La médiation judiciaire civile en chiffres : situation au 31 octobre 2001

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Les résultats présentés dans cette étude reflètent la situation de la médiation judiciaire civile au 31 octobre 2001, après cinq ans d'application du dispositif issu de la loi du 8 février 1995 et du décret du
22 juillet 1996.

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Publié le 01 décembre 2002
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LMINISTERE DE LA JUSTICE
DIRECTION DES AFFAIRES CIVILES ET DU SCEAU
Cellule Etudes et Recherches
__________
LA MEDIATION JUDICIAIRE CIVILE
EN CHIFFRESEN CHIFFRES
Situation
au 31 octobre 2001
Caroline MOREAU
ChargØe d Øtudes
Brigitte MUNOZ PEREZ
Responsable de la Cellule Etudes et Recherches
Evelyne SERVERIN
Directeur de recherche au CNRS,
consultante auprŁs de la Cellule Etudes et Recherches
DØcembre 2002 TABLE DES MATIERESTABLE DES MATIERES
AVERTISSEMENT................................................................................................... 4
RESUME .................................................................................................................. 5RESUME
I. LA SOURCE STATISTIQUE : L ENQUETE SUR LA MEDIATION
JUDICIAIRE CIVILE................................................................................................. 7
1.1. Les objectifs de lenquŒte ................................................................................................ ............................7
1.2. Les questionnaires .......................................................................................................................................7
1.3. Le bilan de la collecte ...................................................................................................8
II. LA PRATIQUE DE LA MEDIATION EN CHIFFRES ...................................... 10
2.1. La mØdiation familiale...............................................................................................................................10
2.1.1. L offre de mØdiation ..................................................................................................... .......................10
Uneoffreprincipalement associative..............................................................................................10
Une offre de service importante devant les tribunaux de grande instance.......................................11
Un nombre d associations proportionnel au nombre des affaires traitØes12
Une offre associative informelle......................................................................................................13
Une offre associative de proximitØ..................................................................................................14
De rares mØdiateurs indØpendants en matiŁre familiale ..................................................................16
2.1.2. Les mesures de mØdiation familiale ordonnØes par les tribunaux de grande instance .........................16
Les juges des affaires familiales sont de trŁs faibles demandeurs de mØdiation..............................16
........Un risque d allongement de la durØe moyenne des affaires familiales devant les tribunaux qui
pratiquent la mØdiation familiale.....................................................................................................20
Des mesures coßt gØnØralement limitØ pour les parties ................................................................20
2.1.3. Les mesures de mØdiation familiale devant les cours d appel .............................................................2 3
2.2. La mØdiation dans les litiges hors famille................................................................................................24
2.2.1. L offre de mØdiation ..................................................................................................... .......................24
Une offre qui si ndividualise ...........................................................................................................24
Une offre associative qui se rarØfie .................................................................................................25
Une offre associative gØnØraliste.......26
Une offre associative clairsemØe sur le territoire.............................................................................26
Des mØdiateurs indØpendants recrutØs parmi les professionnels du droit........................................28
Une prØsence rare et trŁs professionnelle devant les cours d appel.................................................29
..... Une prØsence plus importante et plus diversifiØe des mØdiateurs devant les tribunaux de grande
instance............................................................................................................................................29
Des conciliateurs- mØdiateurs pour les tribunaux d instance...........................................................30
2.2.2. Une faible demande de mØdiation pour une offre rØduite....................................................................31
Hors famille, les tribunaux de grande instance ne sont plus concernØs par la mØdiation ................31
Les tribunaux d instance restent l Øcart de la mØdiation...............................................................32
Une pratique de mØdiation localisØe en appel .................................................................................33
2.2.3. Des coßts adaptØs la valeur des demandes .......35
Des mesures d un coßt plus ØlevØ deva nt les tribunaux de grande instance
qu en matiŁre familiale........................................................................................................ ............35
Des coßts trŁs faibles dans les rares dØcisions rendues par les tribunaux d instance.......................36
Des coßts plus ØlevØs en appel ........................................................................................................37
2
xxxxxxxxxxxxxxxxxx?xxx??xxANNEXE 1 : CIRCULAIRE ET QUESTIONNAIRES DE L ENQU˚TE
ANNEXE 2 : LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
ANNEXE 3 : LISTE DES TABLEAUX DETAILLES
3LA MEDIATION JUDICIAIRE CIVILE
EN CHIFFRES
SITUATION AU 31 OCTOBRE 2001SITUATION AU 31 OCTOBRE 2001
AVERTISSEMENT
Les rØsultats prØsentØs dans cette Øtude reflŁtent la situation de
la mØdiation judiciaire civile au 31 octobre 2001, aprŁs cinq ans
d application du dispositif issu de la loi du 8 fØvrier 1995 et du dØcret du
22 juillet 1996.
