Revue Défense Nationale N° 849 - Avril 2022
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Ukraine-Russie : rupture géopolitique

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Date de parution 01 avril 2022
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

Exrait

RDN UkraineRussie : rupture géopolitique
« Il ne peut pas y avoir de paix sans justice et respect des droits humains. » Irène Khan
Revue Défense NationaleMensuel  Avril 2022
Votre vie est pleine d’imprévus
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Emmanuelle Mocquillon/Marine Nationale/Défense,
Gendarmerie / LPC / J.F. Pruv
Éditorial assée la sidération des premiers jours ayant suivi le 24 février, avec l’attaque bru-raiPn en attaquait un autre, au nom d’une approche idéologique censée puiser ses tale de la Russie contre l’Ukraine sur plusieurs fronts, le temps de la guerre est redevenu central en Europe. Pour la première fois depuis 1945, un État souve-sources dans l’Histoire troublée du « Vieux Continent ». Les références à la Seconde Guerre mondiale abondent désormais tant dans les discours des dirigeants des deux États en guerre que dans les analyses et les commentaires des événements. Et là encore, paradoxe de l’Histoire, il faut bien se référer aux errements de la Grande Armée de Napoléon ou de laWehrmachtpour comprendre ce qui se passe sur le terrain, entre modes d’actions, plans de progression et réalités du terrain. Le 24 février a ouvert une boîte de Pandore dont les conséquences semblent d’ores et déjà bien plus graves que celles ayant suivi le 11 septembre 2001. Parce qu’il s’agit d’une guerre symétrique entre des États développés, parce que cela se passe au cœur de l’Europe, parce que la Russie est le plus grand État de la planète de par sa taille, parce que les pays voisins sont membres de l’Otan et de l’UE pour la plupart et parce que l’ombre de l’arme nucléaire plane sur ce conflit dont nul ne peut en ce début avril prédire la conclusion. Cette rupture géopolitique majeure nous oblige à tout revoir. De la grammaire de la dissuasion nucléaire aux fondements de cet antagonisme entre deux États aux racines croisées puisant dans l’héritage de l’orthodoxie, dont certains considèrent que Moscou serait la troisième Rome, après la Ville éternelle et Constantinople. Et il est vrai que le temps faisant chemin, nous avions un peu délaissé et oublié ce qui se passait à l’est de l’Europe, le regard obnubilé vers le sud de la Méditerranée ou vers les loin-tains horizons de l’Indo-Pacifique. Ce dur rappel à la réalité géostratégique – dûment rappelé dans chaque numéro de laRDN– souligne combien la défense reste une fonction essentielle et déterminante pour un État, surtout s’il veut en même temps affirmer sa souveraineté et assumer ses responsabilités. Et ce mois d’avril sera pour la France un rendez-vous politique majeur avec l’élection présidentielle, obligeant à faire un choix dont celui de choisir notre des-tin autour de nos forces armées et de notre écosystème défense qui apparaissent plus que jamais comme garants de notre liberté d’action. C’est aussi un des autres paradoxes des conséquences du 24 février avec un intérêt accru pour les questions de défense de la part des candidats à l’élection, ce qui a amené laRDNà proposer un cahier numé-rique (www.defnat.com) avec les projets portés par ceux-ci pour accéder à l’Élysée. Il faut cependant garder tête froide et ne pas céder soit aux pusillanimes, soit aux va-t-en-guerre dans cette crise majeure. Plus que jamais, il importe de regarder et de comprendre en s’inscrivant à la fois dans le temps long de l’histoire pour analyser les causes et les ressorts, mais en allant au-delà de l’horizon pour que les décisions prises construisent l’avenir et ramènent un minimum d’espoir pour les générations à venir. Jérôme Pellistrandi –Rédacteur en chef
Sommaire AVRIL 2022
Ukraine-Russie : rupture géopolitique
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Non, la crise ukrainienne n’est pas un retour à la guerre froide, mais c’est toujours un conflit Est-Ouest GEORGES-HENRI SOUTOU La guerre en Ukraine semble être un retour vers la guerre froide. Or, celle-ci était principalement d’ordre idéologique. Aujourd’hui, c’est d’abord un conflit géopolitique majeur, remettant en cause la mondialisa-tion libérale commencée après la chute du communisme soviétique. Les séparatismes pro-russes en Moldavie MICHAEL ÉRIC LAMBERT La Moldavie, petit pays latin d’Europe orientale, est apparue depuis le 24 février sur les cartes. À la frontière entre Roumanie et Ukraine, Chiinău, la capitale, doit compter avec deux territoires, l’un sécessionniste – la Transnistrie – et l’autre autonomiste – la Gagaouzie – qui pourraient faire basculer le destin des Moldaves. Ukraine et orthodoxie CHRISTIAN MAKARIAN La guerre provoquée par la Russie contre l’Ukraine rallume la question sensible de l’orthodoxie dont les