Économie et gestion de la banque

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324 pages
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Les banques ont connu des mutations profondes au cours des trois dernières décennies. La dérégulation ayant accompagné la mondialisation des échanges a profondément modifié l’industrie bancaire en même temps que naissaient des risques nouveaux. Intimement liées aux marchés financiers dont elles se différencient pourtant quant aux fonctions qu’elles remplissent, les banques constituent un des deux pôles d’un système financier complexe, instable, mais contributif à la croissance et au développement.


Cet ouvrage présente les éléments fondamentaux de compréhension des banques. Il met en évidence leurs spécificités et les risques qui leur sont génétiquement associés. En particulier, les risques de liquidité, de marché, et de crédit sont définis, mesurés, et les modalités de leur gestion sont précisées.


Les vagues de fusions et acquisitions issues de la dérégulation, de même que l’extrême imbrication des systèmes bancaires ont eu pour conséquence l’émergence de banques « too big to fail » et d’un risque systémique. Les autorités internationales et nationales tentent aujourd’hui de contenir ce risque par une réglementation complexe dont la gouvernance et les objectifs sont présentés dans cet ouvrage. Cette nouvelle régulation de l’industrie bancaire doit être inspirée de considérations éthiques qui ne sont pas absentes de l’ouvrage.


Cet ouvrage emprunte aux sciences économiques et de gestion. Les exposés, s’ils sont le fruit d’une profonde imprégnation des théories bancaires les plus actuelles, privilégient toujours l’intuition économique et sont illustrés d’exemples chiffrés.

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EAN13 9782376872955
Langue Français

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« CollectionLes essentiels de la gestion dirigée par Gérard CHARREAUX, Patrick JOFFRE et Gérard KŒNIG »
Économie et gestion de la banque
Karima BOUAISS, Frédéric LOBEZ et Jean-Christophe STATNIK
136 boulevard du Maréchal Leclerc 14000 CAEN
© 2019. EMS Editions Tous droits réservés www.editions-ems.fr
ISBN : 978-2-37687-295-5 (Versions numériques)
Sommaire
Préface
Introduction générale
Chapitre 1. Fondements conceptuels et impact sur la croissance Introduction du chapitre 1. Les fonctions d’un système financier 1.1. La collecte de l’épargne au service du finance ment de l’investissement 1.2. La gestion et le transfert des risques 1.3. L’offre de moyens de paiement et de compensati on au service des transactions économiques 1.4. La mise en commun de ressources au service des entreprises par subdivision de leur propriété 1.5. La production d’information 1.6. Le système financier, support d’un système de gouvernance des entreprises 2. Fondements des banques en tant qu’institutions du système financier 2.1. Banques et production de liquidité 2.2. Banques et production d’information 2.3. Banques et contrôle des débiteurs 3. Banque, finance, et croissance : faits et chiffres 3.1. Intermédiation bancaire et croissance économiq ue 3.2. Crises bancaires et effets sur l’économie réel le Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 1
Chapitre 2. Le fonctionnement du marché du crédit bancaire et l’accès au crédit des entreprises Introduction du chapitre 1. Coûts de faillite et rationnement du crédit banc aire 1.1. Difficultés financières et faillites 1.2. Nature des coûts de faillite 1.3. Coûts de faillite et rationnement 1.4. Droit des faillites et accès au crédit 2. Information asymétrique et rationnement sur le marché du crédit bancaire 2.1. La genèse d’un paradigme 2.2. L’effet d’anti-sélection lié à la hausse du co ût du crédit et l’éventualité d’un rationnement du crédit bancaire à l’équilibre (Stig litz et Weiss, 1981) 3. Optimiser l’accès au crédit bancaire d’une entreprise 3.1. Les bénéfices attendus des relations de clientèle banque-entreprise 3.2. Le choix du pool bancaire de l’entreprise pour optimiser l’accès au financement bancaire Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 2
