Gérer vos priorités
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Description


"Je n'ai plus le temps.", "Tout est prioritaire.", "Tout est urgent."...



Vous vous dites débordé et sous pression. Cette pression peut être stimulante mais attention, vous ne voulez pas vous tuer au travail pour autant ! Cela passe par une meilleure gestion de votre temps et de vos priorités. Vous y gagnerez sur tous les tableaux : efficacité, plaisir au travail et qualité de vie.



Avoir de la méthode, être guidé par des principes, pratiquer l'autodiscipline sont les clés de l'efficacité pour les professionnels. Ce BASIC va vous aider à :




  • Discerner vos priorités et les réactualiser.


  • Planifier vos activités.


  • Adopter une organisation personnelle efficace.


  • Eviter la dispersion, le gaspillage de temps.


  • Partager et faire respecter votre gestion du temps par votre entourage.


  • Faire face à la charge de travail avec aisance.


  • Concilier travail et vie privée.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 février 2017
Nombre de lectures 2
EAN13 9782212223866
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0424€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

R sum
« Je n’ai plus le temps. », « Tout est prioritaire. », « Tout est urgent. »…
Vous vous dites débordé et sous pression. Cette pression peut être stimulante mais attention, vous ne voulez pas vous tuer au travail pour autant ! Cela passe par une meilleure gestion de votre temps et de vos priorités. Vous y gagnerez sur tous les tableaux : efficacité, plaisir au travail et qualité de vie.
Avoir de la méthode, être guidé par des principes, pratiquer l’autodiscipline sont les clés de l’efficacité pour les professionnels. Ce BASIC va vous aider à :
Discerner vos priorités et les réactualiser.
Planifier vos activités.
Adopter une organisation personnelle efficace.
Éviter la dispersion, le gaspillage de temps.
Partager et faire respecter votre gestion du temps par votre entourage.
Faire face à la charge de travail avec aisance.
Concilier travail et vie privée.
Biographie auteur
Didier Noyé est un spécialiste du management et du développement des ressources humaines. Il conseille les entreprises dans ces domaines d’expertise. Plus particulièrement, il a écrit ce livre pour tenter d’améliorer sa propre gestion du temps ; appliquant ainsi l’aphorisme de Disraeli : « Le meilleur moyen d’étudier une question, c’est d’y consacrer un livre ! »
www.editions-eyrolles.com
Didier Noyé
Gérer vos priorités
Dans un temps limité
Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com
Une collection dirigée par Didier Noyé
Maquette et mise en pages : Florian Hue
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2017
ISBN : 978-2-212-56641-3
Sommaire
Je n’ai plus le temps…
1. État des lieux
Votre façon de vivre le temps
L’urgence et l’accélération
     2. Se concentrer sur vos priorités
Clarifier les buts
Définir vos priorités
Être guidé par ses priorités
     3. Bien s’organiser
Auto-évaluation de votre gestion du temps
Les bonnes habitudes à adopter
L’usage des technologies
     4. Mieux s’accorder avec les autres
Auto-évaluation de votre temps relationnel
Réfléchir collectivement aux priorités
S’ajuster avec les autres
Éviter le gaspillage collectif
     5. Parvenir au résultat attendu
Cultiver de bons réflexes
Améliorer votre gestion du temps
     6. Concilier travail et vie privée
Les mutations du travail
La conduite individuelle pour concilier travail et vie personnelle
Les pratiques collectives pour concilier travail et vie personnelle
Le poids des normes sociales
Exploitation des grilles d’auto-évaluation
Faites le point sur votre lecture
Bibliographie
Index
Dans la même collection
Je n’ai plus le temps…
« J e n’ai plus le temps. » « Tout est prioritaire. » « Tout est urgent. » « Ça va trop vite. »
Vous vous dites débordé de travail. Vous êtes dans un environnement professionnel qui exerce une forte pression sur vous. Cette pression est un stimulant, qui agit comme un moteur ; mais l’organisme peut avoir besoin de puiser dans ses ressources d’énergie en raison de l’intensité des efforts et de leur durée. Il peut s’ensuivre un processus de détérioration que l’on prend pour du stress mais qui est du surmenage. Vous ne voulez pas vous tuer au travail ; cela passe par une bonne utilisation de votre temps, qui elle-même nécessite une focalisation sur vos priorités. Vous êtes probablement efficace mais assez fébrile ; c’est le moment d’acquérir « de la classe », qui est l’efficacité jointe à l’aisance.
Ce Basic propose de vous aider à vous centrer sur vos priorités : comment faire un bon usage de soi pour prendre soin de ce qui est important. Comment discerner les priorités pour rester concentré sur l’essentiel. Comment se construire dans le temps. Vous allez y gagner en termes de plaisir au travail et en qualité de vie.
Cela suppose de faire un effort de planification en consacrant du temps à préparer l’avenir. Ces pages vous proposent de faire des choix, de fixer des limites ; limites à vous-même et aux autres. Elles vous invitent à reprendre la main sur certaines situations que vous subissez.
On parle de gérer le temps, de gagner du temps, de lutter contre le temps perdu… Ces expressions ne sont pas très heureuses, car c’est plutôt la gestion de soi-même dont il est question ; comment se conduire pour plus d’efficacité, pour plus de sérénité, pour un meilleur épanouissement ? On y parvient avec un peu de méthode, mais surtout en étant guidé par des principes et en faisant preuve de volonté, d’autodiscipline au quotidien. Alors, préparez-vous mentalement à adopter de nouvelles façons de faire !
1
État des lieux
[ Objectifs ]
Faire le point sur votre façon de vivre le temps.
Repérer les préférences personnelles qui influencent votre utilisation du temps.
Comprendre les mécanismes d’accélération qui sont à l’œuvre dans la société.
L e manque de temps est ressenti par de très nombreuses personnes, c’est une pression qui est difficile à supporter. Cette tension peut nous faire perdre de vue nos priorités et entraîner une perte de sens. Ce chapitre invite à examiner votre expérience du temps.
Chacun a sa propre temporalité. Notre conduite est influencée par le contexte professionnel, mais aussi par notre personnalité, nos automatismes de comportements. Vous allez repérer les guides intérieurs qui sont parfois aux commandes, à votre insu.
Enfin, ces pages vous incitent à prendre du recul par rapport à l’accélération généralisée qui dévore notre façon de vivre. En effet, l’évolution de la société entraîne une mutation de notre rapport au temps.

