la relation ( l ments du sous-engagement ), jumel s avec le sentiment d tre envahi par les difficult s du couple et de faire des sacrifices excessifs pour la relation. Quant aux adultes qui pr sentent de l anxi t d abandon, ils rapportent la fois des degr s lev s de surengagement et de sous-engagement , traduisant leur position ambivalente qui alterne entre l enthousiasme et l investissement excessif dans la relation d une part, et une perte d int r t et d nergie envers la relation d autre part. Une autre tude a montr que les buts d engagement d un individu constituaient un m diateur de la relation entre l ins curit d attachement et l insatisfaction conjugale (Dandurand, Bouaziz et Lafontaine, 2013). En effet, plus la personne tait anxieuse face l abandon, plus elle rapportait des buts la fois d approche (p. ex. "je veux continuer d avoir du plaisir avec mon partenaire ) et d vitement (p. ex. "je ne veux pas tre c libataire ), tandis que plus la personne vitait l intimit , moins elle rapportait des buts d approche.
Par ailleurs, la s curit d attachement a aussi t d crite comme un facteur de protection contre les exp riences stressantes et les changements relationnels (p. ex. naissance d un enfant), lequel facilite une meilleure r gulation des interactions et de la satisfaction relationnelle. Le contraire est observ en ce qui a trait l ins curit d attachement (p. ex. Rholes, Kohn et Simpson, 2014; Talbot, Baker et McHale, 2009). Lors de l arriv e d un enfant, par exemple, les nouveaux parents pr sentant de l vitement de l intimit tenteraient de maintenir une distance en diminuant leur engagement amoureux, tandis que les p res, mais non les m res, qui pr sentent de l anxi t d abandon auraient le sentiment d tre coinc s dans une relation o leur conjointe les d laisse au profit du b b (Ferriby et al ., 2015).
Sur le plan dyadique, les conjoints des individus pr sentant plus d anxi t d abandon vivraient aussi une baisse de l engagement apr s l arriv e d un enfant, jumel e au sentiment d tre pris au pi ge dans la relation, possiblement en raison des attentes lev es de soutien du parent plus anxieux (Ferriby et al ., 2015). Les relations intimes entre deux conjoints non s curisants (surtout l appariement entre deux partenaires ayant un attachement anxieux ou un attachement anxieux et l autre vitant) tendent moins bien fonctionner que celles incluant au moins une personne avec un attachement s curisant (p. ex. Allison et al ., 2008; Brassard, Pistorio et al ., para tre). Par exemple, chez un couple form de deux conjoints ayant un attachement anxieux, l anxi t de l un vient exacerber celle de l autre et vice versa, ce qui d grade la satisfaction conjugale (Gallo et Smith, 2001). Chez les hommes et les femmes qui vitent l intimit , c est plut t le sentiment que le partenaire ne sera pas disponible et sensible leurs besoins qui mine la satisfaction conjugale des deux conjoints (Sadikaj, Moskowitz et Zuroff, 2015). Les tudes dyadiques recens es ce jour (voir Feeney, 2016, pour une revue) montrent que les deux ins curit s d attachement (anxi t et vitement) sont reli es l insatisfaction conjugale du partenaire. Chez des couples qu b cois qui consultent en th rapie de couple, l vitement de l intimit de la femme est reli la plus faible satisfaction de l homme, tandis que l anxi t d abandon de l homme est reli e la plus faible satisfaction de la femme (Mondor et al ., 2011).
3.3. Communication et gestion des conflits
Puisque les d saccords conjugaux ont le potentiel de rapprocher ou d loigner les partenaires, les repr sentations d attachement ont des r percussions importantes sur les comportements, les affects, les perceptions et les cognitions des adultes et influencent la lecture que les partenaires amoureux font de leurs interactions (Collins, 1996). Les individus avec un attachement s curisant poss dent les habilet s de communication et de gestion des conflits les mieux d velopp es (p. ex. coop ration, compromis, soutien), ainsi qu une plus grande flexibilit dans leur utilisation de ces strat gies. Ils poss dent une bonne coute, de l ouverture et une capacit exprimer leurs besoins et opinions. Ils n vitent g n ralement pas les conflits, qu ils abordent avec confiance en se servant de leurs capacit s de r solution de probl mes qui sont g n ralement bonnes (pour des revues des crits, voir Mikulincer et Shaver, 2010; Pietromonaco, Greenwood et Feldman-Barrett, 2004; Shi, 2003). De plus, ils d montrent plus d motions positives et moins d motions n gatives lors d interactions film es (Mehta, Cowan et Cowan, 2009), ce qui illustre leurs meilleures habilet s r guler leurs motions m me en situation de conflit.
Les conjoints qui pr sentent de l ins curit d attachement per oivent quant eux plus facilement les d saccords comme des conflits et des menaces, font plus souvent des attributions pessimistes envers leur conjoint (Kimmes et al ., 2015), poss dent moins de strat gies constructives pour les g rer et r gulent plus difficilement les motions que ces conflits suscitent. Plus pr cis ment, les individus qui pr sentent de l vitement de l intimit craignent d avoir se d voiler travers les conflits et tentent donc de les viter, car ils les per oivent comme une menace leur autonomie. Ils pr f rent maintenir une distance interpersonnelle en niant ou minimisant les conflits. Ils ont peu d habilet s de gestion des conflits et ont plut t tendance se retirer des discussions. Leurs strat gies de d sactivation du syst me d attachement les am nent r primer ou viter de ressentir des motions n gatives, telles que la col re (Nisenbaum et Lopez, 2015). Ils peuvent cependant adopter une posture d fensive et devenir hostiles si leur partenaire les oblige communiquer.
Les conjoints qui pr sentent de l anxi t d abandon voient leurs strat gies d hyperactivation du syst me d attachement les amener percevoir tout conflit comme une menace de rupture potentielle. Ils sont alors envahis d une anxi t qu ils tentent de calmer par l entremise de discussions. Ils cherchent communiquer en se d voilant de mani re excessive, mais sont tr s peu disponibles pour couter leur partenaire. En effet, leurs besoins sont parfois si envahissants qu ils peuvent utiliser la domination, le bl me, les attaques et la violence comme tentatives inefficaces de ramener le partenaire vers eux. L anxi t d abandon est galement li e des explosions de col re (Nisenbaum et Lopez, 2015) ainsi qu l exag ration des motions de tristesse dans le but d induire de la culpabilit chez le partenaire (Overall et al ., 2014). Le tableau 2.1 r sume les comportements, cognitions et motions caract ristiques des individus qui poss dent une s curit d attachement comparativement ceux qui d montrent de l ins curit d attachement (anxi t et vitement) en situation de conflit conjugal. Il s agit d une mise jour de la synth se des crits effectu e par Pistorio (2013) dans sa th se doctorale.
Lorsque les deux membres du couple sont consid r s, l on constate que dans le cas o un conjoint dont l attachement est marqu par l anxi t est appari avec un partenaire dont l attachement est marqu par l vitement, le couple est plus susceptible d adopter une dynamique interactionnelle de type poursuite-retrait (voir le chapitre 12 ), c est- -dire que le conjoint plus anxieux va faire des critiques et des demandes incessantes son partenaire, qui lui, va tenter de fuir et de se retirer de la conversation. Deux conjoints plus anxieux adh reront une communication de type poursuite-poursuite (Bartholomew et Allison, 2006). Leur ins curit d attachement les am nera se sentir incompris et rejet s par l autre et les incitera demander plus de soutien et d attention de l autre. Aucun des deux n est capable de reconna tre et de r pondre aux besoins de l autre. L tude qu b coise de Brassard, Pistorio et al . ( para tre) r v le par ailleurs que l appariement de deux conjoints au style s curisant est marqu par la perception de vivre moins d motions n gatives et de conflits que les autres appariements conjugaux, tant en g n ral que sur des th mes plus sp cifiques (p. ex. d cisions familiales, t ches quotidiennes, intimit ). Dans les appariements conjugaux dits "mixtes , la s curit d attachement d un conjoint agirait comme facteur de protection, puisque ce conjoint percevrait moins de conflits et ressentirait moins d motions n gatives apr s le conflit que lorsque les deux conjoints ont un style ins curisant.
T ABLEAU 2.1. Caract ristiques individuelles des partenaires en situation de conflit conjugal, en fonction des styles ou dimensions d attachement

Source: Pistorio, 2013.
En ce qui concerne les tudes dyadiques ayant examin les effets partenaires, Mehta, Cowan et Cowan (2009) ont montr que la s curit d attachement de l individu tait associ e moins de tristesse v cue par son partenaire lors d une discussion film e. Brassard, Lussier et Shaver (2009) ont montr que l anxi t d abandon de la femme tait reli e la perception de plus de conflits conjugaux par l homme, tandis que l vitement de l intimit de l homme tait li la perception de plus de conflits conjugaux par la femme. Une autre tude r v le que les femmes qui sont en couple avec un homme pr sentant plus d vitement de l intimit ont des taux de cortisol (hormone du stress) plus lev s lors de discussions film es (Brooks, Robles et Schetter, 2011). Cette activation du syst me endocrinien responsable de mobiliser la personne en situation de stress pourrait se refl ter par la d tresse v cue par la femme lorsqu elle tente de discuter d l ments conflictuels avec son conjoint qui vite l intimit . Pour leur part, les conjoints des personnes pr sentant de l anxi t d abandon expriment plus d motions n gatives et de comportements destructeurs lors de discussions conflictuelles, mais cet effet est mod r par le degr d engagement du conjoint. En effet, lorsque le conjoint de la personne anxieuse est fortement engag , il affiche plut t des motions positives et des comportements constructifs (Tran et Simpson, 2009). Au contraire, les travaux de Sierau et Herzberg (2012) r v lent qu en contr lant l effet n gatif de l anxi t d abandon de l individu sur ses propres comportements (retrait, explosion et faible r solution positive), le partenaire de l individu plus anxieux montre moins de r solution positive des conflits.
