Ce monde qui nous rend fous
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Description

Jamais une société n’a été plus riche, plus opulente que la nôtre. Jamais l’espérance de vie n’a été plus haute. Jamais les occasions d’apprendre, de découvrir, de s’émerveiller n’ont été plus nombreuses. Et pourtant, jamais les niveaux de mal-être et de morbidité psychique ne semblent avoir été si élevés.

C’est à la résolution de ce paradoxe qu’Henri Hude, dans cet ouvrage salutaire, s’attaque avec conviction. S’il le fait en usant des outils légués par la tradition psychanalytique, c’est en philosophe et en homme de foi qu’il montre que cette situation est causée par le rejet de l’Absolu. Ce dont nous avons besoin pour retrouver le sens du réel et de nos propres vies, c’est de nous enraciner à nouveau dans le Bien, et surtout dans la personne d’un Dieu qui aime les hommes.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 27 juin 2019
Nombre de lectures 6
EAN13 9782728928392
Langue Français

Exrait

HENRI HUDE
CE MONDE QUI NOUS REND FOUS
RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE SUR LA SANTÉ MENTALE
MAME
TABLES DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS
INTRODUCTION
I. la crise neuronale. les faits
II. Méditer pour expliquer et pour comprendre la crise neuronale
III. Face à la crise neuronale, un besoin de médecine humaniste
IV. Vers une nouvelle société humaniste, qui ne rende pas fou
PREMIÈRE MÉDITATION - PULSION FONDAMENTALE. FRUSTRATION
§ 1 Le Désir fondamental
§ 2 Le second pôle de la pulsion fondamentale
§ 3 Les deux pôles de la frustration
§ 4 Le Désir et les désirs. Sublimation
§ 5 Les stratégies de la psyché
§ 6 Il est raisonnable de croire que l’harmonie est possible. condition suprême de l’harmonie
§ 7 Distinguer nettement la frustration et les privations
§ 8 Conseil : se libérer d’une culture de frustration, qui produit un malaise dans la civilisation
DEUXIÈME MÉDITATION - ALIÉNATIONS DU DÉSIR FONDAMENTAL
§ 9 Préciser l’idée de sublimation
§ 10 Définition du narcissisme comme second pôle de la sublimation
§ 11 Sur l’estime de soi
§ 12 Sur l’estime des autres
§ 13 Sublimations particulières et sublimations généralisées
§ 14 Transfert et fantasmes
§ 15 La vérité de la sublimation
§ 16 Définir la dramatisation
§ 17 Sur le tragique racinien et la sagesse de la croix
§ 18 Définir la précipitation
§ 19 les trois compensations
§ 20 La religion et le plaisir pur
TROISIÈME MÉDITATION - DÉSALIÉNATION DU DÉSIR FONDAMENTAL OU APPROFONDISSEMENT D SON ALIÉNATION DANS LES NÉVROSES
§ 21 Désublimation. Désidéalisation. Définitions
§ 22 Le rationalisme est la sublimation de la raison
§ 23 Resublimation. Définition. Problème
§ 24 Dédramatisation. Redramatisation. Définitions
§ 25 De la normalité souffrante à la névrose
§ 26 Trois stratégies existentielles névrotiques
§ 27 Le cas Mathilde
§ 28 La guerre et la paix dans l’âme
§ 29 Le corps de la névrose
QUATRIÈME MÉDITATION - POUR INTRODUIRE À LA MÉDITATION DE LA VRAIE PEUR, QUI EST L’ANGOISSE LE NOUVEL HUMANISME ET LE PROBLÈME DU MAL
§ 30 Le Mal comme problème fait partie du Mal
§ 31 Le problème du Mal nous fait souffrir. Besoin de sagesse
§ 32 La dramatisation a beaucoup de difficulté à souffrir un discours rationnel au sujet du Mal et de la souffrance
§ 33 De la solution du problème du Mal à la position du problème du salut
§ 34 Savoir que nos souffrances ont un sens
§ 35 Redramatisation et resublimation
CINQUIÈME MÉDITATION - LA PEUR FONDAMENTALE ET L’ANGOISSE
§ 36 Angoisse et « normalité souffrante »
§ 37 Ce que dit la tradition sur l’angoisse
§ 38 L’angoisse qui s’empare de l’Homme et la recherche du vrai qui lui rend la paix
§ 39 Angoisse et enfance
§ 40 L’objet de l’angoisse est le Mal avec majuscule
§ 41 Le second pôle de l’angoisse : la culpabilité
§ 42 Le matérialisme scientiste, source d’angoisse
§ 43 L’angoisse d’enfer
§ 44 L’angoisse et l’humanisme agnostique
§ 45 L’angoisse de la souffrance et le sens de la demande d’euthanasie
§ 46 L’angoisse de la mort
§ 47 L’âme et l’angoisse de la destinée
§ 48 La résurrection
§ 49 Le doute sur la vérité. L’angoisse de perdre la raison
§ 50 Comment maîtriser le stress ?
§ 51 Traumatismes et protections
SIXIÈME MÉDITATION - DÉCULPABILISATION ET JUSTIFICATION
§ 52 Problématique des méditations 6 et 7