Chapitre 3. Les banques, leurs rapports aux marchés et les risques induits
Introduction du chapitre 1. Les financements par le marché 1.1. Le rôle du marché financier 1.2. Le marché monétaire 1.3. Le financement à long terme 2. La banque de financement et d’investissement (BFI) 2.1. Les métiers de la BFI 2.2. La BFI aux États-Unis et la banque universelle européenne 3. Nature et mesure du risque de marché 3.1. Définition de la VaR 3.2. Les différentes méthodes de calcul de la VaR 3.3. Une application de la VaR : le capital économi que des banques Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 3
Chapitre 4. L’activité et le risque de crédit Introduction du chapitre 1. La distribution des crédits classiques 1.1. Les crédits aux particuliers 1.2. Les crédits aux entreprises 2. Les crédits par signature 2.1. Les cautions 2.2. L’aval bancaire 2.3. Le crédit documentaire 3. Risque de signature et prime de risque 3.1. Spread de crédit et prime de risque 3.2. Scoring, cotation et notation 3.3. L’évaluation par le « chargé d’affaires » 4. La couverture du risque de crédit 4.1. Le marché des dérivés de crédits 4.2. Les Credit Default Swaps Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 4
Chapitre 5. Le risque d’illiquidité et le risque de taux Introduction du chapitre 1. Ruées bancaires et assurance des dépôts : de Mary Poppins à la banque Northern Rock 1.1. La création de liquidité : le contrat de dépôt à vue 1.2. Les ruées bancaires 1.3. La suspension de la convertibilité des dépôts 1.4. L’assurance des dépôts 2. La gestion du risque d’illiquidité 2.1. Mesure du risque d’illiquidité 2.2. Les instruments sans échéance 2.3. Gestion du risque d’illiquidité : un exemple 3. Nature, mesure et gestion du risque de taux 3.1. Le gap de taux comptable
3.2. La méthode des « gaps moyens taux fixe » 3.3. Gestion du risque de taux Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 5
Chapitre 6. Gouvernance de la régulation des risques bancaires Introduction du chapitre 1. La régulation bancaire, le résultat d’une coopération supranationale 1.1. Le Comité de Bâle, pilier central au sein de la gouvernance des risques bancaires 1.2. Des « recommandations » de Bâle III aux décrets du 3 novembre 2014, l’exemple français 1.3. Le rôle crucial des banques centrales dans la supervision bancaire 2. La gouvernance du risque systémique 2.1. Une gouvernance internationale orchestrée par le Financial Stability Board 2.2. La gouvernance européenne du risque systémique 2.3. Deux illustrations de la surveillance du risqu e systémique : la France et les États-Unis 3. La gouvernance des risques bancaires individuels 3.1. La surveillance européenne des banques 3.2. La supervision du risque de solvabilité dans l e cadre de la coopération franco-européenne 3.3. La supervision du risque de liquidité et l’ass urance des dépôts, ultime protection des déposants Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 6
Chapitre 7. Régulation bancaire : quand le contournement de la règle permet d’améliorer la règle Introduction du chapitre 1. Les accords de Bâle I (1988 et 1996) : les causes et les modalités d’application 1.1. Les causes du premier accord de Bâle 1.2. La présentation du ratio Cooke 2. Bâle II (2004), une réforme à trois piliers 2.1. Le pilier I sur l’exigence minimale en fonds p ropres 2.2. Le pilier II sur la surveillance prudentielle des autorités de contrôle 2.3. Le pilier III sur la discipline de marché et l a transparence bancaire 3. La réforme Bâle III (2010), une réponse réglementaire à la crise financière de 2008 3.1. Le renforcement des fonds propres par les dive rs coussins 3.2. Les exigences supplémentaires et le renforceme nt des piliers II et III 3.3. Vers un retour à l’approche standard à travers le dispositif révisé de 2017 Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 7