3.4. Soutien conjugal
Plusieurs tudes ont port sur les liens entre le syst me d attachement et le syst me de soutien (aussi appel caregiving ). Le syst me de soutien d un individu s active en r ponse la d tresse per ue chez le partenaire. Il a pour fonction de r pondre aux besoins d attachement de ce dernier, de r duire sa d tresse et ultimement, de r tablir son sentiment de s curit dans la relation. La capacit d une personne offrir du soutien l autre d pend largement de son propre syst me d attachement - ce n est que lorsque le conjoint poss de une s curit d attachement suffisante ou lorsque son syst me d attachement n est pas activ qu il peut r pondre aux besoins du partenaire de fa on ad quate et optimale (Collins et al ., 2006). En mati re d habilet s de soutien, les individus ayant un attachement s curisant ont la capacit d alterner de fa on plus flexible entre la position de la personne qui donne du soutien (ou caregiver ) et celle qui en re oit. Ils per oivent mieux les besoins de soutien de leur conjoint et sont davantage capables d y r pondre que les individus ayant un attachement non s curisant (Davila et Kashy, 2009). Ils sont galement en mesure de demander du soutien et ont confiance que leur partenaire pourra les aider en cas de besoin (Feeney, 1996). Les individus rapportant un vitement de l intimit lev , au contraire, ont tendance nier ou minimiser leurs besoins de soutien ou faire des demandes plus indirectes leur partenaire. En raison de leur croyance li e au fait qu ils ne peuvent compter sur les autres, ils refusent de se mettre en position de vuln rabilit o ils seraient contraints de demander de l aide. Ils rapportent ainsi offrir et recevoir moins de soutien l int rieur de leurs relations (Bachman et Bippus, 2005; Collins et al ., 2006; Davila et Kashy, 2009; Martel, Lafontaine et Levesque, 2015; Mikulincer et Shaver, 2007). Ils montrent galement moins d ouverture (Adams et Baptist, 2012), une plus faible sensibilit et peu d empathie envers les besoins de leur partenaire (Collins et al ., 2006; P loquin, Lafontaine et Brassard, 2011). Ils peuvent m me se montrer irrit s par les demandes de soutien, puisqu ils valorisent l autonomie. Ainsi, ils tendent minimiser les besoins de leur conjoint et se retirer lorsque celui-ci demande du soutien (Collins et al ., 2006). Lorsqu ils tentent de soutenir leur conjoint, ils le font d une mani re moins habile, en minimisant l autonomie du conjoint et en lui manifestant peu de chaleur et d affection (Feeney et Collins, 2001; P loquin, Brassard, Lafontaine et Shaver, 2014; P loquin et al ., 2013). Pour leur part, les partenaires rapportant une anxi t d abandon lev e ressentent et expriment des besoins excessifs de soutien, qu ils r ussissent rarement combler l int rieur de leur relation. Ils formulent donc des demandes r p t es de soutien, mais sont rarement satisfaits de la disponibilit de leur partenaire de m me que de la qualit et de la quantit de soutien re u (Davila et Kashy, 2009; Kane et al ., 2007; Martel et al ., 2015). Toutefois, lorsque les personnes plus anxieuses per oivent qu elles sont soutenues par leur partenaire au quotidien, leur satisfaction conjugale augmente (Campbell et al ., 2005). Bien qu elles se disent motiv es soutenir leur partenaire, elles sont souvent envahies par leurs propres besoins et tendent offrir moins de soutien (Karantzas et al ., 2014) ou en offrir de fa on insistante, peu sensible, voire envahissante plut t que de r pondre de mani re ajust e et empathique aux besoins de leur conjoint (Collins et al ., 2006; Davila et Kashy, 2009; P loquin et al ., 2013, 2014). Enfin, les individus au style craintif (anxi t et vitement lev s) pr sentent aussi de grands besoins de soutien, mais ils ont tendance attribuer des intentions n gatives leur partenaire et tre d us du soutien re u (Collins et Feeney, 2004).
Les tudes dyadiques men es aupr s des deux partenaires r v lent que le partenaire d un individu qui pr sente un attachement s curisant per oit effectivement recevoir un meilleur soutien conjugal (Davila et Kashy, 2009). Ceci traduit la capacit r elle du conjoint s curisant bien soutenir son partenaire. Au contraire, les partenaires des individus plus anxieux ou vitants sur le plan de l attachement se montrent moins ad quats dans le soutien qu ils offrent, en tant notamment moins rassurants envers l avenir de la relation (Adams et Baptist, 2012). Plus pr cis ment, le partenaire d un individu plus vitant dit mettre moins de soutien conjugal (Karantzas et al ., 2014) et ne pas se sentir ad quatement soutenu par celui-ci (Kane et al ., 2007). De plus, la partenaire d un homme qui vite l intimit rapporte prouver moins d empathie envers celui-ci et le soutenir avec moins de sensibilit (Millings et Walsh, 2009; P loquin et al ., 2011). Les partenaires des individus pr sentant de l vitement de l intimit se montrent m me plus intrusifs au quotidien, car ils tentent ainsi de compenser la distance install e par la personne qui vite l intimit (Lavy, Mikulincer et Shaver, 2013). cet effet, une tude r cente a r v l que lorsque leur partenaire les soutient faiblement ou mod r ment, les individus plus vitants r agissent de fa on n gative (d tresse, sentiment d tre contr l /critiqu ), mais qu ils peuvent aussi r agir positivement (faible d tresse et moindre sentiment de distance), mais uniquement lorsque leur partenaire les soutient fortement (Girme et al ., 2015). Le partenaire d un individu plus anxieux rapporte recevoir beaucoup de demandes de soutien et dispense beaucoup de soutien au quotidien (Davila et Kashy, 2009). Les conjointes des hommes plus anxieux rapportent aussi tre moins empathiques et moins affectueuses et chaleureuses dans leur offre de soutien (P loquin et al ., 2011, 2014), possiblement en raison de demandes excessives de proximit et de soutien de l autre.
3.5. Sexualit
Un nombre grandissant d tudes a aussi permis de documenter les liens entre le syst me d attachement et le syst me sexuel (Birnbaum, 2015). Le syst me sexuel comprend les buts pour lesquels les individus s engagent dans des activit s sexuelles (p. ex. exprimer leur amour, tre rassur quant l amour de l autre, g rer son stress, etc.), ainsi que les motions v cues et les comportements utilis s en contexte sexuel. La sexualit serait un moyen particuli rement efficace pour combler les besoins d attachement tels que la proximit , l intimit , la connexion, la validation et la r assurance envers la stabilit de la relation (Davis et al ., 2004). Ainsi, les individus avec un attachement s curisant sont beaucoup mieux outill s pour combler leurs besoins (d attachement et sexuels) et ceux de leur partenaire, rapportant ainsi la meilleure satisfaction sexuelle. Fid les, ces individus manifestent respect et ouverture l int rieur des relations sexuelles, o la communication favorise le plaisir et l intimit . Ils vivent ainsi plus d motions positives lors des interactions sexuelles (p. ex. Birnbaum et al ., 2006).
Les adolescents et les adultes qui pr sentent des ins curit s d attachement, qu il s agisse de l anxi t ou de l vitement, rapportent syst matiquement une plus faible satisfaction sexuelle (Brassard, P loquin, Dupuy, Wright et Shaver, 2012; Brassard et al ., 2015; Butzer et Campbell, 2008) et plus de difficult s ou de dysfonctions sexuelles (Birnbaum, 2007; Brassard et al ., 2015; Tracy et al ., 2003). Ces probl mes semblent en partie expliqu s par leur faible degr d affirmation sexuelle (Leclerc et al ., 2015), leur faible estime sexuelle et la pr sence d anxi t envers la sexualit (Brassard et al ., 2015). Cependant, les autres m canismes par lesquels les ins curit s d attachement peuvent mener un moins bon fonctionnement sexuel apparaissent diff rents pour l vitement et pour l anxi t . En effet, les individus qui pr sentent de l vitement de l intimit cherchent maintenir une distance motionnelle avec leur partenaire, compte tenu de leur inconfort avec l intimit et le d voilement de leur vuln rabilit (Dewitte, 2012). La sexualit semble donc recherch e pour des motifs qui ne sont pas avant tout relationnels, tels que la r duction du stress ou le gain de statut social par le biais de la relation (Cooper et al ., 2006; Schachner et Shaver, 2004). Pour conserver une distance acceptable dans un contexte aussi intime que la sexualit , les individus qui vitent l intimit favorisent les activit s sexuelles sans engagement (Gentzler et Kerns, 2004; Levesque et Lafontaine, para tre) ou vitent les relations sexuelles lorsqu ils sont en couple (Brassard, Shaver et Lussier, 2007). Ils ont tendance vivre de l inconfort face aux manifestations de tendresse (Hazan et Zeifman, 1994), prioriser les activit s sexuelles solitaires (p. ex. masturbation) (Bogaert et Sadava, 2002) et tre plus infid les pour des raisons d autonomie et de libert (Allen et Baucom, 2004; Frias, Brassard et Shaver, 2014). Au contraire, les individus dont l attachement est marqu par l anxi t d abandon recherchent l intimit travers la tendresse et l affection et tendent confondre sexualit et amour. La sexualit repr sente pour eux une fa on de ne pas perdre le partenaire ou d tre rassur quant l amour de celui-ci (Birnbaum, Weisberg et Simpson, 2011; Dewitte, 2012). De plus, les interactions sexuelles n gatives sont plus susceptibles d tre interpr t es comme une menace la relation par les individus plus anxieux, tant donn qu ils per oivent la sexualit comme un barom tre de leur relation amoureuse (Birnbaum et al ., 2006). Chez ces conjoints plus anxieux sur le plan de l attachement, le rapport la sexualit semble toutefois diff rent en fonction du sexe. En effet, les femmes plus anxieuses ont davantage de relations sexuelles dans le but de ne pas perdre l autre ou pour lui faire plaisir (Tracy et al ., 2003) et sont plus enclines s engager dans des relations extraconjugales pour combler un besoin d intimit et pour rehausser leur estime de soi (Allen et Baucom, 2004; Bogaert et Sadava, 2002; Frias et al ., 2014). Pour leur part, les hommes plus anxieux cherchent plut t la r assurance quant l amour de leur partenaire travers la relation sexuelle, ce qui les am ne parfois insister aupr s de celle-ci et faire preuve de coercition sexuelle (Brassard et al ., 2007). Les conjoints plus anxieux sur le plan de l attachement sont galement plus soucieux de leur performance sexuelle (Birnbaum et al ., 2006) et seraient plus enclins prendre part des activit s sexuelles non d sir es (Feeney et Noller, 2004; Gentzler et Kerns, 2004; Tracy et al ., 2003). Dans une tude r alis e aupr s de jeunes adultes en relation de fr quentation, un mod le pr visionnel montre que l vitement de l intimit est reli directement aux comportements sexuels risque, alors que l anxi t d abandon exerce une influence sur la sexualit risque par l entremise de la consommation de substances (Lemelin et al ., 2014).