§ 53 L’angoisse de la liberté et l’angoisse de la non-liberté
§ 54 Fautivité
§ 55 Justification
§ 56 Culpabilisation
§ 57 Le problème de la déculpabilisation
§ 58 Déculpabilisation théologique ?
§ 59 Faute première et culpabilisation première
§ 60 Éloge paradoxal de la culpabilisation ?
§ 61 La violence de la déculpabilisation
§ 62 Drogue, éros et religion narcissique
§ 63 Comment la culpabilisation devient insupportable
§ 64 Religion, irreligion et malaise dans la culture
§ 65 Difficulté de la psychosynthèse au niveau naturel. La vie surnaturelle
§ 66 La masse d’inconscience
§ 67 Généalogie de l’idée d’inconscient
§ 68 Le corps d’esprit
§ 69 Liberté utopique. Dix remarques sur la notion de tension
§ 70 La liberté réelle comme pouvoir de décider de consentir
SEPTIÈME MÉDITATION - MÉTAPHYSIQUE ET DÉCULPABILISATION ?
§ 71 Dualisme et culpabilisation le triangle de l’angoisse
§ 72 Sortir de la culpabilisation en élargissant la raison hors du triangle de l’angoisse
§ 73 Sur le statut de l’Homme et sur le sens de la matière
§ 74 La science se construit autour de l’Homme en tant qu’Homme
§ 75 De la mégalomanie de l’ Homo faber à la magnanimité de l’ Homo sapiens
FATIGUE, DÉPRESSION
§ 76 La société de fatigue
§ 77 Burn out. Fatigue et démesure
§ 78 Burn out. Fatigue et absurdité
§ 79 Réinterprétation éthique du complexe d’Œdipe
§ 80 Dépression
§ 81 La panne du désir fondamental
§ 82 Pourquoi et à qui le fou fait-il peur ?
§ 83 Le sommeil et le rêve
§ 84 Le symbolisme métaphysique du rêve
§ 85 La folie et l’hypothèse des substrats d’absurdité
CONCLUSIONS
I. Médecine et sagesse
II. Sagesse et Démocratie
III. Réligion-foi Humaniste
NOTES
PAGE DE COPYRIGHT
REMERCIEMENTS
Merci au professeur Javier Cabanyes pour les précieux échanges qui m’ont permis d’enrichir et de préciser mes idées.
INTRODUCTION
I
LA CRISE NEURONALE. LES FAITS
Ces méditations partent d’un problème majeur de santé publique dans nos pays : la « crise neuronale », dont le noyau le plus connu est l’épidémie de dépressions 1 . Partons de ce problème et revenons-y, en ayant fait tous les détours nécessaires pour le résoudre. Détours par l’essentiel, c’est-à-dire par le Bien, et par le Mal. Ils semblent éloigner du sujet, mais seuls permettent des solutions véritables.
Les faits constituant la crise neuronale sont connus de tous.
Une vulnérabilité psychique croissante se manifesterait dans toutes les classes : stress, malaise au travail, absentéisme, fragilité, burn-out 2 … On réfléchit partout sur la « résilience ». Insomnie et usage massif de somnifères, angoisse et usage de tranquillisants, hypocondrie, toxicomanie massive (on parle de « crise opioïde » avec, notamment aux États-Unis, une forte mortalité par surdose, équivalant souvent à des suicides 3 ), notamment chez les jeunes 4 . Troublantes aussi, dans des « sociétés dépressives 5 », la peur de l’engagement et de la vie, avec des taux très bas de nuptialité et de fécondité. Relevons enfin l’auto-intoxication par surconsommation de divertissement (cinéma, télévision, réseaux sociaux, etc.), comme s’il fallait un grand bruit de fond et une intense agitation pour rabaisser un degré anormal d’angoisse.
En somme, les sociétés développées combineraient, au xxi e siècle, le plus haut niveau mondial et historique de bien-être et de santé physiques, avec un haut niveau, apparemment croissant, de mal-être et de morbidité psychiques. L’Organisation mondiale de la santé s’est alarmée d’un phénomène massif 6 .
Tels sont les faits sur lesquels nous entendons méditer.
II
MÉDITER POUR EXPLIQUER ET POUR COMPRENDRE LA CRISE NEURONALE
De la compréhension et de l’explication des faits de la crise dépendent la guérison et le soulagement des patients, mais aussi (Introduction, IV) la fonctionnalité de la culture humaniste et la rationalité de la décision publique (§ 61 et Conclusion, II). Le sens de cette responsabilité partagée, exigeant une collaboration, force à surmonter le particularisme des disciplines.