Témoignages : le cri du coeur !


Votre façon de vivre le temps
Votre pente naturelle
Souvent, il nous arrive de faire :
ce qui nous plaît avant ce qui nous déplaît ;
ce qui va vite avant ce qui prend du temps ;
ce qui est facile avant ce qui est difficile ;
ce que nous savons faire avant ce qui est nouveau ;
ce qui est urgent avant ce qui est important ;
ce que d’autres nous imposent avant ce que nous avons choisi.
Vous reconnaissez-vous dans certaines de ces tendances ? Ce livre va vous aider à concentrer votre énergie sur vos buts prioritaires.
Les lois du temps qui nous accablent
La loi de Murphy
Toute chose prend plus de temps qu’on ne l’avait prévu au départ.
D’où l’intérêt d’améliorer progressivement nos prévisions.
La loi de Parkinson
Comme le gaz qui occupe tout l’espace disponible, le travail se dilate jusqu’à occuper tout le temps disponible.
D’où l’intérêt de se donner des limites de temps et de rester dans ce cadre.
La loi de Carlson
Un travail fait en plusieurs fois prend plus de temps qu’un travail fait en continu.
D’où l’intérêt de prévoir des plages de temps sans interruption.
La loi d’Eisenhower
On confond souvent l’urgent et l’important.
D’où la nécessité de clarifier les priorités.
La loi de Taylor
L’ordre dans lequel nous effectuons des tâches influence directement le temps qu’elles nous prennent.
Nous passons volontiers plus de temps sur ce que nous faisons au début et moins de temps sur ce qui est fait à la fin. D’où l’intérêt de commencer par ce qui est important.
Vos guides intérieurs
Votre personnalité a une forte influence sur votre façon d’agir ou de réagir aux événements. C’est bien ce qui limite l’efficacité des méthodes de gestion du temps. Nous avons tous des comportements qui sont influencés par des messages éducatifs que nous avons entendus et qui nous guident : « Tout se passera bien, seulement si tu obéis à cette petite voix… » Ces injonctions ont été apprises dans l’enfance. Elles nous influencent malgré nous à l’âge adulte, en particulier lorsque nous sommes un peu stressés.
L’analyse transactionnelle a bien mis en évidence que nous pouvions être habités par des guides intérieurs, une sorte de petite voix interne qui exprime des messages contraignants. Chacun d’entre nous n’est pas piloté par les mêmes « guides intérieurs 1 » . Taibi Kahler en a identifié cinq : « Dépêches-toi », « Fais plaisir », « Sois parfait », « Fais des efforts », « Sois fort ». Nous les présentons ci-dessous.