Lorsque les deux membres du couple sont consid r s, l appariement de deux partenaires qui pr sentent de l anxi t d abandon est associ une fr quence plus lev e des relations sexuelles que lorsque seul l homme pr sente de l anxi t d abandon (Brassard, Shaver et Lussier, 2007). De plus, les femmes qui pr sentent de l anxi t d abandon ont des relations sexuelles moins fr quentes si elles sont en couple avec un homme plus vitant. Les hommes qui pr sentent de l vitement de l intimit disent aussi avoir des relations sexuelles moins fr quentes, viter davantage les relations sexuelles et vivre plus de difficult s sexuelles s ils sont en couple avec une femme qui pr sente galement de l vitement de l intimit (Brassard, Shaver et Lussier, 2007). L interaction entre l anxi t d abandon d individus mari s et de leur partenaire pr dit aussi un risque plus lev d infid lit , et ce risque est plus lev si l un ou l autre des poux est plus anxieux (Russell, Baker et McNulty, 2013).
Quelques tudes dyadiques ont montr que les partenaires de personnes pr sentant de l anxi t d abandon ne sont pas plus insatisfaits sexuellement que les partenaires de conjoints moins anxieux (p. ex. Butzer et Campbell, 2008; Impett et Peplau, 2002). Ceci peut s expliquer par la tendance des personnes plus anxieuses prioriser les besoins sexuels du partenaire pour lui plaire (Davis et al ., 2006). Les partenaires des personnes manifestant de l vitement de l intimit se disent cependant moins satisfaits sexuellement (Butzer et Campbell, 2008). Chez les couples qui pr sentent des difficult s conjugales toutefois, l anxi t d abandon de l homme est li e l insatisfaction sexuelle de la femme, tandis que c est l vitement de l intimit de la femme qui est li l insatisfaction sexuelle de l homme (Brassard et al ., 2012). Chez les couples de nouveaux mari s, une fois que l insatisfaction conjugale et la fr quence des relations sexuelles sont contr l es, les partenaires des personnes pr sentant un score lev d vitement seraient moins susceptibles d tre infid les (Russell et al ., 2013), possiblement pour ne pas mettre leur mariage en p ril.
3.6. Violence conjugale
Bowlby (1980) a propos que la col re soit une r ponse possible des signes de non-disponibilit , de d tachement ou de rejet de la part de la figure d attachement. En ce sens, les comportements de violence et de contr le constitueraient des r actions exag r es de col re face une perception de menace ( l autonomie ou la proximit ) (Mayseless, 1991; Stets et Pirog-Good, 1990) ou face un comportement blessant du partenaire (Bartholomew et Allison, 2006). La pr sence de conflits dans le couple peut aussi tre per ue comme une menace envers la relation, qui peut amener l individu plus anxieux envers l abandon vivre de la jalousie, des suspicions, des pr occupations et surveiller l autre dans toute situation qui touche l exclusivit relationnelle (Knobloch, Solomon et Cruz, 2001). En raison de leur anxi t chronique face au rejet et l abandon dans leur relation intime, les individus des styles d attachement pr occup et craintif sont plus susceptibles de vivre des affects n gatifs marqu s, incluant de l agressivit , de la col re et de la violence envers leur partenaire (pour des revues, voir Gosselin, Lafontaine et B langer, 2005; Mikulincer et Shaver, 2010, 2011). L usage de comportements coercitifs comme la violence viserait pr venir la prise de distance de l autre (Robert et Noller, 1998) et exprimer sa d sapprobation. Par contre, cette col re dysfonctionnelle loignerait le partenaire amoureux (l objet d attachement) au lieu de favoriser son rapprochement. D ailleurs, la gestion dysfonctionnelle de la col re (p. ex. faible contr le, expression inad quate) joue un r le m diateur entre l anxi t d abandon et la violence conjugale (Brassard et al ., 2014; Lafontaine et Lussier, 2005). Une faible empathie envers le conjoint de m me que des difficult s de r gulation motionnelles expliquent aussi le lien entre l anxi t d abandon et la perp tration de gestes de violence conjugale (Guzm n-Gonz les, Lafontaine et Levesque, 2016; Lafontaine et al ., para tre; P loquin, Lafontaine et Brassard, 2011). De plus, l anxi t d abandon des hommes en traitement pour la violence conjugale a t reli e un nombre plus lev de gestes de violence conjugale par l entremise de l adoption du patron de communication o l homme demande et la femme se retire (Fournier, Brassard et Shaver, 2011).
Chez les conjoints qui vitent l intimit , leur manque d implication motionnelle, leur narcissisme et leurs sentiments n gatifs associ s au rejet (Robert et Noller, 1998) leur feraient vivre de la d tresse qu ils tentent de r primer, rendant impossible le d veloppement d habilet s de communication constructives. Ils s engageraient indirectement dans des comportements agressifs, qui prendraient la forme d agressivit passive (indiff rence, irrespect, m pris). La violence servirait alors mettre une distance entre l individu et son partenaire qui cherche la proximit (p. ex. Coan et al ., 1997). Des tudes ont montr que les individus qui vitent l intimit sont plus susceptibles de recourir la violence conjugale, car ils pr sentent peu d empathie (Lafontaine et al ., 2016; P loquin, Lafontaine et Brassard, 2011), une faible conscience des signes physiologiques reli s au d clenchement de la col re (Mikulincer, 1998), une personnalit col rique, de la r pression de la col re (Brassard et al ., 2014; Lafontaine et Lussier, 2005), des difficult s de r gulation motionnelle (Guzm n-Gonz les et al ., para tre) et un sentiment de menace face une relation intense et intime (Holtzworth-Munroe, Stuart et Hutchinson, 1997). Ils utiliseraient des comportements dysfonctionnels, comme la violence, pour se sortir des situations qui provoquent de la d tresse chez eux (Robert et Noller, 1998).
Nos propres recherches r alis es aupr s d organismes de traitement des hommes qui mettent des comportements violents (N = 627) montrent que plus de 70 de l chantillon est constitu d hommes pr sentant des styles d attachement non s curisants (dont 46 pour le style pr occup et 17 pour le style craintif) (Paradis-Lavall e et Brassard, 2016). Une plus faible proportion d entre eux (8 ) correspond au style d tach , ce qui souligne la pr dominance de l anxi t d abandon dans les caract ristiques des hommes qui consultent en regard de la violence mise envers leur conjointe. Dans d autres tudes, les adultes qui subiraient de la violence dans les relations de couple appartiendraient galement aux deux styles d attachement marqu s par l anxi t d abandon (Bartholomew, Henderson et Dutton, 2001; O Hearn et Davis, 1997). En effet, des auteurs ont propos que l ins curit d attachement rendrait galement les conjoints plus risque d tre victimes d un partenaire violent. Selon Bartholomew et Allison (2006), il est fr quent de voir des victimes tre attach es anxieusement leur conjoint violent. Paradoxalement, elles auraient de la difficult quitter cette relation dysfonctionnelle en raison de la peur d tre abandonn es, de ne pas trouver un autre partenaire amoureux et du sentiment de perte que peut engendrer le fait de mettre un terme une relation d attachement de longue date.
3.7. Rupture et deuil
Selon la th orie de l attachement, une rupture survient lorsque 1) le partenaire n est plus une figure d attachement digne de confiance ou que 2) la personne n est plus en mesure de reconna tre, de b n ficier ou de maintenir une relation mutuellement satisfaisante avec une figure digne de confiance (Feeney et Monin, 2008). Mikulincer et Shaver (2007) observent dans cinq tudes que l ins curit d attachement pr dit les ruptures conjugales subs quentes dans les relations de fr quentation (p. ex. Crowell et Treboux, 2001; Duemmler et Kobak, 2001). Les couples dont la femme rapporte de l vitement de l intimit ou l homme rapporte de l anxi t d abandon sont plus fortement pr dispos s rompre sur une p riode de trois ans (Kirkpatrick et Davis, 1994). Par contre, dans une tude longitudinale r alis e par Hirschberger et al . (2009), l ins curit d attachement ne pr dit pas la rupture du mariage sur une p riode de dix ans. Une fois la rupture effectu e, des tudes ont montr que les individus pr sentant de l anxi t d abandon utilisent davantage des strat gies d adaptation centr es sur les motions (p. ex. rumination, bl me) alors que les individus qui vitent l intimit utilisent la distanciation et l vitement des motions n gatives (p. ex. Birnbaum et al ., 1997; Davis, Shaver et Vernon, 2003). Les individus dont le style d attachement est s curisant d montrent une meilleure adaptation psychologique la rupture que les individus des autres styles. Ils pr sentent, de ce fait, moins de sympt mes de d pression et moins de probl mes cognitifs (Croft, 1997). La revue des crits de Mikulincer et Shaver (2007) r v le que les individus qui vitent l intimit pr sentent moins de d tresse (et plus de soulagement) la suite d une s paration temporaire ou d une rupture d une relation de fr quentation, mais qu ils vivent plus de d tresse la suite d une s paration majeure telle qu un divorce. Plus r cemment, Brassard et al . (2017) ont montr que l anxi t d abandon, mais pas l vitement de l intimit , est reli e plus de sympt mes d pressifs et de pens es suicidaires la suite d une rupture. L adaptation au deuil d un conjoint semble aussi modul e par l attachement des adultes plus g s. En effet, l anxi t d abandon de la personne g e dont le partenaire est d c d est associ e plus de pens es envers le partenaire d c d , d motions n gatives et de difficult accepter la perte du conjoint. Au contraire, le partenaire endeuill qui vite l intimit pense moins au conjoint d c d , vit moins d motions n gatives et rapporte une plus grande acceptation envers la perte du conjoint (Kho et al ., 2015).
