LE CANDIDAT
137 pages
Français

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Description

Recruté par le NPD, Noah Richler, auteur et journaliste de renom basé à Toronto, s’est attelé en 2015 à un défi de taille. Tenter d’enlever au Parti libéral la circonscription de Toronto–St. Paul’s, avec une enveloppe de 350 $ et une équipe de bénévoles enthousiastes.
Est arrivé ce qui devait arriver : à force de répéter son laïus de porte en porte et de défendre ses convictions dans des débats tendus et des publicités mordantes, il a fini par croire à ses chances de victoire, s’imaginant déjà son quotidien juché sur la colline parlementaire.
Dans cet essai à l’humour décapant émaillé d’interventions de membres de son entourage – depuis Sarah, sa femme, jusqu’au chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair –, l’apprenti politicien relate avec une franchise aussi brutale qu’hilarante la réalité derrière les slogans, les discours scriptés et les heures innombrables à sillonner sa circonscription, épaulé par ses vaillants collaborateurs.
En après-midi, James Pratt, directeur de l’organisation du NPD, m’appelait.
— J’ai reçu un message du chef disant que vous aimeriez vous présenter dans nos rangs.
C’était la première fois que j’entendais sa voix, et je pouvais y sentir son large sourire. J’ai répondu par l’affirmative et lui ai dit que Sarah n’était d’abord pas enthousiaste à l’idée, mais qu’elle m’avait donné son aval à 8 h 30 le matin même. Puis j’ai parlé de ma crainte que la notoriété que je pouvais avoir comme auteur soit affectée par le fait d’être ouvertement partisan, et que je ne voulais surtout pas apporter des problèmes au parti.
— Il y a eu des épisodes douteux dans ma vie, ai-je alors avoué. J’ai écrit là-dessus et, à bien y penser, je suis sûr que ça pourrait tourner à mon avantage. J’ai eu des problèmes de drogue, à un moment donné, mais je suis aussi la preuve vivante qu’il faut une politique tolérante.
— C’est bon de connaître les côtés négatifs, a répondu M. Pratt en m’expliquant que la majeure partie de son boulot consistait à examiner le passé des candidats. Personne n’a de passé sans taches…, a-t-il poursuivi. Briguer une charge publique n’est pas se présenter devant un tribunal. Ça n’a rien à voir avec le bien et le mal, avec ce qui est juste ou non. C’est de la politique, et nos adversaires vont sans cesse nous jeter tout ce qu’ils peuvent au visage : il faut s’y préparer. Ils peuvent dire des choses très venimeuses.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 octobre 2017
Nombre de lectures 1
EAN13 9782764434710
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0750€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Du même auteur
EN FRANÇAIS :
De la fleur au fusil – Le Canada s’en va-t-en guerre , Leméac, 2013.
Mon pays, c’est un roman – Un atlas littéraire du Canada , Boréal, 2008.
EN ANGLAIS :
The Candidate – Fear and Loathing on the Campaign Trail , Doubleday Canada/Penguin Random House, 2016.
• FINALISTE, SHAUGHNESSY COHEN PRIZE FOR POLITICAL WRITING 2016.
What We Talk About When We Talk About War , Goose Lane Editions, 2012.
• FINALISTE, SHAUGHNESSY COHEN PRIZE FOR POLITICAL WRITING 2012.
• FINALISTE, PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL – ESSAI 2012.
• FINALISTE, JOHN W. DAFOE BOOK PRIZE.
This is My Country, What’s Yours ? A Literary Atlas of Canada , Penguin Random House, 2007.
• FINALISTE, PEARSON WRITERS’ TRUST NON-FICTION PRIZE 2006.
• LAURÉAT, BRITISH COLUMBIA’S NATIONAL AWARD FOR CANADIAN NON-FICTION 2007.



Projet dirigé par Myriam Caron Belzile, éditrice
Conception graphique : Nathalie Caron
Mise en pages : Andréa Joseph [pagexpress@videotron.ca]
Révision linguistique : Catherine Lemay et Julie Therrien
En couverture : ©Marc De Mouy
Conversion en ePub : Nicolas Ménard
Québec Amérique 7240, rue Saint-Hubert
Montréal (Québec) H2R 2N1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010
Nous reconnaissons l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada pour nos activités d'édition.
Nous remercions le Conseil des arts du Canada de son soutien. L'an dernier, le Conseil a investi 157 millions de dollars pour mettre de l'art dans la vie des Canadiennes et des Canadiens de tout le pays.
Nous tenons également à remercier la SODEC pour son appui financier. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d'impôt pour l'édition de livres – Gestion SODEC.



Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Richler, Noah [Candidate. Français] Le candidat : comment j’ai bien failli me retrouver coincé au Parlement (Dossiers et documents) Traduction de : The candidate : fear and loathing on the campaign trail.
ISBN 978-2-7644-3469-7 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-3470-3 (PDF)
ISBN 978-2-7644-3471-0 (ePub)
1. Richler, Noah. 2. Nouveau parti démocratique. 3. Canada. Parlement - Élections, 2015. 4. Candidats (Élections) - Canada - Biographies. 5. Campagnes électorales - Canada. I. Titre. II. Titre : Candidate. Français. III. Collection : Dossiers et documents (Éditions Québec Amérique).
JL193.R5214 324.971 C2017-941651-0
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2017
Dépôt légal, Bibliothèque et Archives du Canada, 2017
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés
Copyright © 2016 Noah Richel Published by arrangement with Doubleday Canada, a division of Penguin Random House Canada Limited.
© Éditions Québec Amérique inc., 2017.
quebec-amerique.com



Essayiste et documentariste, j’ai été formé à la BBC. Même si, dans Le Candidat , j’ai emprunté certaines techniques romanesques, aucun des dialogues de ces pages n’a été inventé. Une note sur la méthodologie m’apparaît nécessaire.
Certaines des courtes conversations et répliques rapportées ici sont tout bonnement restées gravées dans ma mémoire. Après tout, quel candidat oublierait qu’on lui a dit qu’il était « du mauvais côté de la pornovengeance », ou qu’un donateur du NPD lui a demandé si le grand panneau du parti installé sur sa pelouse « est disponible dans d’autres couleurs » ? Pas besoin d’être écrivain pour se rappeler ces moments-là.
Bien sûr, à l’ère du numérique, nos vies sont déjà enregistrées à une échelle renversante, et les tweets et messages Facebook que je cite, et qui ne sont pas tous les miens, font partie de ces archives.
Comme je le dis dans mon introduction, je n’ai pas commencé ma campagne avec l’intention d’écrire un livre, et au cas où ses participants s’imagineraient avoir été intégrés contre leur gré dans mon fil narratif, je leur ai montré des passages pertinents pour approbation. Aucun retrait n’a été demandé, bien qu’une ou deux personnes m’aient prié de taire l’identité de certains protagonistes.
Dans certains cas (mon trio de directeurs de campagne, par exemple), j’ai expliqué à mes interlocuteurs que je ne leur montrerais pas ces pages, parce qu’ils étaient encore engagés en politique. Je leur ai demandé de me faire confiance – et ils ont accepté. L’édition originale de ce livre n’a au final suscité aucune plainte.
À ceux qui ont gentiment apporté des témoignages de première main – j’ai voulu établir à quel point le candidat fait partie d’une extraordinaire entreprise dont il n’est pas le patron – j’ai montré, pour fournir un contexte à leurs citations, les pages avoisinantes et les endroits où j’avais apporté des coupures et modifications.
Aux complices et grosses pointures de la hiérarchie du NPD, je n’ai rien montré et je ne croyais pas devoir le faire. Je n’avais signé aucune renonciation en me lançant dans la campagne (et je ne le ferais pas non plus si je recommençais) – croyant, encore aujourd’hui, qu’il est dans l’intérêt public de rapporter ces conversations : voilà un exemple de la « transparence » et de l’« imputabilité » que les politiciens invoquent régulièrement, à défaut de s’y conformer.
Un certain nombre de ces conversations sont longues, et il aurait fallu être un prodige pour les retenir mot à mot. Mais je n’ai pas eu à le faire. Généralement tenues entre le bureau d’Ottawa et celui de ma campagne, elles ont été documentées et entendues, et pas seulement par moi ; ainsi donc, dans une certaine mesure, elles sont déjà publiques. J’en ai consigné quelques-unes, sous forme de notes ou autrement, tout comme je note tout le temps, dans le cours ordinaire de la vie, tout ce qui me paraît passible de poursuites un jour. Mais aucun de ces échanges n’a été inventé de toutes pièces.
Noah Richler Toronto, septembre 2017


À la mémoire de Terry Wall, à Doug Bell et à Sarah, bien sûr.
« Tu achètes le billet, tu y vas. »
– Hunter S. Thompson


INTRODUCTION
Je ne me suis pas présenté à l’élection générale de 2015 pour écrire un livre et, d’ailleurs, comme je n’ai pas remporté le siège de député que je convoitais, je me retrouve dans la même chaise qu’avant. En toute franchise, il m’a fallu quelque temps pour me remettre de la frénésie exaltante d’une campagne électorale et de l’épuisement subséquent ; et une bonne part de ma récupération a consisté à surmonter mes inquiétudes de ne plus pouvoir écrire. Car, durant plusieurs mois, mes vieilles habitudes m’ont semblé vaines et désuètes. Je suis convaincu que plusieurs candidats, quel que soit le parti qu’ils représentaient, ont éprouvé comme moi ce passage à vide après s’être voués corps et âme, des pieds et des mains, à la tâche ardue et enivrante de faire campagne pour être élus ; et c’est sans doute encore plus vrai pour les députés qui ont perdu leur siège.
Pourtant, ce que je garde de plus durable de mon aventure en politique n’est pas le désenchantement, mais le fait d’avoir été énormément touché par des hommes et des femmes de tous âges et tous milieux qui ont consacré temps, énergie et argent à une cause qu’ils n’ont jamais jugée sans espoir. J’aimais déjà le Canada, mais je l’aime encore davantage depuis mon expérience en politique. Et ce regain d’amour est indissociable de mon admiration pour tous ces gens qui rendent les campagnes possibles. Nombre d’entre eux m’étaient inconnus, et quelques-uns sont devenus des amis.
Les dates, les rues et les noms mentionnés dans mon compte-rendu se rapportent à une campagne précise, menée pour un parti donné, mais ce livre n’entend pas être une plateforme pour ledit parti ni l’histoire d’une élection en particulier. Il existe une pléthore de mémoires politiques, fort partiaux d’habitude, de la part de gens haut placés – premiers ministres, ministres, chefs de parti. Mon livre n’est pa

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