structures liées à l’histoire sont très complexes. Vladimir Poutine a voulu instrumentaliser la religion à des fins géopolitiques, en prenant le risque de fracturer durablement le monde orthodoxe. Les essaims cognitifs, arme informationnelle des démocraties RAPHAËL CHAUVANCY L’information est une arme essentielle dans les crises avec des approches très différentes entre les démocraties et les régimes autoritaires. Ceux-ci instrumentalisent l’information à des fins de désinformation. À l’inverse, les démocraties peuvent se renforcer et contrer la menace en demeurant ouvertes. Leçons de la guerre pour les Européens vues par un Américain MICHAEL SHURKIN La guerre contre l’Ukraine a d’ores et déjà donné plusieurs leçons pour l’Europe, dont sa relative faiblesse sur le plan militaire. Le constat est sévère, mais un premier résultat est une prise de conscience du besoin d’unité et de renforcement d’une défense plus que jamais nécessaire. L’Europe centrale et orientale : une communauté de destin ? NATHALIE DE KANIV L’Europe centrale et orientale est mal connue de l’Orient, pour de nombreuses raisons dont une histoire complexe et en mutation quasi permanente. Après la chute du Mur, les sociétés civiles ont pu renaître et se rapprocher, au-delà des méfiances ancestrales. La crise actuelle ouvre de nouvelles perspectives. La Russie, l’Europe et nous (I). Réflexions sur une crise géopolitique majeure CLAUDE FRANC La guerre imposée par la Russie à l’Ukraine ouvre une crise géopolitique majeure mettant en cause tous les équilibres mis en place en Europe. Ce peut être une opportunité pour que celle-ci reprenne son destin en main en ayant une ambition commune ouverte vers l’avenir.
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La Russie, l’Europe et nous (II). Ni Yalta ni Munich, mais Helsinki CLAUDE FRANC L’histoire européenne est marquée par les guerres et donc par des traités entérinant les victoires et les défaites militaires. Certains de ces accords ont pu résoudre les antagonismes avec des solutions durables. D’autres ont échoué à réconcilier les protagonistes. Mais seule la diplomatie peut achever la guerre. Ukraine, Russie et Églises orthodoxes: enjeux géopolitiques(2018)YVO PAPARELLA La crise entre l’Ukraine et la Russie s’inscrit dans un registre civilisationnel complexe dans lequel le facteur religieux est une composante majeure. L’autocéphalie des Églises orthodoxes s’inscrit dans des rivalités his-toriques entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople. Azov, Kertch et Crimée : droit et géostratégie(2018)YVO PAPARELLA La guerre en Ukraine a mis en exergue la question de la mer d’Azov désormais sous contrôle de la Russie, privant l’Ukraine d’un de ses accès à la mer Noire et donc vers la Méditerranée. La question maritime reste toujours complexe pour une puissance essentiellement continentale.
Repères - Opinions
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Défense et autonomie stratégique de l’Europe : harmoniser la réponse capacitaire de l’Otan et de l’UE COMITÉ 1 Face aux défis sécuritaires grandissants, il est nécessaire que l’Europe progresse dans son autonomie straté-gique. Cela passe par une démarche pragmatique entre l’UE et l’Otan, notamment dans le domaine capa-citaire renforçant la BITDE. La PFUE est ici une opportunité pour favoriser cette envergure. Extraterritorialité et coercition économique COMITÉ 2 L’extraterritorialité du droit tend à croître au détriment de la souveraineté nationale. Cela fragilise nos entre-prises de défense dans un contexte concurrentiel agressif. D’où le besoin d’une réponse normative coordon-née dans le cadre de l’Union européenne. Souveraineté de la France à l’horizon 2050. Quelles transformations du secteur de l’armement ? COMITÉ 6 La souveraineté de la France doit être consolidée dans la durée, en regardant à l’horizon 2050. Cela passe par l’innovation et la dualité des technologies à développer. Cela signifie construire des synergies à l’échelle européenne. Cela nécessite d’obtenir l’adhésion des opinions publiques autour des enjeux de sécurité. L’enseignement de défense : nouvelles proximités universités et académies militaires MAURICE DE LANGLOIS – NATHALIE DE KANIV L’enseignement de défense – longtemps l’apanage des seuls militaires – est entré dans le monde académique tant français qu’européen. De nombreuses initiatives se développent contribuant à une meilleure approche des enjeux stratégiques avec des évolutions certaines au regard du conflit en Ukraine. (1/2) Défense de l’Europe et Europe de la défense HERVÉ RAMEAU – PASCAL ROUX Depuis la chute du Mur, défendre l’Europe est une question sensible avec des approches différentes, complé-mentaires ou concurrentielles. Entre l’Otan aux vertus rassurantes, mais insuffisantes et l’UE ayant long-temps récusé la notion de puissance, l’Europe doit trouver sa voie pour affronter les défis stratégiques.