L enquŒte ne prend donc pas en compte l effet des diffØrentes
mesures prises ultØrieurement, comme la loi du 4 mars 2002 relative
l autoritØ parentale, qui a donnØ au juge des affaires familiales la
possibilitØ d enjoindre les parents de rencontrer un mØdiateur, ou les
diffØrentes actions entreprises par les pouvoirs publics pour promouvoir
la mØdiation.
4RESUME
La mØdiation civile, issue de la loi du 8 fØvrier 1995 et des dØcrets du 22
juillet 1996 et du 28 dØcembre 1998, prØsente en 2001 un dØveloppement trŁs
modeste, oø l offre appara t nettement supØrieure la demande.
1- En termes d offre de service, c est la mØdiation familiale qui, bien que peu
pratiquØe, est la mieux reprØsentØe devant l ensemble des juridictions.
1-1 Ce type d offre est disponible devant la plupart des tribunaux de grande
instance et des cours d appel, et elle est essentiellement assurØe par le secteur
associatif : au total, 228 associations et 48 mØdiateurs indØpendants proposent
leurs services 140 tribunaux de grande instance (sur les 170 rØpondants), et
douze cours d appel (sur les vingt huit rØpondantes), soit une moyenne de 1,8
entitØs de mØdiation par juridiction. Il s agit d une offre de proximitØ : les
associations sont gØnØralement situØes dans la mŒme ville que le siŁge du tribunal
de grande instance.
- Les 140 tribunaux de grande instance qui dØclarent disposer d au moins un
organe de mØdiation dans leur ressort ont citØ 214 associations et 45 mØdiateurs
individuels (soit 1,9 entitØs en moyenne par juridiction).
- De leur c tØ les douze cours d appel qui dØclarent disposer d au moins un organe
de mØdiation dans leur ressort, ont citØ trente cinq associations et quatre
mØdiateurs individuels (soit, 3,3 entitØs en moyenne par juridiction).
1-2 Hors mØdiation familiale, l offre change d aspect : le secteur associatif
devient minoritaire, et les juridictions qui dØclarent disposer d une offre reprØsentent
peine un quart de l effectif total des juridictions rØpondantes.
- 66 associations et 362 mØdiateurs indØpendants (dont 206 ont ØtØ citØs
uniquement par la Cour d appel et le Tribunal de grande instance de Paris)
proposent leurs services seulement 124 tribunaux d instance, de grande instance
et cours d appel, sur 530 juridictions rØpondantes.
- Sur les 66 associations de mØdiation civile recensØes, 39 exercent Øgalement une
activitØ de mØdiation en matiŁre familiale (soit 59%).Dans un peu plus de la moitiØ
des cas, il s agit d associations crØØes par les barreaux. Cette diversification des
domaines d intervention permet aux professionnels du droit d Ølargir ainsi leur offre
de service.
- 76 tribunaux de grande instance (sur les 170 rØpondants) indiquent la prØsence
d entitØs de mØdiation. Si on met part le cas de Paris, ces tribunaux disposent
d une offre comparable celle de la mØdiation familiale, avec 126 entitØs (55
associations et 71 mØdiateurs indØpendants), soit une moyenne de 1,7 par tribunal.
- Les cours d appel viennent en deuxiŁme position pour ce type de mØdiation : six
d entre elles dØclarent au moins une entitØ de mØdiation « gØnØraliste». Les
mØdiateurs (hors Paris), se rØpartissent entre trente mØdiateurs indØpendants (dont
vingt quatre Grenoble), et cinq associations.
5- Les tribunaux d instance sont de loin les moins concernØs par la mØdiation : ils ne
sont plus que 42 (sur les 332 rØpondants), dØclarer disposer d instances de
mØdiation dans leur ressort (22 associations et 55 mØdiateurs indØpendants). Cette
trŁs faible contribution relative peut trouver son explication dans le fait que ces
tribunaux disposent d une option avec les conciliateurs de justice bØnØvoles
auxquels ils peuvent confier en cours d instance et sans formalitØ des conciliations
facultatives depuis le dØcret du 28 dØcembre 1998.