Quand l’épidémie neuronale continue à s’étendre et que ses effets dépassent le champ médical, elle ne peut rester le monopole de certaines catégories de professionnels – médecins, psychiatres, psychanalystes, spécialistes des neurosciences. La spécialisation outrée, loin de nous élever à une objectivité supérieure, nous enferme dans des croyances philosophiques particulièrement subjectives (§ 22) : ­matérialisme, positivisme ou nihilisme. Ces systèmes sont des illusions normales de la raison spécialisée , les œillères de l’esprit qui sait de plus en plus et comprend de moins en moins. De plus, ces illusions rendent l’Homme malade en frustrant son besoin de sens. Il faut donc des avancées conceptuelles fondamentales, des ruptures, et pour cela des prises de risques théoriques calculés.
J’estime qu’un philosophe fait son devoir en exprimant avec modestie une opinion réfléchie sur les problèmes non résolus, surtout s’ils sont très douloureux et touchent au bien commun.
Bergson pensait que le progrès des sciences mettrait fin à leur divorce d’avec la sagesse car les thèses métaphysiques finiraient par pouvoir fonctionner comme des hypothèses susceptibles d’être vérifiées ou falsifiées par le corps de faits dont elles parviendraient, ou non, à assurer la cohérence. Si le dialogue fonctionne bien, un véritable savoir humaniste finira par unir la science, la sagesse et l’expérience de la responsabilité.
Le problème de santé publique, duquel nous sommes partis, ne peut donc être résolu indépendamment de l’examen d’un problème de sagesse, culturel et existentiel, très vaste, qui est celui de la crise de l’humanisme mondial, occidental, européen. Permettre le bon développement de la psyché, ou la guérir, signifie aussi surmonter cette crise, mettre au jour un nouvel humanisme et inventer les modes scientifiques et techniques, politiques et sociaux, capables de l’exprimer : une société qui ne rende pas fou.
III
FACE À LA CRISE NEURONALE, UN BESOIN DE MÉDECINE HUMANISTE
Face à l’extension de la crise neuronale et à la relative impuissance de la médecine à l’enrayer, les Décideurs et tous les citoyens actifs doivent méditer sur ses causes profondes . Son traitement efficace supposerait qu’on approfondît et qu’on attaquât ces causes « profondes ». Mais que signifie « approfondir » ?
Pas seulement dépasser la médecine matérialiste par l’approche psychanalytique : « Les débats sur les psychothérapies et les médicaments piétinent. Ils vagabondent d’un dualisme à l’autre, alternant le tout psychique sans cerveau et le tout biologique sans psyché 7 . »
La médecine usant avant tout de pharmacologie se justifie dans la mesure où les troubles psychiques sérieux s’accompagnent de déséquilibres dans la chimie du cerveau 8 . Des molécules peuvent y rétablir les équilibres naturels, rendre aux patients une vie normale, les débarrasser de symptômes éprouvants. Elles ne peuvent pourtant pas agir sur les causes. Les psychologues ou psychanalystes voient très justement que le fou est paradoxalement « rationnel » (y compris le petit fou quotidien 9 que chacun de nous peut être). Il adopte une stratégie coûteuse, mais qui lui a semblé « rationnelle », la seule lui permettant de survivre à ses angoisses, frustrations et contradictions. Il réagit à un état profond d’aliénation, familiale, linguistique, sociale, etc. Sa « folie » a un sens et communique avec tous ses grands intérêts humains et elle ne peut certainement pas être guérie si n’est pas proposée à la personne une meilleure solution à son problème ­existentiel – à condition bien sûr qu’elle soit en état de comprendre et de recevoir avec confiance.
Or, c’est rarement le cas, et c’est pourquoi, si ce type de solution est nécessaire, il n’est absolument pas suffisant. Il manque aux psycho­logues une explication adéquate de ce qu’il y a d’involontaire et de subi dans l’aliénation. Une explication « physique » est elle aussi nécessaire pour rendre compte de l’aliénation proprement dite, qu’on ne peut résorber dans une « normalité excessive », ni dans une « souffrance ordinaire ». Mais il est très probable que les thérapies physiques ne mèneront pas loin si elles ne se fondent pas sur une « physique du sens », une « neurologie du métaphysique et du mystique ». Il faut donc proposer une coordination satisfaisante, seule suffisante, des deux explications nécessaires.
À côté de l’oubli du corps, l’autre faiblesse des explications psychologiques, qui lui est commune avec les explications matérialistes, c’est, en général, l’oubli de la métaphysique.

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