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Du méchant à l’ennemi, la dialectique du conflit FRANÇOIS GONIN Le conflit signifie un antagonisme entre deux parties, chacune se considérant comme légitime et justifiant son bon droit à agir. Cela oblige à réfléchir sur la notion de l’ennemi et son lien avec une approche morale, l’ennemi étant le « méchant ». D’où la dialectique du bien et du mal dans la guerre. Le triangle Berlin-Paris-Rome aujourd’hui OLIVIER KEMPF Après leBrexitet le départ de Londres, de nouveaux équilibres sont à trouver en Europe. L’axe Paris-Berlin connaît de sérieuses difficultés. Rome retrouve une place intéressante et la relation France-Italie peut être bénéfique au reste de l’Europe à condition que Paris ne fasse plus preuve de condescendance. Gestion des pandémies : renoncement des États au profit des agences internationales? MARTIN BLACHIER La pandémie de la Covid-19 a démontré les faiblesses des réponses initiales et la nécessité de raisonner et travailler désormais sur un éventail plus large, par définition international. La dimension européenne est ainsi pertinente et contribuera à renforcer la sécurité sanitaire des Français. Rendre compte du renseignement : les services français peuvent-ils faire mieux ? SCIENCES PO/PSIA Le contrôle des services de renseignement est un enjeu politique dans les pays à régime démocratique. La transparence n’est pas automatique, mais il est nécessaire de progresser pour une meilleure acceptation du rôle des services par les citoyens de plus en plus sensibles sur cette question.
Approches régionales 109 La présence militaire américaine sur l’île d’Okinawa au cœur de l’alliance nippo-américaine THOMAS DROUOT Okinawa résonne de manière spécifique dans la relation sino-américaine. Depuis la bataille du printemps 1945, la présence militaire américaine y est massive. Malgré une certaine contestation sur l’île, Tokyo ne remet pas en cause le rôle central d’Okinawa pour Washington. La France dans l’Indo-Pacifique: le modèle et les défis 114 HERVÉ COURAYE La France se veut un acteur dans l’Indo-Pacifique, de par sa présence liée aux différents territoires ultra-marins. Toutefois, cela ne suffit pas à renforcer un rôle de puissance régionale, car d’autres composantes sont nécessaires, dont le volet économique.
Chronique – Recensions 121 Histoire militaire- La fuite en avant militaire, caractéristique des régimes autocratiques CLAUDE FRANC Face à des difficultés internes ou à des blocages politiques, les régimes autocratiques ont eu tendance à tenter l’aventure extérieure, pensant fidéliser le sentiment nationaliste. Or, la fuite en avant aboutit généralement à un échec, préludant souvent à une faillite du régime. Claire Miot:La Première Armée française. De la Provence à l’Allemagne 1944-1945 125 Anne Cheng (dir.):Penser en Chine Alexandre Paringaux et Frédéric Lert:Forces aériennes stratégiques
Programme de laRDNen ligne, p. 136
Ukraine-Russie : rupture géopolitique
« Il ne peut pas y avoir de paix sans justice et respect des droits humains. » Irène Khan
RDN
Revue Défense Nationale Avril 2022
Non, la crise ukrainienne n’est pas un retour à la guerre froide, mais c’est toujours un conflit Est-Ouest
Georges-Henri Soutou
Membre de l’Institut. Président de l’Institut de Stratégie Comparée.