Chapitre 8. Pour une éthique de la banque Introduction du chapitre 1. Éthique et banque : quelle articulation ? 1.1. Deux termes souvent dissonants 1.2. Les raisons d’un divorce
1.3. Éthique et banque : quelle articulation ? 2. Penser la justice en économie 2.1. Les critères de discernement 2.2. Les deux niveaux auxquels penser la justice 3. Esquisse d’une industrie bancaire plus juste 3.1. Esquisse d’une industrie bancaire juste 3.2. Modèle bancaire, gouvernance et régulation : p laidoyer pour la diversité 3.3. Les vertus du modèle bancaire relationnel 3.4. Rendre possible la faillite des banques Conclusion du chapitre Résumé du chapitre 8
Chapitre 9. Chapitre conclusif : trop de « banque » ? 1. Le système bancaire, dix ans après la crise de 2008 1.1. Un glissement du centre de gravité du système bancaire mondial 1.2. L’apparition de Léviathans bancaires 1.3. Une convergence des modèles bancaires 2. Le futur du système bancaire européen 2.1. Banques et marchés au sein d’un système financ ier : mérites respectifs 2.2. Un système financier européen plus intermédié qu’aux États-Unis 2.3. Avantages et risques associés à une possible d ésintermédiation Résumé du chapitre 9
Bibliographie
Glossaire
Préface
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé Et de tous les côtés au soleil exposés, Six forts Chevaux tiraient un Coche (…) Ainsi certaines gens, faisant les empressés, S’introduisent dans les affaires Ils font partout les nécessaires Être partout, importuns, devraient être chassés Jean de la Fontaine
La gestion de la banque dans une économie chancelante est devenue une discipline d’une grande complexité. Tenter d’intégrer les courants qui traversent le monde de la finance pour arriver à une « banque juste » est un défi. Confronter la gestion des risques et la régulation bancaire est devenu essentiel. Poser la question de la taille et du nombre de banques dans un monde qui n’a plus confiance dans leurs dirigeants et les autorités politiques est interpellant. Affronter les problèmes de liquidité et leur impact sur les taux d’intérêt est une gageure. Expliquer la complexité des structures de régulation et leurs objectifs, parfois contradictoires, qui créent des conflits d’intérêts troublants est un exercice périlleux.
Les auteurs de cet ouvrage n’ont pas eu froid aux yeux et ont réussi à transformer l’essai en étant à la fois analytiques et pédagogiques. Pour les béotiens comme moi qui sont perdus lorsque les équations apparaissent, il y a moyen de comprendre cet ouvrage sans entrer dans cette jungle économétrique. Pour les autres, ce sera un délice. Le devoir de pédagogie ne se développe pas au détriment de la rigueur analytique. Face au risque d’un tsunami financier dans les prochaines années, la question reste ouverte : les efforts développés depuis des décennies, et singulièrement depuis la crise financière de 2008, seront-ils suffisants pour éviter que les banques soient laminées par l’accumulation de l’endettement aussi bien au niveau français qu’européen et mondial ? Une forme de réglementation institutionnelle ne devrait-elle pas être complétée par une réglementation fonctionnelle ? C’est autour de la gestion des risques que s’articule cet ouvrage. Le métier de banquier est souvent caricaturé : il vous prête un parapluie par beau temps et le retire quand il pleut. Les crises par lesquelles les banques passent contredisent cet adage. Devant les dégâts de la crise de 2008, le constat de l’International Institute of Finance qui rassemble les grands acteurs du système bancaire était sans appel : il devenait urgent de créer une « culture du risque » qui permette d’allier la contribution à l’économie et la prudence fiduciaire d’institutions qui déploient des capitaux empruntés, déposés par les épargnants ou confiés par les actionnaires. L’itinéraire de l’ouvrage nous emmène dans un voyage qui permettra à la lectrice ou au lecteur de découvrir et mieux comprendre le défi quotidien de ce métier d’une complexité croissante.