2- De cette offre, qu elle soit ou non abondante, les juges se rØvŁlent de
gØnØralement trŁs faibles utilisateurs, la fois en nombre de tribunaux concernØs,
et en proportion d affaires renvoyØes. Cette faible pratique contraste avec la tonalitØ ent favorable dont les juges enquŒtØs assortissent leurs propos sur la
mØdiation.
2-1 En matiŁre familiale, un peu plus du tiers des 152 juridictions ayant
dØclarØ une entitØ de mØdiation (trois cours d appel et 54 tribunaux de grande
instance), avaient pris au total 213 mesures au cours du mois d octobre 2001. Ces
mesures ne reprØsentaient qu une fraction infime des affaires traitØes par ces
mŒmes juridictions: 1,6% des affaires familiales des tribunaux de grande instance
et 2,3% de celles des cours d appel.
2-2 Hors famille, le recours est dØrisoire, la mesure de la faiblesse de
l offre : peine plus du quart des tribunaux qui dØclaraient disposer d une offre
(cinq cours d appel, vingt tribunaux de grande instance et huit tribunaux d instance)
avaient pris au moins une mesure au cours du mŒme mois de rØfØrence, pour un
total de 130 mesures. RapportØes l ensemble des affaires re ues par les
juridictions concernØes, les taux de mØdiation se rØpartissent en 1,5% pour les
cours d appel, et 1,1% pour les tribunaux de grande instance comme pour les
tribunaux d instance.
2-3 Dans les deux formes de mØdiation, certains juges prØsentent des
pratiques assidues qui restent trŁs isolØes : en mØdiation familiale, un juge des
affaires familiales a pris lui seul 12,4% des mesures recensØes pour les 54
tribunaux de grande instance, ces mesures reprØsentant un tiers de ses affaires
familiales. Hors famille, une seule cour d appel a contribuØ la moitiØ des
mØdiations ordonnØes en appel (28 sur 56), reprØsentant 8,7% de l ensemble des
affaires nouvelles de cette Cour.
***************
6I. LA SOURCE STATISTIQUE : L ENQUETE SUR LA MEDIATION
JUDICIAIRE CIVILE
1.1. Les objectifs de l enquŒte
La loi du 8 fØvrier 1995 a instaurØ une nouvelle catØgorie de mandat
judiciaire, consistant pour le juge, aprŁs accord des parties, dØsigner une tierce
personne chargØe de procØder une mØdiation, « en tout Øtat de la procØdure, et y
compris en rØfØrØ, pour tenter de parvenir un accord entre les parties » (art. 21
2 ). Cette mØdiation « volontaire » a ØtØ mise en place par le dØcret du 22 juillet
1996, qui a insØrØ un nouveau Titre VI bis dans les dispositions communes du
nouveau code de procØdure civile, intitulØ « De la mØdiation ». La mission du
mØdiateur y est dØfinie comme le fait « d entendre les parties et de confronter leurs
points de vue pour leur permettre de trouver une solution au conflit qui les oppose
» (article 131-1 du nouveau code de procØdure civile). Le mandat de mØdiation
peut Œtre confiØ une personne physique ou une association, qui devra dØsigner
la personne physique chargØe de l exØcution (art. 131-4 al. 2). L intervention du
mØdiateur donne lieu rØmunØration, la charge des parties ou de l aide
juridictionnelle (article 131-13 du nouveau code de procØdure civile).
L application de ce texte n avait fait l objet d aucune Øvaluation. Aucune
donnØe ne permettait d apprØcier la distribution de l offre de service sur le
territoire national (nombre d associations et de mØdiateurs indØpendants au plan
national et dans chaque ressort de juridiction), ni l importance de la demande des
juridictions (nombre et frØquence des mesures de mØdiation ordonnØes par les
juges). Manquaient Øgalement des indications sur le coßt des mesures et leur
rØpartition (montant des provisions, proportion des mesures prises en charge par
1l aide juridictionnelle, montant des rØmunØrations dØfinitives) . Manquaient enfin
des informations sur les secteurs juridiques concernØs par ce type de mandat, la
mØdiation pouvant Œtre ordonnØe dans tous les types de litiges et toute hauteur
de la procØdure.
Le besoin d Øvaluation a conduit la Direction des affaires civiles et du sceau
lancer en 2001 une enquŒte par questionnaire auprŁs des cours d appel,
tribunaux de grande instance et les tribunaux d instance.