4. INTERVENTIONS TH RAPEUTIQUES
Le cadre conceptuel de l attachement permet une lecture de la dynamique amoureuse d un individu et d un couple. Il peut guider le th rapeute lors du processus d valuation et de traitement des probl mes de couple et galement lorsqu un client vient seul en th rapie, mais aborde des probl mes avec son partenaire. Johnson et Greenberg (1995) ont par exemple labor une th rapie de couple en s inspirant grandement de la th orie de l attachement de Bowlby. Selon les tenants de la th rapie de couple ax e sur l motion ( Emotionally Focused Therapy [EFT]), les probl mes de couple surviennent lorsque les partenaires n ont pas confiance en la capacit de l autre tre l et offrir du soutien en cas de besoin. C est donc dire que l ins curit d attachement est au c ur des difficult s de couple et la cible de l EFT (Johnson, 2004; Lafontaine et al ., 2008; voir aussi le chapitre 24 ). L efficacit de l EFT a t appuy e de nombreuses tudes empiriques (pour des revues, voir Brassard et Johnson, 2016; Johnson, Lafontaine et Dalgleish, 2015). Peu d tudes se sont toutefois int ress es aux changements dans l attachement amoureux la suite d une th rapie de couple. Burgess Moser et ses coll gues (2015) ont montr que les interventions exp rientielles et syst miques privil gi es en EFT g n rent des changements positifs observables dans les comportements de demande de soutien et d offre de soutien chez les partenaires ainsi qu une diminution de l vitement de l intimit en cours de traitement. Une autre tude de Burgess Moser et ses coll gues ( para tre) a, quant elle, d montr que l anxi t face l abandon diminue en fin de traitement, mais seulement chez les partenaires qui se sont engag s dans un rel chement motionnel. Ce rel chement de la personne en position de critique/poursuite survient lorsque, sur un fond de vuln rabilit , celle-ci demande que ses besoins d attachement soient combl s (pour plus de d tails, voir Johnson et al ., 2015). Une diminution de l anxi t d abandon et de l vitement de l intimit en cours de traitement est aussi associ e avec une augmentation de la satisfaction conjugale (Burgess Moser et al ., 2015). En somme, la th orie de l attachement adulte a des applications tr s riches en ce qui a trait la compr hension et au traitement des difficult s conjugales.
CONCLUSION
En somme, ce chapitre a propos un survol du vaste champ de recherche qu est l application de la th orie de l attachement aux relations amoureuses, un domaine de recherche qui a t exceptionnellement fleurissant au cours des trente derni res ann es. Il n est pas ais de faire une synth se exhaustive de l ensemble des connaissances g n r es par ce courant de recherche qui continue de s largir et de trouver des applications pour de plus en plus de domaines de la psychologie humaine. Certains constats peuvent tout de m me se d gager de ce chapitre pour permettre au lecteur de mieux s y retrouver. D abord, l attachement se d veloppe chez le nourrisson en r ponse aux soins de ses parents par l entremise d exp riences interpersonnelles r p t es au fil du temps, lesquelles se consolident en des mod les internes de soi et des autres durables. Ces repr sentations internes d attachement influencent par la suite les perceptions, cognitions, comportements et motions v cus au sein des relations interpersonnelles adultes, les relations amoureuses tout particuli rement. Chez les partenaires amoureux, trois syst mes comportementaux interagissent et contribuent la formation, au maintien et la qualit g n rale des relations de couple, soit l attachement, le soutien et la sexualit . Que l attachement adulte soit conceptualis en styles ou en dimensions (ins curit s d attachement), maintes tudes ont permis d examiner sa contribution la compr hension du fonctionnement des relations de couple. De fa on g n rale, la s curit d attachement (ou de faibles ins curit s) appara t favoriser la qualit de la relation conjugale, qu il s agisse de la satisfaction, de la communication, de la sexualit ou du soutien conjugal. Les ins curit s d attachement, lorsqu elles sont plus lev es, semblent plut t paver la voie aux difficult s relationnelles, en particulier dans la gestion des conflits et dans l mergence de la violence. Enfin, des retomb es concr tes de la recherche sur l attachement ont t appliqu es la pratique clinique aupr s des couples, d montrant qu au-del des liens observ s entre l attachement et le fonctionnement conjugal, il est possible d intervenir au niveau des syst mes d attachement et de soutien afin de favoriser une dynamique conjugale plus saine et heureuse.
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PERSONNALIT ET RELATIONS DE COUPLE
S bastien Bouchard, Marie- ve Daspe, Claudia Savard, M lissa Verreault, Marie-H l ne Blais-Bergeron et St phane Sabourin
La recherche montre maintenant clairement que les traits ou le type de personnalit d un individu et ceux de son partenaire d terminent en bonne partie la formation d une relation de couple, son volution, sa durabilit , le plaisir que chacun retirera de celle-ci et la nature des probl mes qui y seront v cus (p. ex. Stroud et al ., 2010; Claxton et al ., 2012; Donnellan, Conger et Bryant, 2004). Cette hypoth se d entrecroisement de la maturation personnelle et relationnelle repose sur un ensemble de donn es scientifiques probantes qui, en psychologie du couple, rallie les th oriciens d orientation cognitive-comportementale, humaniste, psychodynamique et syst mique (McNulty, 2013). Par ailleurs, des sp cialistes en psychologie clinique ont tabli que les troubles de la personnalit se r percutent directement ou indirectement sur la qualit et la stabilit des unions conjugales (Bouchard et Sabourin, 2009). Ces unions, o l un des partenaires souffre d un trouble de la personnalit , se caract risent souvent par leur caract re ambigu, bref et s riel en raison d une forte alternance entre des processus d vitement de l intimit et des comportements coercitifs ou des conduites d infid lit qui entra nent des taux lev s de rupture (Bouchard et Sabourin, 2009). Ainsi, que la personnalit soit con ue comme un ensemble de traits normaux ou de d viations pathologiques, elle explique mieux les trajectoires volutives et l issue des relations conjugales qu un grand nombre d autres variables sociales, telles que l ge, l ducation, le revenu, l tat civil ou religieux (Caughlin, Huston et Houts, 2000; Gutman et al ., 2006).
Mais qu entend-on par personnalit et quels sont les dimensions ou les types de personnalit permettant de pr dire un fonctionnement conjugal adapt et des relations durables? Dans le pr sent chapitre, le concept de personnalit sera d abord pr sent sous l angle de ses manifestations normales. Nous verrons comment certains traits g n raux de la personnalit , le n vrosisme, l extraversion, l ouverture l exp rience, l amabilit ou la propension tre consciencieux sont associ s divers aspects de la dynamique conjugale. Dans un deuxi me temps, l attention se tournera vers les enjeux conjugaux chez des personnes souffrant d un trouble de la personnalit . La pr sence de certains traits de personnalit inadapt s ou polaris s repr sente la plupart du temps une entrave importante l harmonie conjugale. Enfin, nous conclurons ce chapitre en r sumant les principaux r sultats de la recherche dans ce domaine et aborderons bri vement quelques implications cliniques des recherches sur l association entre la personnalit et le fonctionnement conjugal.
1. D FINITION DES NOTIONS DE PERSONNALIT ET DE TROUBLE DE LA PERSONNALIT
Sous l angle de la th orie des traits, la personnalit se d finit par des diff rences individuelles menant l individu d montrer des patrons de pens es, d affects et de comportements dans une situation donn e (Mischel et Shoda, 1995). Ces diff rents patrons pr disposent l individu r pondre divers v nements d une mani re relativement stable et qui le caract rise travers diff rents contextes (Hansenne, 2013). La d marcation de la fronti re entre, d une part, la personnalit dite normale 1 ou adapt e et, d autre part, le trouble de la personnalit fait l objet d un d bat persistant au sein de la communaut scientifique. Certains auteurs sugg rent que les troubles de la personnalit se d finissent par l expression extr me de certains traits caract risant aussi la personnalit non pathologique, alors que d autres con oivent le trouble de la personnalit comme une entit clinique comportant des particularit s qualitatives le distinguant de la personnalit jug e normale ou adapt e (Vachon et Bagby, 2009).
R gle g n rale, la recherche portant sur la personnalit a t men e partir de trois grands objectifs: "1) l identification, dans un m me cadre conceptuel, des principales dimensions permettant de d crire tous les individus de fa on sp cifique et diff renci e; 2) la recherche des facteurs inn s ou acquis expliquant les diff rences entre les individus sur ces m mes dimensions; et 3) l tude des manifestations de ces diff rences individuelles sur les plans scolaire, interpersonnel, ou professionnel (Lamiell, 2009, p. 72, traduction libre). De son c t , la recherche portant sur les troubles de la personnalit a particuli rement port sur: 1) l identification de patrons rigides d attitudes et de comportements au long cours entra nant chez l individu une souffrance morale importante ou une alt ration du fonctionnement social; 2) l identification des causes et des cons quences de l apparition de ces patrons symptomatologiques et relationnels; et, plus r cemment, 3) l efficacit des traitements psychologiques et pharmacologiques visant traiter les aspects probl matiques de la personnalit (Hadjipavlou et Ogrodniczuk, 2010; Ripoll, Triebwasser et Siever, 2011).