Il faut se dépêcher, il est nécessaire de faire vite. La personne habitée par le message « Dépêche-toi » se met elle-même sous tension pour agir rapidement ; c’est une bonne chose s’il y a un travail à réaliser en peu de temps, s’il y a besoin d’être réactif. Cela peut devenir pénible quand la personne impose son rythme aux autres ou quand elle veut se substituer à ceux qu’elle trouve trop lents.
Antidote : chaque chose en son temps, non à la drogue de l’urgence généralisée. Demandez-vous : que va-t-il se passer de grave si vous ralentissez ?

Il faut être gentil avec les autres, dire oui à ce qu’ils demandent, même si on a envie de dire non. Guidée par le message « Fais plaisir », la personne est assez agréable à vivre : sociable, conciliante, altruiste. Elle risque de trop suivre le désir des autres. C’est ce qui arrive quand on veut se faire accepter à tout prix.
Antidote : on peut dire non à une demande sans rejeter la personne qui la formule. Il faut aussi penser à soi et s’affirmer. L’estime de soi ne doit pas dépendre des autres.

Il faut faire les choses très bien. Attention aux détails. Le message « Sois parfait » incite à très bien travailler, à faire de mieux en mieux. C’est une grande qualité. Pour la gestion du temps, le perfectionnisme consomme beaucoup de temps, donc ce n’est pas l’idéal. La personne a tendance à faire tout elle-même, sans trop faire confiance aux autres. Il y a là une certaine peur de l’échec, une peur de perdre le contrôle de la situation.
Antidote : pour chaque action, un budget temps convenable. Il faut se donner des limites. Dites-vous : « J’ai droit à l’erreur. »

L’essentiel, c’est de se donner du mal, de faire des efforts. La personne guidée par le message « Fais des efforts » est très appréciée pour son implication, sa persévérance, son énergie. Elle fait de son mieux et trouve parfois que les autres n’en font pas assez. En ce qui concerne la gestion des priorités, le risque est grand que ces dernières soient perdues de vue, donc il est nécessaire de se recentrer sur elles, sinon l’effort est mal ciblé.
Antidote : on est payé pour obtenir un résultat, pas pour se donner du mal. De plus, on peut prendre du plaisir à réussir. Dites-vous : « Réussis à ta mesure. » Avec ce message positif, les choses deviennent simples et faciles.

Il faut trouver seul les solutions, ne pas montrer de faiblesses, prendre sur soi et ne pas se plaindre. Il faut se débrouiller pour parvenir au résultat par soi-même. Le « Sois fort » se montre sans peur et sans faiblesse, il ne s’écoute pas. C’est très utile dans les moments difficiles où il faut avoir les nerfs solides et surtout compter sur soi. Mais pour une bonne gestion du temps, il faut parfois se faire aider par les autres, éviter de s’isoler.
Antidote : il faut savoir se montrer tel qu’on est et prendre appui sur les autres. Ne pas avoir peur de montrer ses émotions, ne pas toujours dissimuler sa fragilité.
Des guides qui nous aident peu
Nous entendons tous plus ou moins ces petites voix intérieures. Certains d’entre nous entendent surtout une de ces voix et la suivent de façon trop systématique, ce qui finit par être difficile à vivre, pour soi-même ou pour l’entourage.
Le plus souvent, ces injonctions deviennent trop insistantes quand nous sommes pressés par le temps ; elles nous font dépenser de l’énergie psychique inutilement et elles peuvent perturber notre communication avec les autres.
Mais ces guides intérieurs peuvent contribuer à notre efficacité ; c’est une question de dosage. « Dépêche-toi ! », « Sois fort ! » conduisent à être motivé par le résultat à atteindre ; « Sois parfait ! » conduit à être motivé par le travail bien fait ; « Fais plaisir ! » conduit à se soucier des autres et favorise de bonnes relations ; « Fais des efforts » incite à donner le meilleur de soi-même avec beaucoup d’énergie.
Si vous êtes habité par un de ces guides intérieurs, vous pouvez utilement vous poser les questions suivantes : dans quelles occasions ce guide intérieur est-il utile pour moi ? Dans quelles occasions me fait-il perdre du temps et de l’efficacité ? Quel est l’effet produit sur mes collègues ? Que puis-je faire pour le modérer, pour l’apprivoiser ?