1.2. Les questionnaires
Trois questionnaires ont ØtØ ØlaborØs et adressØs aux juridictions le 9 juillet
22001, via les premiers prØsidents des cours d appel :
Le questionnaire n 1, destinØ aux cours d appel et aux tribunaux de grande
instance, recense les ASSOCIATIONS DE MEDIATIONS FAMILIALES ET DES
MEDIATEURS INDEPENDANTS et rassemble les documents relatifs aux
accords passØs avec les tribunaux (conventions).
Le questionnaire n 2 , remplir par les cours d appel, les tribunaux de grande
instance et d instance, recense les ASSOCIATIONS DE MEDIATIONS AUTRES
1 Le dispositif statistique du ministŁre de la justice ne fournit en effet aucune indication de cette
nature.
2 La circulaire et les questionnaires figurent l annexe 1 .
7
x
xQUE FAMILIALES ET DES MEDIATEURS INDEPENDANTS, et rassemble les
mŒmes documents.
Enfin, le questionnaire n 3 , remplir par les trois types de juridictions,
comptabilise, pour la pØriode comprise entre le 1er octobre et le 31 octobre
2001, le NOMBRE DES MESURES JUDICIAIRES ORDONNEES, le MONTANT
DES PROVISIONS, et le NOMBRE de dØcisions dØfinitives sur la
3rØmunØration , classØes selon leur MONTANT.
Pour Øviter que cette enquŒte ne constitue une charge de travail trop lourde
pour les juridictions, le recueil des informations sur le nombre et le montant des
mØdiations a ØtØ limitØ une pØriode d un mois (octobre 2001).
1.3. Le bilan de la collecte
Les questionnaires dßment remplis devaient Œtre adressØs la direction des
affaires civiles et du sceau avant le 15 novembre 2001. A cette date, de nombreux
dØfauts de collecte ont ØtØ constatØs, qui ont nØcessitØ une premiŁre opØration de
relance le 28 avril 2002. Des relances tØlØphoniques ont ensuite ØtØ effectuØes.
Les dØfauts de collecte persistants ayant ØtØ considØrØs comme
nØgligeables, les opØrations d enquŒte ont ØtØ cl turØes en juillet 2002. Au total, sur
les 33 cours d appel, 28 ont adressØ leurs questionnaires la Chancellerie, (soit un
taux de rØponse de 85%). Sur les 181 tribunaux de grande instance, 170 ont
retournØ les questionnaires (94%). Enfin, sur les 473 tribunaux d instance, 332 ont
rØpondu l enquŒte (70%).
La taille de l Øchantillon des juridictions rØpondantes, en nombre comme en
volume d affaires tableau 1 - est suffisamment importante pour que les rØsultats
prØsentØs ci-aprŁs puissent Œtre considØrØs comme reprØsentatifs.
3 Le questionnaire utilise l expression d « ordonnance de taxe », ce qui renvoie a priori au
contentieux de la vØrification des frais (art. 708 du NCPC). Mais c est bien la dØcision fixant la
rØmunØration dØfinitive qui est visØe dans l enquŒte, qu il y ait eu ou non contestation. Il n est pas
certain cependant que les enquŒtØs aient tous compris la demande de la mŒme maniŁre, ce qui
nous conduira relativiser les rØsultats chiffrØs relatifs la rØmunØration.
8
xTableau 1
RØpartition des affaires introduites au fond en 2000
Part du contentieux traitØ par les juridictions ayant rØpondu l enquŒte
TOTAL Famille Hors famille
TYPE DE JURIDICTION
Nombre % Nombre % Nombre %
TOTAL cours d appel (33) 194 392 100,0 37 494 100,0 156 898 100,0
Total des cours d appel rØpondantes (28) 168 855 86,9 31 344 83,6 137 511 87,6
Total des cours d appel non rØpondantes (5) 25 537 13,1 6 150 16,4 19 387 12.4
TOTAL tribunaux de grande instance (181) 600 999 100,0 388 996 100,0 212 003 100,0
Total des tribunaux de grande instance 579 578 96,4 373 413 96,0 206 165 97,2
rØpondants (170)
Total des tribunaux de grande instance non
21 421 3,6 15 583 4,0 5 838 2,8
rØpondants (11)
TOTAL tribunaux d instance (473) 495 258 100,0 495 258 100,0
Total des tribunaux d instance rØpondants 357 094 72,1 357 094 72,1
(332)
Total des tribunaux d instance non rØpondants
138 164 27,9 138 164 27,9
(141)
Source : rØpertoire gØnØral civil
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