1.1. Personnalit
La personnalit est un concept complexe et il existe un ventail de d finitions et de cadres th oriques visant en expliquer l tiologie, ses corr lats et ses cons quences. N anmoins, ces d finitions s appuient sur une m me pr misse, fortement influenc e par le mod le diath se-stress. Celui-ci propose que certains individus soient plus vuln rables aux effets d l t res que peuvent avoir sur eux les exp riences de vie n gatives en raison de vuln rabilit s inn es. Ainsi, les th ories modernes de la personnalit normale sugg rent que celle-ci d pend la fois de facteurs biologiques et environnementaux, les premiers tant modul s tout au long de la vie de l individu par diff rents v nements de vie. Il en d coulerait des patrons de comportements, de pens es et d motions qui d finissent la personnalit (Cloninger, 2009). Plusieurs approches traditionnelles ont fourni un cadre th orique la personnalit et son d veloppement, les principales tant les perspectives biologique, cognitive, humaniste, psychodynamique, de l apprentissage et des traits. Chacune d entre elles s appuie sur sa propre d finition de la personnalit et est associ e une documentation th orique et scientifique sp cifique (Cloninger, 2009). Toutefois, au-del de leurs divergences, certains soutiennent que la personnalit adapt e et, dans une moindre mesure, les troubles de la personnalit , constitueraient un construit relativement stable dans le temps, qui pourrait par ailleurs tre modifiable la suite de certains v nements ou encore des moments pr cis de la vie, y compris en r action un traitement psychologique (Neyer et Lenhart, 2007; Roberts et DelVecchio, 2000; Roberts, Wood et Smith, 2005). Lorsque ces v nements sont positifs et qu ils conduisent l individu assumer des r les sociaux productifs et traverser favorablement une ou plusieurs transitions d veloppementales, sa personnalit s enrichit. Sous cette pouss e, le n vrosisme diminue tandis que l extraversion, l amabilit et la propension tre consciencieux augmentent (Soldz et Vaillant, 1999). Ces observations ont amen certains auteurs postuler l existence d un m tafacteur adaptatif de la personnalit (Musek, 2007). Cette tendance la stabilisation positive se manifeste aussi chez les individus qui pr sentent un trouble de la personnalit . En effet, plusieurs tudes longitudinales de cohortes de patients montrent que, m me apr s de courtes p riodes d observation (six ans), 74 de ceux-ci n atteignaient plus les seuils de r mission clinique et ne satisfaisaient plus les crit res d un trouble de la personnalit selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Zanarini et al ., 2005).
L analyse de la personnalit normale est fond e sur le postulat qu il s agit d un construit de nature dimensionnelle o chaque trait psychologique est distinct des autres et sous-tend des comportements, attitudes, pens es et motions distinctes (p. ex. extraversion-introversion, n vrosisme-stabilit motionnelle, ouverture l exp rience-conservatisme, amabilit -antagonisme et propension tre consciencieux-n gligent); chaque individu manifestant ces traits d une fa on plus ou moins marqu e (Saucier et Srivastava, 2015). La th orie la plus reconnue adoptant cette position est sans contredit la th orie en cinq facteurs (Big Five) (McCrae et Costa, 1997). Ces auteurs soutiennent que la personnalit est constitu e de cinq grandes dimensions, soient: 1) le n vrosisme, 2) l extraversion, 3) l amabilit , 4) l ouverture l exp rience et 5) la propension tre consciencieux (McCrae, 1991) ( tableau 3.1 ). Ces cinq traits repr senteraient les dimensions de base de la personnalit normale. Il s agit d un mod le hi rarchique o chacune des cinq grandes dimensions se subdivise en six facettes. Ces derni res permettent de d crire plus pr cis ment la nature de chacune des dimensions. Le tableau 3.1 pr sente, pour chacune des dimensions, une courte description, les facettes qui la composent ainsi que des exemples de construits apparent s.
1.2. Trouble de la personnalit
Contrairement la personnalit normale qui a davantage t tudi e dans une perspective dimensionnelle, les troubles de la personnalit ont historiquement t analys s principalement sous l angle cat goriel. Les principaux l ments de cette approche s actualisent dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), un ouvrage de r f rence en psychiatrie. Depuis 1980, le DSM d crit les troubles de la personnalit en six crit res g n raux, pour ensuite proposer dix cat gories diagnostiques formant trois sous-groupes ( encadr 3.1 ). Or, dans la cinqui me et plus r cente version du DSM (American Psychiatric Association, 2013), on propose en annexe un nouveau mod le diagnostique et une nouvelle fa on d tablir la pr sence ou l absence d un trouble de la personnalit , qui s arriment mieux que pr c demment avec, entre autres, les th ories psychodynamiques des troubles de la personnalit . Voici un aper u des nouveaux crit res que doit rencontrer une personne pour qu il soit tabli qu elle souffre d un trouble de la personnalit : a ) pr sence d une alt ration du soi (identit et capacit d entretenir un but long terme 2 ) et du fonctionnement interpersonnel (capacit d empathie et d intimit ); b ) pr sence d un trait pathologique ou plus de la personnalit ; c ) alt ration de la personnalit et expression relativement stable et constante des traits de la personnalit dans plusieurs situations; d ) alt ration et expression de traits de personnalit ne pouvant pas tre consid r s normaux en fonction du stade d veloppemental ou du contexte socioculturel; e ) alt ration de la personnalit et expression pathologique de traits de personnalit n tant pas seulement dus l effet direct d une substance (p. ex. d pendances) ou une affection m dicale g n rale (p. ex. traumatisme cr nien). Notons qu un des crit res g n raux de la pr sence d un trouble de la personnalit est maintenant d avoir de la difficult prouver de l empathie pour les autres et entretenir des relations intimes satisfaisantes et empreintes de r ciprocit , toutes des aptitudes fortement associ es au fonctionnement conjugal.
T ABLEAU 3.1. Dimensions et facettes de la personnalit selon la th orie en cinq facteurs

ENCADR 3.1. Troubles de la personnalit selon le DSM-5
Crit res g n raux
A. Modalit durable de l exp rience v cue et des conduites qui d vie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l individu dans au moins deux des domaines suivants:
1. Cognition
2. Affectivit
3. Fonctionnement interpersonnel
4. Contr le des impulsions
B. Ces modalit s durables sont rigides et envahissent des situations personnelles et sociales tr s diverses.
C. Ce mode durable entra ne une souffrance cliniquement significative ou une alt ration du fonctionnement social, professionnel ou dans d autres domaines importants.
D. Ce mode est stable et prolong et ses premi res manifestations sont d celables au plus tard l adolescence ou au d but de l ge adulte.
E. Ce tableau n est pas mieux expliqu par les manifestations ou les cons quences d un autre trouble mental.
F. Ce mode durable n est pas d aux effets physiologiques d une substance ou une affection m dicale g n rale.

Bien que le mod le diagnostique du DSM constitue toujours une r f rence centrale dans le monde de la recherche et de la clinique psychiatrique en Am rique du Nord, la derni re d cennie a t le lieu d une mont e en force de nombreuses critiques son endroit. Ces critiques formul es portent surtout sur le manque de complexit du mod le limitant souvent l valuation des troubles de la personnalit quelques manifestations observables, le manque de soutien empirique concernant les seuils cliniques tablis, la pr sence fr quente d une forte comorbidit entre les divers troubles de la personnalit alors qu ils devraient tre des cat gories diagnostiques mutuellement exclusives, le manque de sp cificit des cat gories cliniques et le peu de place laiss e au fonctionnement intrapsychique au d triment du caract re ph nom nologique du tableau clinique (Clark, Watson et Reynolds, 1995; Grilo, Sanislow et McGlashan, 2002; Leibing et al ., 2008; Mulder et Joyce, 1997; Shedler et Westen, 2004). En raison des nombreuses critiques formul es l endroit de la classification propos e par le DSM-5, plusieurs chercheurs et cliniciens choisissent d employer d autres nomenclatures des troubles de la personnalit . Ces th ories, qui diff rent sur leur d finition et leur conceptualisation de l tiologie, de la ph nom nologie et du traitement des troubles de la personnalit , peuvent galement se distinguer sur la base de la structure m me de leur cadre de conceptualisation. D abord, les approches dites cat gorielles, l instar de celle d fendue dans le DSM-5, proposent des entit s diagnostiques pr cises caract ris es par diff rents crit res pr tablis. C est le cas notamment du mod le par prototypes (Shedler et Westen, 2007) ainsi que du Psychodynamic Diagnostic Manual (American Psychoanalytse Association et Alliance of Psychoanalytic Organizations, 2006). Ainsi, pour tre reconnue comme souffrant d un trouble de la personnalit , une personne doit, par exemple, pr senter un nombre minimum de crit res (cinq sur neuf), ou correspondre une majorit d items descriptifs d un trouble de la personnalit donn .
Les approches dimensionnelles, plut t que de d finir les troubles de la personnalit comme des construits mutuellement exclusifs, consid rent que ceux-ci se caract risent par l expression extr me (c est- -dire, anormalement haute ou basse) de traits normaux de la personnalit . Certains de ces traits deviennent donc importants lorsqu ils atteignent une intensit significativement sup rieure un seuil pr d fini. Dans cette perspective, la plupart des traits de personnalit , lorsqu ils se manifestent avec force, pourraient correspondre une pathologie particuli re de la personnalit . Cette position a d ailleurs encourag les sp cialistes tenter d identifier les pathologies de la personnalit l aide de la th orie en cinq facteurs. Les recherches ont permis de mettre en lumi re que l arrimage de r sultats extr mes diff rentes facettes du mod le en cinq facteurs permettait d identifier les troubles de la personnalit d crits dans le DSM (Lynam et Widiger, 2001) et d autres pathologies de la personnalit , comme la psychopathie (Lynam et Widiger, 2007). Le tableau 3.2 pr sente le profil attendu aux facettes du mod le en cinq facteurs selon diff rents troubles de la personnalit (Lynam, 2012).