Bonnes pratiques connaître son fonctionnement naturel
Nous gagnons à prendre conscience des injonctions qui nous habitent et qui parfois programment nos conduites.
Lorsqu’un guide intérieur devient contre-productif, il est bon d’avoir à l’esprit le message antidote.
Il est toujours utile d’approfondir la connaissance de soi ; certains outils permettent de situer son propre profil de personnalité. Mieux se connaître pour mieux s’utiliser face à la pression du temps, face au stress.

Le martyr
« Je rencontre un collègue. Je lui demande comment ça va. “Ne m’en parle pas, me répond-il. Je suis lessivé, j’ai du travail par-dessus la tête, je coule.” »
On pourrait croire qu’il regrette cette situation et qu’il va y mettre bon ordre dès que possible. Mais pas du tout. Une partie de lui jubile et dans trois semaines il sera encore débordé. Il se paie le luxe de traverser l’existence sur le registre du martyr. C’est commode pour lui, car je me sentirais le dernier des bourreaux si je me hasardais à lui demander un service supplémentaire ! » Jacques Piveteau, Mais comment peut-on être manager ? (!) , Insep Consulting Éditions.
Les manifestations du surmenage
Si vous n’êtes pas très vigilant, en étant débordé de travail, vous allez passer du stress au surmenage. Certains considèrent le stress du manager comme une sorte de décoration morale qui, tout en vous détériorant, témoigne du sérieux de votre travail et de votre engagement. Grave erreur.
Certes, une situation difficile pour accomplir une tâche nous aiguillonne, nous rend habile, éveille nos facultés. Mais sur la durée, l’organisme s’épuise. Cette détérioration progressive est une descente qui suit plusieurs paliers que nous décrivons ci-dessous.
1. L’aptitude à la décision diminue
Ce qui est atteint en premier lieu est l’aptitude à la décision. Presque tout devient un problème, on hésite, on repousse, on remet à demain une décision que l’on pourrait prendre aujourd’hui, car on dispose des informations nécessaires. Devant deux tâches à réaliser, on se prend le pouls pour savoir par laquelle commencer ; on en attaque une pour finalement constater que c’est l’autre que l’on aurait dû choisir, donc on change… On ne sait plus par où commencer, tout devient préoccupation, on reporte, on s’irrite… Les collaborateurs attendent une réponse et se demandent pourquoi on ne tranche pas plus vite. De nombreux managers sont touchés par ce premier palier.
2. La faculté d’organisation et de planification se restreint
Dans la continuité, on n’a plus de temps pour le moyen terme. Frappé de myopie, l’esprit peine à voir au-delà du court terme. L’action devient défensive, on réagit à l’urgence, à l’immédiat ; on colmate les brèches pour éviter des ennuis plus graves. La préparation des projets est mal prise en compte ; les jalons ne sont pas mis en place ; on laisse le futur venir à nous, et il nous prend au dépourvu.
Faute d’avoir prévu le moyen terme, on est débordé par le court terme ; du coup on ne peut plus penser à ce moyen terme et un cercle vicieux infernal se met en place.
3. La créativité disparaît
Au stade suivant, la pensée devient stérile et répétitive. Elle se réduit à des idées toutes faites, les réponses aux questions sont stéréotypées et souvent inadaptées : « Ce qui compte, c’est l’écoute des clients », « Ce qui nous sauvera, c’est l’amour du travail bien fait », etc. La perte de créativité se traduit aussi par la difficulté de la personne à rédiger un rapport, à formaliser un projet. Devant rédiger un texte, cette personne est débordée et en parle pendant plusieurs jours ; on croirait qu’elle va écrire Guerre et Paix , tout cela pour une dizaine de malheureuses pages relativement creuses. Ce stade est difficilement perceptible par les intéressés eux-mêmes.
4. La vie privée est envahie