Les dépôts Les auteurs attachent une importance particulière aux dépôts, et ce, à juste titre. Même si les gros dépôts et les dépôts de particuliers constituent un assemblage complexe, les banques doivent la moitié de leurs moyens d’action à cet acte de confiance du déposant. C’est à la fois leur colonne vertébrale et leur talon d’Achille. C’est la principale source de la stabilité financière, mais la première source de fragilité, le retrait étant imprévisible et parfois immédiat comme nous l’avons vu avec la banque Northern Rock au Royaume-Uni. Mais une inquiétude pointe à l’horizon : la réglementation permet, au-delà d’un certain montant, de s’attaquer aux dépôts comme nous l’avons vu à Chypre lors de la crise grecque. Si
aux États-Unis, l’instance réglementaire fédérale, le FDIC, couvre ce risque, l’Union bancaire européenne n’a pas encore réussi à structurer ce troisième pilier au niveau de l’eurozone. Certes cela ne touche pas la plupart des particuliers, mais la méfiance devient immédiatement source de déstabilisation.
La concentration bancaire est analysée par les auteurs qui concluent que certaines banques sont trop grosses, mais qu’il n’y a pas trop de banques. Le problème de la taille des banques est non seulement lié au risque systémique qu’elles représentent, mais aussi au pouvoir qu’elles ont et qui leur permet d’influencer les gouvernements, voire les régulateurs. L’Europe est particulièrement vulnérable et le projet de création d’une Union des marchés des capitaux se heurte à des obstacles structurels, sans oublier la perte de Londres comme capitale financière de l’Union européenne, par suite du Brexit.
Le risque de crédit
C’est ici que le risque d’intermédiation prend toute son ampleur. Les faillites existent, et l’équilibre du droit des faillites n’est pas toujours respecté. Il y a autant d’arguments pour rendre ce droit plus favorable aux créanciers (ce qui est le cas aux États-Unis) que pour défendre les droits du débiteur. Si les auteurs choisissent la première option, ils démontrent également que l’essentiel du risque de crédit sur les particuliers et les PME est le risque hypothécaire. Le refus de la réforme française incluse dans la loi Macron de prendre en compte la valeur de l’entreprise comme critère déterminant, continue à fragiliser ce dispositif.
Plaider pour une banque relationnelle est remarquable à l’heure où l’on essaie de nous faire croire que les robots s’en chargeront. L’argument retenu par les auteurs est celui de la longévité de la relation, du suivi personnalisé et de l’éducation réciproque. Ils ont raison, même s’ils savent qu’ils vont parfois à contre-courant. La relation est un élément déterminant de l’évaluation et de la gestion des risques.
Mais obtenir un crédit impose des devoirs au débiteur dont le principal est le partage complet des informations permettant aux banques de mieux comprendre le risque qu’elles prennent, et d’ajuster leur offre de crédit à ces circonstances. L’asymétrie de l’information est le principal obstacle à la dotation de crédits. La rétention d’information est une source de méfiance.
La Banque de Financement et d’Investissement Les États-Unis ont maintenu un équilibre entre les banques d’investissement et les banques commerciales. En Europe, les banques de marché ont disparu au bénéfice de filiales des grandes banques commerciales. Au niveau de la dette obligataire, l’essentiel du risque est celui des banques et du secteur public, ce qui limite les risques pris en compte. Les obligations d’entreprises non financières représentent une part négligeable de ce marché. Les banques ont en Europe un avantage qui leur permet de proposer à la fois la dette bancaire ou la dette obligataire, en fonction de leurs propres intérêts. Cela explique que, en fin de compte, la partie « risque de marché » des banques qui constitue la moitié de leurs bilans est essentiellement composée de risques interbancaires (y compris les produits dérivés) et de risques souverains. Qui plus est ce risque est caché par des exceptions massives de pondération de risque et de la comptabilisation des variations des prix de marché. C’est donc le risque de contrepartie qui domine.
Le risque de taux d’intérêt et d’illiquidité L’analyse remarquable de l’évolution de la réglementation bancaire face à ces risques conduit inévitablement à des questions. Basel III, et sa version européenne CDR IV, ont tiré les leçons de la crise de 2008. 2008 est d’abord une crise de liquidité liée auxsubprimes, s’exprimant sur