proposdelaguerreenUkraine,lescommentateursévoquentsouventunXIÀX siècle. Libéralisme et communisme étaient d’une certaine façon des frères retour à la guerre froide. Mais celle-ci se situait encore dans l’ère des idéo-logies universalistes, ouverte avec les révolutions américaine et française au e ennemis, ou, pour Marx, des phases dialectiques de l’évolution de l’Humanité. Avant le triomphe des théories du totalitarisme, qui mettaient l’accent sur la proxi-mité entre communisme, fascisme et nazisme, beaucoup d’acteurs et de commen-tateurs, jusqu’aux années 1960, pensaient que pour la Russie le communisme soviétique, par rapport au tsarisme et au passé culturel byzantin, représentait au fond une modernisation et une voie, certes très particulière, vers le modèle occi-dental. Le «Containment» proposé par George Kennan en 1946 devait, en résis-tant à la poussée soviétique, donner le temps nécessaire à cette transformation du régime, par le biais d’une indispensable et inéluctable libéralisation de son écono-(1) mie et de sa société . Notons que l’idéologie communiste était presque une garantie de prudence : comme la victoire du communisme était « scientifiquement » inévitable, on pou-vait se montrer progressif et patient. Staline était en effet hyperprudent, Khrouchtchev fut renvoyé pour son « aventurisme » dans la crise de Cuba. Poutine, lui, est un homme pressé… Et il décide seul, alors que les responsables soviétiques, à partir de la mort de Staline, décidaient de façon « collégiale » et associaient les « partis-frères ». L’intervention en Hongrie en 1956 fit l’objet de vifs débats au sein duPolitburo. D’abord, Moscou laissa la bride sur le cou aux dirigeants hongrois, avant de décider brusquement, le 4 novembre, d’intervenir brutalement. Pour la Tchécoslovaquie en 1968, l’intervention fut le résultat de semaines de débats au sein duPolitburoet du
(1) On se permet de renvoyer à Georges-Henri Soutou :La Guerre froide 1943-1990; Pluriel, 2011. John Lewis Gaddis : George F. Kennan. An American Life; The Penguin Press, New York, 2011.
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UKRAINE-RUSSIE
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pacte de Varsovie, de même pour l’Afghanistan en 1979, ou pour la Pologne en 1980 (où finalement l’armée russe n’intervint pas, la reprise en mains étant confiée aux dirigeants polonais). On restait dans un cadre politico-idéologique qui avait sa cohérence, et qui restait relativement prévisible :Solidarnosc échappa à l’inter-vention en 1980 parce que ses dirigeants surent tirer la leçon des interventions soviétiques précédentes, théorisées par la « doctrine Brejnev » de souveraineté limi-tée des États de la Communauté socialiste. La politique russe actuelle est beaucoup plus imprévisible, justement parce que le primat de l’idéologie a disparu.
Mais la guerre froide a aussi été un conflit géopolitique
En même temps, la guerre froide a été très géopolitique. Staline en effet, dans sa vision réaliste, ne séparait pas les deux, idéologie et géopolitique. Et les États-Unis non plus : ce sont leurs intérêts très concrets, stratégiques et écono-miques, qui les ont amenés dès 1945 à commencer à réagir face à Moscou, à pro-pos de la Turquie et de l’Iran, que Staline voulait placer dans sa zone d’influence. Par la suite, les deux Grands, sur tous les continents, ont poursuivi une rivalité qui était certes idéologique, mais aussi très concrètement politico-stratégique. Et même économique, en particulier à propos du contrôle des matières premières, (2) même si cet aspect est moins souligné . En fait, les deux éléments s’entrecroi-saient, dans des proportions variables.
Quant à l’Ukraine, par sa situation et par ses ressources, elle a toujours été un enjeu essentiel entre la Russie et ses voisins occidentaux, l’Allemagne pendant les deux guerres mondiales, les États-Unis après la guerre froide. Cependant, après 1990, pendant quelques années les Américains souhaitèrent plutôt le maintien en (3) gros du territoire de l’URSS, craignant les effets de l’anarchiepost-soviétique . Et le Président George Bush conseilla aux Ukrainiens en mai 1991, lors d’une visite à Kiev, de rester dans le giron de l’URSS (tout comme quelques jours après François Mitterrand). En outre les Américains avaient en 1990 promis à Moscou (mais verbalement) que l’Otan ne serait pas élargie.
Les objectifs actuels de Moscou
D’une part, à la fin de la guerre froide, si l’affrontement idéologique libé-ralisme-communisme s’est arrêté, l’affrontement géopolitique s’est poursuivi. Ce n’est pas le retour au communisme ou à l’URSS, Poutine a toujours dit que ce ne serait ni souhaitable ni possible. Il y a néanmoins une notion qui s’en rapproche, c’est celle de l’« étranger proche », avec un facteur bien réel que Poutine a souligné
(2) Georges-Henri Soutou : « Marx et Mercure : place générale de l’économie dans les relations Est-Ouest pendant la guerre froide », sous la direction de Jean Baechler et Georges-Henri Soutou,Guerre, Économie et Fiscalité; Hermann, 2016. (3) Jack Matlock :Autopsy on an Empire: The American Ambassador’s Account of the Collapse of the Soviet Union; Random House, 1995. Rodric Braitwhaite :Across the Moscow River. The World Turned Upside Down; New Haven, Yale UP, 2002.
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