Le stade suivant est plus facile à percevoir et constitue un avertissement. La pensée qui tourne en rond se diffuse et les préoccupations deviennent omniprésentes ; le sentiment de culpabilité devient permanent et le travail envahit toute l’existence. La personne en situation de surmenage n’arrive plus à laisser ses soucis aux portes du bureau ; elle emporte ses dossiers le soir, en fin de semaine, en vacances, de façon très systématique. « Il n’arrive plus à décrocher », disent ses amis. Entendons-nous, avec les outils actuels de travail à distance, il peut exister des arrangements, des exceptions pour apporter du travail chez soi, mais la vie humaine ne peut pas se réduire au seul travail. Si le travail commence à tout dévorer, il est urgent de se défendre ; il en va de l’intégrité de la personne. Arrivé à ce point, les situations mentionnées pour les paliers précédents sont souvent également présentes.
5. Le goût du travail se réduit
À ce stade, le goût du travail s’amenuise, la personne n’éprouve plus de satisfaction, elle n’est plus heureuse de travailler avec autrui, de diriger des projets. L’épuisement conduit à douter de soi, de ses capacités. On critique tout le monde et surtout soi-même. On n’arrive plus à se ressourcer.
6. Le corps se venge
Enfin, le corps déclenche une sonnette d’alarme, soit par une perte d’appétit, par des insomnies soit par le classique ulcère d’estomac, qui signifie que cette vie est devenue indigeste.
Êtes-vous atteint ?
Ces stades sont bien repérés et cela vaut la peine de les observer pour voir s’ils vous atteignent et dans quelle proportion. Cet enchaînement n’est pas dû uniquement à des causes extérieures et au travail qui vous tombe dessus. Il vous dit quelque chose sur vous-même, sur votre façon de traverser l’existence. Nous sommes en partie les artisans de notre stress. Le stress a toujours un lien avec la peur. Ce n’est pas le travail qui provoque le surmenage, c’est la peur de ne pas avoir les ressources pour faire face à la situation.
L’urgence et l’accélération
L’entreprise impose son rythme
Il est clair que le rythme de l’entreprise façonne le rythme des personnes qui y travaillent. Il y a des différences selon la nature des activités. Prenons quelques exemples :
Certains opérateurs d’usine travaillent en 3 × 8 parce que les équipements représentent un investissement très lourd et doivent être rentabilisés au maximum.
L’opérateur boursier passe des ordres pour gérer un portefeuille. Il réagit de façon instantanée pour être efficace dans ses décisions. Les opérations se font à la seconde. La réactivité est immédiate grâce à la technologie. Mais le temps de l’action ne laisse pas le temps de la réflexion !
Le concepteur d’un produit innovant doit accélérer la conduite de son projet s’il veut être le premier sur le marché. Il faut être le premier à réagir à un nouveau besoin.
Le technicien de logistique doit livrer les produits en juste-à-temps, ni trop tôt, ni trop tard, comme convenu par contrat.
Dans un cabinet d’architecte, l’équipe va travailler « en charrette » la veille de la remise d’une proposition, au besoin en y passant toute la nuit.
Le géologue qui prospecte pour trouver un nouveau gisement pétrolier travaille lui dans la longue durée. Découverte, exploitation, transformation, fourniture… Ce sont des cycles longs.
Le commerçant qui a su fidéliser ses clients par une relation très personnalisée travaille, lui aussi, sur la longue durée.
Donc chaque domaine d’activité possède sa propre temporalité et l’entreprise demande aux personnes de faire un effort d’adaptation. On tient compte de la physiologie et des temps de repos, mais c’est principalement l’être humain qui s’adapte.
L’urgence liée à la performance
Le rapport entre performance et vitesse
Compétitivité : « Ce ne sont pas les gros qui mangent les petits mais les rapides qui mangent les lents ! » Eberhard von Kuenheim (BMW)
Il y a un lien certain entre la performance et la vitesse, car les clients attendent et exigent la vitesse et le juste-à-temps. Par ailleurs, il y a généralement convergence entre la réduction des coûts de conception ou de fabrication et la réduction des délais de conception ou de fabrication. Vitesse converge avec performance économique. De plus, Internet a un rapport étroit avec la vitesse et l’urgence. On attend une réponse immédiate de celui que l’on peut joindre de façon instantanée.