Enfin, il existe galement des approches hybrides. Celles-ci permettent, d une part, de circonscrire de fa on cat gorielle le type de difficult s pr sent es par l individu, sous la forme d un diagnostic de trouble de la personnalit par exemple. D autre part, elles permettent d valuer de fa on dimensionnelle les troubles de la personnalit , en situant chacun d eux sur certains continuums, tels que celui de la s v rit . C est le cas de la th orie psychodynamique de la personnalit de Kernberg (Kernberg, 1984; Kernberg et Caligor, 2005). Ce mod le int gre les troubles de la personnalit inscrits dans le DSM-IV (2000) une conception dimensionnelle de l tiologie et de la symptomatologie des troubles de la personnalit (Clarkin, Yeomans et Kernberg, 2006). En plus de fournir un cadre de compr hension des troubles de la personnalit , cette th orie, que l on pourrait qualifier de structurale et dimensionnelle, les situe, selon leur niveau de s v rit , par rapport la personnalit dite "normale . En effet, elle place chacun des troubles de la personnalit se retrouvant dans le DSM-IV selon trois continuums. Le premier, visant caract riser la s v rit de la pathologie, va de la personnalit normale, aux troubles psychotiques, avec les personnalit s n vrotique et limite au centre de ce continuum. Le second continuum, allant d une personnalit introvertie une personnalit extravertie, d crit les personnes souffrant d un trouble de la personnalit selon leur tendance s investir et trouver gratification dans le monde externe et les relations interpersonnelles (par opposition la tendance se refermer sur soi et trouver gratification dans son monde interne en demeurant relativement distant des autres). Le troisi me continuum est celui de l agressivit et correspond g n ralement au degr de p n tration et de contamination plus ou moins importante et mal modul e de cette pulsion de base dans l univers relationnel et objectal de l individu. L agressivit est ici con ue comme une pulsion au service d objectifs sains et souhaitables (la cr ativit et la comp titivit , par exemple) ou d lans destructeurs et pathologiques (perversions sexuelles, violence conjugale, par exemple).
La personnalit est un construit complexe, tant dans sa d finition que dans sa conceptualisation. Les diff rentes conceptions de la personnalit normale et pathologique permettent de pr ciser les fondements des diff rences individuelles qui se r percuteront sur le parcours de vie des individus. partir des diff rentes conceptualisations expos es, nous proposons une synth se des connaissances sur les liens entre la personnalit normale, puis pathologique, et divers aspects du fonctionnement conjugal.
T ABLEAU 3.2. Profil attendu selon diff rents troubles de la personnalit

2. PERSONNALIT ET FONCTIONNEMENT CONJUGAL
De nombreuses conceptualisations th oriques ont t appliqu es pour mieux comprendre comment la personnalit est associ e au fonctionnement conjugal. Voici quelques-uns de ces mod les: le mod le volutionniste de Millon (Millon, 1983), le mod le en sept facteurs de Cloninger (Cloninger, Svrakic et Przybeck, 1993), le mod le de Cattell constitu de seize traits primaires de la personnalit (Cattell, Eber et Tatsuoka, 1970) et le mod le en cinq facteurs (Five Factor Model [FFM]) de Costa et McCrae (1992). ce jour, les chercheurs dans le domaine de la psychologie du couple ont, pour la plupart, t guid s par les postulats issus de la th orie des cinq facteurs.
2.1. Personnalit et satisfaction conjugale
Dans l tude des d terminants intrapsychiques de la satisfaction conjugale, le n vrosisme constitue le trait de personnalit le plus tudi (Daspe et al ., 2013). Il se d finit comme une tendance g n rale prouver des affects n gatifs, entretenir des id es irrationnelles, perdre le contr le de ses impulsions et s adapter plus difficilement au stress (Costa et McCrae, 1992). D autres chercheurs ajoutent que les gens ayant un niveau lev de n vrosisme vivent davantage d instabilit motionnelle (Bouchard, Lussier et Sabourin, 1999), ce qui les pr dispose g n ralement ressentir de la d tresse et de la frustration en relation de couple (Costa et McCrae, 1980).
Plus d une soixantaine d tudes transversales montrent que les individus qui rapportent un niveau lev de n vrosisme sont plus insatisfaits de leurs relations que les individus qui en manifestent peu (Barelds, 2005; Lavee et Ben-Ari, 2004; M ller, 2004; Schaffhuser, Allemand et Martin, 2014). Ils r agissent plus rapidement et plus fortement aux m sententes conjugales, en devenant tristes, col riques ou angoiss s. Ces tats motionnels se d ploient aussi sur une plus longue p riode de temps et ils sont donc susceptibles d entra ner de plus fortes baisses de la satisfaction conjugale que lorsqu ils sont de courte dur e. Le n vrosisme est ainsi souvent consid r comme une menace persistante une relation conjugale satisfaisante. Le n vrosisme observ chez l un des partenaires constitue aussi un pr dicteur important de la satisfaction conjugale de l autre partenaire (Barelds, 2005; Bouchard et al ., 1999; Caughlin et al ., 2000; Donnellan et al ., 2004; Lavee et Ben-Ari, 2004; Robins, Caspi et Moffitt, 2000).
En d pit de ces r sultats unanimes soulignant la tendance g n rale concevoir l association entre le n vrosisme et la satisfaction conjugale comme lin aire, des donn es r centes sugg rent qu il serait pr f rable d adopter une vision curvilin aire de ce lien (Daspe et al ., 2013). En effet, en contexte conjugal, un n vrosisme tr s faible entra ne lui aussi des emb ches qui se manifestent par un trop long d lai avant la reconnaissance des difficult s conjugales prouv es et une plus faible motivation r soudre celles-ci de mani re ad quate. De surcro t, les r percussions n fastes d un n vrosisme trop lev ou trop faible se r percuteraient tant sur la satisfaction conjugale de l individu lui-m me que sur la satisfaction conjugale de son ou sa partenaire. Dans une tude r alis e aupr s de 472 couples en psychoth rapie (Daspe et al ., 2013), pr s de 40 des couples taient compos s d au moins un conjoint pr sentant un n vrosisme tr s faible. Ces donn es sugg rent que le n vrosisme faible est fr quemment rencontr en contexte clinique et repr sente possiblement une probl matique dont l importance est le plus souvent sous-estim e tant en recherche qu en pratique clinique.
Outre le n vrosisme, un certain nombre d tudes ont port sur les autres dimensions de la personnalit issues de la th orie des cinq facteurs. L extraversion fait r f rence la tendance retirer du plaisir des situations sociales, au besoin d tre entour , l affirmation de soi, la recherche de sensations ainsi qu la propension ressentir des motions positives (Costa et McCrae, 1992). Les individus introvertis sont, l inverse, r serv s, ind pendants et pr f rent g n ralement la solitude la pr sence dans un groupe. L extraversion est l un des traits de personnalit pour lequel la relation avec la qualit des unions est la plus mitig e. Tout d abord, certaines tudes associent positivement l extraversion la satisfaction conjugale (Barelds, 2005; B gin et al ., 1997; Solomon et Jackson, 2014; Watson, Hubbard et Weise, 2000). D autres r v lent plut t qu un niveau lev d extraversion serait associ davantage d instabilit au sein du couple (Kelly et Conley, 1987), alors que certaines recherches n ont d montr aucune relation entre ces variables (Bouchard et al ., 1999; Donnellan et al ., 2004; Gattis et al ., 2004). L h t rog n it des r sultats des tudes pourrait tre due au fait que la relation entre l extraversion et la satisfaction conjugale n est pas aussi directe que pour d autres traits de personnalit . En ce sens, Lazarid s, B langer et Sabourin (2010) ont observ un effet mod rateur de l extraversion sur la relation entre les comportements de communication et la satisfaction conjugale. Les hommes extravertis seraient moins satisfaits sur le plan conjugal lorsque leur conjointe pr sente des styles de communication dominants ou critiques, le pairage de deux conjoints pr sentant une forte assertivit tant susceptible de g n rer davantage d interactions conflictuelles. Il est donc possible que l influence de l extraversion sur la qualit des relations soit plus sensible au contexte interpersonnel que celui d autres traits qui sont plus intrins quement positifs ou n gatifs (Lazarid s et al ., 2010).
L ouverture l exp rience caract rise les individus curieux et enclins adopter des valeurs et des opinions non conventionnelles. Cette dimension fait r f rence galement l ouverture et la tol rance face aux motions, autant positives que n gatives (Costa et McCrae, 1992). l inverse, la fermeture traduit plut t une tendance tre conventionnel et pr f rer la familiarit la nouveaut . Les tudes ayant examin le lien entre l ouverture et l ajustement conjugal montrent aussi des r sultats incongruents. Alors que certains observent une relation n gative entre l ouverture et la satisfaction conjugale (Karney et Bradbury, 1995), d autres observent une relation positive chez l homme (Bouchard et al ., 1999). Par ailleurs, certaines tudes sugg rent qu une ouverture lev e chez un individu favoriserait la satisfaction conjugale de son ou de sa partenaire (Botwin, Buss et Shackelford, 1997; Bouchard et al ., 1999; Daspe et al ., 2013; Kosek, 1996). L effet positif de l ouverture sur la qualit des unions s expliquerait par le fait que les individus ouverts sont plus tol rants face aux divergences de comportements, de valeurs ou d opinions (Bouchard et al ., 1999) et font preuve d une approche plus flexible face la r solution de probl me et aux conflits (Donnellan et al ., 2004). Bouchard et Arseneault (2005) ont toutefois observ que chez la femme, le lien entre l ouverture l exp rience et la satisfaction conjugale est mod r par la dur e de l union. En d but de relation, l ouverture disposerait celle-ci tre plus tol rante face aux divergences de points de vue de son conjoint, favorisant la coh sion au sein du couple. Cependant, au fil du temps, ses valeurs non traditionnelles pourraient l amener remettre en question plus ais ment sa relation et consid rer diff rentes alternatives sa vie conjugale. Cet effet mod rateur de la dur e de l union pourrait expliquer les r sultats parfois mitig s quant au lien entre l ouverture et la satisfaction conjugale.