La contamination de l’urgence
Mais la pression pour plus de vitesse devient une urgence envahissante. Elle touche des activités où l’on devrait s’attacher à travailler sur le moyen et le long terme. Cette pression conduit à confondre importance et urgence, ce qui est une source de contre- performance. L’urgence généralisée 2 n’est pas la meilleure façon de gérer le lien entre performance et vitesse.
La vitesse comme drogue
Notre accoutumance à la vitesse fonctionne comme une drogue. Citons à ce sujet le Dr Aimelet-Périssol 3 : « L’urgence dans laquelle nous vivons est un cercle vicieux qui s’explique par le biais émotionnel. Toute émotion, positive ou négative, accélère notre tempo : le cœur bat plus vite, la respiration se raccourcit, l’adrénaline nous met en mode réactif et contracte notre sensation de durée. Or notre cerveau adore ça : la plupart de ses circuits neuronaux son construits sur l’excitation. La boucle addictive se met donc facilement en marche. »
La société de l’accélération
Au-delà de l’urgence constante, nous constatons un processus d’accélération générale auquel personne n’échappe. Le philosophe allemand Hartmut Rosa a étudié le phénomène de l’accélération qui caractérise notre époque ( cf . bibliographie). Il distingue trois sortes d’accélérations : l’accélération technique, l’accélération du changement social et l’accélération du rythme de vie.
L’accélération technique
L’accélération technique concerne les transports, la vitesse des transports provoquant une compression de l’espace (« Quelle distance y a-t-il entre Paris et Berlin ? – Une heure trente d’avion »). L’accélération technique concerne les communications, avec une augmentation de la vitesse de transmission des informations et de la quantité des informations transmises (on peut télécharger en quelques clics une musique qui vient d’être produite). Enfin, l’accélération technique permet la production plus rapide de biens et de services, en particulier avec les processus de numérisation. Des processus physiques lents sont remplacés par des processus virtuels très rapide ; cela entraîne une accélération des temps de réaction. On aurait pu penser que ces accélérations techniques allaient nous donner plus de temps disponible. Ce n’est pas le cas.
L’accélération du changement social
L’accélération du changement social est d’un autre ordre. Elle concerne la façon de vivre, les comportements culturels, les relations avec les autres ; ces transformations se font à un rythme accéléré et évoluent en moins d’une génération ; aucune situation n’est assurée, le précaire règne. Bien entendu, ces changements résultent en partie de l’accélération technique et du rythme auquel s’imposent les nouvelles technologies. Donc dans différents domaines, comme les relations professionnelles, l’économie, l’art, l’organisation domestique, on constate que l’horizon temporel se restreint ; le présent devient bien vite un passé qui n’a plus cours.
L’accélération du rythme de vie
Enfin, l’accélération du rythme de vie se manifeste par une intensification des actions par unité de temps. On se déplace plus vite, mais du coup on part plus souvent et on va plus loin, donc on ne gagne pas en temps de transport. On rédige un mail plus vite qu’un courrier traditionnel, mais on en rédige beaucoup plus… L’intensification des actions est obtenue en réduisant le temps consacré à chaque action, aussi en réalisant plus d’actions et plusieurs actions en parallèle. D’où le sentiment d’urgence, la pression temporelle stressante, l’impression d’une raréfaction du temps et le sentiment que ce temps passe de plus en plus vite. Nous sommes tous bousculés par cette accélération du rythme de vie.

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