L amabilit traduit un ensemble de motivations et de comportements visant entretenir des relations positives. Elle caract rise les individus enclins faire confiance aux autres et poser des gestes prosociaux. L antagonisme (amabilit faible) traduit, l inverse, une tendance la manipulation, au scepticisme et la comp titivit (Costa et McCrae, 1992). Les r sultats d tudes traitant de l amabilit sugg rent que cette dimension serait, apr s le n vrosisme, le deuxi me trait de personnalit le plus fortement corr l la satisfaction conjugale (Donnellan et al ., 2004). La relation positive entre ce trait de personnalit et la qualit des unions (Barelds, 2005; B gin et al ., 1997; Bouchard et al ., 1999; Donnellan et al ., 2004; Schaffhuser et al ., 2014) n est pas surprenante, tant donn la forte association entre cette dimension et la qualit des relations. Toutefois, dans certaines tudes, cette relation est significative seulement lorsque les deux partenaires pr sentent de fortes doses de ce trait de personnalit (Barelds, 2005) alors que, dans d autres, la relation entre l amabilit et la satisfaction conjugale est pr sente uniquement chez les hommes (B gin et al ., 1997). L amabilit du partenaire serait galement associ e la satisfaction du conjoint (Donnellan et al ., 2004). De leur c t , Watson et ses collaborateurs (2000) indiquent qu en comparaison aux couples mari s, l amabilit est un pr dicteur de la satisfaction conjugale seulement chez les individus en relation de fr quentation. Les individus faisant preuve d une amabilit lev e sont moins enclins s engager dans des interactions n gatives susceptibles d avoir une incidence d l t re sur le couple (Donnellan et al ., 2004). Contrairement aux individus pr sentant un n vrosisme lev , les individus aimables tendent percevoir plus positivement leur partenaire ainsi que la qualit de leur relation de couple. Cette valuation positive de leur relation les am nerait s investir davantage et tenter de r pondre aux besoins de leur partenaire (Ozer et Benet-Martinez, 2006), expliquant l incidence b n fique de ce trait de personnalit sur la satisfaction conjugale des deux conjoints.
Enfin, la propension tre consciencieux implique la tendance respecter les normes socialement prescrites, le contr le des impulsions, la planification et l acceptation d un d lai avant la gratification. Les individus pr sentant un score lev sur cette dimension sont fiables, d termin s et ont un fort d sir de r ussite. Les individus peu consciencieux ont, quant eux, une tendance la n gligence, au manque de discipline et l impulsivit (Costa et McCrae, 1992). Quelques chercheurs ont d montr une relation positive entre la propension tre consciencieux et la satisfaction conjugale de l individu et de son partenaire (Bouchard et al ., 1999; Claxton et al ., 2012; Dyrenforth et al ., 2010; Schaffhuser et al ., 2014; Solomon et Jackson, 2014; Watson et al ., 2000). Cette relation pourrait s expliquer par le d sir de r ussite des individus consciencieux, leur relation de couple n y faisant pas exception. Ceux-ci seraient donc plus enclins fournir les efforts n cessaires pour atteindre et maintenir une relation de couple satisfaisante (Bouchard et al ., 1999). De surcro t, le contr le des impulsions favorisant la saine gestion des conflits (Robins et al ., 2000) et leur fiabilit , les rendant moins susceptible de recevoir des critiques de la part de leur partenaire, pourraient r duire l occurrence d interactions n gatives (Donnellan et al ., 2004). l inverse, des degr s faibles de propension tre consciencieux pr senteraient des risques importants pour la qualit des unions. Par exemple, Shackelford, Besser et Goetz (2008) ont observ que les individus peu consciencieux, en plus d tre g n ralement moins satisfaits de leur relation de couple, pr sentent des risques plus lev s d infid lit associ s l impulsivit et la recherche de gratification imm diate.
l exception d tudes r centes sur le n vrosisme, les donn es empiriques quant la contribution des diff rents traits de personnalit la qualit des unions sugg rent qu un p le des dimensions (p. ex. amabilit lev e) est b n fique, alors que l autre est d l t re (p. ex. amabilit faible). Toutefois, les r cents d veloppements en psychologie clinique de la personnalit , abord s pr c demment, jumel s l exp rience clinique, sugg rent plut t que des scores se situant aux deux extr mit s des dimensions seraient caract ristiques des troubles de la personnalit . Ces observations invitent nuancer l interpr tation des conclusions des tudes portant sur les dimensions du mod le en cinq facteurs et la satisfaction conjugale. Par exemple, bien qu une amabilit lev e favorise des interactions conjugales harmonieuses, des degr s trop lev s, caract ristiques du trouble de la personnalit d pendante, pourraient traduire une tendance la soumission et au sacrifice de soi entravant le d veloppement d un contexte relationnel qui r pond aux besoins de l individu. Dans le m me ordre d id e, des degr s trop lev s de propension tre consciencieux pourraient traduire un grand besoin de contr le ainsi qu un surinvestissement dans la sph re professionnelle, au profit de la relation de couple. Ces possibles r percussions n fastes de scores trop faibles ou trop lev s aux dimensions de la personnalit pourraient d ailleurs expliquer l incongruence dans les r sultats des tudes portant sur l extraversion et l ouverture l exp rience.
2.2. Traits de personnalit et risque de dissolution des unions
La personnalit a galement t associ e la trajectoire de changement de la satisfaction conjugale au fil du temps. L tude longitudinale de Karney et Bradbury (1997) souligne, cet effet, que le n vrosisme imposerait un plancher au degr initial de satisfaction des conjoints. Puisqu au d part ces conjoints sont d j moins satisfaits que les autres, et qu au fil du temps la satisfaction conjugale d cro t pour la majorit des gens, ces individus atteignent plus rapidement que les autres un seuil important de d tresse conjugale et ils sont plus susceptibles de se s parer (Caughlin et al ., 2000; Karney et Bradbury, 1997; voir Karney, 2015, pour une recension de ces crits). D autres aspects de la personnalit seraient galement associ s au risque de dissolution des relations intimes. Le Bureau central de statistiques des Pays-Bas r v le, par exemple, que 40 des couples divorc s rapportent une incompatibilit au niveau de la personnalit comme raison principale de rupture (De Graaf, 2006). Parall lement, les deuxi me et cinqui me causes de s paration les plus fr quentes aux tats-Unis seraient respectivement une incompatibilit et des probl mes sur le plan de la personnalit (Amato et Previti, 2003). Ces donn es t moignent de l influence de la personnalit sur la stabilit des relations de couple. Dans la m me lign e, l tude de Kelly et Conley (1987), qui s est chelonn e sur 50 ans, sugg re que le n vrosisme pr dit le risque de divorce tant en d but d union que plus tardivement au cours du mariage. En d but d tude, les individus divorc s pr sentent davantage de n vrosisme que ceux dont l union est intacte et satisfaisante. Selon ces m mes auteurs, l extraversion pr dirait quant elle le divorce chez les hommes seulement. Les r sultats indiquent galement qu un faible degr d amabilit chez les hommes serait associ un risque plus grand de divorce. Il semble donc que certains traits de la personnalit soient associ s un risque plus lev de divorce et de s paration. Les r sultats de l tude de Solomon et Jackson (2014) confirment que le risque de dissolution d une union est consid rablement augment chez les individus qui rapportent moins d amabilit , qui sont moins consciencieux et qui pr sentent un n vrosisme lev .
2.3. N vrosisme et communication au sein des unions
Plusieurs chercheurs dans le domaine des relations conjugales ont identifi un lien entre les traits de personnalit des partenaires et leur mode de communication privil gi (Fitzpatrick et Badzinski, 1994). De nombreuses tudes ont t effectu es afin de d montrer l influence du n vrosisme sur la communication et, par cons quent, sur la satisfaction conjugale (Caughlin et al ., 2000; Davila et al ., 2003; Heaven et al ., 2006; Karney et Bradbury, 1997; Watson et al ., 2000). Il semble que le n vrosisme des deux partenaires pr dirait une plus grande n gativit lors des changes, ce qui aurait en retour une incidence d l t re sur la qualit de la relation conjugale (Caughlin et al ., 2000; Donnellan et al ., 2004). Par ailleurs, il semble que le n vrosisme n ait pas le m me effet l int rieur d un couple s il est pr sent chez la femme ou chez l homme. En effet, dans une tude de Lazarid s et collaborateurs (2010), le n vrosisme initial de l homme avait un effet mod rateur sur le lien entre le type de comportements de r solution de probl me adopt s par la femme et l ajustement conjugal du couple deux ans et demi plus tard. D autre part, on a aussi trouv qu un faible degr de n vrosisme chez les hommes constitue le meilleur pr dicteur (c est- -dire, en comparaison aux autres dimensions du FFM) d une communication efficace telle que per ue par les deux partenaires, alors qu un niveau lev de n vrosisme chez les hommes pr dit le mieux un patron de communication vitant (Heaven et al ., 2006). Les r sultats de ces diverses tudes supportent g n ralement l id e qu il existe un lien significatif entre le n vrosisme, la pr sence d une communication dysfonctionnelle au sein des unions et la satisfaction conjugale. D autres tudes seront n cessaires afin de r pliquer et aussi de mieux d terminer le r le unique de chacune de ces variables au sein du couple.
2.4. Traits de personnalit et sexualit
La satisfaction sexuelle des partenaires a elle aussi t consid r e comme m diateur entre la personnalit et la satisfaction conjugale. L tude longitudinale de Fisher et McNulty (2008) comprenant 72 couples nouvellement mari s sugg re que le n vrosisme des femmes pr dirait n gativement leur satisfaction sexuelle alors que, chez les hommes, leur propre n vrosisme et celui de leur conjointe pr diraient une diminution de leur satisfaction sexuelle. En outre, les r sultats d une autre recherche soulignent qu il existe une corr lation entre l amabilit , le n vrosisme (n gative) et l ouverture l exp rience, tels qu valu s aupr s des femmes, et la satisfaction sexuelle des hommes (Donnellan et al ., 2004). En ce qui a trait la satisfaction sexuelle des femmes, elle serait corr l e l amabilit , au n vrosisme (n gativement) et la propension tre consciencieux des hommes (Donnellan et al ., 2004). Ces r sultats de recherche appuient l hypoth se d une relation lin aire n gative entre le n vrosisme et la satisfaction sexuelle, mais aucune donn e, sur l tendue de la pr sence de coercition sexuelle chez les couples dont un membre est insatisfait sexuellement, n est disponible.
Or, encore une fois, Daspe et al . (2015) sugg rent que le lien entre le n vrosisme et la satisfaction sexuelle devrait tre conceptualis comme une relation curvilin aire en forme de U invers , o un tr s faible niveau de n vrosisme est consid r comme probl matique pour la sant sexuelle d un couple, tout comme un niveau de n vrosisme tr s lev . Une association curvilin aire semble galement caract riser la relation entre le n vrosisme et la coercition sexuelle perp tr e par les hommes. En effet, Daspe, Lussier et Sabourin (2014) ont tudi 299 couples ayant compl t le NEO-FFI (Costa et McCrae, 1992) ainsi que le Questionnaire sur la r solution des conflits conjugaux (Straus et al ., 1996). Ceux-ci observent que pr s de 20 des couples de l chantillon rapportent la pr sence de coercition commise par l homme, celle-ci prenant surtout la forme d insistance verbale. Les analyses acheminatoires confirment l hypoth se d une relation curvilin aire en forme de U entre le n vrosisme de l homme et la coercition sexuelle perp tr e (et ce, tant pour la coercition autorapport e que celle rapport e par la partenaire). Les auteurs sugg rent que l hostilit et les difficult s de r gulation motionnelle inh rentes un n vrosisme lev pourraient expliquer ces r sultats (Bettencourt et al ., 2006). Ils soulignent aussi que le manque de r activit motionnelle et d empathie envers les motions de l autre, caract ristiques d un n vrosisme tr s faible (Mullins-Sweatt et Widiger, 2006), pourrait expliquer le plus haut risque de coercition chez les hommes se situant une extr mit ou l autre du continuum de n vrosisme. Avec pr s de 37 des hommes de l chantillon pr sentant des taux de n vrosisme faibles et 23 pr sentant un n vrosisme lev , il importe de tenir compte des r percussions li es ces deux profils sur le plan des comportements coercitifs. Enfin, les r sultats d une tude longitudinale r cente (sur deux mois d observation), men e avec une m thodologie de journaux quotidiens, montrent eux aussi que le n vrosisme joue un r le important dans l mergence de la violence sexuelle au sein du couple (Elkins et al ., 2013).
2.5. Personnalit et appariement non al atoire des couples
Il semble que les gens pr f rent un partenaire amoureux qui leur ressemble sur le plan de la personnalit , en conformit l adage selon lequel "qui se ressemble s assemble . Plusieurs chercheurs en psychologie du couple se sont int ress s cet gard au processus de s lection du partenaire amoureux (Klohnen et Mendelsohn, 1998; Luo et Klohnen, 2005; Watson et al ., 2004). L appariement non al atoire des couples fait r f rence au choix d un conjoint sur la base de ressemblances sur certaines caract ristiques sociod mographiques et psychologiques. Les tudes ce sujet rapportent d importantes similarit s entre les partenaires en ce qui a trait l ge, aux pr f rences religieuses et aux convictions politiques (Botwin et al ., 1997; D Onofrio et al ., 1999; Feng et Baker, 1994). Mais qu en est-il de la ressemblance des conjoints sur certains traits de personnalit ? Les crits scientifiques fournissent un appui modeste l hypoth se d un appariement des couples sur le plan de la personnalit (Botwin et al ., 1997; Figueredo, Sefcek et Jones, 2006; Lake et al ., 2000; Little, Burt et Perrett, 2006; Luo et Klohnen, 2005; Watson et al ., 2004). Botwin et son quipe ont obtenu des corr lations positives entre les traits des partenaires sur l amabilit , la propension tre consciencieux et l ouverture l exp rience. De fa on plus pr cise, les individus rechercheraient un conjoint id al plus aimable, extraverti et consciencieux qu eux et pr sentant galement un niveau de n vrosisme moins lev que le leur (Figueredo et al ., 2006). Toutefois, dans la plupart des tudes recens es, les traits de personnalit des conjoints sont mod r ment ou faiblement associ s la satisfaction conjugale. L ouverture l exp rience semble tre le trait de personnalit sur lequel les partenaires sont les plus semblables (McCrae et al ., 2008).
Par ailleurs, plusieurs auteurs nuancent ces r sultats en fonction du stade de formation de l union et de la dur e de la relation. En effet, il semble que l appariement des traits de personnalit soit plus important chez de jeunes couples puisqu ils envisagent de planifier leur vie ensemble (Utne et al ., 1984) et chez les couples qui sont ensemble depuis 25 ans ou plus, puisqu ils doivent partager davantage de temps ensemble la suite du d part des enfants et de la retraite (Ekerdt et Vinick, 1991; Hatch et Bulcroft, 2004; Levenson, Carstensen et Gottman, 1993). Apr s plus d une dizaine d ann es de vie commune, il semble que plusieurs des diff rences entre conjoints en mati re de personnalit puissent tre b n fiques, dans la mesure o chaque partenaire contribue au couple en utilisant ses forces pour partager et assumer les responsabilit s (Gonzaga, Campos et Bradbury, 2007; Shiota et Levenson, 2007).
En r sum , les r sultats pr sent s jusqu maintenant confirment l apport majeur du n vrosisme sur la qualit et la stabilit des unions. Par ailleurs, la plupart des tudes portant sur la personnalit et les relations conjugales ont t guid es par des mod les multifactoriels de la personnalit (Costa et McCrae, 1992) et ont port presque exclusivement sur un trait en particulier. Plusieurs chercheurs d orientations diverses soulignent le besoin d tudier des conceptions alternatives de la personnalit qui permettraient d approfondir la compr hension des d terminants personnologiques de la satisfaction conjugale (Donnellan, Larsen-Rife et Conger, 2005; Gattis et al ., 2004; Watson et al ., 2000). Dans ce contexte, le mod le psychodynamique d Otto F. Kernberg (1976) sur l organisation de la personnalit vient proposer une nouvelle perspective th orique hautement coh rente et prometteuse de l tude des dynamiques conjugales. Quelques tudes pr liminaires ont observ des corr lations significatives entre le n vrosisme et les dimensions de la personnalit issues de la th orie de Kernberg, ce qui sugg re une possible compl mentarit entre ces construits. Cette association pourrait pr ciser les m canismes par lesquels le n vrosisme et d autres traits de la personnalit s associent pour affecter la qualit des relations conjugales. La section qui suit pr sente sommairement quelques aspects de la th orie psychodynamique de Kernberg et les tudes s y tant int ress es dans le contexte de la psychologie du couple.
2.6. Approche psychodynamique de la personnalit en contexte de relation conjugale
La th orie psychodynamique de Kernberg (1976) sur l organisation de la personnalit , d crite pr c demment, offre une perspective conceptuelle int ressante propos de l organisation de la personnalit normale et pathologique. Ce mod le s appuie sur une th orie des pulsions int grant la fois la th orie des relations d objet et l analyse du d veloppement des affects (Kernberg, 2004). Cette conception est un mod le intrapsychique et se fonde sur une classification tant cat gorielle (c est- -dire, inclut les troubles de la personnalit du DSM) que dimensionnelle (c est- -dire, utilise la fois un continuum de s v rit des troubles et un continuum d extraversion et d agressivit dans la pr sentation clinique) (Clarkin et al ., 2006).
Cette approche stipule que la personnalit s organise autour de trois dimensions, soit la diffusion de l identit (c est- -dire, un manque d int gration du concept de soi et des autres, une difficult se d finir et d crire les autres), l utilisation de m canismes de d fense primitifs (c est- -dire, l utilisation inflexible et r p t e de m canismes de d fense primitifs tels le clivage, qui se d finit comme la s paration des perceptions de fa on dichotomis e) et l preuve de r alit (c est- -dire, la capacit de l individu faire la diff rence entre ses repr sentations internes du monde et la r alit ext rieure) (Clarkin et al ., 2006; Kernberg, 2004; Kernberg et Caligor, 2005). La diffusion identitaire et l utilisation de d fenses primitives s accompagnent g n ralement d affects n gatifs intenses et difficiles contr ler, ce qui se rapproche de la conception du n vrosisme d crit dans le mod le de la personnalit en cinq facteurs. La position d un individu sur ces trois dimensions de la personnalit influencerait grandement sa capacit tablir et maintenir des relations amoureuses intimes et chaleureuses. Selon Kernberg, le fait de pr senter une organisation de la personnalit de plus bas niveau, c est- -dire une diffusion de l identit , des d fenses primitives et un contact pauvre avec la r alit , serait associ des relations intimes chaotiques et instables (voir Clarkin et al ., 2006 et Kernberg et Caligor, 2005, pour de plus amples d tails sur la th orie de Kernberg).
L Inventaire d organisation de la personnalit (IPO) (Kernberg et Clarkin, 1995), mis au point par Kernberg et son quipe, permet d examiner les manifestations psychologiques et comportementales de ces trois dimensions de la personnalit . Bien qu il soit destin valuer l organisation de la personnalit de fa on g n rale, il a t d montr qu il est un pr dicteur robuste du diagnostic de trouble de la personnalit limite chez des individus en couple (Blais-Bergeron et al ., para tre). Quelques tudes ont document la relation entre la personnalit et le fonctionnement conjugal l aide de l IPO. Waldinger et son quipe (2001) rapportent que les femmes pr sentant une diffusion de l identit importante ont tendance surestimer l intensit des motions n gatives v cues par leur partenaire amoureux, ce qui peut entra ner des interactions conjugales conflictuelles.
Verreault et al . (2012) ont voulu v rifier l apport sp cifique de ces dimensions de la personnalit dans la compr hension de la satisfaction conjugale, en contr lant pour la valeur pr dictive du n vrosisme.

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